Jean-Marc Ayrault est-il incompétent ?

Publié Par Alain Mathieu, le dans Politique

Les propos tenus par Jean-Marc Ayrault, le 27 septembre, prouvent son ignorance des réalités économiques vécues par les entreprises.

Par Alain Mathieu, président de Contribuables Associés.

Vendredi 28 septembre 2012, J.-M. Ayrault annonce l’adoption en Conseil des ministres du projet de loi de Finances pour 2013.

Le 27 septembre, Jean-Marc Ayrault a confirmé à la télévision que la courbe ascendante du chômage serait inversée « d’ici un an ». Il a ajouté : « On fera tout pour réussir ». En particulier il faudra « relever le défi de la compétitivité ». Faire dépendre celle-ci du coût du travail, a-t-il dit, est « une facilité ». Il privilégie en effet les facteurs de compétitivité hors du coût du travail : recherche, formation, etc.

Ces propos prouvent son ignorance des réalités économiques vécues par les entreprises. Comme tous ses ministres, sauf Jérôme Cahuzac, qui possède une clinique, Jean-Marc Ayrault n’a jamais dirigé une entreprise.

Cela ne le disqualifie pas pour être Premier ministre. Mais cela devrait l’inciter à écouter ce que disent les chefs d’entreprise sur la façon de redevenir compétitifs.

Il devrait lire les témoignages des chefs d’entreprises auditionnés en 2011 par la mission d’information consacrée par l’Assemblée nationale à la compétitivité. Tous ont dit que, si la France avait perdu depuis 10 ans sa compétitivité à l’égard de l’Allemagne, c’était en raison de la hausse du coût du travail, du fait notamment des charges sociales patronales, qui sont maintenant, en dehors des bas salaires, le double des allemandes.

En ignorant ces témoignages, Jean-Marc Ayrault prouve son incompétence. Sa réponse est une réponse de facilité : elle lui évite d’avoir à  trouver une réduction des charges sociales patronales par une baisse des dépenses publiques.

Bien au contraire son budget pour 2013 prévoit une stabilité des dépenses due notamment à une baisse des intérêts versés sur notre dette, les taux ayant baissé (- 1,9 Md €) et à l’exclusion des versements supplémentaires à l’Europe entrainés par la crise de l’euro (8,1 Md €).

Les prétendues « économies » sont donc en fait une augmentation des dépenses.

Jean-Marc Ayrault se garde bien de réduire la rémunération des fonctionnaires : pas de gel des salaires, et a fortiori pas de baisse importante comme dans les pays d’Europe du Sud, pas de suppression des 35 heures dans la fonction publique, pas de réduction des avantages des retraites publiques (pourtant annoncée par François Hollande), pas d’augmentation des horaires de présence à l’école des enseignants.

Jean-Marc Ayrault protège ses fonctionnaires. Il ne pourra pas dire dans un an qu’il a tout fait pour réussir.

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  1. Est-il tellement étonnant de voir cooptés entre eux les courtisans, apparatchiks, vassaux, etc… puis de porter à leur tête celui qui présenterait la face d’un Pinocchio amusant au mieux la masse des crétins ayant voté pour leur suzerain (minable tireur de ficelles) ?

    La France recueille des dirigeants à sa juste mesure : à crétins, crétins à demi !

  2. Vous parlez des « charges sociales patronales ». Or, la différence entre patronales et salariales est une pure vue de l’esprit : les deux sont des prélèvements obligatoires qui viennent en déduction de la rémunération de l’employé. Dès lors, dire que les charges sociales patronales en France sont le double de celles en Allemagne ne peut vous permettre d’être conclusif sur le coût du travail. Mieux vaur dire, si je ne trompe pas dans les ordres de grandeur que le travail coûte 10% de plus mais que la rémunération nette est inférieure de 30% en France : « les travailleurs coûtent cher mais gagnent peu en France »