Les cas de suppressions d’emploi se multiplient !

Publié Par Thibault Doidy de Kerguelen, le dans Travail & emploi

Les suppressions d’emploi se multiplient et les derniers chiffres du chômage communiqués par Pôle emploi ne sont pas bons. Le regard porté sur l’horizon n’augure pas d’une accalmie. Le seuil des trois millions de chômeurs en France pourrait être atteint dès septembre.

Par Thibault Doidy de Kerguelen.

Manifestation suite à l’annonce des suppressions d’emplois chez PSA.

Les chiffres du chômage sont tombés… Enfin, ils se sont plutôt envolés. Le seuil des trois millions de chômeurs en France sera atteint avant la fin de l’année, probablement en septembre. Le nombre de demandeurs d’emploi n’ayant pas du tout travaillé a augmenté de 23.700 pour atteindre 2.945.800 fin juin. En incluant les personnes exerçant une activité réduite (catégories B et C), ce sont près de 4,4 millions de personnes qui étaient à la recherche d’un travail fin juin, un record depuis la mise en place des ces statistiques en 1991. Il s’agit surtout de la quatorzième hausse consécutive du nombre d’inscrits à Pôle emploi, depuis mai 2011.

Et le regard porté sur l’horizon n’augure pas d’une accalmie. Les suppressions de postes qui chauffent sont nombreuses. Bien sûr, il y a les plus médiatisées : PSA (8 000 suppressions de postes), Air France, (5 122 postes), Alcatel-Lucent (5 000 postes dans le monde), Sanofi, SFR (entre 1 000 et 2 000), Bouygues Telecom (555 personnes), Hewlett-Packard (520 postes), Conforama (288)… et puis il y a tous les entreprises qui n’ont pas forcément l’honneur de la presse ou qui passent plus inaperçues comme Doux (env. 1000 suppressions), Groupama, Puma, Castorama, Novandie (76 postes sur 168 salariés), Renault qui menace 300 emplois à Flins, Rapid Flore qui supprime 20 postes à Rouen, Virgin qui supprime plus de 80 postes entre son siège et ses magasins, FRAM qui vire 67 personnes, 85 postes supprimés dans la reprise de Paris Normandie, Visteon (99 emplois), 484 suppressions chez TUI (Marmara – Nouvelles Frontières), ou ceux que l’on tait volontairement parce qu’ils sont imputables aux choix politiques comme la Fédération Française du Bâtiment qui annonce 35 000 (oui, trente cinq milles !) suppressions de postes rien que pour 2012, ou la Fédération Nationale des Travaux Publics qui en annonce quant à elle 6 000, bref, la liste s’allonge de jour en jour.

Il est à craindre que 2012 ne soit la pire année pour l’emploi, avant la suivante, car rien ne laisse présager d’une reprise de l’activité industrielle ; surtout pas la politique de coûts salariaux menée par notre gouvernement (qui rend notre industrie totalement non compétitive), ni sa politique fiscale (qui pompe une partie de ce que les consommateurs auraient pu réinjecter dans le circuit), ni ses 22 « commissaires » au redressement (tous fonctionnaires et qui n’ont vu une « vraie » entreprise pour la dernière fois que lors de leur stage d’une semaine en fin de 3ème…).

Que ceux qui doutent de ce qui nous attend prennent le temps de lire la liste des derniers communiqués de l’INSEE :

Et encore, ne vous ai-je mis que les trois derniers jours !

Y a-t-il une bonne nouvelle ? Si on veut. Les résultats de l’étude que la DARES vient de publier peuvent  laisser penser que ceux qui disaient que repousser l’âge de la retraite et supprimer les dispositifs de pré-retraite allaient mathématiquement augmenter l’emploi des seniors avaient raison. J’estime pour ma part que les chiffres doivent être pris avec précaution. En tous cas, le taux d’activité des 55-64 ans a augmenté de 3,2 points au cours de l’année 2011 pour atteindre 44,4% en moyenne sur l’année, selon cette étude.

« Cette accélération est due à une hausse d’environ 3 points en 2011 du taux d’activité des 60-64 ans, après environ 1 point par an en moyenne les trois années précédentes », explique la DARES. Les réformes successives des retraites (1993, 2003 et 2010) ont contribué à favoriser cette progression, tout comme, en parallèle, la réduction continue des dispositifs de préretraite. Le taux d’activité des 55-59 ans a en effet progressé, lui aussi, d’environ 3 points en 2011, au même rythme que de 2008 à 2010.

Si l’on exclut les chômeurs, le taux d’emploi des seniors en France est désormais légèrement supérieur à la moyenne européenne entre 55 et 59 ans (+ 1,5 point), mais il reste largement inférieur entre 60 et 64 ans (- 13,6 points). Pour l’ensemble des 55-64 ans, ce taux d’emploi a tout de même augmenté de 11 points entre 2000 et 2011, en France, comme dans l’ensemble de l’Union européenne.

Pour notre part, nous considérons toujours que dans un cadre de marché de l’emploi sclérosé, l’embellie d’un segment de marché s’accompagne toujours d’une détérioration d’un autre. Seules la redynamisation par la baisse du coût de la main d’œuvre et la libéralisation des contraintes réglementaires (administratives et légales) liées à l’embauche, accompagnées par la liberté de choix laissée au travailleur de partir ou non en retraite au moment qu’il juge opportun peuvent véritablement et durablement amener une modification profonde du chômage en France.

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Sur le web.

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  1. « ceux que l’on tait volontairement parce qu’ils sont imputables aux choix politiques comme la Fédération Française du Bâtiment qui annonce 35 000 (oui, trente cinq milles !) suppressions de postes rien que pour 2012, ou la Fédération Nationale des Travaux Publics qui en annonce quant à elle 6 000″

    Quelle en est la raison? Y’a-t-il des mesures spécifiques au BPT?

    Sinon, il serait préférable, je pense, de regarder le taux d’emploi plutôt que le taux de chômage…

    1. Bonjour,
      Je faisais allusion à la suppression des « niches fiscales », en particulier le Scellier qui a fait exploser en vol le marché du logement neuf, donc du bâtiment…. C’est juste un clin d’oeil à mes amis de la rédaction de Contrepoints avec qui, il y a un an ou un peu plus (vous retrouverez cela dans les archives) nous avions eu un différent, eux estimant que l’Etat n’avait pas à « subventionner » le marché du logement et moi estimant que cette suppression coûterait finalement plus cher à l’Etat en TVA non perçue, en indemnités chômage, en cotisations non perçues, en allocations en tous genres qu’elle ne pourrait jamais générer en IRPP sup. Aujourd’hui cette décision, comme c’était prévisible, est une calamité économique et sociale. Le pragmatisme l’emporte souvent sur l’idéologie, surtout en période de crises, lorsque les marges de manoeuvres sont réduites, voire inexistantes.

      1. Le pragmatisme ne serait ce pas de libéraliser la construction des logement (suppresssion des POS, simplification des permits de contruire, suppression des logement sociaux…). En gros faire sortir l’état de l’immobilier plutôt que de continuer a subventionner d’un coté et tout faire pour rendre la construction impossible de l’autre?

  2. Les chiffres complets du chômage, y compris les DOM, pour toutes les catégories, en juin 2012 :

    - Catégorie A (chômeurs officiels, sans activité aucune) : 3 188 800
    - Catégories A à C (B+C : chômeurs en « activité réduite ») : 4 670 900
    - Catégories A à E (D+E : chômeurs « non disponibles ») : 5 300 100

    Mystérieusement, P-E communique essentiellement sur la catégorie A réduite à la France métropolitaine, oubliant les autres catégories et surtout la population des DOM. Un peu comme si les E-U omettaient le New Jersey ou le Michigan dans leurs publications.

    Si on ajoute les personnes en dispense de recherche d’emploi, environ 100 000, il y a 5,4 millions de chômeurs en France.

    Cette statistique ne dénombre que les chômeurs recensés. La France compte également plusieurs millions d’inactifs, peut-être 7 millions. Excepté les invalides et les jeunes retraités des régimes spéciaux, combien parmi eux sont volontairement inactifs ?

    1. Bonjour,

      Oui, vous avez parfaitement raison.

      Le mois dernier, je m’étais fendu d’un article plus complet sur le sujet http://maviemonargent.info/2012/les-vrais-chiffres-du-chomage-en-france/
      mais c’est fastidieux, ce boulot car, comme toujours en France, si l’info est très souvent existante, elle est fractionnée entre plusieurs sources qu’il faut collecter, remettre sur une base identique (chaque administration ayant sa propre méthode de calcul), comparer, consolider…. Ce mois ci j’ai eu la flemme et ai préféré accentuer sur les perspectives et sur le fait que les plans de suppressions d’emplois sont beaucoup plus nombreux que ce qu’on nous dit, qu’ils touchent toutes les catégories, tous les secteurs, toutes les zones géographiques… C’est à dire que nous sommes face à un problème structurel, N de D… et non pas conjoncturel comme les idiots d’idéologues qui nous dirigent s’évertuent à le répéter et à le faire croire aux Français en « convoquant » tel ou tel patron ou en faisant des moulinets avec leurs commissions ou leurs commissaires…..
      (bon, je m’emporte, mais vous comprenez le sens…)

  3. France , nouvelle URSS.

    Je crains que vous parler dans le vide : les francais souhaitent une politique de type soviétique et de plus ont la meme mentalité que les russes!En plus d’avoir une histoire et des traditions extrement proches !En gros la France est la Russie d’eurpoe occidentale!

    1. Aujourd’hui, les français comme les russes ont internet, outil qui, en plus d’être pratique pour le travail au noir, permet à tous de comparer son mode de vie à celui d’étrangers de tous horizons ; cela change tout. Espérons que la sympathie pour l’autorité que partagent les français et les russes n’y résistera pas s’ils comprennent ou est leur intérêt, individuel et collectif.

      1. Un outil n’a jamais rendu intelligent. Il faut faire l’effort de s’en servir, de rechercher l’information et de l’interpréter. pour la plupart des Français (ceux qui sont allés voter pour flamby ou son adversaire socialiste par exemple) internet se résume à facebook.

  4. morosité dans les réparations automobiles ; tu m’étonnes ! une simple vidange complête coute prés de 200 euros ttc ; alors du coup , je fais faire les miennes au black pour même pas cent euros ; pas le choix , because pas de pognon à fiche en l’air ;

    1. D’un autre coté j’ai toujours fait moi même mes vidanges et tout l’entretiens courant (plaquettes, disques…) jamais eu les moyen de m’acheter une voiture neuve et de la faire entretenir à 100% par un garagiste.

  5. Il y a quelque semaines , le gouvernement a annoncé des embauches chez Mr Paul ( oui , car Mr Paul emploie) pour faire face à la montée du chomage . Eh bien il faut que Mr Paul embauche davantage .Quand tout le monde cherchera de l’emploi pour les autres il n’y aura plus de chômage.

  6. Pour avoir le véritable taux de chômage, il me semble qu’il faudrait retirer de la population active le secteur protégé, ceux qui ne risquent pas de perdre leur emploi. .Et là, on verrait la catastrophe avec un taux mirobolant.

    1. Bon D…. Mais c’est bien sûr! Votre raisonnement est archi juste. C’est promis, désormais, je donnerai les deux chiffres, celui de la population car il est toujours intéressant sur un plan macro de savoir la proportion d’une classe active qui se trouve sans emploi, et le celui de, comment pourrait on dire, du secteur concurrentiel ou du secteur productif car il est le vrai indicateur de la santé de l’économie. Super idée, je ne peux peut être pas appeler ça « l’indicateur Le Nain », si?

  7. En termes de politique économique, je ne comprends pas la préoccupation du gouvernement en ce qui concerne ces licenciements massifs. Car toute proportion gardée, ils concernent un nombre de personnes finalement négligeable au regard de l’immigration massive qu’il favorise et entretient par ailleurs.
    Comment s’indigner du licenciement de 8000 personnes quand on en accueille plus de 200 000 par an?

  8. Oh, vous pouvez même vous en attribuer la paternité, cela ne me gêne en aucune façon, c’est juste pour avoir une idée un peu plus précise, mais je crois que le taux REEL de chômage va faire un bond.