Pour un développement véritablement durable

Publié Par Libre Afrique, le dans Environnement

Le développement durable ne peut être atteint en se contentant de se concentrer sur l’environnement seul : il doit placer la personne au centre. De cette façon, même l’« économie verte » aura un sens raisonnable, car elle est destinée à répondre aux besoins de l’homme.

Par Obadias Ndaba.(*)
Article publié en collaboration avec Unmondelibre.

Dans le jargon des Nations-Unies, les termes peuvent parfois être difficiles à définir, et perdent souvent leur sens au milieu d’interminables négociations. Le terme « développement durable » n’est pas très différent. Il est censé englober les aspects sociaux, économiques et environnementaux de la prospérité et du développement humain. Dans la perspective de la conférence des Nations Unies pour le développement durable, Rio +20, il y a eu beaucoup de tapage autour des questions environnementales du changement climatique et des solutions de l’ « économie verte ». Cette orientation oublie les deux autres piliers, pourtant tout aussi importants, du développement durable.

Bien sûr les humains doivent prendre soin de l’environnement et utiliser les ressources de façon à les préserver pour les générations futures. Toutefois, cela ne doit pas exclure les moyens par lesquels des milliards de personnes pourraient et devraient se sortir de la pauvreté. S’attaquer à des problèmes urgents de l’environnement nécessite des solutions humaines, et pour parvenir à cette fin, les gens ont besoin d’être en bonne santé, bien logés, et éduqués. Par conséquent, le développement durable ne peut être atteint en se contentant de se concentrer sur l’environnement seul : il doit placer la personne au centre. De cette façon, même l’« économie verte » aura un sens raisonnable, car elle est destinée à répondre aux besoins de l’homme.

Et, avouons-le, la pauvreté pollue aussi : elle pollue non seulement l’environnement mais aussi la santé, l’éducation, et, par conséquent, le développement lui-même. L’agence internationale de l’énergie estime que près de 1,3 milliards de personnes, soit près de 20 pour cent de la population mondiale, n’ont pas accès à l’électricité. Pour s ’éclairer, la plupart de ces personnes comptent, au mieux, sur le kérosène, et, au pire, sur le bois ou le charbon de bois. Selon l’Organisation mondiale de la santé, la pollution de l’air intérieur causée par ces méthodes d’éclairage provoque 2 millions de morts chaque année. Les enfants des ménages sans accès à l’électricité n’auront pas accès à une éducation de qualité. L’accès insuffisant à des sources d’éclairage nuit à la lecture et, en retour, obère le potentiel et la productivité future de ces jeunes esprits. Le passage à des sources d’énergie efficaces qui sont moins nocives pour la santé humaine est primordial à la protection de l’environnement. Cela signifie également d’énormes améliorations dans le domaine social ainsi que le bien-être économique des populations pauvres du monde. Tout cela devrait être au centre des discussions de Rio +20. Sauver l’environnement par l’intermédiaire de l’« économie verte », le nouveau slogan de  la soutenabilité économique, exige des économies hautement développées. Les « solutions vertes » proposées tels que panneaux solaires, biocarburants et éoliennes sont tout simplement hors de portée pour les pays pauvres. Bien qu’elles puissent constituer des sources d’énergie alternatives dans le futur, avec une technologie accrue, elles restent hors de prix pour le « milliard d’en bas ».

L’Allemagne, premier producteur mondial d’énergie solaire, aurait dépensé 130 milliards de dollars,financés principalement par le biais de subventions publiques, dans de l’énergie valant… 12 milliards de dollars. Cela a été possible parce que les Allemands ont, grosso modo, d’abord pu répondre à leurs besoins de base. Combien de pays peuvent se permettre un tel luxe?

L’incapacité de milliards d’êtres humains à satisfaire leurs besoins fondamentaux, y compris en termes d’accès à l’eau potable, d’assainissement, de nutrition, de soins de santé de base, de logement et d’éducation, signifie une incapacité à protéger l’environnement. Les objectifs escomptés du développement durable (pour remplacer les Objectifs de Développement du Millénaire au moment de leur expiration en 2015) devraient faciliter et non pas entraver la façon dont tous les gens peuvent, et devraient, répondre à ces besoins de base. Heureusement, cela est compatible avec la protection de l’environnement. Avec ces besoins satisfaits, chaque personne aura la capacité et la responsabilité de s’engager dans des pratiques respectueuses de l’environnement.

Pour que Rio +20 ait un sens, on devrait commencer avec l’essentiel : les besoins réels des personnes et la reconnaissance que chaque personne (en particulier chez les jeunes), si elle en a les moyens, a le potentiel pour résoudre les problèmes économiques et environnementaux. « L’avenir que nous voulons » restera lettre morte si les préoccupations de la majorité des habitants de la terre ne sont pas une priorité absolue. Oui, nous avons besoin de protéger l’environnement, mais de manière plus importante, les gens devraient être autorisés à utiliser les outils disponibles pour se sortir du trou de la pauvreté. Le résultat ne sera pas simplement  l’accès à l’électricité et une éducation de qualité, mais leur fournira aussi de nouveaux outils pour mieux protéger l’environnement. Cela signifie que des pays comme l’Éthiopie, le Ghana, le Népal, ou Haïti devraient être autorisés à construire des barrages et même utiliser des combustibles fossiles pour produire de l’électricité pour leur peuple, sans « bruit vert » (les objections entendues dans les pays pauvres quand ils s’engagent dans des projets réputés nuisibles à l’environnement, de la part des pays riches et des ONG).

Les gens dans les pays développés s’inquiètent davantage des problèmes environnementaux, alors même qu’ils sont moins touchés par eux. Mais pour plus d’un milliard de personnes survivant avec moins de 1,25 dollar par jour, ces soucis sont un luxe qu’ils ne peuvent pas se permettre. Les pauvres doivent répondre à leurs besoins humains et économiques fondamentaux pour pouvoir réfléchir à l’environnement. Se soucier d’avoir de la nourriture et un toit avant le reste, c’est la nature humaine.

Les riches ont prospéré sans se soucier de l’environnement : pourquoi restreindre aux pauvres l’utilisation des outils accessibles et abordables pour prendre le même chemin? Pour atteindre les objectifs écologiques, les pays développés tentent de compenser la charge de leurs propres émissions de carbone sur les nations en développement, même quand ils ne peuvent atteindre eux-mêmes ces objectifs.

En outre, la population croissante du monde ne doit pas être vue ni comme un fardeau pour l’environnement, ni comme un chiffre à réduire, mais plutôt comme un énorme potentiel à exploiter dans le but de sauver l’environnement. Il est ironique de constater que les pays riches considèrent encore les autres peuples comme une menace pour l’environnement, alors qu’ils luttent pour inverser le déclin de leurs propres populations.

Le développement économique et social constitue une préoccupation majeure pour la majorité des êtres humains : Rio +20 et les futurs sommets devraient en tenir compte. Comprendre l’interdépendance des trois piliers du développement durable et le rôle central de la personne humaine pour s’occuper d’environnement permettra de déterminer si Rio +20 a échoué ou réussi à satisfaire les besoins humains d’aujourd’hui et de demain.

(*)Obadias Ndaba est président de l’Alliance Mondiale de la Jeunesse, une organisation internationale avec statut consultatif auprès de l’Organisation des Nations Unies et l’Union européenne. Cet article a paru originellement en anglais sur National Review.


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  1. Cet article est non-sens absolu en matière d’environnement et ce qui se qui sous-tend toute la pensée de l’auteur, c’est à dire une espèce de droit de l’individu, est une impasse écologique. Il y a pourtant quelques fondamentaux très simples à connaître:
    1 La première cause de l’effondrement de la biodiversité est la destruction de l’habitat naturel des espèces
    2 Personne n’est contre l’idée de sortit de la pauvreté bien entendu, mais le changement de régime alimentaire est alors une catastrophe pour l’humanité. En adoptant un régime carné -et sans parler d’achat de véhicules, etc – cela conduit à une augmentation du CO2. Il ne faut pas oublier qu’on émet plus de CO2 en mangeant de la viande -rouge en particulier- qu’en conduisant des voitures.
    3 Enfin, c’est surtout l’idée phare de l’article qui est un choquante: il faudrait mettre l’homme au coeur de l’environnement. Surtout pas ! C’est sa présence même et l’évolution démographique qui ont conduit là où nous en sommes. C’est aussi pour cela bien sûr que les différents sommets environnementaux, Copenhague notamment échouent toujours. Ils échouent car les impératifs environnementaux sont sacrifiés à des considérations politiques. On ne peut pas vouloir à la fois la croissance pour tous, et à la fois le bien de la planète. C’est aujourd’hui totalement incompatible, il n’y a pas une étude sérieuse qui peut démontrer le contraire.

    1. C’est une blague j’espère !!!

      En gros c’est les méchants humains trop nombreux (surtout pour vous) qui sont la cause du « bordel climatique ».

      Alors juste 2 ou 3 trucs pour vous remettre dans la réalité:
      – grâce aux nouvelles technologies et à de meilleures conditions sanitaire, les gens vivent bien plus vieux et en bonne santé que leurs ancêtres (quel malheure, hein).
      – Ensuite, la « destruction de l’écosystème » a toujours été un cycle naturel depuis que la Terre abrite des espèces. Allez-vous me dire que la première des 6 grandes extinctions d’espèce est l’oeuvre du méchant humain ultra-individualiste.
      – Enfin, juste par curiosité, que suggérez-vous? On supprime des humains « par nécessité écolo »? On supprime des libertés fondamentales comme la responsabilité et la recherche du bonheur? On continue corps et âme à ce monstre ridicule et bureaucratique qu’est le GIEC (dont les recherches ont été 1001 fois réfutés par des méchants scientifiques très très égoïste).

      Je vais vous dire une chose: l’homme a toujours respecté de lui-même son environnement parce que celui-ci est vital à sa survie.
      Après vous pouvez croire les teletubbies qui nous servent de dirigeants et autres prophètes de la pensée supergentille qui veut sauver la veuve, l’orphelin et surtout le papillon violet du trou du cul de l’amazonie.

      Cordialement

    2. « La première cause de l’effondrement de la biodiversité est la destruction de l’habitat naturel des espèces »
      ————————-
      « Effondrement de la biodiversté », quel effondrement, définition de la « biodiversité » ???
      Montrez nous vos chiffres au lieu de faire le perroquet de la propagande escrologiste.
      Répéter 100 fois un bobard ne le rend pas plus vrai.

      1. Je me suis bien poilé en lisant ce texte. Notamment la perle suivante :

        « En outre, la population croissante du monde ne doit pas être vue ni comme un fardeau pour l’environnement, ni comme un chiffre à réduire, mais plutôt comme un énorme potentiel à exploiter dans le but de sauver l’environnement. »

        Dire ceci, c’est équivalent à dire qu’on croit à la conquête spatiale. Quand est ce que vous comptez commencer à bâtir le premier vaisseau pour Gliese 581 ?

          1. Si, et quand bien même ?

            Ces entreprises ont la sagesse nécessaire pour ne par faire de promesses inconsidérées, comme celle de permettre de dégonfler une éventuelle surpression de l’Homme sur les ressources terrestres, ce qui est pourtant l’affirmation implicite que fait l’auteur si on pousse ses opinions sur la démographie jusqu’au bout.

          2. Donc SpaceX, Virgin Galactic, EADS Astrium, Space Adventures… démontrent que votre dénigrement de la conquête spatiale est un argument nul.

            Quant à l’histoire de sur-pression de l’homme sur les ressources terrestres, elle n’existe que dans votre imaginaire catastrophiste. Les ressources sont plus abondantes que jamais et de plus en plus parce que dans la vraie réalité, les hommes qui naissent ne font pas que consommer les ressources, ils en produisent et inventent de nouvelles. C’est ce qu’a dit explicitement l’auteur et que vous ne voulez pas comprendre en lui faisant dire tout le contraire. Bref, votre conception simpliste de ce qu’est l’humanité par rapport aux ressources est complètement à côté de la plaque et est réfutée par les faits depuis des millénaires.

            C’est simple, vous insinuez qu’il y aurait « sur-pression » sur les ressources, citez donc UNE ressource, une seule qui se seraient raréfiée. Mais comme vous n’avez rien, vous vous contentez de brasser du vent et de balayer sous le tapis tous les faits qui fichent en l’air vos croyances, comme par exemple la hausse constante de TOUTES les réserves de matières premières, sans parler les multiples nouvelles ressources dont on ne soupçonnait même pas l’existence il y a 1 siècle (l’énergie nucléaire, les composites, les fibres optiques, les terres rares, le gaz de schiste, le pétrole offshore…).

          3. @Minitax

            Si vous ne voyez pas de différence entre tenter d’envoyer une sonde sur Mars et envoyer des humains en masse hors du système solaire, moi si.

            Ensuite, votre affirmation comme quoi l’homme « invente » des ressources est une vue de l’esprit. Découvrir n’est pas inventer. Et la ressource mère de la modernité, le pétrole conventionnel, est en déclin. Et ce déclin n’est pas du à la découverte d’une meilleure source, puisque toutes les autres sources d’hydrocarbures liquides demandent plus d’effort à l’extraction.
            Au niveau du vivant, de très nombreuses espèces de poisson sont surexploitées, sans parler de toute la liste des espèces « en déclin » de l’UICN qu’on peut vous citer ( la liste rouge étant peu fiable ).

            1. Mais alors, on va tous mourir ?
              C’est bientôt la fin du monde ?
              Pourquoi continuez-vous à tapoter sur votre clavier innocemment devant ce mur qui se rapproche à grande vitesse ?
              Pourquoi continuez-vous à brûler des ressources rares ?
              Pourquoi ?

              Seriez-vous méchant ?

          4. @Nick

            Je ne suis pas partisan de planifier l’utilisation/mettre en conserves les ressources extractibles, donc ça ne me concerne pas. Il est clair comme de l’eau de roche que le moindre joule d’énergie extractible finira par l’être (les filons de minéraux étant l’équivalent d’une source d’énergie).

            @h16

            Vu les conséquences sur mon choix de carrière, je dois être sur de mon coup. Contrepoints est ce que j’ai de mieux sous la main niveau fosse aux lions pour mettre à l’épreuve mes jugements.

          5. En tout cas ce n’est pas en essayant de caricaturer Fabrice ou Koris que vous arriverez à prouver quoi ce soit, vous mettez seulement en avant votre immaturité…

          6. FabriceM : « Et la ressource mère de la modernité, le pétrole conventionnel, est en déclin.  »
            —————————–
            La ressource mère de la modernité, c’est le charbon et pas le pétrole, gros ignare. Et le pétrole, conventionnel ou pas n’est PAS « en déclin », sa production continue d’augmenter (encore un nouveau record de production en 2011) et ses réserves prouvées ont doublé en 30 ans.
            Et bien évidemment, pour brasser du vent, il y a du monde mais dès qu’on demande de citer une ressource, UNE SEULE, qui serait en déclin (le poisson n’est pas en déclin puisque là aussi, sa production augmente chaque année), il n’y a plus personne.

            FabriceM est un gros ignare et un menteur. Et il prétend vouloir sauver l’humanité. Cherchez l’erreur…

          7. « FabriceM est un gros ignare et un menteur. Et il prétend vouloir sauver l’humanité. Cherchez l’erreur… »

            Je suis touché par tant d’affection, vraiment. Je regrette le manque de variété dans les noms d’oiseaux, vous devriez aller chercher un peu d’inspiration de ce côté http://fr.wikipedia.org/wiki/Vocabulaire_du_capitaine_Haddock

            Bougre d’ectoplasme à roulettes, va.

            Car vos propos sont largement excessifs. Sur trendlines.ca : http://trendlines.ca/TrendlinesPeakOilDepletionScenariosChartRegularConventionalOil111217.png qui est une de vos sources, on trouve la même info. Si on compte les condensats ( ce qui est semble-t-il ce à quoi vous vous référez; et qui fait sens également ), on arrive à un plateau, avec un pic en 2010 très légèrement au dessus de celui de 2006. Mais on ne parle plus de la même chose.

  2. sauver l’environnement alors que les zones agricoles disparaissent comme peau de chagrin,qu’on ferme de bars faute de bruit ou de fumée,tandis qu’ailleurs on supprime des arbres pourtant centenaires,sauver l’environnement en privant l’humain de ses droits les plus fondamentaux comme par exemple vivre en accord avec lui-même en premier est un parfait non sens.Et ce mot durable qui vient de pays champions du divorce est aussi un leurre ou comment exploiter les gouvernements en les obligeant à développer des projets tirés de BD ou films de science fiction et qui eux augmentent les dettes,le social lui n’en peut rien,donc sauver l’environnement soit mais en favorisant le bonheur du travailleur en premier et non de celui d’animaux qui n’ont jamais été autant en péril depuis qu’il existe de plus en plus d’organisme pour se remplir les poches en prétextant leur protection
    Et sauver un environnement si l’on sait les nombreux barrages mettant en péril les populations et la nature ,est aussi un non sens absolu

  3. @ miniTAX:

    Je pense plutôt que la ressource-mère de la modernité est illimitée car il s’agit de…l’esprit humain.

    A la fois source de chaos et de réussites fulgurantes, cette ressource, loin de se rarifier est la base de la prospérité de l’Humanité depuis qu’elle existe. Cette force vaut toutes les énergies du monde.