Les théoriciens de la lâcheté

Publié Par Fabrice Descamps, le dans Non classé

J’ai lu à plusieurs reprises sous la plume de libertariens qu’ils assimilaient la conscription à de l’esclavage. C’est par exemple le discours de Ron Paul. Mais je soupçonne un certain nombre de libertariens d’être en fait des théoriciens de la lâcheté. Car la conscription est hélas nécessaire dans toute démocratie libérale. Démonstration.

Par Fabrice Descamps.

En 1914, le philosophe Alain fit tout ce que sa notoriété lui permettait de faire pour empêcher le déclenchement d’une Première Guerre mondiale qui lui semblait absurde et lourde de conséquences funestes. Il avait vu juste. Mais quand les hostilités commencèrent, il s’engagea dans l’artillerie alors qu’en tant qu’enseignant, rien à l’époque ne l’obligeait à le faire. Il y mena une guerre héroïque, fut blessé et refusa, en signe de protestation contre une guerre qu’il condamnait, tous les grades d’officier que lui proposait sa hiérarchie.

L’attitude d’Alain fut en tout point semblable à celle de Socrate, en quoi il prouva qu’il était un vrai philosophe. Socrate, après sa condamnation à mort, fut en effet exhorté par ses amis à s’échapper de la prison où il était retenu. L’évasion aurait été facile. Mais Socrate refusa et préféra la mort car une telle évasion aurait été la négation même de tout son enseignement quant aux devoirs de l’homme et du citoyen. Socrate et Alain prêchèrent la vraie philosophie par la parole comme par l’action. Car la parole sans l’action n’est que du vent.

J’ai lu à plusieurs reprises sous la plume de libertariens qu’ils assimilaient la conscription à de l’esclavage. C’est par exemple le discours de Ron Paul. Je ne doute pas un instant que Ron Paul, qui est un patriote, s’engagerait dans les armées de son pays pour le défendre, même s’il condamne la conscription. Le problème, c’est que tout le monde n’est pas aussi courageux que Ron Paul et je soupçonne un certain nombre de libertariens d’être en fait des théoriciens de la lâcheté. La lâcheté est pardonnable, comme toute faiblesse humaine, mais la lâcheté théoricienne est la veulerie même.

Cela étant dit, je vais maintenant montrer que la conscription est hélas nécessaire dans toute démocratie libérale.

Mes lecteurs connaissent bien maintenant ma présentation tripartite de la raison telle qu’elle nous apparaît à travers la rationalité pratique, scientifique et morale.

Celui qui adhère totalement à la rationalité morale, tel Ron Paul, n’hésitera pas un instant à sacrifier sa vie si nécessaire pour sauver son pays s’il le mérite. Je dis bien s’il le mérite. Il est en effet certains cas où notre pays, menacé par exemple par un putsch militaire ou par une puissance étrangère totalitaire, a besoin de nous pour sauver son régime démocratique. Or si notre pays est lui-même une infâme dictature, nul citoyen rationnel n’aura envie de risquer sa peau pour le sauver. Déserter les armées d’un pays démocratique est une trahison, déserter les armées d’une immonde dictature (telle la Syrie de M. El-Assad) est la seule solution rationnelle.

Le problème, c’est que dans un pays comme la France, tout le monde n’adhère pas forcément à la rationalité morale. Je pense même de façon réaliste que le nombre de mes concitoyens qui sont moralement rationnels doit être très faible : il suffit de constater leur comportement au volant.

Admettons que je sois moi-même le dirigeant, moralement rationnel, du pays et que ce dernier soit menacé par une dictature totalitaire voisine, par exemple l’Allemagne de Hitler. Je sais pertinemment qu’une large majorité de mes concitoyens n’est pas moralement rationnelle : ils en sont restés au stade de la rationalité pratique, c’est-à-dire qu’ils vivent en société parce qu’ils y ont mutuellement intérêt. En les appelant sous les drapeaux, je leur demande d’éventuellement sacrifier leur vie pour leur patrie. Or ce sont majoritairement des égoïstes rationnels. Dans ce cas, leur société leur demande d’accomplir un acte, s’engager dans l’armée, qui n’est plus mutuellement avantageux puisqu’il demandera à certains d’entre eux de mourir pour défendre les intérêts des autres. La société n’est plus alors qu’asymétriquement avantageuse. De leur point de vue, on rompt unilatéralement le contrat social. Si je suis égoïstement rationnel, au sens de la rationalité pratique, quelle est alors la seule attitude égoïstement rationnelle que je doive adopter ? La fuite, je dois fuir dans un pays tiers où je pourrai à nouveau jouir des avantages mutuels de la vie en société.

Donc, si je suis un dirigeant rationnellement moral et sais parfaitement tout ce qui vient d’être dit, je n’ai plus qu’une solution moralement rationnelle : la conscription.

Être patriote dans un pays totalitaire, c’est être un nationaliste de la pire espèce. Mais être patriote dans une démocratie libérale, c’est être moralement rationnel. Car un pays despotique, comme la Syrie ou la Corée du Nord, ne mérite pas que l’on meure pour lui ; une démocratie libérale, comme la France ou les États-Unis [1], si. La liberté mérite que l’on meure pour la sauver. Je plains ceux qui sont trop lâches ou trop égoïstes pour le comprendre [2]. Il y a deux sortes de libéraux, ceux qui sont prêts à mourir pour leurs idées et ceux dont les idées justifient la petitesse.

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Sur le web.

Notes :

  1. Chaque fois que je vais aux États-Unis, je suis frappé par la ferveur de leur patriotisme et plus encore par celle de gens qui hier encore habitaient à l’autre bout du monde. Or cette ferveur-là s’explique aisément si l’on suit mon raisonnement. Les immigrés qui la manifestent sont conscients d’avoir enfin trouvé sur terre un pays qui mérite une telle ferveur. Dommage que beaucoup de nos immigrés à nous ne semblent pas l’avoir compris. Pourtant la France le mérite aussi.
  2. C’est pourquoi je pense aujourd’hui que l’abandon du service militaire fut une erreur. Car il est nécessaire d’apprendre à nos concitoyens à manier les armes et à se défendre. Ce pourrait être vital si notre pays était un jour menacé, de l’intérieur comme de l’extérieur. Les Suisses, qui sont souvent plus sages que nous, l’ont bien compris.

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  1. « Une démocratie libérale, comme la France ou les États-Unis » mériterait qu’on meure pour elle ?? Voilà qui va faire plaisir à tous les parasites qui vivent de cette « démocratie », et aux politoquards qui ne demandent qu’à s’engraisser sur votre cadavre !

  2. Quand on se sent toujours obliger de faire une référence à Hitler à l’appui de ses raisonnements c’est qu’il y a un problème !

    J’aimerais qu’on m’explique en quoi ceux qui ont fuit leurs obligations militaires en 14-18 était des lâches ? Comme si le courage était de suivre la meute ! Et pour Alain participer à une guerre que l’on condamne alors que rien ne vous y oblige c’est juste absurde.

  3. Rien à voir avec la lâcheté, les libéraux condamnent et s’opposent aux transactions qui ne seraient pas de gré à gré, donc qui seraient forcées.
    D’ailleurs, la conscription, c’est très pratique pour l’état, il peut en effet exécuter ses obligations régaliennes au moindre coût, sans devoir inciter financièrement les individus à grossir les rangs de son armée vu qu’ils y sont obligés…
    Après le patriotisme, ça se construit ; est-ce que l’état français l’a construit alors qu’il a divisé son peuple avec ses politiques socialistes ?

  4. Tout d’abord, merci aux gestionnaires de Contrepoints pour leur ouverture d’esprit !
    Il n’est pas inutile de rappeler la place de la loyauté, de la solidarité, du courage etc. dans une société libre mais les arguments ne sont pas bien choisis.
    Quelles obligations avons-nous vis-à-vis des méga-Etats actuels ? En 1914, les bellicistes ont atteint leur objectif car ils pouvaient compter sur une armées de conscription & une société assez docile pour accepter de se battre pour des dictateurs serbes & russes, de perdre des libertés, de voir dévaluer sa monnaie… Se battre pour un tel Etat est-il plus légitime que pour un Alaouite ou un Syrien effrayé par l’islamisme ou révolté contre l’impérialisme de défendre le régime de M. Assad ?
    En ce qui concerne Alain, il a intégré l’armée volontairement & M. Descamps ne nous dit rien de la position de ce dernier sur la conscription. Le rapport avec Socrate est lointain : l’Etat ne lui demande pas de risquer sa vie mais de mourir, ce qu’il accepte car il a fortement défendu la légitimité de cet Etat & qu’il veut agir conformément à ses idées.

  5. L’honneur des hommes libre est de combattre librement pour leur pays. Vous faites une confusion forte entre la nécessité morale des hommes de bien de défendre leur nation (c’est un point de vue tout personnel) et l’embrigadement par la force donc illégitime d’aller combattre au front.

  6. Bon
    Je ne sais pas où commencer :)
    Du début jusqu’à la fin je ne suis pas d’accord.

    Bon juste la fin:
    « ceux qui sont prêts à mourir pour leurs idées et ceux dont les idées justifient la petitesse. »
    Mais je ne veux pas mourir tout cours…. mourir pour des idées, quelle belle C….. Mais quand on est mort c’est fini, tout s’arrête.Ca me fera une belle jambe (posthume), de voir mes idées triompher. Je serai heureux de voir depuis ma tombe les politiques fleurir ma tombe avec les flonflons

    1. Je ne peux que penser au Grand Georges:

      Mourir pour des idées, l’idée est excellente.
      Moi j’ai failli mourir de ne l’avoir pas eue,
      Car tous ceux qui l’avaient, multitude accablante,
      En hurlant à la mort me sont tombés dessus.
      Ils ont su me convaincre et ma muse insolente,
      Abjurant ses erreurs, se rallie à leur foi
      Avec un soupçon de réserve toutefois :
      Mourons pour des idées, d’accord, mais de mort lente,
      D’accord, mais de mort lente.

      [...]

      Les Saint Jean Bouche d’Or qui prêchent le martyre,
      Le plus souvent, d’ailleurs, s’attardent ici-bas.
      Mourir pour des idées, c’est le cas de le dire,
      C’est leur raison de vivre, ils ne s’en privent pas.
      Dans presque tous les camps on en voit qui supplantent
      Bientôt Mathusalem dans la longévité.
      J’en conclus qu’ils doivent se dire, en aparté :
      « Mourons pour des idées, d’accord, mais de mort lente,
      D’accord, mais de mort lente. »

      [...]

      Encor s’il suffisait de quelques hécatombes
      Pour qu’enfin tout changeât, qu’enfin tout s’arrangeât !
      Depuis tant de grands soirs que tant de têtes tombent,
      Au paradis sur terre on y serait déjà.
      Mais l’âge d’or sans cesse est remis aux calendes,
      Les dieux ont toujours soif, n’en ont jamais assez,
      Et c’est la mort, la mort toujours recommencée…
      Mourons pour des idées, d’accord, mais de mort lente,
      D’accord, mais de mort lente.

      Ô vous, les boutefeux, ô vous les bons apôtres,
      Mourez donc les premiers, nous vous cédons le pas.
      Mais de grâce, morbleu ! laissez vivre les autres,
      La vie est à peu près leur seul luxe ici-bas ;
      Car, enfin, la Camarde est assez vigilante,
      Elle n’a pas besoin qu’on lui tienne la faux.
      Plus de danse macabre autour des échafauds !
      Mourons pour des idées, d’accord, mais de mort lente,
      D’accord, mais de mort lente.

  7. Un peu en marge de ce débat, ayons juste conscience que les premiers qui arriveront à mettre en place une vraie terre de liberté, auront intérêt à être sacrément déterminés et militairement parfaitement préparés pour sa défense. Je me demande parfois si c’est bien clair dans l’esprit des libertariens.

    1. Si tous les peuples étaient libres, il n’y aurait que des démocraties, et les démocraties ne se font pas la guerre. Donc la conscription n’existerait pas dans un monde libéral. Seulement, les démocraties se battent avec des dictatures, et ce peut être une justification pour un libéral de faire la guerre. Néanmoins, la conscription est une atteinte à la liberté pour défendre la liberté, cela me gène …

      1. Quand on regarde les derniers conflits depuis 20 ans les démocraties et en particulier les US on été très pacifiques comme tout le monde sait.
        Oui je sais le droit d’ingérence et toussa… mais quand on regarde le résultat en Irak et en libye c’est dirons nous « contrasté ».

    2. Je ne suis pas pacifiste, je suis pour la légitime défense… tu n’as pas le choix, c’est toi ou c’est l’autre.
      Mais les coups de menton, le drapeau qui flotte et les politiques qui te disent « vas-y, chair à canon » pendant qu’ils sont au chaud, pour des idées non merci.

    3. Le simple fait que l’auteur considère la France et les USA comme étant des démocraties libérales montre qu’il n’est pas lui-même libéral, mais au contraire largement acquis au système. Quoi alors de plus normal que de jouer avec la vie des gens au point de les faire massacrer?

      La conscription est une infamie. Forcer quelqu’un à mourir pour une cause n’est ni juste, ni rationnel, ni même forcément efficace, car si vraiment les gens ne s’engageaient pas par simple lâcheté, croyez-vous que les forcer à s’impliquer les rendra plus courageux?

      Bien sûr que non, ils chercheront à déserter, à faire le mort, voir même à saper le moral des troupes, et au final, leur implication pourrait même être plus handicapante qu’autre chose… Et je parle en connaissance de cause, je connais un enrôlé de force lors de la seconde guerre, il n’a jamais tué personne… 

      À mes yeux, une nation qui pratique la conscription ne sera pas meilleure que celle qui vient l’envahir, je ne défendrai donc jamais une telle nation, ni de gréé, ni de force.

      @ Nick de Cusa

      Je ne vois pas comment on peut aujourd’hui mettre en place une terre de liberté sans courage, ni détermination. La liberté est tout le temps attaquée de partout, même par des articles de ce genre sur un site qui lui est pourtant consacré, donc pas de soucis à se faire, ce ne sont pas les artisans d’un État Iibéral qui auront besoin de la conscription pour se défendre.

  8. Il va bien falloir refonder le libéralisme dans les nouvelles organisations sociales qui émergent et qui ne semblent pas être très fondées sur les États-Nations, encore moins le territoire mais ça c’est depuis l’émergence de l’industrie.
    Enfin j’dis ça…

  9. Tout ça pour démontrer à la fin des fins que les libertariens sont des lâches et des « petits »!

    « Celui qui adhère totalement à la rationalité morale, tel Ron Paul, n’hésitera pas un instant à sacrifier sa vie si nécessaire pour sauver son pays s’il le mérite. »

    Votre raisonnement ne tient pas.
    La rationalité morale, si je vous comprends bien, produit un impératif catégorique: mais vous vous trompez sur la nature de cet impératif. Vous considérez cet impératif à peu près comme celui-ci: « sers gratuitement les intérêts d’autrui, jamais exclusivement au nom de tes intérêts à toi, quitte à les sacrifier quand il le faut »; mais qu’est-ce qui justifie de donner une forme universelle à cette exigence sacrificielle plutôt qu’à une autre? Pourquoi ne pas dire : « assure-toi de faire jouir toutes les femmes que tu te sautes »?

    Un impératif catégorique véritablement universel se reconnaît à sa cohérence pratique: s’il est appliqué, les gens ne rentrent pas en conflit; or si tout le monde veut se sacrifier pour tout le monde, personne ne veut plus qu’on se sacrifie pour lui, et donc incohérence pratique. Prenons l’impératif catégorique libéral : « ne pas agresser autrui en sa personne ou en sa propriété »; personne ne rentre en conflit si cet impératif est appliqué, bien au contraire.

    Ok, maintenant qu’on a démontré que votre impératif sacrificiel ne tient pas, la guerre, lieu du sacrifice, perd sa justification en termes de sacrifice de soi: et même sa justification en termes d’agression.

    MAIS Ayn Rand que vous pourfendez régulièrement pensait comme vous, Fabrice Descamps, qu’il était incohérent et lâche de condamner la guerre intrinsèquement au nom des droits individuels: la guerre est justifiée selon Rand à l’égard des nations immorales pour y imposer la liberté, un Etat libre a un DROIT d’ingérence, mais non pas un DEVOIR, et la participation des citoyens au conflit doit être VOLONTAIRE, quoiqu’elle soit MORALE.

    En clair, Ayn Rand, une fois n’est pas coutume, est à moitié d’accord avec vous, mais meilleure philosophe que vous. Après, sa thèse n’est pas exempte de critiques.

  10. En effet, Aloygah, commet bien se battre pour un gouvernement méprisant la famille, la propriété, la tradition & la religion, centralisateur, privant quasiment du droit de posséder des armes ?

  11. Qui dit non-agression ne dit pas lâcheté, qui dit non-agression vis-à-vis des adultes consommant de la drogue chez eux ne dit pas incitateur à la drogue… Les libéraux doivent insister sur tout cela.

  12. Mouais, courage, lâcheté… Des mots creux pour nous tous qui sommes bien éloignés des champs de batailles (enfin, je dis ça, peut-être que l’auteur de l’article est actuellement en train de se battre les armes à la main aux côtés des insurgés Syriens contre la dictature immonde de El-Assad, sûrement même). Enfin bon, puisqu’on évoque la guerre de 14, une pensée émue pour ces quelques braves qui eurent la présence d’esprit d’abattre dans leurs rangs un maximum officiers sabreurs. J’ignore à tout jamais si dans les mêmes circonstances j’aurais eu ce courage, mais je l’espère vivement.

  13. Je pense que l’opposition conscription Vs liberté est dépourvue de sens.

    La défense est un bien public (http://fr.wikipedia.org/wiki/Bien_public). Compter seulement sur les bonnes volontés pour gérer un bien public comme a défense, et s’interdire par principe (libertarien) la conscription, ce n’est pas de la lâcheté ou de la veulerie, c’est juste de la stupidité. Après, il faut regarder la situation au cas par cas.

    Ron Paul habite les USA ; il sait qu’il doit largement plus craindre l’hubris de son gouvernement qui peut l’entrainer dans de scandaleuses aventures miliaires, que des menaces extérieures. son refus farouche de la conscription répond à cette situation.

    Dans un plus petit pays, plus menacé, je suppose que même le plus anarchiste des anar-cap trouverait juste que les habitants prêtent serment de défendre le pays, avec un engagement proportionnel à la menace donc pouvant aller jusqu’au péril de sa vie. Si par malheur il faut activer cette clause, ce sera bel et bien de la conscription ; quant à ceux qui, pour une raison quelconque, auront cherché à échapper à l’obligation, peut-être qu’on ne les fusillera pas (mais peut-être que si !), et de toute façon ils ne seront plus les bienvenus…

    Bref : la conscription n’est peut-être pas absolument nécessaire, mais il n’est pas non plus très malin de s’interdire de l’utiliser par principe.

      1. 2+2 = 4 est aussi une assertion péremptoire. C’est pas faux pour autant. Alors si mon assertion te semble douteuse, tu regardes la définition d’un bien public (j’ai mis le lien pour ça), et tu nous expliques comment tu organises une défense qui ne serait pas un bien public. Bon courage.

        Et ton texte de HHH est très joli mais hors sujet : il traite du statut (étatique ou privé) du ou des organisme qui se donnent pour mission d’assurer la défense. Alors qu’on parle ici d’un moyen spécifique, et indépendant du statut de l’organisme : la légitimité d’une obligation d’aller se battre soi-même quand on est protégé, aka la conscription.

        1. J’ai bien lu l’article de Wiki.

          Il est dit (Prix et tarification)
          -une redevance :
          –identifier les bénéficiaires par un moyen théorique quelconque
          –forcer, par un système ou un autre (corvée ou impôts), les bénéficiaires à contribuer à la production
          -lier le service à une contrainte qui bénéficie à un tiers, qui peut alors avoir intérêt à payer
          -utiliser une ressource qui n’a pas de lien avec le bien

          Dans les 4 solutions on met en avant le pire

          pas l’armée de métier ( mon légionnaire )
          et une aide en arrière des citoyens

          non la solution « forcer, par un système ou un autre (corvée ou impôts), les bénéficiaires à contribuer à la production » et celle la spécifiquement.

          pourquoi vouloir lever des armées de conscrit, mal équipé mal entrainé qui feront default à l’arriere.
          C’est une vision idéologique constructiviste, une armée de citoyen qui donne son sang pour la patrie….
          La fusion individu et la mère patrie…

          « Ne demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous. Demandez ce que vous pouvez faire pour votre pays. »

          1. Là encore ça me semble une réflexion qui me semble correcte mais qui reste hors sujet.

            Un bien public est sujet au phénomène de « passager clandestin », la conscription est une réponse correcte au problème de la défense. Plutôt que de se battre contre ça, le libertarien conséquent a deux solutions
            * trouver une façon d’assurer une défense dont ne profiterait pas un passager clandestin ; ce n’est pas fait
            * trouver une façon correcte, contractuelle et admise par l’éventuelle futur conscrit, d’assurer la conscription (ou son équivalent) ; ça, c’est du domaine du possible.

            Accessoirement, la conscription n’est qu’une réquisition au service des armées ; il n’est pas dit que cela passe par l’utilisation d’une arme sur le front, en fait il est très fréquent que cela se traduise plutôt par un service logistique ou industriel, voire une compensation monétaire en faveur d’un remplaçant (ce qui permet une division du travail favorable autant aux armées qu’au civils, en temps de paix comme en temps de guerre)

          2. @ P:

            Tout ça c’est des conneries.

            Il n’y a pas de bien public. Cette histoire de passager clandestin est ridicule. On se protège sois-même. S’il y’a un passager clandestin, il est protégé par accident, je vois pas le problème. Mais de toute façon je vois mal comment il pourrait y’avoir des passagers clandestins. A partir du moment ou on soutient le droit de chacun à s’établir ou il le souhaite, il ne peut pas y’en avoir.

            Ton truc est totalement contraire à l’un des impératifs majeurs du libéralisme, qui est qu’on ne force pas les gens à conclure un contrat, ou à travailler pour soit. Que se soit sur le front ou ailleurs.

            Vous faites un étrange libéral, mon ami, vous défendez les propositions les plus socialistes.

        2. Tu as une vision relativiste de la pensée. Pour toi, les propositions nécessaires et universelles (2 et 2 font 4) sont des vérités analytiques, qui ne nous disent rien du réel mais décomposent des concepts arbitrairement formés à partir de l’expérience: par exemple, la définition des biens publics, qui décompose le concept arbitraire de bien public.

          Alors, bien sûr, dans une logique relativiste, ce son certes des assertions arbitraires et péremptoires, mais on ne peut pas faire autrement que de les utiliser; donc, signons la mort de la pensée mais tant pis, accommodons-nous en pour obéir à l’Etat.

          Tu cautionnes une logique relativiste, laquelle cautionne le pouvoir de l’Etat, le suicide de la pensée face à l’Etat.

          1. Je ne vois pas bien pourquoi tu appel ça « une vision relativiste de la pensée », mais ta description de mon cheminement mental me semble correcte.
            Ça ne signe pas la mort de la pensée et encore moins son suicide, ça signe au contraire la rigueur intellectuelle qui évite le gloubi-boulga : définir correctement les termes, appliquer un raisonnement logique et examiner toutes les alternatives .
            Et ça ne cautionne pas non plus le pouvoir de l’état. Ça cautionne le pouvoir d’une instance dont rien ne dit qu’elle doive être unique et encore moins qu’elle soit l’état.

    1. J’ai dit plus haut que je n’étais pas pacifiste (les pacifistes à l’ouest, les missiles à l’est).
      En cas d’attaque effective, qu’on me confit une arme, un F15 ou RPG et le moment venu, sur ma décision je serais présent.
      Mais signer un chèque en blanc à des politiques non.

    2. Le « bien public » n’existe pas, tout comme « l’intérêt général ». ce sont des concept fumeux inventé pas des tyrans déguisé ou nom en homme politique élu démocratiquement. Grace à ces concept ils se permettent de juger la moralité de chacun et d’utiliser la force pour contraindre les récalcitrant à suivre leur lubies.
      La valeur d’un bien ne peu être évalué objectivement que par un individu, jamais collectivement.

    3. @ P

      Ce n’est pas une question de principe, mais d’être conséquent avec le droit naturel.

      Je défends le libéralisme classique, parce que je considère que le droit naturel est le seul droit qui est juste et qui mérite d’être défendu au-dessus de tout autre droit.

      Or le principe du droit naturel, c’est celui de la légitime défense: on ne peut utiliser la force contre quelqu’un, que, si au préalable, cette personne l’a utilisée contre nous-même (Bastiat explique cela très bien).

      Par conséquent, un État qui utilise la force pour recruter ses citoyens est un État qui bafoue le droit naturel de ses citoyens et qui ne vaudra pas mieux que l’État qui viendrait l’agresser…

      Et je ne vois rien de stupide à cela, d’autant qu’il existe plein d’autres manières pour un petit pays de se défendre contre un agresseur que la conscription.

      1. Oui, et alors ?

        N’est-ce pas de la légitime défense que de forcer un partenaire à respecter sa part d’un contrat qu’il a signé de son plein gré ?
        La légitimité de la force utilisée pour la conscription dépend exclusivement de la légitimité du contrat passé entre l’organisation de défense (qui peut être l’état ou pas) et les personnes défendues.

        Et même si l’état en question ne respecte pas le droit naturel, le monde n’est pas en noir et blanc, mais en niveau de gris. Il existe des états pire que d’autres, et l’expérience de 1940-1944 a prouvé malheureusement que les pacifistes pour qui tous les belligérants se valent ont trop souvent fini du mauvais côté.

        Il existe plein d’autres manières de se défendre contre un agresseur que la conscription ? Peut-être. Peut-être pas. La défense a un prix qui est toujours trop lourd, surtout en temps de paix (et quand je dis prix, je ne parle pas d’argent, mais aussi de contraintes diverses).
        Les USA s’en passe. Pas la Suisse, qui, sans être parfaite, est quand même pas loin de ce qui se fait de moins anti-libéral sur la planète.

        Accessoirement, mais c’est un autre argument, la conscription suppose une très large distribution des armes et de l’instruction pour s’en servir ; elle va plutôt dans le sens d’un accès très libéral à l’armement

        Si on peut s’en passer c’est tant mieux ; de là à se l’interdire par principe … c’est ça qui est stupide.

        1. Le titre de l’article est provocateur, « les citoyens contre la conscription sont des lâches »
          Je répond par une autre provocation: « plutôt rouge que mort ».

        2. @ P

          Le droit naturel est supérieur au droit de n’importe quel contrat. Par conséquent, un contrat qui viole le droit naturel ne peut certainement pas revendiquer son application au nom du droit naturel…

          Ensuite, vous ne pouvez pas choisir de ne plus être rattaché à un pays, le lien de citoyen n’est donc pas un lien qui engage la responsabilité morale de la personne, puisqu’elle est de toute manière obligée d’avoir ce lien.

          Enfin je ne comprends pas du tout votre raisonnement qui considérerait que même si la conscription était injuste, il serait stupide de se l’interdire… Je ne vois rien de stupide à rejeter quelque chose d’injuste.

          Après, au cas où vous ne le sauriez pas, dans toute injustice on trouve des avantages, c’est également le cas avec la conscription, choisir d’appliquer la justice, c’est évidemment choisir de renoncer aux avantages de l’injustice. C’est souvent plus compliqué au début, mais avec un peu d’intelligence, on arrive à des résultats bien meilleurs sur le long terme…

  14. «Le problème, c’est que tout le monde n’est pas aussi courageux que Ron Paul et je soupçonne un certain nombre de libertariens d’être en fait des théoriciens de la lâcheté.»

    Ça me fait penser aux arguments pour justifier la redistribution sous la contrainte.

    Il suffit de changer 2 mots et on a un argument typiquement socialiste : « Le problème, c’est que tout le monde n’est pas aussi charitable que Ron Paul et je soupçonne un certain nombre de libertariens d’être en fait des théoriciens de l’égoisme. »

    1. « Le problème, c’est que tout le monde n’est pas aussi charitable que Ron Paul et je soupçonne un certain nombre de libertariens d’être en fait des théoriciens de l’égoisme. »

      Lol, Fabrice Descamps formule précisément cet argument en faveur de la redistribution sur son blog!

  15. Mouais, courage, lâcheté… Des mots creux pour nous tous qui sommes bien éloignés des champs de batailles (enfin, je dis ça, peut-être que l’auteur de l’article est actuellement en train de se battre les armes à la main aux côtés des insurgés Syriens contre la dictature immonde de El-Assad, sûrement même). Enfin bon, puisqu’on évoque la guerre de 14, une pensée émue pour ces quelques braves qui eurent la présence d’esprit d’abattre dans leurs rangs un maximum officiers sabreurs. J’ignore à tout jamais si dans les mêmes circonstances j’aurais eu ce courage, je ne peux que l’espérer.

  16. La pensée libérale nous enseigne que tout ce qui est gratuit est gaspillé.
    Je pense que c’est pour cette raison que 14-18 a été une telle boucherie.
    Circonscription = boucherie.

  17. Pardon pour le doublon. J’ajoute un élément : Bertrand de Jouvenel rappelle dans « Du pouvoir » que le conscription est une des inventions les plus funestes de l’histoire de l’humanité en ce qu’elle permet la guerre totale. Si l’on parvient à légitimer l’enrôlement de force d’un point de vue libéral, alors le libéralisme n’est qu’une vaste aporie. Mais l’auteur de l’article se place d’un point de vue collectiviste/autoritaire assez banal qui ne présente pas d’enjeux de reflexion majeurs.

  18. Je suis suisse et je défends la conscription obligatoire.

    Pourtant je suis d’accord avec la plupart des commentaires à l’encontre de cet article. Je trouve la plupart des arguments bancals (je ne reviendrais pas dessus).

    Je défends la milice car c’est un meilleur système que l’armée professionnelle (pompe-fric, syndiquée, anti-démocratique, etc…) et que tant qu’on vivra avec un état, que la population n’est pas prête à faire le pas d’une défense privée, je continuerai à défendre la moins mauvaise des solutions.

    J’ai des potes anar-cap suisses qui sont opposés à la conscription… mais ils se débinent complètement lorsqu’il faut défendre l’armée prof étatique.

    Je préfère défendre « l’esclavagisme » (pas tout à fait juste car on a un choix entre les genres de service – service civile, protection civile, etc… -) qu’une caste de gens entretenus par la collectivité.

    1. @ Frédéric Jollien

      Vu le succès du service civil en Suisse, on peut bien constater que la conscription obligatoire est de plus en plus à côté de la plaque.

      Je suis suisse aussi, et je suis très attaché au système de milice et du citoyen armé, mais pas à la conscription.

      Déjà parce qu’elle est antilibérale, mais aussi parce qu’elle est stratégiquement dépassée. Étant donnée la mondialisation, il ne peut plus y avoir aujourd’hui un État qui vienne en envahir un autre, sans le soutien d’une puissance nucléaire, voir de l’ONU. Pour prévenir ce danger, la conscription ne sera d’aucune aide, seule l’arme nucléaire permettrait à la Suisse d’échapper à cela. Au lieu de claquer des sommes d’argents dans des tanks, on ferait mieux de s’équiper de l’arme nucléaire… 

      Par contre, nous avons toujours la menace du gouvernement contre ses propres citoyens, ou de commandos terroristes agissant officiellement sous leur propre compte. Contre ces deux menaces, il faut maintenir une armée de milice, qui soit non obligatoire, tout au plus incitée par des déductions fiscales.

      Une telle mesure aurait pour avantage de rendre l’armée bien plus attrayante et responsable en Suisse que l’armée d’un autre temps que nous avons actuellement. Et avoir une arme à la maison permet également de tenir les malfrats à distance, cela a donc de toute manière une utilité, même en temps de paix.

  19. Le libéralisme est une construction intellectuelle et un choix anthropologique et sociétal qui, comme tous les autres, est collectif – même si dans son cas cela peut sembler paradoxal.

    Oui: Pour que le libéralisme existe, il faut l’enseigner, il faut l’asseoir sur des fondements de nature religieuse de nature à le perpétuer et le propager et à lui assurer un dévouement populaire suffisant pour le protéger militairement.
    C’est un choix de civilisation parmi d’autres, en concurrence avec d’autres.

    Il est paradoxal que le libéralisme soit un choix collectif, mais c’est un paradoxe rationnel.

    Vous me semblez illustrer un autre paradoxe, irrationnel celui-là: Celui consistant à s’en remettre à la providence tout en affirmant qu’elle n’existe pas. Car enfin, si le libéralisme n’est pas promu et défendu comme choix de civilisation, et avec les mêmes moyens que les autres choix du même ordre, c’est donc bien que son avènement devrait selon vous advenir par quelque providence ?

    1. « Car enfin, si le libéralisme n’est pas promu et défendu comme choix de civilisation, et avec les mêmes moyens que les autres choix du même ordre, c’est donc bien que son avènement devrait selon vous advenir par quelque providence ? » Ni l’un ni l’autre.
      Le libéralisme n’est que la généralisation à l’ensemble du corps social de règles de droit naissant spontanément parmi nous, car conformes à la nature humaine: en tête, « tu ne tueras point, tu ne voleras point, et d’une façon générale, tu laisseras ton prochain faire ce qu’il veut de sa vie et de ses biens »

    2. Ce que vous dites montre assez bien l’écart qu’il y a entre comprendre quelque chose (ce que vous n’avez pas fait) et pontifier dessus (ce que vous tentez avec un certain brio).

    1. Je ne comprends pas tout ce débat, si une guerre survient nous avons une armée de métier constituée de gens qui se sont lancés volontairement dans une carrière de militaires. Donc pourquoi se poser la question de savoir si les gens seraient volontaires pour se battre pendant une guerre puisque ça existe déjà?!
      En outre, nous avons suffisemment d’effectifs dans l’armée pour défendre le territoire et surtout nous avons la dissuasion nucléaire, donc pas besoin de conscription pour ces deux raisons.
      Enfin, et surtout, un engagement doit être volontaire, si même cela un libéral ne le comprend pas…

  20. Pour prendre la défense de Ron Paul, je dirai qu’il s’oppose au retour de la conscription dans son pays (le « draft ») comme à l’époque de la guerre du Vietnam, parce que les USA sont suffisament bien défendus avec une armlée professionnelle.

    Pourquoi mobiliser des dizaines de millions d’hommes supplémentaires, si ce n’est pour préparer des agressions et autres invasions (sous prétexte de « propager la démocratie »)? Avec une armée professionnelle dotée d’équipements de pointe et la dissuasion nucléaire, les USA n’ont pas besoin de conscription, sauf si bien sûr ils ont d’autre buts que la seule défense nationale.

    La conscription et la mobilisation générale dans un but de défense contre une agression avérée, comme ce fut le cas en France en 1914 ou 1940, voilà qui est bien normal. La conscription, par contre, pour se projeter offensivement aux quatre coins du monde (qui plus est sous de fallacieux prétextes), voilà qui est tout autre chose!

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  21. Vous avez bien raison de vous attaquer en priorité aux libertariens. Ils représentent le plus grand danger pour la France de nos jours. Leur impact politique est tel qu’il est nécessaire de passer son temps à attaquer leurs positions une par une.

  22. Encore une attaque de bayrouistes ! Voire de sarkozystes ! Mobilisons les libéraux* !
    * Que je préfère à l’anglicisme « libertariens »
    Plus sérieusement, que vaut l’argument du bien public ? La guerre organisée par un Etat parlementaire est-elle toujours légitime & tous les citoyens doivent-ils y participer équitablement par leur chair ?
    De toute façon, nous sommes régis par des Etats, qui ont décidé du caratère public de certains biens. L’Etat français a par ex. décidé que les Corses avaient le devoir de défendre la ligne bleue des Vosges. Il convient dès lors de pousser l’Etat à poursuivre de tels objectifs en respectant au maximum la propriété privée, ce qui limitera son agressivité vis-à-vis de ses voisins.
    Un mot sur la Seconde Guerre mondiale : l’objectif 1er de Hitler était la conquête d’une partie de la Russie alors stalinienne ; était-ce défendre les droits de l’homme que de soutenir Staline ?

  23. Extraordinaire naïveté des philisophes, qu’ils soient utilitaristes, idéalistes, contrusctivistes etc..
    Ils raisonnent en fait comme des ingénieurs de production: il y aurait un grand Tout, une grande « fonction de coût ( comme disent les économistes) ou un grand « lagrangien » ( comme disent les physiciens) ou un grand « finalisme », qui « impliqueraient », au sens des relations de causes à effets une « moralité », un « instinct de coopération séléctionné par l’évolution » etc….
    Le problème est que tout celà n’existe pas, qu’il n’ y a pas plus de droit « naturel » que de droit « divin » ( et encore, ce dernier est plus réaliste sur le plan clinique, et c’est un athée qui parle).
    La réalité, c’est que les êtres humains ( et pas seulement eux) sont faits d’archaïque, de pulsionnel, de « la même matière que leurs rêves », d’un immense iceberg d’inconscient….;

    1. Certes. Il n’empêche que nous nous organisons, que nous ne sommes pas indépendants de toute contingence matérielle et que nos développement techniques notamment, dans la gestion de ces dernières, peuvent bouleverser nos organisations sociales. Le pulsionnel est aussi contre-balancé par notre faculté, relative c’est vrai, incomplète, à concevoir un feedback de la réalité, à théoriser notre action, voir notre comportement, à en déduire éventuellement une signification (philosophique, métaphysique… mais c’est parce que nous mémorisons les faits dans une intégration dans un récit) mais surtout à nous projeter dans l’avenir, dans les conséquences de nos actes.
      Que l’inconscient, dans le phénomène de la construction d’une identité individuelle ou au contraire dans celui de la construction sociale irréductible, nous domine c’est une chose, en déduire une quelconque passivité sur les choses ne me semble pas juste, en déduire l’obsolescence de toute réflexion sur toute action ne serait pas meilleur. Et comme il est dans notre nature de se confronter aux autres et de collaborer, nous partageons toutes ces réflexions. C’est naïf, bien sûr, mais nous sommes faibles et incomplets.