Europe

Draghi et la BCE servent à éviter la démocratie

Publié le 3/08/2012

Depuis quand Bruxelles laisse-t-elle les points et les virgules des traités faire obstacle à ce qu'elle veut faire ?

Par Daniel Hannan, depuis Oxford, Royaume Uni.

Mario Draghi - président de la BCE

La Banque Centrale Européenne va faire subrepticement ce que les gouvernements des États membres n'osent pas faire ouvertement : transférer de l'argent de l'Allemagne et de ses satellites vers les États sinistrés méditerranéens. La BCE a pour plan d'éponger des mauvaises dettes en imprimant plus d'argent, de façon très similaire à ce que la Banque d’Angleterre a déjà fait. Dans les deux cas, les épargnants et les retraités seront expropriés pour sauver des gouvernements en découvert et des banques.

Un certain nombre de politiciens allemands se sont plaints qu'une telle intervention est illégale. L'UE applique simplement via la politique monétaire ce qu'il lui est expressément interdit de faire via la politique fiscale.

Bienvenue dans mon monde, Genossen (camarades en Allemand, NdT). Depuis quand Bruxelles laisse-t-elle les points et les virgules des traités faire obstacle à ce qu'elle veut faire ? Elle a ignoré les règles quand elle a étendu son autorité aux affaires d'environnement, et encore quand elle a établi un instrument commun de politique étrangère. Elle a enfreint la loi quand elle a ratifié le traité de Maastricht malgré le "Non" du Danemark. Et bien sûr, elle a violé toutes les règles quand elle a établi le fonds de sauvetage. Comme l'a dit votre chancelier (Angela Merkel, NdT) : "les traités sont bien clairs, il n'y a pas de possibilité de sauver un État".

La beauté de l'achat d'obligations d’État, d'un point de vue bruxellois, c'est que ça élimine tout besoin de votes par les parlements, de référendums, ou d'autres procédures de ratification. Le chef du goupe FDP au Bundestag, Rainer Brüderle, se plaint que le budget allemand "n'est pas un magasin en self service". Mais je crains que c'est précisément ce qu'il est devenu. Et il n'y a rien que vous, ou aucun représentant élu, ne puisse y faire.

En 1942, dans une émission radio à Londres, Charles de Gaulle a avancé l'argument que "la démocratie et la souveraineté nationale sont la même chose". Et c'est maintenant prouvé. De façon à nier la deuxième, les eurocrates ont encore dû écraser du pied la première. Nous avons désormais un gouvernement par et pour la nomenklatura de Bruxelles. Le projet est accompli.

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