Renault licencie

Publié Par Thibault Doidy de Kerguelen, le dans Entreprise et management

La filiale coréenne du constructeur français Renault a annoncé vendredi un plan de réduction de postes. L’avantage de ne plus produire en France, c’est que lorsqu’on licencie, c’est à l’étranger…

Par Thibault Doidy de Kerguelen.

80% de salariés en moins, des places en plus sur le parking !

Renault Samsung Motors (RSM) a des difficultés. La filiale coréenne du constructeur français Renault a annoncé vendredi dernier 10 août 2012 un plan de réduction de postes ouvert à 80% de ses salariés. Une bagatelle ! Enfin, 80% des salariés ne faisant pas partie des 1 000 qui travaillent dans le domaine de la recherche et développement et du design.

Il faut dire que les ouvriers de RSM ne sont pas trop occupés, depuis quelques temps. L’usine tourne à peine à 60% de ses capacités et, fermée plusieurs jours par mois, elle ne devrait produire que 180 000 voitures cette année, essentiellement destinées au marché intérieur coréen. Or, justement, sur ce marché intérieur, c’est la claque. -34% de ventes depuis le début de l’année quand les concurrents (Hunday- Kia) ont, eux, augmenté leur part de marché de 10%. La politique de Ghosn, le cost killer, n’est pas adaptée à un marché toujours en recherche de nouveautés et de performance technologique.

Ce n’est pas pour autant que le groupe a décidé de fermer son unité de production, au contraire. Le mois dernier, son PDG, Carlos Ghosn, a annoncé un investissement de 160 millions de dollars sur son site de Busan. La nouvelle orientation sera désormais la production de modèles du groupe. C’est déjà là qu’est produite la Renault « Latitude » qu’on ne voit pas beaucoup sur nos routes, ni sur les autres d’ailleurs… et le « Koleos », le crossover mal nommé de Renault qui, malgré son lifting de l’année dernière a du mal à convaincre. Désormais le site coréen produira le Rogue, le futur 4×4 de Nissan. Souhaitons lui meilleur avenir.

En attendant, on vire. Les conditions de départ, toujours bonnes à connaître pour pouvoir négocier demain si d’aventure une telle mesure pointait son nez dans l’hexagone, vont jusqu’à deux ans de salaire d’indemnités, en fonction de l’ancienneté.

—-
Sur le web.

Laisser un commentaire

      1. Avant la guerre, nos constructeurs avaient les gènes pour les véhicules de luxe et de haute performance. Sous prétexte de reconstruction, on n’a pensé que véhicules grand public et économiques. Quand je pense que la première DS s’est vue affublée du vieux 4 cylindres de la Traction à peine amélioré, alors qu’elle méritait un « 6 en ligne ».
        Maintenant, on sait faire les meilleurs moteurs de F 1, mais on a laissé le prestige et les marges bénéficiaires aux Germains, lesquels viennent même nous tailler des croupières sur les moteurs économiques.
        Un de mes fils a une BMW qui développe 245 Hp et qui consomme en moyenne… 7,5 litres de gasole.

        1. La vignette a tué les grosses cylindrées française. Oui, nous étions le pays de l’art automobile, avec Delage, Delahaye, Talbot, Hispano Suiza, Bugatti et bien d’autres.

          Quand on sait qu’une voiture de grand luxe prend des centaines d’heures à fabriquer, par des ouvirers experts, alors qu’une petite caisse à savon ‘bonus CO2″ en prend une douzaine, on de se rend compte de la destruction industrielle dont se sont rendues coupables le autorités et leur hargne égalisatrice.

          Aujourd’hui, l’Italie, l’Allemagne et la GB se répartissent le grand luxe, et on le voit même émerger en Hollande (Spyker), en Suède (Koenigsegg). Cruelle ironie.