Le déni français

Publié Par Aleps, le dans Lecture

À part les Grecs, existe-t-il un autre peuple qui soit aussi éloigné des réalités économiques ? Quel autre pays se permet de donner des leçons au monde entier alors qu’il est au bord de la faillite ? Sophie Pedder nous donne les réponses détaillées.

Par Bogdan Calinescu.
Publié en collaboration avec l’aleps.

Au mois de mars 2012, le célèbre hebdomadaire The Economist consacrait sa Une à la France en titrant : « France in denial » (« La France dans le déni ») avec le tableau Déjeuner sur l’herbe de Manet comme image de fond. Tout de suite, les protestations des chiens de garde français se sont abattues sur la revue et sur son chef du bureau à Paris, Sophie Pedder. Le torrent de critiques l’a néanmoins stimulée et elle a écrit cet ouvrage qui développe l’article publié par The Economist.

Les dépenses publiques en France représentent 56% du PIB contre 52% en Suède. C’est énorme et on se demande à quoi cela sert. Oui, le Français est pris en charge dès sa naissance. Il est soigné et assisté. Même s’il ne travaille pas, il est payé. Il attend tout de l’État et il part à la retraite bien avant les autres. Tout cela est financé à crédit depuis plus de 30 ans.

En poste à Paris depuis 2003, Sophie Pedder est surtout étonnée par l’inconscience des politiques français, de droite et de gauche. Ils ne veulent pas entendre la vérité. Pire, ils continuent sur la même voie. Car, l’auteur l’écrit avec justesse, les difficultés de la France ne sont pas la faute des marchés financiers, ni de la spéculation, ni des Américains ou de la mondialisation. Non, la France va mal parce que ses dirigeants politiques ont continué à creuser les déficits et la dette sans se soucier du lendemain. Aujourd’hui, la France sert d’épouvantail dans la campagne électorale américaine, le candidat républicain accusant son rival démocrate de vouloir instaurer en Amérique le socialisme à la française.

Les politiques français ont aussi la mauvaise habitude de lancer des dépenses en fonction des prévisions économiques qui sont régulièrement revues à la baisse. Au lieu de faire les réformes dont le pays a tellement besoin, ils laissent filer les comptes publics. Ailleurs, on a compris que le recul de l’État était nécessaire. En Irlande, un traitement de choc a permis au gouvernement d’économiser environ 30 Mds d’euros en 4 ans. Le nombre de fonctionnaires a baissé de 9% et leurs salaires de 10%. En Italie, Mario Monti a présenté un programme d’austérité de 35 Mds d’euros accompagné d’une réforme des retraites et du marché du travail. Au Royaume-Uni, on a baissé le budget des ministères de 19% et supprimé 700 000 postes de fonctionnaires. D’après le FMI, entre 2011 et 2012, l’Italie aura réduit son déficit de 40%, l’Espagne de 29% et l’Allemagne de 23%. Dans le meilleur scénario, la France ne l’aura réduit que de 15%.

Argumenté, clair, précis, l’ouvrage de Sophie Pedder s’inscrit dans la lignée de ceux écrit par le regretté Jacques Marseille. C’est avec de la pédagogie économique qu’on fait avancer les choses et seule une prise de conscience de la part des politiques – de gauche ou de droite – pourra sauver la France.

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Sur le web.

  1. Comment porter du crédit à une sotte d’anglo-saxone quoi ne rêve que d’une chose : vois la France sombrer ?

    1. Ah, c’est vrai, ces salauds d’anglo-saxons qui complotent contre la France et son joli modèle social que personne n’envie. Va falloir songer à changer le disque : il raconte de sacrées conneries.

      1. En même temps avec 15 000 milliards de dette, les US ne sont pas un modèle de vertus ou de saine gestion…

        1. Qui vous parle des Etats-Unis? C’est de la France qu’il s’agit ici.

    2. C’est plutôt nos élites et une bonne partie de la population de ce pays qui semble vouloir le voir sombrer.

    3. Pas besoin d’un complot anglo-saxon pour le faire sombrer, Flamby s’en charge très bien…
      Et puis pour l’admirateur de Marx, une petite saillie de son grand maître pour la route :
      « Nous trouvons tout tyran aidé par un juif tout comme nous trouvons un pape aidé par un jésuite…C’est seulement parce que les juifs sont si forts qu’il est utile de mettre à jour et de stigmatiser leur organisation »
      Article dans le New York Tribune 4 Janvier 1856
      On a les héros qu’on mérite…

  2. Vu votre peu de respect de l’orthographe et de la langue française, elle n’a pas de soucis à se faire : ses prédictions seront avérées. Il est amusant de manifester des opinions xénophobes en faisant un aussi piteux usage de la langue de son pays.

    1. J’attends donc votre correction avec impatience, vous qui devez siéger à l’Académie Française.

      1. « Comment porter du crédit à une sotte d’anglo-saxone quoi ne rêve que d’une chose : vois la France sombrer ? »

        Comment porter du crédit à une sotte d’anglo-saxonne qui ne rêve que d’une chose: voir la France sombrer?

        Et si vous souhaitez un jour vous cultiver pour éviter de sortir d’autres conneries genre « le marxisme c’est trop bien, le libéralisme c’est trop pas beau, mais je sais pas vraiment pourquoi », vous pouvez commencer par Frédéric Bastiat.

        Au plaisir de vous voir brisé devant vos préjugés, par vos soins.

  3. Merci, Domi pour votre sage et pertinente réflexion… mais ne savez-vous pas que, de nos jours et plus que jamais, la xénophobie se manifeste tant à l’égard des Anglais comme dans les présents commentaires, qu’à l’égard de ce trésor que représente la langue française dans notre patrimoine – au même titre, d’ailleurs, que notre drapeau tricolore – Que voulez-vous ? Tout cela c’est bien « normal » – un signe des temps !
    Voyez « Marx » : avec quelle élégance, il vous renvoie aux calendes grecques ! Comme nous sommes loin de la langue de Molière et des belles Lettres de Madame de Sévigné – pour ne citer qu’eux…

  4. La France n’est pas dans le déni : nous sommes simplement dans une démocratie, dans laquelle les 16 millions d’actifs du privé ont tort face aux 30 millions d’électeurs de la fonction publique, à la retraite, au chômage et assistés en tout genre.

    Le plus dur était d’arriver à cette minorité des contributeurs face aux parasites, maintenant que c’est fait on peut se lâcher dans la joie et la bonne humeur.

    1. Entièrement d’accord!
      L’expérience ira jusqu’à son terme, à savoir la faillite dans une quinzaine d’années.
      Après, avec un peu de chance, ce seront nos amis du FMI qui viendront réparer.

  5. Excellent bouquin ! Une seule déception, de l’avoir fait lire à ma femme suédoise qui m’a dit : « tout ce dont elle parle est très évident, nous avons appris cela il y a une vingtaine d’années ! Je ne savais pas que les français étaient à ce point si peu avancés dans leur changement »…

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