La fin de l’Europe, vite !

Publié Par Charles Sannat, le dans Europe, Police

Le rêve européen, l’idéal de paix et d’harmonie se fracassent depuis plusieurs années sur l’idée même de représentativité et de démocratie.

Un billet d’humeur de Charles Sannat.

Espagne, le 25 septembre 2012 : des heurts entre manifestants et forces de l’ordre.

Lorsque je regarde mon Europe, notre Europe, je contemple un rêve brisé.

Nos « pères » fondateurs ont souhaité un rapprochement entre nos peuples afin d’éloigner la barbarie et le spectre des guerres sanglantes qui dévastent notre continent depuis plus de 2 000 ans. Alors, après le traumatisme de la Seconde Guerre mondiale, nous avons commencé, ensemble, nous les peuples d’Europe, la construction d’un nouveau type d’ensemble politique. L’Europe, pour ma génération, l’idée est belle, pour les plus anciennes aussi d’ailleurs, surtout ceux qui ont connu les affres de la guerre. Au tout début, nous avons commencé petit à petit. Modestement même. C’était juste une communauté autour du charbon et de l’acier. Le charbon, nous n’en exploitons plus depuis longtemps ; quant à l’acier, il n’y en a plus pour longtemps… un peu comme pour l’Europe.

Le rêve européen, l’idéal de paix et d’harmonie se fracassent depuis plusieurs années sur l’idée même de représentativité et de démocratie. Nous avons voté au référendum. Quand je dis nous, c’est la France collectivement. Le peuple peut se tromper. Mais pour que la démocratie existe, il est nécessaire que les « élites » acceptent les choix des peuples souverains. Dans les petits pays, l’Europe a fait revoter les peuples jusqu’à ce qu’ils changent d’avis. En France, nous n’avons même pas tenté « l’illusion » de la démocratie, non. Nous avons fait plus simple : nos gouvernants ont fait signer le Traité de Lisbonne qui reprenait globalement les points précisément rejetés par les peuples dont le nôtre. C’était en 2005.

Hélas, pour nous, peuple d’Europe, dès 2007 une crise financière sans précédent dans l’histoire humaine a frappé le monde et nous avec. Nos États ont décidé de sauver les banques. Elles n’ont pas été nationalisées avec perte sèche pour les actionnaires, rassurez-vous. Nos gouvernants ont fait le choix de couvrir les pertes des banques avec le budget des nations. Au final, nous, les peuples d’Europe, nous devons payer pour sauver un système financier. Ce n’est que cela la réalité des choses. Rien de plus, rien de moins. Dès lors, le système financier que nous avons sauvé avec l’argent du « peuple d’Europe » – mais c’est la même chose aux États-Unis – n’a plus voulu nous prêter… puisque nous avions désormais trop de dettes. Alors, il a fallu que nos gouvernants coupent dans les dépenses des États. Ces dépenses qui pour chacun de nous allaient de soi.

Réveil difficile. La Grèce s’enflamme, puis le Portugal, puis désormais l’Espagne. Les peuples sont en colère contre l’Europe. L’Europe ne les protège pas. L’Europe ne les aide pas. L’Europe ne les aime pas.

Le rêve européen, c’était le financement des nouveaux entrants pour la mise à niveau. Le rêve européen, c’était la liberté et la libre circulation des hommes, c’était aussi la démocratie.

Or, que voyons-nous ? Hier, en Espagne, la Police s’est comportée comme dans une dictature. Pas comme dans une démocratie. Il ne faut pas trop vous montrer la réalité de la répression. Mais quelques recherches sur Internet vous permettront de voir la vérité. Il n’est pas utile de frapper les passagers d’un train. Il n’est pas utile de poursuivre et de matraquer des gosses sur des quais de métro. Il n’est pas utile de tabasser des femmes. Il n’est pas utile de déchaîner autant de violence contre son propre peuple.

Voilà l’Europe que je vois désormais. Je ne veux pas de cette Europe-là. Je ne veux pas de la dictature des marchés, de la finance et de la Commission de Bruxelles. L’Europe n’a aucune légitimité démocratique. Elle ne peut pas et ne doit pas être notre Europe. Il ne s’agit même plus de savoir si les pays riches doivent payer pour les pays pauvres. Il ne s’agit plus de savoir si nous devons créer une Union bancaire ou pas. Il ne s’agit plus de savoir si nous devons accroître ou pas le MES, ou le FESF ou quel que soit le futur machin qui sera créé.

Le véritable enjeu est celui de la liberté et de la démocratie. Si l’Europe n’est pas la garante de ces deux idées, si l’Europe n’est plus la liberté, si l’Europe n’est plus la démocratie, si l’Europe frappe les peuples et les soumet au lieu de les aider, alors le rêve européen est brisé. J’aime l’Europe. Pas celle de l’austérité et de la souffrance. Cette Europe-là, je ne la veux pas.

Le libéralisme, c’est la responsabilité. Une banque qui fait faillite… doit faire faillite. Cela s’appelle l’aléa moral. Nous avons privatisé les bénéfices et les profits. Nous avons socialisé les pertes. C’est une honte démocratique. C’est une honte économique. On peut sauver les dépôts bancaires, sans sauver les banquiers ou les actionnaires. Combien de banquiers en prison ? Combien de banques démantelées ? Combien de pays ont-ils séparé 5 ans après la crise – 5 ans !! – les banques d’affaires des banques de dépôts ou de détail ? Combien de pays ont-ils légiféré sur le trading haute fréquence, où au moment où nous parlons plus de 60% des transactions sur les marchés sont effectuées par des ordinateurs, sans intervention humaine ? Où est la mise au pas de la finance qui doit être un outil au service de l’économie et pas l’inverse ?

Après cinq ans de crise, qu’est-ce qui a changé ? Une chose. Les polices d’Europe frappent les peuples d’Europe qui refusent de se soumettre au diktat d’une Europe qui ne les représente pas. Dans l’histoire humaine, lorsqu’une structure politique en arrive à ce genre d’extrémité, c’en est fini. Cela peut mettre du temps, mais toutes les dictatures finissent pas s’effondrer. Même l’URSS !

Le rêve européen s’est brisé. C’est triste pour la belle idée de nos pères fondateurs. Mais la fin de cette Europe sera une bonne nouvelle pour les peuples.

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  1. Non, ce ne sera pas une bonne nouvelle pour les peuples. Mittal ferme à Florange comme à Seraing. Europe ou pas. Il est très juste d’écrire « nous avons libéralisé les profits, nous avons socialisé les pertes ».

    La fin de l’idéal européen est déjà bien entamée, mais il est atterrant de voir, partout, des responsables politiques agir dans un sens européen en tapant sur l’Europe, grand bouc émissaire.

    Les réponses doivent être européennes, elles peuvent l’être sans être nécessairement technocrates. Il est évident que ni Van Rompuy (la peste soit sur ce maudit flamingant) ni Barroso ne sont à même de proposer des solutions aujourd’hui. Mais les problématiques sont grandes, il faut raviver le rêve d’une union politique majeure, pour que le politique, justement, ne signifie pas simplement courir après l’économique.

    Il faut raviver ce rêve, mais de manière lucide, de manière autre. L’avenir est sombre, justement parce que le rêve européen n’existe plus. Alors on se renferme sur du national. Le discours d’un Mélenchon est aussi europhobe que celui d’une Le Pen, il est aussi insensé. Il faut se battre résolument pour l’intégration européenne, et vite. Il faut raviver ce rêve et, plutôt que de révérer celui des Schumann ou des Monnet, il nous faut nous l’approprier. Il est trop facile de sombrer dans le chacun pour soi, il est trop facile de pleurer et de se complaire.

    La volonté fera force de loi, on le scande en Espagne, au Portugal, en France, en Belgique, en Allemagne et en Estonie « El pueblo bien vestido, jamás será vencido ».

    1. Il faudrait déjà qu’il y ait une vision européenne. Et cela n’existe pas.
      Les Anglais veulent le libre-échange, les Français veulent imposer leur saint-simonisme, les Allemands veulent se repentir, les PIIGS veulent profiter d’un niveau de vie qu’ils n’auraient pas du avoir…

      Et par manque de vision, de finalité, on s’est convaincu que la construction européenne était la fin. La finalité étant impossible, les moyens sont devenus la fin.
      N’est-ce pas là une caractéristique de régimes totalitaires ?

      1. Exactement : l’UE porte en elle les germes du totalitarisme le plus dur.
        La totalité des fonctionnaires européens vivent avec la conviction qu’il faut faire le bien des peuples même contre son gré.
        Et la superposition de toutes les structures (communes, département, région, etat, UE…) leur permet de se tenir à bonne distance des remous populaires.

        Nous avons abandonné la souveraineté monétaire, nous sommes en train d’abandonner la souveraineté budgétaire, nous avons mis notre politique migratoire dans les mains de pays comme la Grèce, l’Espagne ou la Roumanie, et en échange de quoi ?

        Qu’est ce que l’UE nous apporte, et par pitié pas d’allusion à la PAC (on est contributeurs nets à hauteur de 7 Milliards, sans compter les dons à la CJCE pour des procès débiles)

        Les fonctionnaires incapables de l’UE se font berner sans arrêt par les lobbies : par exemple, la MIF est une catastrophe pour les brokers FR, mais les lobbies (anglo saxons dans ce cas, désolé pour le cliché) sont contents, donc les fonctionnaires corrompus aussi.

        L’UE est un échec, point barre. Persévérer dans l’échec ne nous apportera rien de bon.

  2. Ce qui se produit de nos jours a été prédit, il y a plus de 10 ans déjà, par Jean-Claude Barreau.
    Comme certains ont pu le dire, « une personne qui vit dans le présent peut prédire le futur ». Malheureusement, bien peu de nos concitoyens viennent dans le présent, se tiennent au courant de ce qui se passe vraiment et sont curieux des alternatives possibles ; de ce fait, il est regrettable que les évènements de ces derniers mois apparaissent, pour beaucoup, comme une surprise : cela dénote un manque d’anticipation mortifère des forces vives de notre société.

    Comme l’a écrit Jean-Claude Barreau, il n’existe pas de nation européenne.

    A propos du fait qu’il n’existe pas de nation européenne, je conseille la lecture du livre « Le coup d’Etat invisible » de Jean-Claude Barreau (1999). JC Barreau précise le caractère non démocratique du fonctionnement de l’Europe [A]. Et fait assez amusant, il cite notamment une présentation, en mai 1998 (lors d’une session de la fondation Marc Bloch, lors d’une conférence à la Sorbonne), de Joseph Pini, jeune agrégé de droit à la faculté d’Aix-en-Provence, détaillant un parallèle entre le système européen et le fonctionnement de l’ex-URSS !
    Mais JC Barreau consacre, aussi, de nombreuses pages de ce livre au fait qu’il n’existe pas de nation européenne. Un de ses arguments principaux étant qu’une nation est constitutive d’un attachement affectif ; or, il n’existe aucun attachement affectif vis-à-vis de Bruxelles [B].
    Il est facile de se rendre compte de cela : il suffit de répondre à la question « qui est prêt à mourir pour Bruxelles ? ». Personne. A contrario, du sacrifice auquel sont encore prêts à consentir de nombreux citoyens des Etats-Nations, pour ces mêmes Etats-Nations.

    Un complément de ce livre est son prédécesseur « la France va-t-elle disparaitre ? » (1997). Dans ces 2 livres, il combat moults d’idées reçues sur l’Europe. Il est intéressant de noter, par exemple, que nombre de succès de l’Europe n’ont pas été produits par Bruxelles, mais par l’association d’Etats-Nation en Europe (soit une autre forme d’organisation de l’Europe que Bruxelles and co): EADS, Arianespace… oui, il existe bien une autre forme d’organisation européenne que ce que nous propose Bruxelles, et oui, cette autre forme d’organisation est aussi féconde, sinon bien plus féconde que Bruxelles !
    Par ailleurs, dans « Le coup d’Etat invisible », il fait une démonstration intéressante que l’Europe, ce n’est pas la paix (contrairement à l’ultime argument des européistes acharnés). C’est même le contraire. C’est la paix qui a permis de créer l’Europe et pas le contraire !
    On voit bien que, de nos jours, même l’ultime argument des européistes archanés (et aveugles !), « l’Europe, c’est la paix », ne tient pas la route : cest une inanité que contredit l’actualité, tous les jours un peu plus, depuis plusieurs mois.

    Il faut dire aussi ici un mot de l’euro. De nombreux économistes ont pointé du doigt (pour certains, il y a des années déjà) que l’euro, étant une zone monétaire NON-optimale, des problèmes économiques allaient nécessairement surgir, et secouer l’édifice européen. Evidemment, nos politiques étaient prévenu, mais n’ont rien fait ou anticipé (un révélateur en est que sortir de la zone euro est un scénario totalement absent des traités européens, alors que, lors des derniers siècles, le monde a connu des dizaines d’éclatement d’union monétaire). Et d’une certaine manière, on assiste au retour de l’importance des questions économiques sur les faits politiques qui ont produit une Europe qui a poussé « hors sol », comme on dit en agriculture.
    Le destin de l’euro est, en cela, symptomatique du fonctionnement de l’Europe actuelle: son destin fut gouverné pour des raisons politiques (qui ont notamment induit l’introduction de la Grèce dans la zone euro), en contradiction avec les lois économiques connues, sans porte de sortie pour s’adapter aux cahots rencontrés, et un destin basé sur des illusions mortifères quant au devenir des pays européens (car il n’y a pas de nation européenne).
    Hélas, nos malheurs, liés à l’euro ou au fonctionnement de l’Europe actuelle, sont là pour durer. Nos dirigeants préfèrent la fuite en avant, quitte à maquiller la réalité, au fait de reconnaitre leurs erreurs. En attendant, s’ils soignent leur intérêt dans cette affaire, nous payons, et nous allons payer encore cher pour leurs conneries.

    Je vous renvoie vers les vidéos suivantes qui résument bien les pbs économiques de l’Europe actuelle, et en particulier, de l’euro :
    - Jacques Sapir : http://www.youtube.com/watch?v=_Cbt_dLBqEQ
    - Zone euro : l’union monétaire est rompue (Jean-Luc Gréau): http://bit.ly/TK1TjW

    [A] ces derniers années, d’autres personnes sont arrivées aux mêmes conclusions.
    Christophe Deloire (dans son livre « Circus politicus » paru en 2012, soit plus de 10 ans après les livres de JC Barreau mentionnés plus haut) semble partager des points communs avec JC Barreau: « Circus politicus révèle les dessous d’un véritable « putsch démocratique », une tentative de neutralisation du suffrage universel par une superclasse qui oriente la décision publique. Il montre comment le Pouvoir a capitulé devant les puissances financières. Il dévoile les stratégies de double discours et d’hypocrisie française entre Paris et Bruxelles. Histoires, anecdotes, preuves, documents… tout dans ce livre tend à démontrer que les Indignés ont raison de réclamer une « vraie démocratie » ! Entrons dans ce Circus politicus où le peuple est jugé dangereux et la démocratie archaïque. Nous voici dans les réunions ultra secrètes des Conseils européens où tout se joue, dans les coulisses, dans de mystérieux clubs d’influence où les banquiers américains expliquent la vie à nos politiques, dans les officines et les bureaux d’agents secrets…
    La France est sous la tutelle d’un pouvoir aveugle. La souveraineté, nationale ou européenne, n’est plus qu’une image pieuse entretenue par des « idiots utiles ». Une enquête inédite, iconoclaste qui fait surgir une réalité qu’il vaudrait mieux affronter plutôt que de la nier. »

    [B] certes, pour une taille sensiblement équivalente, les USA réussissent à créer ce lien affectif qui manque entre habitants de différents pays d’Europe. Mais il ne faut pas oublier qu’ils parlent la même langue, et ont une histoire commune, et ne pas oublier aussi que ce lien affectatif est sans cesse entretenu quotidiennement à travers les diverses manifestations publiques (sans compter la production hollywoodienne pléthorique à ce sujet), qui sont impossibles en Europe, sans décaler le personnel politique européen de gauche ou de centre-gauche vers la droite !

    1. J’ajouterais dans les vidéos les interventions de Nigel Farage, clamant haut et fort l’absurdité de la situation en UE devant un parterre de députés gros et gras, repus qu’ils sont de se gaver de pognon public.

      Concernant la comparaison avec les US, ne pas oublier que l’union s’est faite suite à une guerre civile opposant le Nord industriel au sud agricole.
      L’Union ? Chiche : DE, FIN, DK, SE, AU, PB, UK, LU contre IT, GR, PO, ES, IR. BE et FR. Et après on sera super copains comme les US.
      Pour rappel, c’est le Nord qui a gagné…

    2. En remontant d’un cran, la cause de la crise est le socialisme.
      L’endettement vient de là, la négation des nations aussi.
      Je suis contre l’Euro mais comme Pascal Salin, je n’y vois pas la cause du marasme.

      Vous avez raison quant à la démocratie, au plutôt son défaut; mais même sans l’Europe nous en souffririons à peine moins.

      Avez-vous connaissance des avantages de la démocratie directe comme solution à ces problèmes ?
      Écoutez ceci:
      http://www.google.ca/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=1&cad=rja&ved=0CCgQtwIwAA&url=http%3A%2F%2Fwww.dailymotion.com%2Fvideo%2Fxmie90_conference-d-yvan-blot-sur-le-pouvoir-irresponsable_news&ei=XMxpUO7EBeiQ0QHK7oHYBg&usg=AFQjCNFSlqQptEL9wetZvDdkmcq-G99NHg

      Je suis convaincu qu’il s’agit d’un immense espoir pour notre avenir, malheureusement extrêmement difficile à faire advenir, puisqu’il faudrait vaincre l’ensemble des forces politiques actuelles coalisées.

      Une crise majeure pourrait le permettre, à condition que nous soyons suffisamment nombreux à y croire et en faire la promotion…

  3. Ce n’est pas une crise bancaire !
    C’est une crise de l’État-providence, une crise du socialisme.

    Chacun le sait déjà: On n’en sortira que par le retour à la rigueur, le seul débat est quant à savoir si on y va tout de suite ou un peu plus tard.

    Or qu’est-ce que la rigueur ?
    Le contraire exact du socialisme: Retraite à 65 ans, semaine de 40h, flexibilité, simplification du droit du travail, décongélation de l’éducation, libéralisation de l’immobilier, vente des HLM, fin des monopoles d’État (sécu etc.) …

    Que le socialisme soit insoutenable, on le savait depuis des décennies. Raymond Barre, Madelin et les autres …

    L’explosion bancaire n’est que la modalité technique de l’inéluctable écroulement. Les banquiers n’y sont pour rien.
    Leur rôle était de garantir la fiabilité des monnaies fiat contre la politique: C’était une garantie futile.
    D’autant plus que les banquiers sont les seconds bénéficiaires de la création monétaire réclamée par les politiciens, après ceux-ci bien entendu. Plus on est proche du robinet monétaire, plus en se gave.
    À l’opposé, l’industrie: Ce n’est pas un mystère si nous avons des banques et pas d’usines ! Au contraire de l’Allemagne, où la monnaie était mieux gérée par une Bundesbank moins pervertie par la politique.

    Quels remèdes ?
    La plupart citent l’étalon-or, ce qui selon moi est efficace mais pas durable.

    Il y a bien mieux: La démocratie directe.
    Elle met la représentation, les partis, l’oligarchie sous contrôle populaire, avec d’innombrables effets bénéfiques parmi lesquels l’empêchement des politiques mégalomanes.
    Elle peut briser tous les tabous, c’est l’arme absolue contre les féodalités.
    Contrairement à l’étalon-or, les politiciens ne peuvent pas l’assouplir ou l’abolir.

    J-F Revel expliquait le succès des démocraties non par leur faculté à prendre de meilleurs décisions, mais à rompre plus vite avec les mauvaises. Parce que les dictateurs sont abrités des conséquences de leurs mauvaises décisions et s’y obstinent donc bien plus que le peuple. Nous vivons un problème analogue avec le socialisme et sa clientèle subventionné par l’argent emprunté.
    La démocratie directe empêcherait cela.

    Son seul défaut: Il est presque impossible de la mettre en oeuvre, contre toutes les forces politiques installées.
    Il faut en parler, relayer ses promoteurs.
    Écouter par exemple Yvan Blot, « ‘Le pouvoir irresponsable » (Dailymotion)

  4. « Hélas, pour nous, peuple d’Europe, dès 2007 une crise financière sans précédent dans l’histoire humaine a frappé le monde et nous avec. Nos États ont décidé de sauver les banques. Elles n’ont pas été nationalisées avec perte sèche pour les actionnaires, rassurez-vous. Nos gouvernants ont fait le choix de couvrir les pertes des banques avec le budget des nations. Au final, nous, les peuples d’Europe, nous devons payer pour sauver un système financier. Ce n’est que cela la réalité des choses. Rien de plus, rien de moins. Dès lors, le système financier que nous avons sauvé avec l’argent du « peuple d’Europe » – mais c’est la même chose aux États-Unis – n’a plus voulu nous prêter… puisque nous avions désormais trop de dettes. Alors, il a fallu que nos gouvernants coupent dans les dépenses des États. Ces dépenses qui pour chacun de nous allaient de soi. »

    Revoyez tout de même un peu votre historique de la crise,… Notamment le passage de la crise financière à la crise de la dette, parce que là on croirait lire le script d’un reportage M6 ou d’une interview sur France Inter

    1. Ce que vous appelez crise financière est en fait une crise de l’État-providence.
      Les politiciens ont dévoyé les banques dans leurs lubies politiques, et c’est de là que vient leur déconfiture. La crise bancaire a les mêmes causes que l’endettement des États: Les politiciens.

      La crise bancaire n’est donc pas la cause de la crise des dettes souveraines, mais ces deux crises sont deux aspects de l’insoutenabilité des États-providence, et de la propension générale des politiciens à la mégalomanie et à la dérive des dépenses, très au-delà des prélèvements obligatoires.

      Regardez la réalité en face: Nos budgets publics excèdent les recettes de 20% depuis bientôt 40 ans ! L’implosion était programmée.
      Et ce n’est qu’un avant-goût de la bombe – atomique ! – des retraites par répartition !

      Les tenants de l’étalon-or prédisent depuis le début que les monnaies-fiat sont vouées à l’implosion à cause de l’incurie des politiciens.
      Cela s’est toujours produit dans le passé, comme vous ne pouvez pas l’ignorer si vous fréquentez ce site.
      Nous vivons l’écroulement d’une monnaie-fiat, et c’est la chose la plus prévisible qui soit puisque cela s’est toujours produit, et pour les mêmes raisons: L’incurie des politiciens.

      Toutefois je me permets de suggérer que la démocratie directe est un meilleur rempart que l’étalon-or contre ce problème, car contrairement à ce dernier, elle n’est pas du tout facile supprimer.

      Oubliez donc les banquiers et leur avidité comme cause de nos problèmes – même leur richesse découle de la création monétaire causée par la dépense publique, car ils sont les mieux placés pour en profiter. Supprimez la dépense publique excessive, et les banquiers ne seront pas plus riches que les autres.

  5. Vraiment quel article irresponsable et simpliste !!

    D’abord l’Europe n’est pas finie. L’Europe et son concert des nations existeront toujours.
    Si on entend qu’il faut abattre les institutions de l’UE, alors par quoi les remplacer ? Si l’UE disparait, on risque de retourner à la situation d’avant 1945 et à ses rapports de force très brutaux.
    L’UE a permis de conserver la paix obtenue en 1945.

    Quant au déficit de démocratie de l’UE, je me demande finalement si ce n’est pas un avantage. Regardez tous ces peuples gavés de droits qui ont voté pour des gouvernements créateurs de déficit. Le peuple veut les déficits et les dettes car c’est la voie de la facilité.

    Heureusement que les institutions européennes contiennent des garde fous protégeant contre les abus de la démocratie. La BCE en est une. Grâce à Draghi non élu, on peut espérer retrouver une certaine rigueur de gestion dans les pays les plus en difficulté et la mise en place de vraies réformes libérales.

    Que certains peuples européens en « prennent plein la gueule » en ce moment au propre et au figuré, cela ne me choque pas. Tout s’explique. Ils ont vécu un moment comme des cigales et maintenant il faut payer. Y compris les Francais. Ces peuples sont responsables de leurs propres malheurs en portant au pouvoir des classes politiques nationales discréditées. Ce n’est pas la faute de l’UE. Que chacun balaye devant sa porte avant de s’en prendre à l’UE. C’est trop facile, c’est démagogique et populiste. Il y a assez de démagogie ailleurs, n’en rajoutez pas dans Contrepoints !!!!!

    1. Non non et non l’Europe ne permet pas de conserver la paix, l’UE est la conséquence de la paix et non la cause.
      Pourquoi les Etats Unis d’Europe de Briand ont lamentablement échoué entre deux guerres ?
      Parce que J Monnet n’était pas là ? Un peu de sérieux…

      1. @ O0

        Ah bon ? la paix en Europe s’est maintenue toute seule depuis 1945 comme par enchantement ?
        L’UE est la prolongation du désir de paix des Européens après la guerre. Il a fallu trouver des institutions pour conserver la paix d’où la création de l’UE, instrument de paix.

        Les Etats-unis d’Europe de Briand n’ont jamais existé dans la réalité à la différence de l’UE. Les Europeens à l’époque raisonnaient en terme de nations souveraines et les Allemands surtout voulaient regagner de la souveraineté au détriment des autres c’est pourquoi on a eu la guerre.

        L’UE aujourd’hui a institué la souveraineté partagée dans la réalité c’est pourquoi nous avons la paix.

        1. « les Allemands surtout voulaient regagner de la souveraineté au détriment des autres c’est pourquoi on a eu la guerre. »

          Je ne vous le fais pas dire. En d’autres termes, en 18 la DE était flambante neuve car son territoire n’avait pas été impacté par la guerre contrairement à 45 où chacune des villes avait été soigneusement rasée par les bombardements UK et US.
          C’est ça qui a maintenu la paix en 45. L’écrasement total et définitif des deux camps.
          Et j’ajouterais qu’aujourd’hui l’idée de faire la guerre à coup de bombes nucléaires refroidit pas mal les ardeurs.
          La SDN ou l’ONU ou la CEE n’ont rien à voir dans l’histoire.

          Je suppose que vous faites partie de ceux qui gobent que les AR des députés EU en train entre strasbourg et bruxelles ne sont pas un gachis puisque c’est le prix pour maintenir ce symbole de paix…

        2. Guerre froide, armes nucléaires, délégation de la défense aux USA. Un de ces éléments a disparu, et un autre va aller s’atténuant d’année en année.

        3. Non, le pacte de Varsovie n’a jamais réellement été une menace pour l’Europe de l’Ouest – relisez p.ex. Ralph Raico ou Patrick Faucon. Il a été conclu en réaction à l’OTAN (6 ans plus tard quand même!), et les stratégies militaires du Pacte étaient principalement dirigées vers les pays du tiers monde. C’est d’ailleurs sur ces terrains que se sont affrontées, indirectement, les deux alliances – donc paix en Europe, guerre ailleurs. Après, il y a quand même eu l’OSCE et soyons clairs: à chaque fois que les moyens nécessaires lui ont été donnés, ses
          interventions ont été largement positives : élections de Bosnie, Haut-Karabakh, etc… Ce n’est que faute d’avoir les moyens promis et le soutien politique (ainsi des observateurs au Kosovo début 1999 qui se sont trouvés 1200 au lieu des 2500 promis) que certaines missions ont été moins efficaces.

          J’aurais plutôt tendence à croire que la paix s’est surtout maintenue par le renforcement des liens économiques. Il existe sans doute un point à partir duquel la guerre n’est plus « rentable » car les guerres entre Etats détruisent immanquablement ces liens, donc une prospérité. C’est quand ces liens sont affaiblis (parfois consciemment, comme on a pu le déceler dans la faillite plus ou moins provoquée des accords d’Oslo) que la guerre redevient une option pour les gouvernements.

          Je ne dis pas que cet élément suffit à lui seul à garantir la paix, je constate simplement que c’est l’édification européenne qui a fortement contribué à cette situation. Mais entendons-nous bien: il s’agit de l’approfondissement du marché commun, et non de cette vague « Europe sociale » ou « des peuples », largement fantasmée par la gauche (mais la droite n’est pas innocente non plus).

          Quant à l’intervention en Yougoslavie, l’Europe n’ayant pas d’armée, il fut logique de passer par l’OTAN (le cas des USA est plus complexe, puisque des juristes contestent jusqu’à aujourd’hui la légalité, la constitutionnalité de l’intervention américaine – le Président avait-il le droit de … etc).

          Bref, ça c’est de l’histoire et de la géo-politique; après, soyons clair: tout ceci ne vient pas en soutien de l’Union européenne, un paradis du capitalisme de connivence dont il est permis de penser pis que pendre. Il me semble pourtant acquis que le marché unique a permis de mettre en pratique *certains* postulats libéraux, comme les bienfaits de la circulation libre des biens et des personnes, même si nous sommes très loin du libre-échange.