Les eurobonds existent déjà et ils ne sont pas la solution

Publié Par Charles Sannat, le dans Économie générale, Monnaie et finance

C’est grâce aux taux bas en Europe, permis par le « parapluie » du sérieux germanique que des pays comme la Grèce, l’Espagne ou le Portugal ont pu mener des politiques d’endettement massif. L’euro comme monnaie a donc bien fonctionné comme des Eurobonds… avec le succès que l’on connait.

Par Charles Sannat.

Alors que le débat politique est en train de virer au psychodrame franco-allemand, j’échangeais avec un ami sur le risque que faisait peser sur l’or la mise en place des eurobonds. Sa réponse a été un grand rire. Mais non, pas d’inquiétude, quelque part la monnaie unique c’est déjà des eurobonds et on ne peut pas dire que ça marche vraiment.

Effectivement, tout le monde l’a déjà oublié, mais souvenons-nous pourquoi la Grèce a pu emprunter au delà de toute raison. Il est vrai que la banque Goldman Sachs a apporté son aide à « l’optimisation des comptes publics » dirons-nous pudiquement afin de nous éviter d’employer le mot « triche ».

Mais il n’y a pas que le maquillage des comptes. Il y a eu une véritable convergence des taux d’emprunt des différents pays depuis la mise en place de l’euro. Le risque pays qui était différencié et pris en compte par les marchés lorsque les monnaies étaient nationales est une notion qui a été progressivement oubliée.

C’est donc essentiellement grâce au fait que les taux en Europe étaient partout bas, car profitant du « parapluie » du sérieux germanique que des pays comme la Grèce, l’Espagne ou le Portugal ont pu mener des politiques d’endettement massif sans que cela ne pose de problème.

L’euro comme monnaie a donc bien fonctionné comme des eurobonds… avec le succès que l’on connait.

Dans la même logique, le FESF qui est le Fonds Européen de Stabilité Financière, fonctionne également sur un principe intellectuel similaire à la démarche des eurobonds. Il s’agit là encore d’une mutualisation du risque, et les « meilleurs » emprunteurs se portent caution pour l’ensemble de la structure pour faire bénéficier cette dernière de leur taux bas.

Or là encore cela ne fonctionne pas vraiment bien.

Le FESF, qui devait emprunter sur les marchés avec la caution des États actionnaires, a le plus grand mal pour lever des fonds.

Cela est compréhensible pour une raison de bon sens. Si tout le monde a bien saisi que le préteur est garanti par les États. Mais quels sont les revenus du FESF ?

Faisons une petite analogie. Lorsqu’un ménage va voir son banquier pour acheter une maison, on va lui demander quels sont ses revenus, car c’est à partir des revenus que le remboursement du crédit sera possible. Or le FESF n’a pas de revenus.

Pour les États, les revenus ce sont au sens large les impôts. Toute idée ou notion d’eurobonds butera sur la mise en place d’une véritable fiscalité européenne. Des emprunts obligataires européens ne seront possible que si cela s’accompagne de la mise en œuvre d’une politique fédérale, avec un abandon de souveraineté budgétaire, mais aussi de la création d’impôts européens.

Non seulement cette étape sera techniquement, juridiquement et constitutionnellement très complexe à franchir mais de surcroit rien ne dit que les États ou les peuples soient prêt à le faire.

Notre dossier spécial « Crise de l’Euro ».

  1. « Rien ne dit que les États ou les peuples soient prêt à le faire. »
    Tout à fait d’accord avec cette observation. Les dirigeants européens veulent nous imposer une Europe fédérale quitte à détruire l’économie grecque, mais ce qui m’étonne c’est que de nombreux intervenant sdu paysage médiatique français affirment (par idéologie, par aveuglement ?) qu’il FAUT aller vers le fédéralisme, sans jamais se demander si les peuples européens souhaitent aller dans cette direction.

  2. Il faut aussi reconnaître que l’Allemagne sans l’Euro aurait un marke qui atteindrait des sommet, bloquant ainsi ses exportations et dopant ses concurrents italiens et autres dans les machines outils !

    Autrement dit, l’Allemagne a profiter de l’Euro. grace aux pays qui en modérait le cours.

    Ainsi vont les monnaies

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