Ruée de Shell sur le pétrole de l’Arctique

Publié Par Contrepoints, le dans Environnement, Matières premières et énergie

C’est parti pour Shell pour la ruée vers le pétrole de l’Arctique et une nouvelle étape dans l’ère des hydrocarbures.

Par Robert Bradley Jr, depuis les Etats-Unis.

shell logo« Je ne peux pas cacher mon enthousiasme, il s’agit de rien de moins qu’un nouveau chapitre qui s’ouvre aujourd’hui dans l’histoire de l’énergie en Alaska. » déclarait Pete Slaiby de Shell Alaska (cité par Jennifer A. Dlouhy dans « Shell Begins Drilling Well off Alaska ») au San Francisco Chronicle le 9 septembre.

L’entreprise orientée vers le profit et les consommateurs est par essence propre, nécessaire et héroïque. Les compagnies énergétiques évoluant dans un marché libre (pétrole, gaz et charbon) sont, à ce titre, très différentes de celles qui dépendent du gouvernement (éthanol, éolien, solaire). L’Enron de Ken Lay est (était) typique des secondes, tandis que Charles Koch des Koch Industries, écrivant hier dans le Wall Street Journal, incarnait les premières.

Shell réduit donc ses investissements (peu rentables) dans les énergies renouvelables pour revenir à ses racines : le pétrole et le gaz. Ils ne communiquent plus sur d’hypothétiques énergies alternatives mais sur de l’énergie, ici et maintenant. C’est parti ! Ils ont découvert à leurs dépens que les prétendus écologistes ne sont que des parasites ennemis de l’industrie quand il s’agit de produire de l’énergie pour tous les consommateurs de la planète.

Les obstacles rencontrés par l’ambitieux projet de Shell pour forer au large de l’Alaska auront été nombreux, mais ce chapitre est maintenant terminé. La route est ouverte, C’est parti !

Une faible opposition.

L’argumentation contre le forage se fonde sur des hypothèses anecdotiques et frise le post-modernisme. D’après Greenpeace :

Quoi que Shell puisse faire dans le court intervalle avant que la mer de glace revienne, cela n’effacera pas les preuves claires accumulées ces deux derniers mois qui montrent qu’un forage sécurisé ne peut pas exister en Arctique. Cet été, nous avons assisté à un ratage complet en termes de communication, mais aussi de logistique. La seule chose qu’ils ont prouvé, c’est que les compagnies pétrolières ne sont pas aptes à gérer les défis spécifiques que représente l’Arctique.

Dieu merci, Greenpeace n’était pas là en 1859 à Titusville, Pennsylvanie, à l’origine des forages pétroliers commerciaux. S’ils avaient réussi à stopper l’industrie au berceau et à bloquer les importations, nous pataugerions encore tous les jours dans le crottin de cheval. Voilà le vrai visage du principe de précaution.

Robert Canvart écrit dans le Huffington Post :

On peut se poser beaucoup de questions sur l’ampleur de notre demande en hydrocarbures, qui nous pousse maintenant à aller en extraire dans des endroits présentant les pires conditions climatiques de la planète. Les compagnies pétrolières dépensent des milliards de dollars pour braver ces conditions, ceci pour deux raisons : d’abord, parce qu’elles le peuvent ; ensuite, parce que ça leur rapporte de l’argent.

La question n’est pas « peut-on le faire ? » mais plutôt « pourquoi ? ». C’est une question politique. Malheureusement, en l’absence de politique nationale claire établissant la priorité d’une production et d’une consommation durables, nous sommes bloqués dans ce cycle sans fin : trouver, brûler, trouver, brûler… Le problème, c’est que trouver devient de plus en plus difficile, de plus en plus cher et de plus en plus risqué pour l’environnement.

Et allons-y pour un Plan Energétique Quinquennal pondu par nos élites condescendantes…

L’Histoire en marche.

Enregistré sur YouTube : Un petit pas pour la foreuse, un bond de géant pour l’humanité.

« Shell prépare la foreuse pour la première fournée. » Ce week-end, l’équipage du Noble Discoverer a commencé à creuser au site « Burger » situé dans la mer des Tchouktches, en Alaska. Il s’agit de l’apogée de plus de six ans d’effort de la part de Shell visant à explorer la surface du plateau continental de l’Alaska. C’est la première fois qu’une foreuse touche la mer des Tchouktches depuis plus de vingt ans.

Le communiqué de presse de Shell est, à juste titre, triomphant :

Shell a le plaisir d’annoncer qu’aujourd’hui, 9 septembre 2012, l’équipage du Noble Discoverer a commencé les forages dans le site « Burger » dans la mer des Tchouktches.C’est un moment historique, la première fois qu’une foreuse touche le sol dans la mer des Tchouktches américaine depuis plus de vingt ans. Nous voyons aujourd’hui le résultat de plus de 6 ans d’exploration de la part de Shell à la recherche des réserves de pétrole et de gaz supposées se trouver à la surface du plateau continental de l’Alaska.Dans les jours à venir, nous continuerons nos efforts dans la mer des Tchouktches, et un nouveau site est en préparation dans la mer de Beaufort.Une période passionnante s’ouvre pour l’Alaska et pour Shell. Nous espérons de nombreux progrès dans les prochaines semaines afin d’ajouter un nouveau chapitre dans la longue histoire du pétrole et du gaz en Alaska. Nous sommes fiers d’être au large de l’Alaska, et nous sommes particulièrement fiers de nos préparatifs pour que tout se passe correctement.

Félicitations, Shell. Et des excuses au nom de certains d’entre nous dans la communauté politique pour ne pas avoir su défendre la cause d’une politique publique énergétique saine, en faveur de l’environnement et de la libre entreprise, ce qui aurait pu dissiper les délais bureaucratiques qui ont entravé un temps vos efforts.

Les consommateurs partout dans le monde devraient applaudir votre dévouement qui a rendu possible l’ouverture d’un nouveau chapitre dans l’histoire du forage en mer.

Article original – Traduction Lancelot/Contrepoints

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  1. Gonflé quand même l’auteur : « L’entreprise […] est par essence propre, nécessaire et héroïque. »

    C’est pas comme si y avait jamais eu de marées noires en Alaska, ni ailleurs…
    Nigeria fin 2011, Mer du Nord été 2011, etc.

  2. Marée noires qui démolissent leurs profits et qui ont, de ce fait, donné lieu à mise en place d’une prévention obsessive, dont les résultats sont impressionnants. C’est dans ce sens qu’il faut comprendre l’expression de R. Bradley, il me semble.

    1. J’ai l’intuition – malheureusement non appuyée par des chiffres – que la quantité de marée noires par million de barils extraits chute de façon significative, rendant, de fait, chaque litre d’essence plus propre que le précédent.
      Quelqu’un disposerait-il de chiffres corroborant – ou infirmant – cette hypothèse ?

    2. Et donc, que je vous donne deux exemples de moins d’un an ne vous force pas à remarquer l’ironie de votre propos ?

      La marée noire du Golfe du Mexique, certes BP mais ils ont les mêmes contraintes (non ?), est pourtant bien due à l’accumulation d’inconséquences magistrales au nom du tout profit, de la réduction des coûts. Et qu’on ne vienne pas dire que c’est la faute d’un sous-traitant, d’abord ils choisissent leurs sous-traitants (donc ont une part de responsabilité) et d’autre part l’enquête a montré que BP savait et a tenté d’étouffer les plaintes venant des ouvriers. Bah oui, les ouvriers qui râlent ont toujours torts, ils savent pas de quoi ils parlent ni les enjeux.
      Au final, si les conséquences financières de votre inconséquence sont négligeable par rapport au profit que vous en retirez… je vous laisse comprendre.

      1. « Au final, si les conséquences financières de votre inconséquence sont négligeable par rapport au profit que vous en retirez… »
        Mouais… La facture est tout de même salée pour BP : 40 milliards de dollars…
        Ça n’a pas l’air aussi simple que vous le laissez entendre.

      2.  » … au nom du tout profit …  »

        BP a fait moins de profit du fait de cette catastrophe que si elle n’avait pas eu lieu, pas plus. Ce qui a du sens, au nom (glorieux) du tout profit, c’est de n’avoir pas de marée noire, pas l’inverse.

      3. flomyen : « La marée noire du Golfe du Mexique, certes BP mais ils ont les mêmes contraintes (non ?), est pourtant bien due à l’accumulation d’inconséquences magistrales au nom du tout profit, de la réduction des coûts »
        ———————————–
        Ah non, l’accumulation d’inconséquences magistrales de BP, c’est pas au nom du tout profit, c’est à cause de tout l’argent dépensé à faire du lobbying vert, à acheter les politicards et à vendre son logo « Beyond Petroleum » au lieu de le dépenser à bien faire son métier comme ceux qui s’occupent des milliers d’autres plateformes dans la même région depuis des années sans accident.

        Quand vous racontez une histoire, il faut raconter TOUTE l’histoire, pas juste le petit bout qui vous arrange. C’est pas pour rien qu’au tribunal, on demande de jurer de dire la vérité, TOUTE la vérité, rien que la vérité. Si vous alliez témoigner avec votre histoire à 2 balles, vous seriez en tôle pour parjure, tromperie et outrage à la Cour.

        1. Et c’est le vent qui a fait rouler la pierre qui a poussé la tuile qui a renversé etc etc.

          BP a eu des rapports de défaillances techniques, des alertes risques, il me semble même des accidents, remontés alors même qu’il s’agissait de la sous-traitance. Et alors que BP prétendait à droite à gauche que ses installations étaient sûres, tant auprès des gouvernements que des investisseurs, elle étouffait sciemment ces problèmes.
          C’est ça toute l’histoire (au passage, c’est emblématique de toute la crise actuelle, des mensonges pour cacher des magouilles, que ce soit auprès des régulateurs tant que des clients).

          Pourquoi BP l’a fait ? Parce que le calcul profit/perte est largement avantageux pour BP.
          Si il ne se passe rien évidemment le profit est maximal.
          Comme il y a un risque, deux choix s’offrent :
          - investissements en sécurité, réparations, personnel
          - extraction le plus possible en espérant la casse le plus tard possible (au mieux jamais)
          Et comme de toute façon BP n’a aucun intérêt commercial dans la dégradation des flore et faune locales (suite à marée noire) et que les procédures judiciaires sont routine pour sa flopée d’avocats, le calcul est vite vu.
          Pas d’investissement, ignorance des cris d’alarme, extraction au maximum.

          D’ailleurs, je rappelle toute l’ironie qu’il y a dans le fait que c’est BP qui fabrique les produits de lutte contre les marées noires, produits qui ne sont pas gracieusement offerts… bah oui, qu’il y ait du pétrole dans la mer et sur les plages, ça importe peu au final à l’entreprise, donc si on veut lutter contre la marée noire, il faut acheter les outils ;)

          Tant que le respect de l’environnement n’est pas comptabilisé comme une variable économique, il y aura inconséquence des potentiels pollueurs puisque la morale des entreprises finalement s’est évaporée avec la course au profit.

          Autant la vente d’une zone marine a des pêcheurs a du sens, parce qu’ils sont concernés directement par l’état de l’environnement pour leur activité, autant les compagnies d’extraction n’ont strictement aucun intérêt à la préservation de l’environnement, puisque leur gagne-pain est justement de le détruire (c’est tout le principe des extractions de matières premières).

          1. BP a eu le feu à sa raffinerie du Texas quelques années avant, avec 15 morts. Sous John Brown, et effectivement durant la période bullshit de John Brown, « Beyond Petroleum » et les renouvelables et tout le tintouin, il y a lieu de penser (mais c’est une accusation grave, donc à prouver) que BP ne s’est pas maintenu au même niveau d’exigence que les autres Majors, sur la sécurité. Encore une fois, si c’est un calcul pour plus de profits, c’est un mauvais calcul : quand on est dans une industrie consistant à porter à très hautes températures et pressions des produits toxiques, inflammables, voir explosifs, c’est, avec suffisamment de temps, « à tous les coups l’on perd ». Je peux vous dire avec une certitude de 100% que ces questions sont prise plus au sérieux dans cette industrie que presque toute autre question, dans n’importe quel domaine.

          2. flomyen : « Et c’est le vent qui a fait rouler la pierre qui a poussé la tuile qui a renversé etc etc. »
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            Oui oui, c’est exactement ça. C’est les ultra-libéraux qui sont à l’origine de la finance déréglementée mondiale qui a poussé la voracité de BP à mazouter un pauvre pélican dans le Golfe du Mexique.
            Pauvre flomyen, un vrai cas psychiatrique, qui fait de la projection de ses propres tares sur les autres à l’insu de son plein gré. Encore une autre pauvre victime de l’Internationale gauchiste.

          3. flomyen : « autant les compagnies d’extraction n’ont strictement aucun intérêt à la préservation de l’environnement, puisque leur gagne-pain est justement de le détruire (c’est tout le principe des extractions de matières premières). »
            —————————-
            C’est ça oui, les compagnies pétrolières ont tout intérêt à niquer l’environnement pour payer une amende de 40 milliards de $ et à diviser par 3 son cours de bourse.
            Mais keskilecon ce mec !!!!

      1. C’est vrai mais c’est vraiment très loin de se limiter à ça. Il y a un gigantesque iceberg sous la surface, de formation, de contrôles, de politiques drogue et alcool, d’engagements de la part de sous traitants, de conception du matériel. Des couches et des couches et des couches de choses à faire bien, pour éviter les situations risquées, puis les « near miss », puis enfin les vrais accidents (imaginez vous une pyramide dont la pointe est le pire évènement).

        1. Les pauvres entreprises… Forcées à prendre des mesures de sécurité, de prévention (oh mon dieu quel gros mot, de la prévention !) parce qu’elles ne sont même pas fichues de le faire d’elles-mêmes.

          C’est vrai que quand on y réfléchit bien, des clients c’est pas ce qui manque quand on fait tourner le monde (pétrole), quelques morts par-ci par-là, quelques insatisfaits, ça ne va pas changer la face du marché ^^ Et puis, que les rivières soient polluées, les forêts dévastées, ça ne change rien aux problématiques pures d’extraction des ressources, alors pourquoi s’en préoccuper ? Quant aux mécontents, qu’ils déménagent tiens, après tout…

          Si l’on s’oppose autant aux forages en Arctique ou Antarctique, c’est pas juste parce qu’il s’agit de pétrole. C’est un symbole, ce sont les derniers endroits sur Terre à peu près propres, exempts de pollution, alors que le reste est souillé partout, des nappes phréatiques aux pluies en passant par l’air et la chaîne alimentaire.
          Mais peut-être les pétroliers et leurs acolytes se battent aussi pour le symbole, qui sait puisque l’argent pourrait ne pas être le seul moteur…, car une fois conquis, le message sera clair : il n’y a nulle part qui soit protégé, nul endroit sur Terre qui échappera à la destruction, à la pollution, à l’avidité. Vos religions, vos convictions, vos droits, vos valeurs, vos libertés, tout cela ne pèse pas face à l’argent.
          C’est peut-être bien cela le plus effrayant, à raison, et c’est probablement pour ça qu’il y a tant d’opposition.

      2. La double coque c’est du marketing politique pour les gogos. Un navire à double coque mal entretenue ira par le fond de la même manière qu’un mono coque…Il y a même des chance pour que la dégradation soit plus rapide car la corrosion peut se développer entre les coques sans que l’on puisse la contrôler et créer des voies d’eau « surprise ». On verra dans 20 ans l’état des navires…

  3.  » Les consommateurs partout dans le monde devraient applaudir votre dévouement qui a rendu possible l’ouverture d’un nouveau chapitre dans l’histoire du forage en mer.  »

    Oui et non. Tout ces progrès se payent cher, et ce pas en avant dans la fuite illustre plutôt jusqu’où nous mène l’addiction aux énergies fossiles. Tous les matériaux, toutes les structures, toutes les procédures doivent être adaptées au climat, avec un surcout énorme à la clé.

    C’est sur qu’à ce rythme là, un chantier de construction d’une centrale nucléaire ressemblera bientôt presque à une partie de plaisir à côté d’un forage pétrolier.

    1. http://www.contrepoints.org/2011/12/10/59762-echec-du-sommet-climatique-de-durban-interview-exclusive-du-chimiste-istvan-marko

      http://www.contrepoints.org/2012/03/10/72535-interview-exclusive-de-henri-masson-sur-les-modeles-du-giec-aberration-statistique

      Le surcoût de l’adapatation « au climat », hors conneries de la part du pouvoir, sera, en gros, de 0. (Parlant du changement climatique causé par l’homme, s’entend. Les variations naturelles, elles, peuvent coûter très cher).

      1. Vous êtes à côté de la plaque. Je place seulement du point de vue énergétique. Et vous devriez le savoir depuis le temps que je poste ici, sans avoir mentionné une seule fois le réchauffement climatique.

        Il est incroyablement stupide d’espérer qu’on laissera le moindre joule d’énergie exploitable dans le sous-sol en situation de pénurie. De toute manière, s’il l’effet de serre a un impact significatif, on ne peut éviter de le renforcer qu’en :
        1/ Renforçant la capacité des espaces naturels à absorber le CO2, donc en les rendant productifs (ou en évaluant mieux les services déjà rendus), et ce de manière durable.
        2/ En abaissant le cout des autres systèmes de production/récupération d’énergie.
        3/ En diffusant des informations fiables sur l’état des systèmes de production d’énergie afin de permettre des anticipations elles aussi fiable, et donc des investissements sérieux.

        La taxe carbone, par exemple, c’est typiquement dans la lignée des mauvaises réponses bricolées par une prétendue élite intellectuelle qui veut donner l’illusion de tenir ses promesses de campagne. Du bougisme dans le cerveau nécrosé de la nation qui vire à l’épilepsie pour le corps social.

        1. FabriceM « Il est incroyablement stupide d’espérer qu’on laissera le moindre joule d’énergie exploitable dans le sous-sol en situation de pénurie. »
          ———————————
          C’est pourtant ce qu’on fait déjà en France avec le charbon. Dans la Nièvre, on en a pour des dizaines de milliards d’€ de charbon qu’il suffit juste de gratter. Dans le Nord, on peut exploiter le charbon existant par la gasification in-situ à des prix défiant toute concurrence et ce pendant encore des siècles. Pourtant, on ne le fait pas.

          Vous n’êtes même pas fichu de connaître le présent et vous jouez au devin non conventionné à nous décrire le futur, c’est ça qui est « incroyablement stupide ».

          1. Eh bien, si vous avez raison sur la rentabilité (et je vous fais confiance), ça viendra.

            Après quelques black-out en plein hiver pour déniaiser la population et les élites, la France sera tout de suite plus ouverte aux investissements dans le charbon. Tout comme après le choc pétrolier des années 70, le gouvernement n’a pas chaumé pour construire des centrales nucléaires. En plus, avec les Allemands qui développement un charbon relativement propre (surement pas moins que nos incinérateurs en tout cas, desquels on s’accommode fort bien) juste à côté, trouver une techno présentable au public ne devrait pas être un travail trop harassant.

            En tout cas, merci d’avoir porté le gisement de la Nièvre à ma connaissance. Au plaisir.

          2. FabriceM : « Après quelques black-out en plein hiver pour déniaiser la population et les élites, la France sera tout de suite plus ouverte aux investissements dans le charbon.  »
            ————————————-
            On est déjà en black-out et depuis des années. Black-out du compte bancaire de la nation et d’une bonne partie de la population. Et pourtant, toujours pas de début de soupçon de trace d’espoir d’utiliser un jour l’énergie fossile dans nos sous-sol, ni charbon, ni même gaz de schiste ! Au lieu de ça, on construit une nouvelle centrale nucléaire qui creuse encore plus le trou de la dette et on facture aux Français le gaz russe ou algérien.

            Bref, vous sous-estimez très gravement le niveau de niaiserie de la population et des élites, donc vos prédictions à 2 balles, poubelle.

          3. « Bref, vous sous-estimez très gravement le niveau de niaiserie de la population et des élites, donc vos prédictions à 2 balles, poubelle. »

            Oui, veuillez pardonner mon optimisme délirant …

            Du reste, vous tapez à côté, comme souvent. Très honnêtement, je ne me sens contredit en rien par ce que vous venez d’écrire. Pour autant, ça n’est pas un plaisir de remplir vos poubelles. Je préfèrerais de loin tomber d’accord. Mais encore faudrait-il que vous envisagiez vous même cette possibilité.

          1. J’avais simplement en tête les conditions extérieures, rien de très original.

            C’est juste que ça fait particulièrement écho aux cours que je suis en ce moment (science des matériaux). Fabriquer des aciers qui répondent à la double contrainte de la température et de l’exigence de résistance accrue à cause des évènements météorologiques extrêmes, et évitent de nanifier les structures, ça n’a vraiment pas du être de la tarte.

          2. Qu’est ce qui change ?

            Le zig zag avec les icebergs ne doit pas être chose courante dans le golfe du Mexique http://www.shell.us/home/content/usa/aboutshell/projects_locations/alaska/events_news/09102012_ice.html

            Ca change que sauf miracle, les aciers conçus pour des températures tempérées ( je doute qu’en 1966 on ait sérieusement envisagé que le bateau utilisé par Shell puisse forer en arctique http://www.marinetraffic.com/ais/shipdetails.aspx?mmsi=636014934&header=true ) ne sont plus utilisables dans des conditions polaires, et que le vieux coucou a donc du recevoir une nouvelle certification, d’où son dernier passage au Danemark ( chez http://en.wikipedia.org/wiki/Det_Norske_Veritas .. et vu la tronche du coucou et le passif de la compagnie, ça promet )

            Ca change surtout que la Corée du Sud, qui construit un navire de forage moderne (j’avoue être étonné par le vieux coucou de Shell) adapté aux conditions arctiques, construit en fait le navire de forage le plus cher de l’histoire ( http://en.wikipedia.org/wiki/Drillship) Et encore, il faudra le faire accompagner par des brises glace … http://www.dnv.com/industry/oil_gas/publications/offshore_update/2011/02_2011/calculatedriskstenadrillmaxicenearsdelivery.asp

            Il a des adaptations rigolotes : « Steam heating coils warm the ballast tanks and drill water tanks and windwalls and cladding offer enhanced protection to the drill floor and dual mast derrick. »

            Seul « avantage » des conditions arctiques : les tempêtes sont apparemment moins fréquentes .. mais comme faut dimensionner le bateau en tenant compte du pire (le pire étant les vagues scélérates pouvant atteindre 30 m), ça n’a visiblement pas permis d’alléger le cahier des charges : “Icebergs and extreme cold certainly represent a risk in the Arctic, but there is less of a threat from heavy seas and large waves.” Still, Welo adds, DrillMAX ICE can survive waves as high as 30 metres. »

        2. « Mais encore faudrait-il que vous envisagiez vous même cette possibilité. »
          ——————————
          Et vous, cela vous arrive-t-il d’envisager que je puisse intervenir non uniquement pour vous « contredire » mais aussi pour apporter des précisions qui manquent de toute évidence à votre réflexion ?

          1. miniTAX, on te l’a déjà dit, ce n’est pas tant le fond, que la forme qui choque. Un peu moins d’agressivité, plus de noms d’oiseau, et le message passe tellement mieux…
            D’autant que le fond, lui, est très bon.

            (Tu vois, là : Une petite critique, formulée en tant que conseil et non pour montrer que tu as tort, suivie d’un compliment. En général, ça passe mieux… ;))

          2. Bien sur que je l’envisage, et je ne souhaite pas mieux, c’est bien ce que j’essaie de vous dire. Seulement force est de constater que dans l’argumentation, vous êtes plus du genre rafale de kalachnikov que sniper.

          3. @FabriceM :
            Ca doit bien faire une demi douzaine d’années que miniTAX et moi discutons via forums interposés. J’espère qu’il ne le prendra pas comme ça, d’autant que nous sommes généralement d’accord.

          4. DoM P : « J’espère qu’il ne le prendra pas comme ça, d’autant que nous sommes généralement d’accord. »
            ——————————–
            Ne vous inquiétez pas, j’ai le cuir dur. Et notez que je n’ai aucun problème avec les contradicteurs, juste avec les menteurs et les c.ns.
            Contrairement aux gauchistes, je n’ai aucun problème le principe de Popper : « l’élargissement de la connaissance vient uniquement des désaccords ».

            Pour la petite histoire, pour payer mes études, j’ai fait pendant plusieurs année le vendeur de porte-à-porte où l’on pousse le pied dans l’entrebaillement pour éviter de se faire fermer la porte au nez et où on vous apprend de rentrer par la fenêtre si on vous chasse par la porte d’entrée.

            Alors bon, ça me fait bien rire de voir les gauchistes bien principe-de-précautionnisé par l’Etat nounou et susceptibles comme une vierge effarouchée venir pleurnicher dès qu’on secoue un peu leurs certitudes. Enfin, vu les échantillons qu’on a, des fois, je me demande s’il faut rire ou pleurer.

    2. Ce genre d’investissement permet le développement de nouvelles techniques et technologie qui seront utilisés dans une myriade d’autre domaine et donc participeront à l’amélioration de la productivité mondiale.

    1. C’est probablement une question de mode, de la poudre aux yeux. Qui s’arrête bien sûr aux frontières des gouvernements conciliants ou de ceux qui n’ont pas les moyens de se défendre, africains par exemple.

      Quand on voit les efforts déployés par les multinationales du pétrole pour nier les évidences de leurs pollutions devant des éventuels tribunaux, décrédibiliser les victimes et les intimider…

      La RSE c’est bien un truc pour plaire aux écolos bobos qui ne voient pas plus loin que leur jardin.

      Encore une fois comme je le disais, de la tromperie à divers étages, des écrans de fumée. Heureusement régulièrement révélés pour ce qu’ils sont mais malheureusement souvent trop tardivement ou avec trop peu de conséquences.

      Trop de régulations sur les entreprises au point qu’elles ne peuvent pas prendre soin de leur environnement local ? De la blague, puisqu’il existe des zones non réglementées ou très peu, et que ces entreprises voient là plutôt une opportunité de rogner davantage sur les coûts pour réaliser encore plus de profit plutôt que de prendre en considération la santé des populations ou la préservation des écosystèmes (donc indirectement, la survie et la santé des populations).
      Et l’on voudrait étendre cela partout dans le monde, déréglementer et laisser faire, en comptant sur la bonne foi des menteurs ?…

      1. Même avec un trillion de page de loi vous crieriez encore au libéralisme débridé.

        BP a perdu beaucoup plus dans l’histoire que cela à rapporté, cela lancera un message aux autres pour l’avenir, on appel ça la responsabilité.

        Pour ceux qui ont compris, aucune autre explication n’est nécéssaire. Pour ceux qui n’ont pas compris aucune explication n’est possible.

        1. Vous me faites un mauvais procès, je ne crois ni que le système est libéral ni n’encense la surréglementation. Mais je ne crois pas non plus à l’absence de réglementation.

          Le libéralisme marche idéalement lorsque tous les acteurs jouent un jeu égal, lorsque l’information circule librement entre les parties. C’est très loin d’être le cas, notamment lorsque la table de jeu est mondiale.

          Tricheries et mensonges sont hélas monnaie courante, et beaucoup font peu de cas du sort des autres quand bien même cela devrait avoir des implications morales pour eux. Les scrupules n’étouffent pas tout le monde, la perspective d’être soi-même potentiellement une victime non plus.

          Illustration de ces duplicités, l’article paru ce jour sur Contrepoints justement, à propos de la Fed et de la nébuleuse bancaire.

          Je trouvais ça absurde, mais à force de lecture sur les neurosciences, les découvertes sur les biais cognitifs et tout un tas d’articles sur les manigances dont je parle, je finis par me dire aussi que ceux qui traitent les dirigeants, gouvernants (institutionnels ou privés) de sociopathes ont probablement raison. L’immoralité paie, et même très bien ; les gens honnêtes restent sur le carreau. (À la manière de ce qui a été maintes fois démontré, sur l’ascension dans la hiérarchie : on obtient des incompétents aux postes plus élevés, au lieu de laisser les compétents à leur poste subalterne.)

          1. Bon je l’admet, j’ai peut-être parlé trop vite. Le monde parfait n’existe pas, le système politique représente justement la matérialisation de tout ce qui existe de pire chez les humains (biais, pensée magique, immoralité, rationnalisation (psychologique)).

            Mais quoique l’on fasse on doit vivre avec celà et chercher dans la mesure du possible un moyen de coexister, le libéralisme n’est pas une idéologie mais simplement une philosophie qui ressort de la constation des faits. Même s’il est évident qu’on ne peut pas éliminer tous les escros, Il faut s’en tenir à ce qui fonctionne le mieux, responsabilité et liberté.

            Alors bon, d’un cote la reglementation est quasi inutile car ceux qui sont pres du pouvoir peuvent y échapper ou mieux encore créer des règles qui empêche l’arrivée de nouveau joueur sans nécessairement apporter une soliution au problème et de l’autre il faut compter sur le jugement de millions d’individus, souvent mal informé par des médias biaisés.

            Malgré tout je crois davantage en la vigilance des seconds, même si parfois je trouve celà décourageant.

            Mais qui sait, à l’ère ou l’information circule si rapidement peut-être que ça ira mieux.

          2. « d’un cote la reglementation est quasi inutile car ceux qui sont pres du pouvoir peuvent y échapper ou mieux encore créer des règles qui empêche l’arrivée de nouveau joueur ».

            Le problème n’est pas la réglementation en elle-même, comme vous le dites c’est la proximité du pouvoir réglementaire avec ceux auxquels ces réglementations s’appliquent, autrement dit notre capitalisme de connivence actuel.

            Supprimer les réglementations est illusoire, car comme je le répète, la responsabilité ça ne fonctionne que si vous vous sentez responsables. La réglementation ajoute des gardes fous contre les irresponsables, gardes fous dont n’ont pas besoin les gens responsables (et c’est là où doit se situer la limite).

            Il faut donc cesser cette connivence, pas la réglementation.

            1. La réglementation est inutile, il suffit d’appliqué la propriétés privé et la responsabilité. Avec ces deux simple concept n’importe quel personne âgé de plus de 10 ans pourra former un jugement et définir les peines liés au dommages.

          3. Bah et encore elle sujette à l’irationnalité de la politique, la justice doit servir à punir l’irresponsabilité et à faire respecter les droits individuels en premier lieu. Actuellement le débat veut davantage interdire toute forme de développement et créer de nouvelle taxe que d’assurer que le respect des droits et de s’assurer de l’application de la responsabilité.

      2. Pourquoi partez-vous du principe que toute « victime » qui vient exiger des réparations est légitime ? Pourquoi le responsable de la catastrophe ne demanderait pas justification de leurs réclamations ? Pourquoi avoir causé une catastrophe signifierait-il devoir verser n’importe quel montant à n’importe qui qui se pointe ? Comment ne voyez-vous pas que c’est abbsurde. Comment ne comprenez-vous pas qu’il y a nécessairement une part de contestattion ? Et que la justice a une rôle à jouer ?

        1. Je ne rejette pas la contestation, mais il faut bien comprendre qu’avec beaucoup d’argent on peut faire passer une victime pour un bourreau. Et même ce n’est qu’un détail, il se passe bien trop de pression extra-judiciaire.
          Je repense à ces africains qui se sont retrouvés habiter à côté de raffineries qui crachent des fumées toxiques, soufrées, qui les ont tous rendus malades ; qui rejettent des produits toxiques dans les eaux environnantes.
          Et lorsque quelques uns osent s’élever contre ce meurtre à petit feu, ce sont intimidations, représailles, puis si jamais ces habitants arrivent à dépasser ces obstacles, c’est une bataille de procédure sans fin.

          Tout cela pour souligner que la moralité, nécessaire pour un vivre ensemble (il ne me semble pas qu’elle soit exclue de la pensée libérale ?) est complètement absente.

          Je repense aussi à cette entreprise d’extraction de minerais fissibles, qui pour faire bonne figure, a construit des habitations pour ses ouvriers et leurs familles… avec les matériaux radioactifs. Si ça n’est pas pervers…

          Lorsque la moralité a quitté l’économie, qui est normalement au service des hommes et non l’inverse, au point de menacer les hommes, c’est là que la réglementation s’impose.

          1. C’est parce que les lois et les réglementation sont infiniment complexe qu’il est si difficile de juger. Et contrairement à ce que l’on peut penser les grande sociétés poussent à la réglementation car d’une part elle savent pertinemment que cela les avantage en cas de procès et d’autre part ce sont de puissante barrière pour l’entré de nouveau concurrents.
            Comme je le disais plus haut seul le fait de causer dommage à autrui devrait être pris en compte. Vous causer un dommage : vous compensé ce dommage. C’est ausi simple que cela, pas de circonstance atténuante, de oui mais je respectait les règles, de c’est pas ma faute…NON vous endommagé, vous payé point.

  4. @Flomyen: ce qui est absurde dans votre position, et ce n’est pas de votre faute, c’est que vous ne connaissez pas les détails, c’est qu’une cause du sentiment d’immunité était justement la loi, dans le Golfe du Mexique, qui avait fixé un plafond de responsabilité de 15 millions de dollars (!!) pour les opérateurs en cas de marée noire.

    Qu’en pensez-vous ? Comment ne pas penser que la règlementation est parfois pire que son absence ?

    Résultat, BP a appris que cette loi était bidon, le jour où ils ont causé une grosse cata (peu de dégats à la nature, en fait, mais bien bien pire, ce dont les écolos se foutent comme de l’an 40 : il ya eu mort d’hommes).

    Bref, pollueur payeur a quand même joué, mais au prix d’une incertitude accrue face à la loi, ce qui est, en fait, la mort de la loi.

    1. Et donc ?

      Cela n’illustre que mieux cette incapacité de ces entreprises à faire ce qui est bon, en tout cas à ne pas faire ce qui est mal. Elles ne font que le strict minimum, elles comptent les vies, les risques, en terme de profit. Chaque chose sur Terre aurait un prix, il suffirait de donner de l’argent pour remplacer la chose, comme on donnerait une photo d’une voiture pour remplacer une voiture…

      La loi les assure d’une limite d’amende en cas de catastrophe ? L’idée était peut-être de protéger l’entreprise comme on protège les particuliers de sanctions astronomiques.

      1. L’idée quelles ne font « que le strict minimum » est tout simplement fausse.

        Prenez une minute pour imaginer ce que donnerait une industrie si dangereuse si elle ne faisait que « le strict minimum ».

        Pour votre gouverne: il y a des boîtes où, si quelqu’un est tué dans un accident en raffinage, le directeur de la raffinerie doit aller en personne l’annoncer à la famille du tué (et ça n’est que normal).

        Question à vous personnellement : qu’est-ce qui vous rend si convaincu que les directeurs de raffinerie sont des monstres sans coeur à qui cette perspective ne fait ni chaud ni froid ? (car c’est nécessairement ce qu’ils doivent être pour n’en faire qu’un « strict minimum »).

        Qu’est qui vous a mis cette noirceur et cette erreur dans le coeur ? Je suis sincèrement curieux.

        1. PS: je vous ai écrit plus haut des choses qu’elle font sans contrainte extérieure. Aidez moi et dites moi quelle partie vous n’avez pas comprise. J’essaie de m’exprimer le plus simplement possible.

        2. Quand je dis le strict minimum, je parle en fonction de la réglementation. Comme vous l’avez dit vous-même en évoquant la garantie des 15 millions.

          Quant aux directeurs de raffinerie, peut-être tout simplement qu’ils ne vivent pas dans le même monde que ceux qui sont victimes de leurs inconséquences. Il n’y a pas que les politiques qui vivent dans une tour d’ivoire. Des mots comme dommages collatéraux me viennent à l’esprit, mots forcément inventés par des gens particulièrement détachés du sort de ces autres…

          Vous vous rappelez de l’époque où il y avait plusieurs catégories d’hommes, voire quand il y avait les hommes et les non-hommes ? Cette ségrégation est encore existante, elle ne se trouve presque plus sous forme d’esclavage, mais elle est toujours dans des esprits. Il y a ceux qui méritent de vivre et puis il y a les autres.

          Je n’ai pas de noirceur dans le cœur, je suis plutôt triste, navré de voir que l’on mesure la valeur d’une vie en dollars (la valeur des écosystèmes de la même manière, quand on leur accorde une valeur…).

          Et je ne crois pas malheureusement, qu’il y ait beaucoup de directeurs de raffinerie qui aillent annoncer en personne un décès d’un ouvrier, et bien moins encore celui d’un local victime de pollution.
          Peut-être justement est-ce là la racine du problème, la tour d’ivoire, dans les esprits et dans les lieux.

          1. Eh bien vous avez tort, j’en connais un.

            Question : d’où savez-vous ce que vous savez sur l’industrie pétrolière ?

            Sinon, pour en revenir au minimum : les pétroliers en savent infiniment plus que les autorités sur comment garantir la sécurité dans leurs installations. S’ils en faisaient « un minimum » pour respecter la règlementation et un maximum pour suivre les meilleures pratiques qu’ils déterminent eux-même, ça serait sans aucun doute la meilleure nouvelle au monde.

            PS: qu’on la définisse en $ ou en valeur intrinsèque, la vie humaine, l’important est de tout faire pour la protéger. Par ailleurs, sur un site industriel vos collègues sont des gens que vous fréquentez tous les jours, et nombre d’entre eux, des amis. Même si vous êtes un (bon) directeur. S’il y en a un qui se fait tuer, vous ne vous dites pas, merde, tant de dollars de perdu, croyez moi.

            Vous, vous pensez que les pétroliers réagissent comme ça, et qu’ils sont donc (si on va par là) une forme de sous-hommes ou de non-hommes. Et je vous dis que le fait de voir les choses comme ça, c’est que vous avez de la noirceur dans le coeur.

        3. Les directeurs de raffineries (les grands chefs en général, que l’organisation soit privée ou publique) ont été choisi au terme d’une longue carrière, une forte sélection interne et parfois externe (quand ils ont rencontré un problème qui a eu des répercutions sur les tiers, dont une marée est un exemple). il y a des centaines de jeunes candidats pour un seul qui arrivera à ce niveau. Parmi ces candidats, il y en a des sensibles et des froids, des rationnels et des superstitieux, des responsables qui assument leurs bêtises et des qui les font endosser à d’autres, des loyaux et des sournois, des honnêtes et des qui avec ou sans scrupule feront appel à des illégaux, des bosseurs et des fainéants, etc. ; leur vie professionnel peut les rendre humainement meilleurs … ou pire.
          Est-ce qu’avoir du cœur est une qualité qui sera sélectionnée ? On peut en douter. Les « monstres sans cœur », ça existe, y compris parmi les directeurs de raffineries. les monstres avec du cœur aussi, d’ailleurs, et je crois qu’ils sont pires.

          1. Bref, la généralisation selon laquelle ils ne verraient la vie humaine qu’en termes de dollars est fausse. J’insiste sur généralisation.

            D’accord avec l’idée qu’en tant que population, ils sont, en gros, normaux.

          2. Normaux, j’en doute. Cela voudrait dire que le processus de sélection qui s’applique à eux serait équivalent à un tirage au hasard (sur le plan qui nous intéresse)… Douteux, non ?
            Et puis de toute façon quelle est la portée de l’argument ? En quoi être « normal », ou un monstre froid, ou un saint empathique, contribue (ou pas) à la prendre les bonnes décisions ? En rien. Que le directeur mette en place des mesures de sécurité parce qu’il est sensible à la santé de ses employés ou parce qu’il au cout potentiel des pertes (pénalités, mécontentement des employés -> grève, etc.) s’il ne le fait pas, quelle importance ?

  5. Coup d’arrêt pour Shell en antarctique.
    http://www.shell.us/home/content/usa/aboutshell/projects_locations/alaska/events_news/09172012_update.html

    Et Total se pare du principe de précaution pour justifier son attentisme. Les écolos sont ravis (de se faire manipuler) :
    http://www.ft.com/intl/cms/s/0/350be724-070a-11e2-92ef-00144feabdc0.html

    Détail croustillant, le DrillMax ICE de Shell (évoqué plus haut, le nec plus ultra du forage en conditions polaires) fore au large de la Guyane pour le moment http://www.rigzone.com/data/rig_detail.asp?rig_id=1549