Menaces sur le Grand Prix du Canada

Publié Par David Descôteaux, le dans Amérique du Nord, Sport

Un événement de l’envergure du Grand Prix peut entraîner toute sorte de « retombées » sociales et économiques. Mais cette année, celles-ci sont menacées par l’action des manifestants.

Par David Descôteaux, depuis Montréal, Québec.

Au moins 25 personnes ont été arrêtées hier soir à Montréal parmi les 500 manifestants qui protestaient contre le Grand Prix de F1.

Aujourd’hui, j’ai une pensée pour tous les commerçants de Montréal.

Plusieurs hôtels du centre-ville, habituellement en demande quand se pointe le cirque de la Formule 1, ont encore beaucoup de chambres libres. Ça peut être dû à une foule de facteurs. Pas seulement aux scènes d’affrontements entre policiers et manifestants qu’on voit dans les médias, ici et ailleurs. Mais en ce début d’été, les organisateurs de festivals commencent à s’inquiéter.

Comme si ce n’était pas assez, le collectif informatique Anonymous menace d’attaquer le système informatique du Grand Prix. Au Grand Prix de Bahrein, Anonymous avait publié sur internet les informations personnelles d’acheteurs de billet. C’est ce que laisse entendre un communiqué émis par le groupe.

Montréal perd, les régions gagnent

Un ami de la Gaspésie m’a récemment écrit : « si les rumeurs de manifestations pendant le Grand Prix ou le Festival Juste pour rire sont fondées, je me dis que ça pourrait être bon pour nous en Gaspésie. Parce que plus de gens pourraient être tentés de venir en vacances dans notre bout. »

Sans vouloir offenser les habitants de ce superbe coin de pays, je ne suis pas sûr que le plan B des « poules de luxe » du Grand Prix soit d’aller cruiser les maringouins au camping Sainte-Gertrude. Mais quand même, il a raison sur le fond : ce que Montréal perd, le reste du Québec va le gagner. Du moins, en partie.

Le Grand Prix, par exemple. Bon an mal an, 75 % des spectateurs proviennent du Québec. Si ces gens ne vont pas au Grand Prix, ils vont dépenser leur argent ailleurs – football, théâtre, camping en Gaspésie (!?) Et vont faire apparaître autant de « retombées économiques » et de recettes fiscales. Ce serait Québec, Charlevoix ou votre banlieue qui profiterait des retombées, au lieu des restaurateurs et hôteliers de la rue Crescent et des alentours. La même chose vaut pour le festival Juste pour rire ou tout autre spectacle.

Par contre, une partie de la clientèle est formée de touristes internationaux. Quand ces gens viennent manger notre poutine ou admirer nos danseuses (entre autres), on parle d’« argent neuf », qu’ils auraient dépensé ailleurs sinon. Et des rentrées fiscales associées. (Mais gardons en tête que ces touristes ne nous donnent pas leurs euros ou leurs dollars. Ils les échangent contre des biens et services, comme le fait toute entreprise exportatrice.)

Et l’image, dans tout ça ? Un événement de l’envergure du Grand Prix peut entraîner toute sorte de « retombées » sociales et économiques difficiles à chiffrer. Même chose pour le Festival Juste pour rire et les autres événements qui pimentent l’été montréalais.

Une tuile de plus

Mais je m’inquiète surtout pour l’ensemble des commerçants montréalais. Eux surmontaient déjà des embûches bien avant le conflit étudiant. Après les bouchons, les détours, les histoires de parcomètres et de taxes, la morosité économique… arrivent AnarchoPanda et sa bande!

Une tuile de plus sur la tête de ces membres de la majorité silencieuse, qui commence à en avoir plein son casque.

Vivement qu’on trouve une solution (une élection ?) et qu’on passe à autre chose. En attendant, je souhaite un bon été à nos commerçants, et beaucoup de patience. Ils en auront besoin.

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Sur le web.

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  1. Mouais, les seules études chiffrées concernant les retombées économiques du Grand Prix sont celles fournies directement par le groupe organisateur. Pas très objectif…

    Lequel groupe, soit dit en passant, perçoit 15 millions de dollars de subventions publiques pour la réalisation de cet événement (de la part du gouvernement provincial et fédéral).

    Je ne parle même pas de la plus-value culturelle de ce genre d’événement, qui équivaut à zéro.