Plaidoyer pour le mariage homosexuel

Publié Par Loïc Floury, le dans Sujets de société

La question du mariage homosexuel divise régulièrement libéraux, conservateurs ou libéraux conservateurs. Pour notre auteur, sa reconnaissance découle de la liberté contractuelle et devrait être accordée au plus tôt.

Par Loïc Floury.

François Hollande l’a clairement annoncé depuis le début : une loi sur le mariage homosexuel sera votée d’ici le printemps 2013. Les débats à l’Assemblée seront sans aucun doute houleux, la droite conservatrice s’y opposant farouchement. On peut dès à présent souligner l’hypocrisie des partis de droite : tous condamnent unanimement l’homophobie mais aucun ne tolèrent vraiment l’homosexualité. Une partie de l’échiquier politique est d’autant plus sujet à cette contradiction : ce sont les libéraux dits « conservateurs ». Pour ces derniers, l’Homo œconomicus devrait pouvoir être libre de ses choix et de ses actes, mais pas l’Homo sapiens : le cas récent de Noël Faucher (« Bientôt on va nous dire que l’homosexualité est naturelle. Comme si la nature choisissait d’autodétruire une espèce ! » affirmait-il le 18 mai sur Tweeter), voir celui tout aussi ancien que récurrent de Christian Vanneste semble parfaitement éloquent.

Si l’on pourrait objecter que ce genre de propos relèvent de la sphère privée et non publique, la question du mariage homosexuel semble être une excuse pour s’exprimer ouvertement sur la question et faire ainsi glisser lentement le pseudo-débat du mariage vers une homophobie dissimulée. Entendons-nous bien : il n’est pas question de tenter d’analyser sous quelque forme que ce soit l’homosexualité, mais quelques postulats semblent nécessaires à rappeler. Tout d’abord, l’homosexualité est née le même jour que l’hétérosexualité : existant depuis toujours, elle n’est donc ni un phénomène de mode, ni dangereuse pour l’humanité (si cela avait été le cas, je ne pourrais pas écrire ses lignes et vous ne pourriez pas les lire). Ensuite, et c’est là le postulat le plus important, l’homosexualité n’est pas un choix, mais une question de préférences intrinsèques (l’homosexualité n’est pas un choix, à la différence de l’homophobie) : le célèbre adage « de gustibus et coloribus non est disputandum » repris par Gary Becker (1930- ) et Georges Stigler (1911-1991) dans un article commun est donc de rigueur[1].

Les postulats posés, encore faut-il définir le problème : la question populaire est « faut-il légaliser le mariage homosexuel ? » ; c’est là une erreur. En effet, le terme « légalisation » implique un caractère illégal antérieur ; or tel n’est pas le cas du mariage homosexuel. Ce dernier n’est pas illégal (aucune loi ne l’interdit), il n’est tout simplement non reconnu par le Code Civil. Par cette non-reconnaissance, le Code Civil commet une abnégation de droit injustifiable : depuis la loi de séparation de l’Église et de l’État (1905), le mariage civil diffère du mariage religieux. Simple contrat dont la reconnaissance par l’autorité civile débouche sur des droits et obligations, il devient de fait, dénué de tout engagement à caractère moral : que les partisans du mariage religieux traditionnel expriment leur volonté de se conformer à la morale chrétienne est une chose, que ces derniers partent en croisade pour défendre leur vision conservatrice de la famille et l’imposer à autrui en est une autre. Autrement dit, le mariage civil peut et doit différer du mariage religieux : en tant que contrat, il est soumis au principe de la liberté contractuelle et donc à la volonté des individus par définition libres.

En quoi diffère le contrat de mariage du contrat de vente ? Dans le fond, l’objet n’est pas le même certes, mais dans la forme ? Il s’agit bien de deux contrats dont la non-reconnaissance par l’État est une atteinte à la liberté contractuelle ! Les individus n’ont-ils pas le droit de gérer leur vie privée comme ils l’entendent ? Le pseudo-débat politique est de fait, pollué : l’intolérance se heurte à la liberté et au respect de la vie privée. Si, en tant que simples citoyens, nous ne pouvons nous opposer aux contrats que notre voisin passe, comment les citoyens ou ses représentants pourraient-ils le faire ? L’individu ne possédant pas ce droit, ce premier peut encore moins le déléguer ! Certains lecteurs désapprouveront fortement la réduction du mariage à un contrat. Qu’il leur en déplaise, le mariage n’est pas inhérent à la famille (il n’est pas une condition sine qua non à sa formation) et son existence s’explique en raison des avantages qu’il octroie : si les individus se marient, c’est avant tout parce qu’ils y gagnent quelque chose. Le calcul coût/bénéfice est en théorie positif. Un autre événement vient d’ailleurs entériner le caractère contractuel du mariage : sa dissolution via le divorce. Au nom de la liberté contractuelle, les individus peuvent ou non contracter, mais également mettre fin au contrat.

La non-reconnaissance du mariage homosexuel est-elle inconstitutionnelle ? Le Conseil Constitutionnel rendra une décision aussi vide de sens que fumeuse le 28 janvier 2011 : de nombreux articles ont été écrits sur le sujet, le curieux lecteur pourra s’y référer. Cela dit, ce même Conseil a cependant affirmé dans cette même décision que le législateur a « estimé que la différence de situation entre les couples de même sexe et les couples composés d’un homme et d’une femme peut justifier une différence de traitement quant aux règles du droit de la famille« . Une telle différence de traitement est-elle inconstitutionelle ? Le Conseil Constitutionnel se montrera fort courageux sur la question en affirmant qu’il ne lui appartenait pas « de substituer son appréciation à celle du législateur sur la prise en compte, en cette matière, de cette différence de situation ». Ce qui s’avère fort dommage, puisque le législateur n’a en rien exprimé son point de vue sur la question : le Code Civil et ses articles relatifs au mariage (75 et 144) remontent à 1804 et n’affirment en aucun cas que le mariage est le résultat de l’union d’une femme et d’un homme mais évoquent cette possibilité sous certaine conditions.

Une telle différence de traitement est-elle illégale ? Oui s’il s’agit d’une discrimination. Or, « Constitue une discrimination toute distinction opérée entre les personnes physiques à raison de leur origine, de leur sexe, de leur situation de famille, de leur grossesse, de leur apparence physique, de leur patronyme, de leur état de santé, de leur handicap, de leurs caractéristiques génétiques, de leurs moeurs, de leur orientation sexuelle, de leur âge, de leurs opinions politiques, de leurs activités syndicales, de leur appartenance ou de leur non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée. » affirme l’article 225-1 du Code Civil, tandis que « La discrimination définie à l’article 225-1, commise à l’égard d’une personne physique ou morale, est punie de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 Euros d’amende lorsqu’elle consiste à refuser la fourniture d’un bien ou d’un service ou (…) à subordonner la fourniture d’un bien ou d’un service à une condition fondée sur l’un des éléments visés à l’article 225-1 » affirme l’article 225-2 du Code Pénal. L’État civil, en tant que prestataire de service (celui consistant en la reconnaissance du mariage et de l’attribution des droits et obligations lui étant inhérent), commet donc une discrimination en ne reconnaissant qu’un seul type de mariage qui n’est en rien justifié sur le plan du droit et qui ne saurait être justifiée par autre chose que ce dernier.

En définitive, qu’importe les débats qui auront lieux les prochains mois ou années, le fait est qu’il ne s’agit pas de reconnaître le mariage homosexuel puisqu’il fait partie des droits inhérents à l’Homme, mais bien de cesser d’atteindre à ce droit déjà existant en théorie au nom d’une morale à la fois liberticide et non laïque.

Lire notre dossier sur le mariage homosexuel

  1. De gustibus non est disputandum, American Economic Review, mars, vol. 67, n° 2, p. 76-90

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  1. Cher Loic,

    Je suis gay, je vie en couple et je suis favorable au mariage gay, mon copain et moi avons envie de nous marier et comme nous vivons en Belgique, nous allons pouvoir le faire.

    Mais si j’y suis favorable aujourd’hui c’est plus pour des raisons utilitaristes qu’éthiques.

    Je sais que dans le monde dans lequel je vis, le mariage peut m’apporter de nombreuses protections.
    J’ai encore récemment visionné la vidéo d’un jeune homme américain dont le copain est décédé. Les parents du défunt ont pris possession du corps ; alors même qu’ils l’avaient menacé avec une arme lors de son coming out et qu’ils lui avaient affirmé ne plus jamais vouloir le revoir. Ils ont tenu son copain à l’écart de ses funérailles. Et aux yeux de la loi, son coapin n’avait aucun droit sur lui puis qu’ils rien de plus que deux colocataires (alors même qu’ils avaient un emprunt hypothécaire contracté en leurs deux noms).

    C’est un exemple, il y en a des tas d’autres et je sais que d’un point de vue légal il est préférable de se marier (sécurité, patrimonr, parentalité, …)

    Mais d’un point de vue moral, mon but est clairement que l’état n’intervienne plus dans le mariage qui est un acte on ne peut plus privé.
    Ces arguments fallacieux qui consistent à dire que le mariage est fait pour avoir des enfants et pour annoncer publiquement son union ne sont que des argument d’opportunité qui ne font que révéler le rejet de notre mode de vie par une certaine tranche de la population à qui nous ne nuisons pourtant d’aucune manière. (Même si le mariage religieux peut être tout ça, le mariage est avant tout un engagement réciproque entre deux personnes et donc un contrat on ne peut plus privé)

    C’est pour cette raison que l’état ne devrait pas s’occuper du mariage et qu’au lieu de réclamer le mariage gay, nous devrions réclamer l’abolition du mariage civil.

    Le mariage deviendrait un acte privé réalisé à l’église ou devant un notaire, ou simplement entre amis si ça nous chante, mais certainement pas devant un fonctionnaire.
    Voilà pourquoi je suis aujourd’hui favorable à ce qu’on appel le marige gay, mais que je ne peux le défendre d’un point de vue libréal.

    1. Merci pour votre témoignage ; sur le plan du droit effectivement, le mariage est avant tout un filet de sécurité, d’autant plus lorsque des enfants sont en jeu. De fait, des couples voir des familles se sont constituées et aucun matelas juridique n’est là pour amortir quelconque chute. Le mode d’organisation de la famille est effectivement une chose strictement privée et non publique et je le souligne dans l’article. Cela dit, votre proposition d’abolir le mariage civil au profil d’un acte notarié est intéressante : elle a cette force de réellement considérer le mariage comme un contrat.

    2. La question des enfants est quand même loin d’être accessoire. Le fait d’avoir des enfant implique une responsabilité et des droits afférents qui relèvent du droit général et non d’un simple contrat privé. Si vous adoptez des enfants en Belgique, vous ne serez pas reconnus comme ses parents légaux en France, ce qui pose quand même un problème.
      J’imagine qu’on peut traiter la question de l’homoparentalité de manière distincte de celle du mariage, si l’on en fait une question de principe. Mais d’un point de vue pratique, les deux question sont fortement corrélées et aux yeux de la majorité des gens il s’agit d’un seul et même sujet politique.

  2. Quelques petites remarques sur cet intéressant article :
    - tolérer l’homosexualité ne signifie pas pour autant admettre les délits d’opinion tels l’homophobie, même pour un libéral conservateur;
    - le mariage civil existe pleinement depuis bien avant la loi de 1905 : la loi du 20 septembre 1792 l’instaure déjà et, avant même la Révolution, l’Etat l’avait réglementé (dès le 16ème siècle, avec l’Ordonnance de Blois);
    - Quant au Code de 1804, lisez les travaux préparatoires de Portalis, il n’envisage (et cela va de soi à cette époque) que l’union de personnes de sexes différents;
    - Par ailleurs, une discrimination n’est illégale que si la différence de traitement qu’elle implique n’est pas proportionnelle ou justifiée;
    - Enfin, votre raisonnement vire au sophisme : qu’est-ce qui empêcherait alors à deux frères, à un grand-père et à sa petite-fille (majeure), à un père et à son fils de se marier, au nom de votre morale « liberticide et non laïque » ? Je ne suis pas sûr de vouloir vivre dans cette société…
    - Enfin, ranger le mariage homosexuel parmi les droits naturels me laisse songeur…

    1. Entendons-nous bien : ce n’est parce que je critique la morale chrétienne en tant que carcan social que pour autant, j’admets le tout et n’importe quoi. Si le mariage est un contrat, alors deux personnes, quelque soit leur sexe, peuvent contracter. Cela dit, et c’est un oubli de ma part, le contrat est soumis à des règles de fond, impératives. Tel le jus cogens en droit international, le droit des contrats interne est soumis à l’ordre public. D’ailleurs, je ne vois même pas pourquoi nous en discutons : QUI voudrais se marier avec son père ou son grand-père ? Quand bien même cela arriverait, la liberté contractuelle doit être encadrée : tel est le rôle de l’ordre public. Votre affirmation me fait penser à l’argument souvent utilisé par Marine Lepen : si nous tolérons le mariage homosexuel, pourquoi ne pas tolérer le mariage à 3 voir à 4 personnes ? Je n’ai jamais compris ce genre de propos, tout d’abord parce que c’est faire peu de cas de la réalité et c’est faire un amalgame douteux.

      PS : si « ranger le mariage homosexuel parmi les droits naturels » vous laisse songeur, c’est vous considérez encore le mariage comme un mariage et non comme un contrat.

      PPS : concernant l’interprétation du Code, si Portalis l’a effectivement conçu comme cela, la possibilité pour le Juge aujourd’hui est grande vu sa rédaction qui n’est pas restrictive. Le Code doit être interprété à la lumière d’aujourd’hui et non celle d’hier ; rien n’empêche d’en avoir une lecture un peu différente, mais ce n’est évidemment ni le Juge du fond, ni le Juge Constitutionnel qui oseront le faire, peureux comme ils sont.

      1. « QUI voudrais se marier avec son père ou son grand-père ? Quand bien même cela arriverait, la liberté contractuelle doit être encadrée : tel est le rôle de l’ordre public. »

        L’ordre public contre les mariages intra-familiaux et bien pour les mariages homosexuels… Votre thèse contractuelle pure et dure s’effondre…

        « vous considérez encore le mariage comme un mariage et non comme un contrat » Ben oui… je perds mon brevet de libéralisme alors ?

        « rien n’empêche d’en avoir une lecture un peu différente, mais ce n’est évidemment ni le Juge du fond, ni le Juge Constitutionnel qui oseront le faire, peureux comme ils sont » Dans un monde purement positiviste, rien ne l’en empêche. Par contre, en se fondant sur le droit naturel, les « peureux » continueront d’avoir raison…

        1. Absolument pas. La liberté, ce n’est pas le luxe de pouvoir faire tout et n’importe quoi. Je vous laisse libre de votre amalgame, assimilant la tolérance du mariage homosexuel au mariage incestueux. Un contrat ne permet pas de tout faire : le fait de ne pas se marier entre membres d’une même famille est justifiée d’un point de vue génétique, la justification tombe sous le sens. Je ne comprend même pas votre argument.

          1. Certes, je vous rejoins quand vous dites que la liberté, ce n’est pas faire tout et n’importe quoi, c’est évident. Cependant, le rapprochement mariage homosexuel et mariage incestueux est pertinent dès lors qu’à mes yeux, les deux sont prohibés par le droit naturel. Le raisonnement que vous appliquez au premier convient au second… J’ai essayé de vous le démontrer par l’absurde.

            Par ailleurs, je déplore ces réflexes positivistes qu’ont tant de libéraux: en vertu de quelle légitimité quelques dizaines d’individus élus parce qu’ils passent à la télé pourraient voter une loi qui s’assied sur une tradition plusieurs fois millénaires ? C’est ça le progrès ?

      2. « la liberté contractuelle doit être encadrée »
        Oula, c’est assez inquiétant de lire ça sur un site libéral ; et méfiez-vous de vos propres arguments, ils se retourneront contre vous un jour…

        Je rajouterai que je suis totalement d’accord avec Marc Oswald, et également que votre argument du « point de vue génétique » est lui aussi parricide, si j’ose dire : on pourra vous rétorquer dans le même ordre d’idées, que le rapport homosexuel chez les hommes est vecteur de maladies vénériennes et qu’il faut donc ne pas l’encourager, voire l’interdire, pour des raisons de santé publique.
        La différence entre ce raisonnement et le votre : vous, c’est l’eugénisme ; eux, c’est la politique de santé publique.
        Mais la finalité reste la même : améliorer une situation ou empêcher qu’elle ne se dégrade, par l’ingérence étatique.
        Vous me répondrez à propos des maladies vénériennes, qu’il existe des moyens pour s’en prémunir, je vous réponds que ce sont exactement les mêmes pour éviter les résultats néfastes génétiquement des unions incestueuses.

        L’argument de normalité est quant à lui, hyper subjectif ; je connais des personnes pour qui les rapports homosexuels sont aussi absurdes que les rapports incestueux.

  3. J’adhère assez au commentaire de Librekom.

    J’ajouterai plusieurs points:

    Dire que l’homosexualité est née en même temps que l’hétérosexualité est un postulat indémontrable, que l’on peut aussi facilement adopter que rejeter.

    En tant que libéral, je défends autant le droit d’être homophobe que celui d’être homosexuel, si donc certains à droite s’opposent au mariage homosexuel par homophobie, c’est leur droit le plus strict.

    Défendre une ouverture du mariage civil aux couples homosexuels sous prétexte de discrimination est incohérent, voir hypocrite, car le mariage civil se fait au détriment de toutes les autres formes d’union: cohabitation sans relations sexuelles, polygamie, polyandrie, et surtout aussi le célibat, etc… Pourquoi un couple aurait-il plus d’avantages étatiques qu’un célibataire?
    En réalité, tant que le mariage civil n’est pas accessible à l’individu et à toute autre forme d’association d’individus, il restera par définition discriminatoire.

    Je ne vois donc vraiment pas au nom de quel principe libéral, on puisse justifier que l’État accorde des privilèges à des personnes sous prétexte quelles aient des relations sexuelles entre elles.
    C’est au contraire une immixtion de l’État dans l’intimité la plus privée qui soit… 

  4. Parler de différence de traitement entre homosexuels et hétérosexuels au regard du mariage est un sophisme. Rien n’empêche un homosexuel de se marier, à condition que ce soit avec une personne de sexe différent… parce que c’est la définition du mariage. Parler de discrimination à ce sujet est profondément stupide.
    On peut toujours créer un pseudo-mariage homosexuel leur donnant les mêmes droits en cas de décès du compagnon, etc… mais appeler cela un mariage sera toujours une absurdité.

    Quant au privilège accordé par l’Etat aux couples mariés et ayant des enfants, il est justifié en cela que les parents, de droit naturel, exercent sur leurs enfants les fonctions régaliennes (autorité parentale, de même essence que l’auctoritas étatique). Ils doivent donc être déchargés d’une partie de leur contribution à l’exercice des fonctions régaliennes dans la société, puisqu’ils contribuent « en nature » au sein de la cellule familiale.

    1. Je n’ai pas parlé d’adoption dans cet article mais uniquement du mariage. Vous dites que parlez de discrimination est stupide, mais vous vous situez dans un raisonnement positiviste : l’homosexuel n’a pas le droit de se marier car la règle de droit lui interdit. La règle est posée, respectons la règle. Le positivisme arrange toujours ceux pour qui la règle est posée ou, en l’espèce, ceux pour qui la règle les arrange. Changeons la règle et la discrimination disparait car OUI, que vous le vouliez ou non, il y a discrimination car il y a différence de traitement sur le fondement de l’orientation sexuelle. Reconnaitre un contrat de vente à un hétéro mais pas à un homo ne vous parait-il pas discriminatoire ? Dans le fond, l’objet du contrat importe peu, ce qui compte, c’est que, concrètement et intrinsèquement, tous n’ont pas le même droit face au contrat et ce, en raison de leur orientation sexuelle. Et ça, vous ne pouvez le justifier.

      1. Vous trouverez difficilement plus jusnaturaliste que moi.
        Le mariage n’est justement pas un contrat mais une institution de droit naturel, source de l’autorité parentale conjointe fondée sur la puissance génitrice. Il se définit par l’union d’un homme et d’une femme, seule union naturellement susceptible, précisément, de déboucher sur la parentalité.
        C’est au contraire la prétention à ouvrir le mariage aux homosexuels qui est positiviste, puisqu’elle estime que l’on peut s’asseoir sur le droit naturel.
        Le droit naturel est parfois discriminatoire ? Ben oui.

        Quand à l’argument du contrat de vente, il tape complètement à côté puisqu’il n’y a aucun rapport entre votre orientation sexuelle et la vente d’un paquet de cacahuètes, alors qu’il y en a un sacré entre votre orientation sexuelle et une institution fondée sur la complémentarité sexuelle, because puissance génitrice.

        1. Vous considérez le mariage comme issu du droit naturel, pas moi. La différence est-elle que, je crois, elle emporte à jamais notre divergence de point de vue. Si l’on définit le mariage en tant que contrat comme « l’union de deux adultes consentant en vu de constituer une famille », alors l’orientation sexuelle n’a aucune importance dans la formation du contrat. D’ailleurs, la position dominante du couple hétérosexuel car à même de procréer est une histoire de temps et de société : les grecs de l’Antiquité eux, considéraient que le couple homosexuel homme était symbole de l’amour parfait, la mythologie elle-même le justifiant à travers bon nombre de récits autant homosexuel qu’hétérosexuel ;)

          1. C’est ça qu’on vous apprend à l’Institut Catholique ? Ils déconnent à plein régime.
            L’amour parfait dans l’antiquité grecque n’était précisément pas un couple homosexuel au sens moderne, mais une amitié masculine, amour parfait car précisément détaché de toute passion, purement rationnel.
            L’homosexualité masculine (sens moderne) était plutôt mal vue chez les grecs car elle signifiait l’intrusion de la passion sexuelle dans un amour devant être platonique (ce mot aurait du vous mettre sur la voie quant à la nature de l’amour parfait). Elle était même encore plus mal vue que le mariage hétérosexuel (terme bien sûr anachronique) puisque celui-ci avait au moins une utilité dans l’assouvissement de la passion, contrairement à la passion homosexuelle.

            Et sinon, on ne vous fait pas ouvrir le De lege de saint Thomas d’Aquin, à l’Institut catholique ?

  5. Le mariage est l’union de deux adultes consentant. Point. On se moque de leur sexe.

    C’est d’ailleurs à mes yeux l’exemple typique du contre-sens total de ce que l’on appelle « le libéral-conservatisme ». Ce courant n’existe pas. Se revendiquer libéral, mais ne considérer la liberté que pour l’économie n’a pas de sens. J’irais même jusqu’à dire que c’est inadmissible et une insulte au libéralisme.

    La phrase de l’auteur est excellente : « l’Homo œconomicus devrait pouvoir être libre de ses choix et de ses actes, mais pas l’Homo sapiens? »

    Il y a malheureusement trop de conservateurs qui se revendiquent, à tort, libéraux.

    1. Là vous nagez précisément dans le positivisme – et l’on reconnaît assez la prétention libertarienne au monopole du libéralisme. On se demande : à quand des conciles libertariens pour dogmatiser le libéralisme et prononcer des anathèmes avec peine médicinale à l’encontre des hérétiques ?
      J’en reviens à notre sujet : l’homo sapiens, précisément, n’est libre que des choix qui concernent sa posture, pas sa nature. Un homme ne peut pas choisir d’aller contre le droit naturel. L’homo oeconomicus est libre de tous ses choix parce qu’aucun ne remet en question sa nature.

      Les libertariens ont trop souvent une vision de l’homme purement autodéterministe, comme si l’homme était son propre auteur. Or il est absurde de raisonner sur un homme-Yahvé. La nature de l’homme ne dépend pas du vouloir de l’homme, c’est la le premier axiome du droit naturel.

      1. « Il se définit par l’union d’un homme et d’une femme, seule union naturellement susceptible, précisément, de déboucher sur la parentalité. »

        C’est là où le bat blesse.
        Le droit naturel ne postule pas une telle chose. Le mariage n’est rien d’autre qu’un contrat, librement consenti entre deux adultes responsables. Un contrat comme un autre.

        Considérer que l’homme ne pourrait signer le contrat qu’avec une femme ne fait en aucun cas appel au droit naturel, mais à l’héritage religieux de nos pays, après des siècles d’obscurantisme et de bourrage de crâne.

        1. Bien sûr que le droit naturel le « postule » (terme incorrect en fait : le droit énonce, dispose, mais ne « postule » pas). Le droit naturel est connaissable par la raison seule. Je viens de vous montrer par la raison seule pourquoi le mariage est une institution de droit naturel.
          A l’inverse il est impossible au mariage d’être un contrat de droit naturel, car il aurait des individus pour objet, or un individu ne peut, de droit naturel justement (d’où la notion juridique de « hors commerce ») être l’objet d’un contrat. Un individu n’est pas un bien, et c’est justement ce à quoi prétendent le réduire ceux qui militent pour le « mariage » homosexuel.

          Voilà, vous voyez : raison seule.
          Maintenant, vous pouvez toujours essayer de me montrer que j’ai tort, et donc que j’ai mal analysé le droit naturel. J’ai toujours changé d’avis quand on m’a eu démontré que j’avais tort.
          En revanche il faudra me sortir quelque chose de plus construit que « le droit naturel ne dit pas cela, c’est juste un contrat ». Parce que cela est une affirmation péremptoire sans fondement rationnel.

      2. Et en quoi l’homosexualité est-elle plus culturelle que naturelle ? C’est vraiment là la question que je me pose.
        Existe-t’il des preuves que l’homosexualité n’est pas naturelle ? Je ne crois pas. Partir du postulat que sous pretexte que l’hétérosexualité est la seule permettant la reproduction de l’espèce ne la rend pas supérieur ou plus naturelle qu’une autre orientation. Considérer que le droit naturel prevaut sur l’évolution de la société a-t’il encore un sens a notre époque ? De quoi devrions nous nous passer au pretexte du droit naturel ? (droit des femmes de travailler, exhibition pour les gens se montrant nu et ainsi de suite).

        L’État doit-il vraiment tout faire pour défendre ce « droit naturel » ?

        Bon sinon, puisque les homo ont le droit de se marier avec une personne du sexe opposé, peut etre pouvons nous reserver le pacs aux couples homosexuels ? Il n’y aurait pas de discrimination non plus, puisque les hétéros pourraient le contracter avec une personne de meme sexe.

        1. Personne n’a dit que l’homosexualité est plus culturelle que naturelle. La question n’est tout simplement pas là : le caractère naturel de l’homosexualité ne fonderait aucunement la revendication du mariage homosexuel, mais uniquement le droit des homosexuels à ne pas être inquiétés par les autres à cause de leur orientation sexuelle.
          Et oui, le droit naturel a toujours un sens à notre époque puisque par définition il est naturel, c’est-à-dire lié à la nature même de l’homme, qui n’a pas changé depuis son apparition. Le droit naturel est connaissable par la raison, raison qui ne varie pas en fonction des circonstances mais est immuable.

          Et cela me fait marrer (en fait, non) de voir des gens venir expliquer que le refus du mariage homosexuel est un héritage religieux obscurantiste, alors que la notion même de droit naturel de l’homme, fondement de tout ordre libéral, est précisément le produit des travaux de Thomas d’Aquin sur Aristote revisités par les théologiens et juristes de l’Ecole de Salamanque, qui ont affirmé que l’homme avait des droits indépendamment de son adhésion à un dogme religieux, ce qui est précisément le contraire de l’obscurantisme, né dans un des pays les plus religieux de l’époque.

          1. Je ne remettais pas en cause l’importance du droit naturel dans notre societe mais je pointais simplement le fait que certaines de nos lois vont a son encontre et que cela ne pause vraissembablement pas de probleme.
            Quand a l’argument de l’héritage religieux, je ne l’ai pas porté (pour peu que vous me repondiez), et je suis en effet pas convaincu que cela soit vrai, des pays bien plus religieux que le notre ont accepté le mariage gay. Je pense juste qu’en France nous n’aimons pas changer les lois relatives a tout ce pan de notre société, et que nous partons du principe que ce qui n’est pas prévu dans la lois n’existe pas (a tous les points de vues, pas seulement celui de l’homosexualité).

  6. @ Marc Oswald +1

    Je rajouterai que le mariage est moins un contrat qu’un évènement qui fonde une institution nommé famille. Le pb avec le mariage gay est toujours quid des enfants qui sont traités non pas pour eux-même mais pour la satisfaction de leurs non auteurs.

    2 arguments encore:
    - il n’est pas évident que la communauté homosexuelle dans son ensemble soient en faveur du dit mariage. La minorité d’une minorité voudrait imposer ses règles et son modèle à la société entière?? Bel exemple de démocratie que la dictature de la minorité.
    - j’entend souvent les homosexuels revendiquer le respect de leur différence (ex: Gay Pride), pourquoi pas je n’ai pas de problème avec cela. Par contre c’est un sacré manque de cohérence que de vouloir demander dans le même temps d’être traités comme les hétérosexuelles sur le sujet on ne peut plus bourgeois que le mariage.

    @ Julien: on peut être libéral ET conservateur, le libéralisme à cette force de pouvoir se décliner de plein de façons différentes !

    1. « Pourquoi les en empêcher puisqu’ils s’aiment? Avec ce raisonnement, on justifie n’importe quoi. Des Hollandais ont contracté un mariage à trois. Un jeune Australien s’est marié l’année dernière avec son chien. Des enfants de 10 ans pourraient se marier, s’ils s’aiment. Et aussi un père avec sa fille de 10 ans, s’ils s’aiment. », écrivait récemment Chantal Delsol. Et c’est le sens des arguments avancés par certains ici.

      Il n’est pas question de faire n’importe quoi, comme le suggère cet amalgame digne de Brigitte Barèges, de l’UMP, le parti qui n’a pas exclu Christian Vanneste, devenu récemment président du RPF.

      Le mariage civil n’est pas le mariage religieux. Mais il reste un mariage. C’est-à-dire l’union de deux adultes ayant une vie commune, au sens juridique du terme. La sociologie sans le droit fait dire n’importe quoi. Le mariage unit deux personnes capables, c’est-à-dire dotées de la capacité juridique. Ni les chiens, ni les enfants. Le travestissement intellectuel qui consiste à amalgamer l’union juridique de deux hommes ou de deux femmes avec des relations zoophiles ou pédophiles ou incestueuses est, au fond, assez scandaleux et indigne.

      Par ailleurs, en quoi le mariage civil de deux homosexuels compromettrait-il l’avenir de la famille et de la filiation ? Espérait-on que ces deux homosexuels contracteraient un mariage de convenance, et feraient des enfants de convenance au sein d’un couple hétérosexuel fondé sur le mensonge ? Ou craignait-on que ces deux homosexuels donnent un mauvais exemple à la jeunesse, comme Socrate condamné à la ciguë, alors qu’il y a aussi peu de chance de changer un hétérosexuel en homosexuel que l’inverse ?

      1. La question n’est pas de compromettre quoi que ce soit. Le plus probable est qu’à l’inverse le mariage homosexuel ferait entrer les homosexuels dans le conformisme le plus navrant et que très rapidement le nombre de ces unions chuterait, passé l’effet de mode.

        Non, la question est que le mariage est une institution de droit naturel et que l’on ne gagne jamais rien de bon à s’asseoir de ses deux grosses fesses sur le droit naturel.

        J’ajoute, sur la distinction entre le mariage civil et le mariage religieux, qu’elle ne change rien. Le mariage civil doit précisément se conformer au droit naturel et ne pas chercher à lui contrevenir. Le mariage religieux, lui, ne fait qu’ajouter la dimension surnaturelle au droit naturel. L’impossibilité du mariage homosexuel n’est donc aucunement une question religieuse, c’est une question de raison, c’est-à-dire de respect du droit naturel.

    2. « Le pb avec le mariage gay est toujours quid des enfants qui sont traités non pas pour eux-même mais pour la satisfaction de leurs non auteurs. »

      Hum je connais des couples hétéros qui ont eu des enfants pour leur bonheur a des moments voulus et non accidentellement ou lors de toutes les copulations, il s’agit donc d’enfants nés pour la satisfaction du couple. Le fait qu’il soit sorti de la cuisse de bobonne et non de madame X ne change pas la question.

      « il n’est pas evident que la communauté homosexuelle dans son ensemble soit en faveur ».
      On peut dire ca de toutes les communautes. Nombre de femme en 1946 étaient contre le droit de vote, cela rend il la loi moins legitime ? Il ne faut pas confondre les revendications de quelques associations bien pensantes et la réalité des homo en france. Il s’agit plutot du droit pour tous d’avoir accès a la lois. Je ne pense, pour ma part, pas me marier, etant relativement contre les contraintes que cela impose, j’aimerais cependant avoir le choix.

      Il ne s’agit pas du droit d’être reconnu comme les hétéros mais plus du droit d’être considéré comme les autres. Pour la population noire par exemple il n’y a pas de lois disant que les noirs doivent etre reconnus comme les blancs, mais il y en a bien une qui dit que l’on a pas le droit de faire de distinction. Cela revient peut etre au même mais le cheminement diffère. Si l’on en vient a creer une lois « pour le mariage gay » ce sera effectivement une erreur, il s’agit plutot de faire reconnaitre le mariage gay de couples gay comme valide (comme exliqué ici : le Code Civil et ses articles relatifs au mariage (75 et 144) remontent à 1804 et n’affirment en aucun cas que le mariage est le résultat de l’union d’une femme et d’un homme mais évoquent cette possibilité sous certaine conditions.)
      Encore une fois, il ne s’agit pas d’imposer un model de société aux autres, en tout cas pas plus qu’avant, il s’agit de laisser aux gens le droit de gerer leur vie comme ils l’entendent et d’avoir le droit aux mêmes avantages que les autres). Si vous préferez mettre vos enfants dans des ecoles ou on nie l’homosexualité et son existence, c’est votre droit le plus stricte, (sachez en tout cas que ca marche pas super bien). Si un couple gay décide de s’unir et de fonder une famille (malgré le cote contre nature c’est scandaleux), en quoi pourrions nous dire qu’il a moins le droit a des deductions qu’un couple hétéro ? Puisque eux aussi exercent une contributuion a l’exercice de fonctions régaliennes « en nature ».
      Merci en tout cas a l’auteur pour cet article.

      1. « Si un couple gay décide de s’unir et de fonder une famille (malgré le cote contre nature c’est scandaleux), en quoi pourrions nous dire qu’il a moins le droit a des deductions qu’un couple hétéro ? Puisque eux aussi exercent une contributuion a l’exercice de fonctions régaliennes « en nature ». »

        Je vous répondrai simplement : nemo auditur propiam turpitudinem allegans. Un couple homosexuel ne peut se prévaloir d’un privilège (déduction de contribution) de droit naturel obtenu en fraude d’une institution de droit naturel (le mariage).

        Les discussions sans fin autour de ce problème me confirment que la première cause du débat est que la majorité des gens ne maîtrisent ni les bases de la notion de droit naturel, ni les bases de la science du droit tout court.
        Bref le problème est que les gens ne sont pas juristes.

        1. Ce n’est pas parceque vous maitriser les bases de la science du droit (chose que je ne peux pas verifier ne les ayants pas et ne cherchant pas a les obtenir), que vous avez la verite absolue sur le sujet. Je suis sur que d’autres personnes toutes aussi compétentes en la matière que vous auront une autre vue des choses.
          Sortir cet argument d’autorité de facon, disons le, un peu condescendante alors que vous vous réferez a saint thomas d’aquin quelques commentaires plus haut, c’est assez étrange.

          1. Je ne veux pas être condescendant. Je suis simplement navré que tant de penseurs libéraux aient l’impression que n’importe qui peut discuter de science juridique comme si ce n’était pas une discipline impliquant avant tout une solide formation. Elle n’a pas à être nécessairement universitaire, mais elle doit exister.
            Citer saint Thomas d’Aquin n’est pas un argument d’autorité. Je n’ai pas dit que saint Thomas avait dit donc qu’il avait raison. Ce que je dis c’est qu’on ne peut pas parler de droit naturel sans au minimum connaître cette pensée qui représente une part fondamentale du corpus jusnaturaliste. C’est comme parler de déontologie en médecine sans jamais avoir entendu parler d’Hippocrate.

        2. Malheureusement pour vous, l’ICES porte très mal son nom et ce n’est pas parce que j’y suis étudiant que l’on me faire lire dès la première année une somme de textes théologiques dignes d’une propagande stalinienne. Cela dit, vous avez vos opinions, moi les miennes, cela ne vous permet pas de jugez l’établissement dans lequel j’étudie, ils ne sont rien responsables de mes propos. Relisez donc la mythologie grecque, vous verrez que l’on dépassait très clairement la simple relation platonique, les poètes grecques se donnaient d’ailleurs à cœur joie de narrer certaines détails salaces que je ne peux pas citer ici.

          1. Ce n’est pas malheureux pour moi, c’est malheureux pour vous.
            Et c’est également malheureux pour vous de qualifier de « propagande stalinienne » un des textes les plus rigoureux et les plus importants de l’histoire de la pensée occidentale ; voilà une réaction sectaire bien triste pour un défenseur de la société ouverte, et très dommageable pour quelqu’un qui prétend parler de droit naturel.

            Je ne peux pas juger l’établissement dans lequel vous étudiez, mais je peux en juger sur pièce le produit avec ce que vous écrivez ici.
            Vous voulez parler de mythologie grecque ? L’exemple d’Achille et Patrocle en tête, peut-être ? Pas de chance pour vous, cela discrédite justement votre propos, car si leur « couple » est en effet célèbre, tout ce que l’on observe dans les épopées homériques est précisément dénoncé par les philosophes jusnaturalistes, au premier rang desquels Aristote, comme une hybris.
            Quant à ce qu’écrivent les poètes, c’est justement assez peu fréquemment significatif des valeurs que porte une société. Les poètes sont la voie de la passion, précisément quand le droit naturel est une affaire de raison.

  7. Le but principal du mariage est l’organisation de la succession pour des enfants issus du couple marié.
    Les autres éléments du mariage, reconnaissance sociale ou gestion des rapports patrimoniaux dans le couple, sont importants mais secondaires.

    Un « couple » homosexuel ne pouvant avoir d’enfant issus de cette relation, il n’y a aucune nécessité de donner un cadre juridique spécifique pour l’organisation de leur succession.

    1. Je reprend le commantaire de Loic auquel j’ajoute, si le mariage est réellement fondé la dessus en France, que la donnation au dernier des vivants est a ce compte la en contradiction avec ce que vous dites, puisque le mariage semble regler les problemes de transmission d’une génération a l’autre.
      De plus dans un couple homosexuel l’un des deux (ou meme les deux) peut avoir eu un enfant « naturellement », auquel cas il faudrait aussi un cadre juridique pour regler les problemes de succession.

      1. Dernière chose, le nombre de couples hétérosexuels ne pouvant avoir d’enfants issus de leur relation à cause de problèmes d’infertilité est problablement plus important que la totalité de la population homosexuelle. Pourtant ces personnes ont tout fait légalement recours à l’adoption, aux dons de gamètes, à la FIV, toutes pratiques qui sont de fait interdites aux homosexuels en tant que couples.
        Il est clair que le cadre juridique est défaillant. Le mariage homosexuel est une piste de solution, même si ce n’est pas forcément la seule ni la meilleure.

        1. L’accès à la procréation médicalement assistée pour les couples s’appuie sur leur droit naturel à assumer conjointement l’autorité parentale. Un droit qui n’existe pas pour les couples homosexuels.

          1. Ca c’est vous qui l’appréciez de cette manière. vous reconnaîssez l’accès à la procréation médicalement assistée aux couples hétérosexuels car SI ils avaient été jeunes, en bonne santé et non porteurs d’allèles récessifs ils auraient pu faire des enfants et en assumer conjointement l’autorité. C’est donc un droit naturel, mais conditionnel. Etrange concept.
            On pourrait très bien dire qu’au sein d’un couple homo, SI l’un des deux était de sexe différents (à quoi ça tient, un p’tit chromosome?), ils pourraient faire des enfants, de quoi il découle qu’ils ont un droit naturel à assumer conjointement l’autorité parentale.
            Mais bon, admettons votre argument: le droit naturel à assumer l’autorité parentale proviens de la possibilité théorique que l’enfant soit le fruit de la copulation des deux titulaires de l’autorité en la seule vertu de leurs identité de genre telle qu’elle est définit par l’autorité publique. Dans ce cas quid de l’autorité parentale au sein de familles recomposées?

            Quant au droit naturel à l’adoption, là je ne vois vraiment pas pourquoi on pourrait le refuser aux couples homosexuels (sur quels critères?).

          2. Je n’ai en rien qualifié le texte de Thomas d’Aquin, ne me faites pas dire ce que je ne dis pas. Ce j’ai tenté de vous dire, c’est que ce n’est pas parce que je suis à l’ICES que l’enseignement y est théologique. La parole y est au contraire bien plus libre que dans les établissements publics. Autrement dit et pour faire bref, le catholicisme n’infère en rien dans l’enseignement et heureusement.

            Revenons sur la mythologie : Eros, compagnon ou fils d’Aphrodite, est un dieu jeune et beau, dont les flèches font naître un désir indifféremment hétérosexuel ou homosexuel car Eros n’est ni mâle ni femelle. Si Zeus prend la forme d’un splendide taureau pour enlever la belle Europe, fille du roi de Tyr, il ordonne à son aigle de ravir le beau Ganymède, fils du roi de Troie et, depuis le Moyen Âge, symbole de l’amour homosexuel. Son fils Héraclès, demi-dieu seulement mais symbole de la force virile, multiplie les aventures masculines, ce qui ne l’empêche pas de devenir fou d’amour pour Iole, fille du roi d’Œchalia, puis d’épouser Hébé. Les exemples foisonnent, je m’arrête là.

          3. @ Loic Floury

            Vous avez dit « ce n’est pas parce que j’y suis étudiant que l’on me faire lire dès la première année une somme de textes théologiques dignes d’une propagande stalinienne ». Vu mon propos précédent, il semblait que c’est bien ainsi que vous qualifiez le De lege de Thomas d’Aquin.
            Que le catholicisme n’infère pas dans les enseignements ne doit pas signifier que les apports des grands auteurs catholiques doivent être négligés.
            Sur la mythologie : j’ai déjà expliqué et je répète qu’elle n’illustre pas les valeurs de la société grecque. Les dieux grecs n’étaient pas des modèles à imiter, comme le Christ pour les chrétiens. C’étaient des entités avec lesquelles les hommes avaient des rapports d’ordre « internationaux » (cf Paul Veyne) et qui étaient représentées comme étant perpétuellement le jouet de leurs passions.
            Or quand on parle de droit naturel, on parle de raison.

            @ Hueb,

            La procréation médicalement assistée est également accessible aux jeunes hétérosexuels atteints de troubles de la fécondité. Le droit naturel et l’autorité parentale ne sont donc pas conditionnels, au contraire. Ils ne dépendent pas de l’état de santé des individus.
            En revanche que l’un des deux soit du même sexe ne saurait être considéré comme une défaillance médicale (!?).

            Pour les cas de familles recomposées, le conjoint tire sa propre autorité parentale, par mariage, de celle du géniteur.
            Dans le cas de l’adoption, c’est le corps social, détenteur de l’auctoritas supérieure de la société, qui est apte, sur recours gracieux, à attribuer l’autorité parentale sur un enfant pour lequel celle-ci est en déréliction. Mais cette attribution doit malgré tout respecter les règles du droit naturel, et donc s’appliquer soit à un couple hétérosexuel, soit à un individu homosexuel qui ne sera pas en mesure de partager transmettre l’autorité parentale à son conjoint.
            Je crois que c’est clair.

          4. @philippe fabry
            Non ce n’est pas clair. je ne vois pas en quoi le fait que le conjoint homosexuel ne puisse pas bénéficier de l’autorité parentale relève du droit naturel. Pour quelle raison l’auctoritas supérieure de la société ne pourrait-elle pas au contraire lui attribuer ce droit?
            Que la légitimité de l’homoparentalité ne prenne pas la source dans le droit naturel, admettons. Mais qu’elle soit contradictoire avec ce dernier, je ne vois pas en quoi vous le démontrez.

  8. ça m’énerve !

    où sont les limites ?

    la « famille » polygame chez les homos , est-ce que ça existe ?

    les « unions » éphémères sont absolument considérables, le savez vous ? et pourquoi ?

    nous allons ensuite avoir droit à la revendication du « droit à l’enfant » foulant au pied le « droit de l’enfant » !!…

    où sont les limites ?

    c’est vrai que nous avons tous rêvé d’avoir deux « papas » ou deux « mamans »

    mais pense-t-on aux enfants que l’on va bousiller ?

    personne n’empêche personne de vivre avec qui il veut. C’est privé et ça ne nous regarde pas.

    Mais dans la discrétion.

    de grâce foutez nous la paix !

    1. Pleins de choses qui n’ont aucun rapport.
      A la vue du nombre de divorce pour infidèlité chez les heteros je serai tente de repondre que la polygammie existe tout autant dans une communaute que dans l’autre. Cet arguement n’est donc pas valable.
      Sur les unions ephemeres, ne s’agit-il pas plus d’un glissement de la société en general (sacrée loi sur le divorce de 75, elle a tout foutu en l’air !).
      Qu’est ce qui permet d’affirmer que l’éducation donnée par 2 parents de meme sexe est moins efficace que par 2 parents de sexe differents ?
      Nous n’avons probablement pas rêvé d’avoir 2 papa ou 2 maman, nous n’avons pas non plus rêvé d’avoir 1 maman et pas de papa, cette situation arrive malgré tout et est prise en compte dans la société.
      Pensons nous aux enfants que nous allons bousiller ? Pensions nous aux enfants appelés batards durant les années 60 et 70 quand leur papa s’en allait sans avoir le droit de divorcer ? Cela etait-il plus sain pour l’enfant ? Les enfants de parents divorcés ou de veuf(veuve) sont-ils moins équilibrés a l’âge adulte ?
      A la limite, que l’adoption vous pose problème, allé je suis tolérent je comprends, mais pour les enfants nés d’autres unions, se retrouvant avec un papa ou une maman homo, sans autre parent, faut il les ignorer, eux et leur futur, au nom d’un pseudo postulat sur la superiorité de l’education par des hétérosexuels ?

      1. Ok, les hétérosexuels ne sont pas exempts de fautes graves et tout aussi gênantes pour les enfants. En particulier l’infidélité, la violence, l’abandon, …

        Cet état de fait ne peut pas être la justification à une autre forme de faute.

        1. Ce n’est pas une justification que je cherche, mais juste a montrer que finalement le fait que 2 hommes ou 2 femmes eduquent ensemble un enfant n’est pas sujet a autant de controverse que ce qu’on peut croire.
          Si on en vient a parler de sensibilite masculine et feminine, elle existe aussi dans les couples gay. Elle est peut etre plus paritaire (les 2 homme peuvent avoir des sensibilités plutot feminine sur des sujets et le contraire aussi), mais il existe bien deux visions distincte des choses, vu que ca reste avant tout des individus différents. (je ne parle en aucun cas du coté effeminé pretes a certains gay ou autre, mais bien de sensibilité).
          A part quelques problèmes pratiques (genre expliquer a sa fille ses premieres regles quand on est 2 mecs gay ca doit pas etre simple), je ne vois pas vraiment de différence dans l’éducation par des homosexuels, pour le peu que j’ai pu observer en tout cas.
          Je précise bien qu’il s’agit de constatation personnelle, et que je comprends qu’on puisse penser le contraire, je ne comprends juste pas qu’on puisse se servir du contraire comme argument de droit et indiscutable (on peut penser que l’éducation par les homo est moins equilibrée, mais on ne peut pas l’affirmer, toutes les éducations qu’il est possible de donner a son enfant comporte des incohérence et des déséquilibre).

    2. Bah, je viens de prendre conscience que notre brave rédacteur est formé par des catholiques. (Lui même ne l’est singulièrement pas ou pour le moins est férocement hérétique).

      Dans ce cas, je peux prendre la liberté de répondre sur un plan chrétien :
      La nature du couple dépend du fait que les hommes ont été créé à l’image de Dieu et du fait que le couple est l’image de la relation entre Dieu et son peuple.

      Il en découle l’hétérosexualité de façon évidente,à cause de l’altérité entre autres) et monogamie ce qui équivaut à la fidélité, à cause de la fidélité même de Dieu.

      Par ailleurs, je fais peu de cas de l’adoption dans le commentaire précédent parce que l’idée de base de l’adoption est de confier un enfant dont les parents, nécessairement un homme et une femme, sont morts ou dans l’incapacité de prendre soin de lui. On le confie alors à un couple qui remplace ces parents.

      Je ne tiens pas compte non plus des enfants nés avant ou hors du couple, parce qu’ils ne sont pas le fruit de ce couple. Evidemment, il y a de nombreuses situations où un parent se retrouve seul avec son enfant et peut reconstruire sa vie avec quelqu’un d’autre, et emmène naturellement son enfant avec lui. Ce qui ne change rien au propos précédent.

      Pour finir, il n’y a d’injustice dans la différentiation entre un couple (hétérosexuel, monogame, fidèle, ayant la capacité de procréer et le désir de le faire, et tout ce que vous voudrez de plus) et des gens du même sexe qui décident d’avoir des rapports sexuels et de vivre ensemble que si l’on considère que le second cas désigne aussi un couple. Il n’en a pas les attributs.

      1. @Philippe Fabry : cette homosexualité, les Grecs l’ont exercée, chantée, peinte, valorisée et exaltée, comme nul autre peuple avant et après eux. Dans son plaidoyer Contre Timarque, Eschine exprime le credo du Grec moyen, pour qui la condamnation de l’homosexualité caractérise une société ou « une ère d’odieuse barbarie ».

        Dans ses poèmes, Solon (v.640-apr.564), grand réformateur d’Athènes et un des Sept Sages de la Grèce, tient pour une vraie richesse la possibilité de jouir « des charmes juvéniles d’un garçon ». Quelques décennies plus tard, le peuple érige sur l’agora une statue en l’honneur des deux amants Harmodios et Aristogiton. Pour préserver leur amour, ils ont, au sacrifice de leurs vies, tué le tyran Hippias et permis le rétablissement de la démocratie. En 336, Philippe II de Macédoine meurt sous le couteau d’un ancien mignon jaloux et humilié. Lors du pèlerinage à Ilion, tandis qu’Alexandre le Grand couronne la tombe d’Achille, Héphaistion fleurit celle de Patrocle, « laissant entendre qu’il était l’aimé d’Alexandre, comme Patrocle celui d’Achille » (Elien).
        Et puis, il y a le cas Socrate. Négligeant sa maison, ses deux femmes, ses jeunes enfants, il passe ses journées à tourner autour des beaux garçons avec des yeux ravis et à tâcher, malgré sa laideur, de les enchanter. Dans les discours qu’il leur tient, il chante l’amour de leur corps et de leur âme, première étape sur le chemin du Vrai, du Beau et du Bien.

        1. Socrate a justement été accusé de pervertir la jeunesse.
          Et l’on voit mal en quoi la multiplication des exemples de cas de couples homosexuels permet de donner à l’homosexualité ses lettres de noblesse au regard de la raison.
          Les philosophes grecs, ceux dont l’opinion nous intéresse quand on parle du droit naturel, ne voyaient pas l’homosexualité comme quelque chose de super. Voici ce qu’Aristote en disait dans l’Ethique à Nicomaque : D’autres habitudes sont maladives ou proviennent de la coutume : celle par exemple qui consiste à s’arracher les cheveux, à se ronger les ongles, à grignoter des morceaux de charbon ou la terre. Ajoutons les habitudes homosexuelles. Les uns se livrent à ces pratiques dépravées sous l’impulsion de la nature, d’autres par l’effet de l’habitude, comme c’est le cas pour ceux qui sont l’objet de violences dès leur enfance. »
          On n’a pas l’impression que le Philosophe trouvait ça top la classe. Et ce pour les raisons que j’ai déjà exposées : l’amour entre deux hommes ne représentait l’amour parfait qu’en cela qu’il était censé délié des passions, donc de toute hybris, qui est ce qu’Aristote, et d’autres, détestait avant tout, puisque c’était ce que l’on trouvait, dans la religion grecque, de plus proche de la notion de « péché ».

          Et j’en reviens donc au point de départ de ce débat trop long sur l’homosexualité en Grèce antique, votre phrase de départ : « la position dominante du couple hétérosexuel car à même de procréer est une histoire de temps et de société ».
          Phrase qui était elle-même à côté de la plaque puisque, comme répété x fois, le droit naturel n’est pas une question de circonstances, de position dominante ou de lecture du vol des oiseaux, mais une question de raison. Et là vous pouvez invoquer toutes les moeurs grecques que vous voudrez, vous vous heurterez toujours à Aristote, le plus grand de tous les Grecs.

          1. Ce n’est parce que les théoriciens du droit naturel condamnaient à titre personnel l’homosexualité que leur matière fait de même ; Aristote est peut être le plus grand des grecques, les mœurs de l’époque ne lui donnaient en rien raison. L’armée elle-même sera d’ailleurs portée sur le sujet : en 387, le général thébain Gorgidas a l’idée d’exploiter l’homosexualité à des fins militaires. Il constitue un bataillon d’élite de cent cinquante couples d’hommes, issus des meilleures familles, logés, formés et entretenus par l’Etat. Le corps sera acclamé et craint, notamment des fantassins spartiates. Bref, vous ne justifiez rien sur le plan du droit naturel : démontrez que le droit naturel affirme pour des raisons claires et précises que l’homosexualité n’est pas raisonnable, puisque selon le vous, la raison est la base du jus-naturalisme. Cela dit, les arguments théologiques n’en sont pas : ils n’ont pas vocation à s’appliquer à tous mais uniquement aux croyants, contrairement au droit.

          2. Au contraire, moi j’ai justifié sur le plan du droit naturel. C’est vous qui vous contentez de répondre sur des moeurs culturelle n’ayant strictement aucune pertinence dans le débat. En URSS, les moeurs étaient à la spoliation, à l’internement et à « l’autocritique », cela signifie-t-il que les critiques du régime avaient tort ? Très bizarre comme argumentaire, et malheureux pour vous que vous n’ayez jusqu’à maintenant, entre deux citations de sites internet au petit bonheur la chance, trouvé que cela à répondre.

            Je vous refais donc ma synthèse, nullement théologique et purement rationnelle, sur le mariage :
            - homme + femme = puissance génitrice
            - puissance génitrice = fondement de l’autorité parentale (car les parents sont les auteurs de l’enfant)
            - Mariage = institution de droit naturel encadrant la transformation de la puissance génitrice en autorité parentale, protégeant et assurant les droits de l’enfant, individu incapable et irresponsable
            - homosexualité = absence de puissance génitrice, donc absence de source d’autorité parentale, donc absence de cause légitime au mariage
            Conclusions annexes :
            - le mariage n’est donc pas un contrat (ce d’autant plus que l’objet du contrat seraient des individus, ce qui est impossible au regard du droit naturel)

            Voilà. Si vous avez des arguments rationnels, des objections pertinentes, ou êtes capable de pointer une contradiction irréductible dans le raisonnement, je reverrai ma position.
            Dans le cas contraire, la raison vous imposera de revoir la vôtre.

  9. Le mariage est avant tout religieux.

    Le mariage civil singeant l’institution religieuse est une aberration.

    La seule chose que peut prétendre défendre l’Etat avec le mariage civil est la famille ainsi que les enfants. Dans tous les autres cas l’Etat n’a pas à se préoccuper du mariage, le droit à l’amour avec lequel on nous rebat les oreilles en permanence n’a rien à voir avec l’action d’un Etat.

    Si on n’est pas d’accord avec cette vision, alors la seule vision libérale est bel et bien la suppression du mariage civil ainsi que de toutes les aides et déductions fiscales liées.

    Ainsi chacun sera libre de se marier en cherchant la bénédiction de l’institution privée de son choix !

    1. Non, même en théologie catholique, le mariage religieux est seulement une institution surnaturelle qui se surajoute à une institution naturelle.
      S’il n’a pas à respecter le droit surnaturel (ou divin) le droit civil est tenu de respecter le droit naturel.

      1. Très bien, dans ce cas là :

        - homme + femme = puissance génitrice ; certes, mais à l’heure actuelle le postulat est remis en question grâce à la science et notamment grâce à la FIV.

        - puissance génitrice = fondement de l’autorité parentale (car les parents sont les auteurs de l’enfant). Quid des enfants adoptés ? Des familles recomposées ? Être père/mère biologique n’est pas le fondement de l’autorité parentale, la filiation si.

        - Mariage = institution de droit naturel encadrant la transformation de la puissance génitrice en autorité parentale (donc pas d’autorité parentale sans le mariage ? Quid de la filiation ?) protégeant et assurant les droits de l’enfant (faux, c’est le rôle du Juge) individu incapable et irresponsable (encore faux, dans de nombreux domaine du droit, l’enfant est capable, il peut détenir et exploiter un fonds de commerce par exemple grâce à l’EIRL en droit commercial). Incomplet : le mariage n’est pas la condition à cette transformation car l’enfant a des droits indépendants du statut de ses parents (enfant adopté par un couple non marié ; par un célibataire ou encore famille recomposée non mariée)

        - homosexualité = absence de puissance génitrice. Faux ; les couples de femmes peuvent procréer grâce à la science. Quant aux hommes, l’adoption est légitimée par l’intérêt supérieur de l’enfant, reconnu aussi bien par la CEDH que le Juge du fond.

        1. 1) La science ne remet rien en question. Le droit naturel ne dépend pas des capacités humaines, qui précisément ne relèvent pas du droit naturel mais de l’artifice. La science, au contraire, est censée respecter le droit naturel et ne pas chercher à le transgresser. Le reste, c’est du positivisme.

          2) J’ai déjà répondu sur les enfants adoptés : l’autorité parentale sur eux est en déréliction et peut être conférée par l’Etat (en vertu de l’auctoritas) sur le recours gracieux qu’est l’adoption. Déjà répondu aussi sur les familles recomposées et la possibilité pour le conjoint qui a déjà l’autorité parentale sur ses propres enfants de la transmettre à son conjoint, précisément par le mariage. (Cela doit répondre aussi à ce que vous dites sur la filiation).

          3) Je n’ai pas dit que c’est le mariage qui transforme la puissance génitrice en autorité parentale, j’ai dit qu’il l’encadre (et notamment dans un rapport à l’extérieur, vis-à-vis de la société, par délimitation d’une cellule familiale) ; et non ce n’est pas le rôle du juge que de protéger et assurer les droits de l’enfant (curieux réflexe pour un libéral d’appeler immédiatement à l’autorité de l’Etat) mais aux parents ; l’Etat n’intervient qu’en cas de défaillance des parents, par le juge, en vertu de l’auctoritas ; certes l’enfant est capable dans certains domaines, mais ce qui caractérise principalement l’enfant c’est justement qu’il est un mineur, donc plus incapable et irresponsable juridiquement que le contraire.

          4) Argument inopérant sur la capacité par la science de procréer : l’artificiel ne saurait fonder un raisonnement cherchant à déterminer le droit naturel.

          D’autres questions, ou objections sur ces réponses ?

        2. @ Loïc Floury

          C’est de la totale hypocrisie d’affirmer que la science permet à un couple de femmes de procréer. Tout enfant mis au monde continue d’avoir un père et une mère biologique, même en cas de FIV ou de mère porteuse.

          Un enfant ne peut pas avoir deux mères biologiques et pas de père (ou de deux pères biologiques et pas de mère).

          Dans un couple homosexuel, il ne peut y avoir qu’un seul des deux qui soit parent biologique de l’enfant, l’autre ne sera toujours rien de plus qu’un parent adoptif.

          Ensuite, prétendre qu’il est dans l’intérêt supérieur de l’enfant d’être adopté par un couple homosexuel est vraiment à l’opposé de tout ce que la pédiatrie nous a démontré: un enfant a d’abord besoin de ses parents biologiques et si la malchance fait qu’il en soit privé, il a besoin d’une structure qui soit le plus proche possible de la structure originale, c’est-à-dire un père et une mère.

          Accorder le droit d’adoption aux couples homosexuels (ou à toute autre structure différente que celle du couple homme-femme), c’est fermer à l’enfant la possibilité d’avoir un jour le meilleur cadre possible pour son développement, soit un père et une mère. Ce n’est donc pas son intérêt supérieur, c’est au contraire une fois de plus sacrifier le plus faible, l’enfant orphelin, au caprice d’une utopie.

          C’est tout simplement inique.

      2. @ Philippr Fabry

        D’ailleurs, vous qui êtes spécialiste du droit, êtes-vous d’accord avec le fait que les droits naturels d’un enfant sont (entre autre) d’avoir un père et une mère?

        Puisque c’est bien ce que la nature a institué pour qu’un enfant puisse venir au monde et survivre à ses premiers instants… 

        Ce qui, au nom du droit de l’enfant, exclu tout autre cadre qu’un couple homme-femme pour adopter ceux qui ont perdu leurs parents.

          1. @ Philippr Fabry

            La nature ayant posé pour qu’un enfant puisse venir au monde un homme et une femme, pourquoi ne pas considérer que le droit naturel d’un enfant soit d’avoir un père et une mère?

            D’autant que c’est assez évident dans le cas d’un nourrisson: il a besoin d’une mère à plein temps pour survivre, et la mère a besoin de l’assistance d’un père pour pouvoir se consacrer au nourrisson.

          2. Je ne dénie pas que le mieux pour un enfant est d’avoir un père et une mère. Mais son droit naturel se limite à avoir une autorité parentale légitime.
            Sinon il faudrait imposer au parent veuf de se remarier.

          3. @ Philippr Fabry

            Dans le cas d’un veuvage, on pourrait trouver quelqu’un, dans l’entourage de la personne veuve, qui remplace la personne décédée avec un statut de tuteur. Dans ce cas, il n’y a pas besoin d’avoir de remariage.

  10. Que deux homosexuels puissent jouir de la liberté de contracter leur union est légitime. Cette liberté s’est inscrite dans le droit français: il s’agit du PACS. Ce droit est suffisant.
    Le mariage est autre chose. Certes, il n’est plus en droit qu’un contrat mais il émane d’une tradition. Cette tradition est religieuse jusque dans ses formes diluées. S’approprier une tradition qui les excluent de fait revient à déposséder les couples hétérosexuels, qui ont décidé d’unir leur vie selon ce symbole à consonnance toujours religieuse, d’une tradition qui est leur. En cela la prétention des couples homosexuels au mariage s’apparente à une exaction. Que le PACS leur suffise. Je récuse d’avance l’accusation d’homophobie.

    1. @ Graham
      C’est au mariage religieux que les couples hétérosexuels férus de tradition confèrent des vertus de symbole traditionnel et sacré.

      Ou alors, ils ont confondu l’abbaye avec la mairie et risquent d’être très déçus que la cérémonie fasse l’impasse sur l’union devant l’Éternel jusqu’à ce que la mort les sépare.

  11. Les homosexuels ont les mêmes droits que les hétérosexuels. Pourquoi aménager ce qui existe déjà, et plier au bon vouloir d’un lobby minoritaire, et ce, sans que cela apporte quoi que ce soit à l’intérêt général (et l’homosexualité n’est pas un handicap, que je sache). Pourquoi ne pas autoriser la polygamie, les mariages zoophiles, etc, pendant qu’on y est?

  12. +1 pour Hueb.
    Le mariage n’est pas simplement une affaire de couple, il crée des devoirs et des obligations réciproques entre enfants et parents ou beaux-parents, que ça leur plaise au non.
    J’aimerai que les partisans du mariage homo soient un peu sérieux et, au lieu déblatérer dans le vide, décrivent précisément quelles nouvelles rédaction ou interprétation ils proposent pour le code civil. Par exemple
    « Article 312
    L’enfant conçu ou né pendant le mariage a pour père le mari. »
    Qui donc sera « le mari », réputé père de tous les enfants du couple (et je rappelle que c’est une présomption irréfragable hors les cas prévu à l’article 313) ? Ou bien la notion de « mari » passe-t-elle à la trappe ? ou bien on introduit une inégalité en droit, qui fera que l’homme marié à un autre homme aura moins de devoir que si il est marié à une femme ?

    Pour moi il y a une solution toute simple :
    * mariage religieux libre (et il y a des église qui marient les homos) mais traité comme un contrat civil ordinaire
    * PACS pour tout le monde (avec une extension à des sociétés pour gérer le cas de communautés)
    * mariage civil comme étage supplémentaire au PACS mais seulement en cas d’enfants faits ou adoptés ensemble.

    Quelques autres extraits du code civil
    Article 203
    Les époux contractent ensemble, par le fait seul du mariage, l’obligation de nourrir, entretenir et élever leurs enfants.
    Article 205
    Les enfants doivent des aliments à leurs père et mère ou autres ascendants qui sont dans le besoin.
    Article 206
    Les gendres et belles-filles doivent également, et dans les mêmes circonstances, des aliments à leur beau-père et belle-mère [...]
    Article 213
    Les époux [...] pourvoient à l’éducation des enfants et préparent leur avenir.

  13. Le mariage n’est ni un contrat, ni un droit, c’est une institution.
    Cette ineptie de mariage homosexuel ne peut exister que par la création légale de l’Etat. Pour preuve, jamais le mariage ne s’est appliqué aux homos durant la très longue période de l’Histoire humaine pendant laquelle cette institution n’était pas définie ou reconnue par l’Etat.
    N’en déplaise aux constructivistes de salon qui osent se réclamer du Droit Naturel.

  14. Si le mariage n’est qu’un contrat au moins est-il un contrat particulier.
    Que des homosexuels souhaitent se « marier », c’est leur droit. Qu’on invente alors un contrat spécifique qui laisse intact la symbolique du mariage traditionnel. Il est bien plus dangereux que cette époque étourdie le pense de trop malmener les héritages qui donnent encore un peu de consistance, un doux souvenir d’éternité à nos vies.

  15. Une modeste réponse à un article intéressant.

    Deux réponses.

    En un premier lieu, la confusion volontaire entre le contrat de vente et le mariage montre la confusion profonde et essentielle (en ce qu’elle tient à son essence) du libéralisme entre les hommes et les choses. Les hommes ne sont pas des choses, ayant une dignité supérieure à la chose. C’est pourquoi les hommes ne peuvent être traités comme des choses, et que l’esclavage doit être interdis, fusse-t-il de l’accord même de celui vendus en esclavage.

    En second lieu, votre confusion entre mariage et contrat. Bien que la ressemblance soit frappante, le mariage n’est pas un contrat. Il est, plus précisément, plus qu’un contrat. Le mariage a un caractère transcendantale.
    Le mariage est la création d’une communauté dans l’objectif de fonder une famille. L’amour entre deux être en est la source, mais la finalité est la fécondité, tant biologique que sociologique. Autrement dit, le mariage est l’organisation de l’union de deux êtres qui s’aiment, pour faire des enfants et les éduquer.
    Or, il est un fait indéniable : les homosexuels ne peuvent pas avoir d’enfants. La nature est ainsi que cette capacité est réservé aux relations hétérosexuelles. Il leur est donc absolument impossible d’être fécond. Ils peuvent s’aimer, ça ne me regarde pas, ils sont dans l’incapacité totale d’être fécond.

    J’entend l’argument classique. Mais alors, j’entend l’argument classique. Les couples hétérosexuels stériles ont bien le droit d’adopter. Pourquoi pas le couples homosexuels ? La réponse est la suivante. La stérilité d’un couple hétérosexuel est un accident de la nature, qui vient compléter l’orphelinat accidentel d’un enfant. La stérilité d’un couple homosexuel n’est pas un accident de la nature. Accepter le mariage homosexuel et son inévitable pendant, l’adoption par les couples homosexuels revient à dire que ces derniers peuvent avoir des enfants. Ce qui est, au regard de la nature, faux. Ce qui me permet de dire que le mariage homosexuel est un mensonge. Il est impossible d’être l’enfant d’un couple homosexuel. Il n’y a nul homophobie dans ce propos que la stricte réalité.

    Si le droit a donné une telle importance au mariage, c’est justement à cause de son caractère fécond. Or, il a été démontré que le mariage homosexuel, c’est qui est un oxymore, est infécond. Il serait donc injuste de lui donner la même puissance qu’au mariage hétérosexuel.

  16. Tout ce débat n’est qu’une question de vocabulaire.
    Ce qui dérange les traditionalistes c’est l’emploi du mot mariage, car ce mot à pour eux un sens, il désigne une institution multiséculaire blablabla…

    Et c’est justement pour ça que je souhaite l’abolition du mariage civile.
    Jamais un couple gay ne pourra se marier à l’église.
    Qu’on laisse le mariage religieux aux croyants, et qu’on laisse les gays croyants s’arranger avec le Pape. (je leur souhaite bonne chance)

    Les autres iront régler les questions pratiques et patrimoniales en contractant un contrat (que certains appellerons contrat de mariage mariage, d’autre autrement, mais ça n’a aucune espèce d’importance, puisque tout ce qui compte, c’est le contenu. Et ils organiseront une cérémonie (ou pas) si ça leur chante, avec les symboles qui leur plait, même si d’autre considéreront ça comme un blasphème, mais on ne leur demande pas leur avis.

    Quand on est libérale, on est pour la Liberté et le blasphème n’est pas un crime, le mot mariage ne fait d’ailleurs l’objet d’aucun titre de propriété. Et donc si deux mecs ou deux nanas ont envie de faire une cérémonie pour s’unir et d’appeler ça un mariage, on s’en contrefout, on peut éventuellement s’en réjouir ou s’en offusquer mais on ne peut en aucun cas les en empêcher.

    1. Ce n’est pas qu’une question de vocabulaire. Mais je comprend bien que les héritiers du contrat social (note: le contrat social n’a pas été théorisé uniquement par Rousseau, mais aussi par Hobbes, Locke, Occam …) ait du mal à comprendre que tout dans la société ne soit pas que contrat.

      Cependant, le mariage est une institution bien plus complexe (d’ailleurs, le contrat n’est pas une institution). Il n’est pas qu’une communauté de vie entre deux êtres, qu’un contrat suffirait en effet à régler. Il est une communauté de vie entre deux êtres dans la fin de créer une famille, c’est-à-dire de mettre au monde d’autres êtres. Et c’est précisément cette famille que protège l’institution du mariage. Pas un couple. Une famille.

  17. je voudrai vous faire part de mon désaccord sur l’interdiction du mariage homosexuel.
    Pour cela, je citerai l’article n°12 de le Convention européenne des droits de l’Homme, qui définit le droit pour l’homme et la femme de se marier, à l’âge défini par la loi, et de fonder une famille. Malgré cela, La Cour a jusqu’à présent refusé d’appliquer les dispositions de cet article aux mariages homosexuels. La Cour a justifié cette position en considérant que cet article ne s’appliquait qu’au mariage traditionnel. Ce qui est inacceptable car les couples homosexuels ne sont en aucun cas différents des couple homme – femme donc les homosexuels devraient avoir droit de se marier comme n’importe quel autre couple.
    En plus de l’article n°12, je vous citerai aussi l’article no 14 qui prohibe la discrimination. Cette interdiction est à la fois large et restreinte. En effet, d’une part, l’article interdit tout type de discrimination fondée sur n’importe quel critère. L’article énonce une liste de critères, dont le sexe, la race, la couleur, la langue, la religion et d’autres encore.
    François Hollande l’a clairement annoncé depuis le début de son mandat : une loi sur le mariage homosexuel sera votée d’ici le printemps 2013. Les débats à l’Assemblée seront sans aucun doute difficiles, la droite conservatrice s’y opposant farouchement. On peut dès à présent souligner l’hypocrisie des partis de droite : tous condamnent unanimement l’homophobie mais aucun ne tolère vraiment l’homosexualité. Donc, cela indique une grande opposition dans l’instauration des lois de la Convention européenne des droits de l’Homme car cette Convention indique que l’on n’a le droit de discriminer une personne mais elle se contre dit car elle interdit le mariage homosexuel.
    L’homosexualité est née le même jour que l’hétérosexualité : existant depuis toujours, elle n’est donc ni un phénomène de mode, ni dangereuse pour l’humanité. Alors pourquoi interdire le mariage homosexuel s’il n’est en aucun cas dangereux pour l’humanité? Je ne vois pas d’autre explication que le fait qu’il y a présence d’homophobie dans les esprits des Hommes politique. S’il n’y avait pas d’homophobie, le mariage homosexuel ne serait pas un sujet « tabou » et la mise en place d’une nouvelle loi qui accepterait le mariage homosexuel serait mise en place.

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