Sciences

Mars Curiosity : une coûteuse curiosité

Publié le 8/08/2012

Le rover « Curiosity » est l’un des projets de la NASA les plus coûteux de tous les temps. Voilà bien sûr des choses merveilleuses. Mais ne sont-elles pas un luxe à une époque d’austérité ?


Par Gene Healy, depuis les États-Unis.
Publié en collaboration avec UnMondeLibre

Si l’on compte bien, à 2,5 milliards de dollars, le rover « Curiosity » (Curiosité) est l’un des projets de la NASA les plus coûteux de tous les temps. Et le faire atterrir a constitué un défi d’ingénierie sans précédent : c’est un véhicule deux fois plus long et cinq fois plus lourd que ses prédécesseurs, dont il a fallu faire ralentir la vitesse de 21 000 km/h pour un atterrissage en douceur en l’espace de sept minutes.

C’est donc un coup de maître pour la NASA, et elle peut être sûre de générer pas mal de vidéos étonnantes.

Et pourtant, Houston - et Washington - nous avons un problème. Car le Congressional Budget Office (CBO) américain a en effet averti qu’à la fin de l’année la dette fédérale du pays approchera 70% du PIB, soit près de son niveau le plus haut de l’après-Deuxième Guerre mondiale. D’ici 25 ans, les projets du CBO, les dépenses de santé et les retraites, vont consommer une part de l’économie aussi importanteque l’ensemble de l’État fédéral américain aujourd’hui.

Voilà pourquoi nous avons un problème.

Il est vrai que le budget 2012 de la NASA, de 18 milliards de dollars, n’est pas l’élément majeur de nos problèmes budgétaires. Mais le bilan catastrophique de l’État fédéral américain plaide pour l’élimination de tous les postes de dépense non-essentiels. La mission de Curiosity consiste à tester la vie microbienne dans le sol martien. S’il y a de la vie microbienne, nous dit James Green de la NASA, alors nous « devons repenser notre place dans l’univers ». Jugeons-en. Nous aider à « repenser notre place dans l’univers » n’est pas, sans doute, une des fonctions essentielles de l’État fédéral.

Le bon sens dicte que si nous devons dépenser l’argent des impôts en recherche scientifique, il est préférable qu’il soit dépensé là où il peut bénéficier aux êtres humains. Les USA dépensent plus de trois fois plus en « ponts qui ne mènent nulle part » interplanétaires que dans la recherche contre le cancer.

Selon l’économiste et ancien chercheur de la NASA Robin Hanson, les avantages que le contribuable américain tire de la recherche de nouvelles frontières par la NASA sont « un peu comme les pyramides... un prestige national et faire partie de l’histoire ».

Voilà bien sûr des choses merveilleuses, mais elles représentent un luxe à une époque d’austérité.

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Article publié originellement en anglais sur le site du Cato Intsitute. Traduction : UnMondeLibre.

Gene Healy est vice-président de l’Institut Cato.

Lien raccourci: http://www.contrepoints.org/?p=93083

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