L’UE veut faire main basse sur le pétrole britannique

Publié Par Daniel Hannan, le dans Europe, Matières premières et énergie

Bruxelles veut réguler les forages gaziers et pétroliers off-shore. Les compagnies et les syndicats anglais sont unanimes en colère, notant que la Commission européenne est ouvertement en train de chercher « l’européisation des puissances énergétiques ».

Par Daniel Hannan, depuis Oxford, Royaume Uni.

On pourrait penser qu’avec tout ce qui se passe en Grèce et en Espagne, les eurocrates ont suffisamment à faire. On aurait tort : la cupidité de l’Union européenne est sans limite, même si les difficultés de la zone euro ont quelque peu chassé ses récentes initiatives hors de nos pages d’actualités.

Vous n’avez probablement rien lu sur sa dernière prise de pouvoir — bien que, si vous êtes Britannique, cela devrait vous alarmer. Bruxelles veut en effet réguler les forages gaziers et pétroliers off-shore. Les compagnies et les syndicats anglais sont unanimes en colère, notant que la Commission européenne est ouvertement en train de chercher « l’européisation des puissances énergétiques ». Et comme l’Angleterre est, de très loin, la plus grosse productrice européenne d’énergie offshore – jusqu’il y a six ans, c’était même la seule exportatrice nette d’énergie – l’industrie s’inquiète que la perte de souveraineté anglaise déplacerait la régulation dans des mains inamicales.

Après tout, nous sommes déjà passés par là. Les lois maritimes donnent à l’Angleterre propriété sur les ressources halieutiques jusqu’à soit 200 miles des côtes, soit la ligne médiane (Manche), ce qui représente à peu près 60% du poisson dans la mer du Nord. Sous la Politique de Pêche Commune, cependant, on nous a attribué un quota équivalent à 25% (sur le volume) ou 15% (sur la valeur). Le Luxembourg, l’Autriche et la Slovaquie ont aussi un droit de vote dans l’administration de cette politique, ce qui revient à leur donner un autre atout de négociation…

Dans la même veine, les règles européennes sur le forage offshore vont impliquer les 27 gouvernements, même si 90% de ces forages vont avoir lieu sur le territoire de seulement 4 de ces États membres. Tout comme pour la proposition de la Taxe sur les Transactions Financières, on va encore nous faire le coup de la Politique de Pêche Commune.

La puissance insupportable de l’Union européenne réside en partie dans sa capacité à s’octroyer discrètement du pouvoir pour elle-même, mécaniquement, de façon inaperçue. Si vous êtes un « intégrationniste » dévoué, vous n’aurez même pas à défendre votre point de vue. En fait, vous n’avez même pas besoin d’avoir un point de vue. Vous pouvez simplement vous carrer confortablement dans votre fauteuil et attendre que les institutions fassent leur travail.

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