Le monde perdu des socialistes

Publié Par Philippe Robert, le dans Non classé

Avec François Hollande à la présidence de la République, la France s’engage de nouveau résolument dans un socialisme clairement affiché et revendiqué. Mais quelles sont donc les caractéristiques de ce socialisme à la française ? Philippe Nemo dans « La France aveuglée par le socialisme » nous en donne les principaux traits.

Par Philippe Robert.

Georges Kaplan, dans son lumineux article intitulé « L’austérité au royaume des aveugles », s’enflamme à juste titre contre la situation complètement surréaliste et largement scandaleuse que nos « élites » politiques successives nous ont faite et ce, par pur clientélisme habilement vendu aux citoyens ébaubis :

Voilà 37 années consécutives que les gouvernements de ce pays, de gauche comme de droite, nous appliquent les mêmes remèdes : 37 années d’échecs, de chômage, de pouvoir d’achat en berne et nous en redemandons ? Mais enfin, que faut-il pour que ces imbécilités cessent (…) ? Combien de misères cette humanité devra-t-elle encore supporter avant que nous comprenions enfin qu’une économie n’est pas une somme de grands agrégats abstraits, qu’une économie ne se planifie pas, qu’elle ne se pilote pas et toute tentative en ce sens n’aboutira jamais à rien d’autre qu’une catastrophe ?

Le 6 mai dernier, le socialisme a officiellement repris possession de la France et s’est donc tout naturellement installé aux commandes de notre pays. Mais qu’est-ce donc que le socialisme à la française puisque tout, en France, relève peu ou prou de l’exception culturelle ? Dans son ouvrage à mes yeux fondateur sur le socialisme gaulois justement intitulé La France aveuglée par le socialisme (François Bourin Éditeur, novembre 2011), Philippe Nemo écrit :

En somme, la France est le seul grand pays développé où la propagande de la gauche a intégralement atteint ses buts (…) Ce qui devait arriver est donc arrivé. Éduquée par de tels maîtres et guidée par de tels prédicateurs, l’opinion s’est habituée à penser la société, l’économie, la morale même selon des schémas réduisant la liberté individuelle à la portion congrue, légitimant de plus en plus l’intervention de la collectivité, laissant de moins en moins de place aux libres initiatives des personnes, des entreprises et des groupes de la société civile.

Pour justifier et expliquer un tel état de fait, l’auteur est alors conduit à donner son sentiment, que, bien entendu, je partage en tout point, sur ce que représente réellement l’idéologie socialiste et en particulier sur les énormes dégâts commis en son nom par des hommes acharnés, contre tout sens commun, à vouloir faire le bonheur de leurs semblables selon leurs propres critères et sans le moindre respect pour leurs victimes potentielles :

Or, étant donné que le socialisme est une idéologie non seulement fausse, mais de caractère utopique et parareligieux, cette progression de la vision socialiste du monde parmi les Français a eu pour conséquence qu’il ne disposent plus aujourd’hui des catégories intellectuelles qui leur permettraient de penser scientifiquement le réel, tout spécialement les réalités économiques.

À cette aune, la pensée socialiste dit scientifique est une fieffée imposture puisqu’elle conduit, ni plus ni moins, à récuser « scientifiquement » la réalité des faits ! Mais, toujours selon Philippe Nemo, si tout ce qui précède est déjà suffisant pour condamner sans coup férir le socialisme, fût-il même d’application purement hexagonale, il ne fait aucun doute que cette condamnation doit encore s’étendre à l’immense préjudice moral subi à leur insu par les Français :

Plus gravement, le jugement moral d’un grand nombre d’entre eux [Nda : les Français] a été perverti. Ils ne jugent plus selon des principes sains relevant des morales naturelle ou judéo-chrétienne, mais selon les catégories étroites et mesquines que le socialisme leur a fait peu à peu intérioriser, selon lesquelles 1) une société de liberté est injuste par nature puisque inégalitaire, 2) tout bien que certains possèdent et que tous ne possèdent pas est illégitime et doit être confisqué au nom de la “solidarité” 3) toute résistance à ces vols et odieuse et immorale.

Aujourd’hui les médias tout puissants nous somment de nous émerveiller de l’arrivée en fanfare d’un socialisme de combat prêt à tout et en particulier à ranger la France sous ses lois, certes, mais aussi l’Union européenne et sa zone euro, le tout visant clairement à servir un universalisme à la française (sic !) sans aucun avenir dans ce type de configuration. Mais comment avons-nous fait pour en arriver là ? Simplissime :

La morale enseignée aujourd’hui à notre jeunesse ne vise plus à construire les personnalités selon l’idéal humaniste de l’homme libre, ayant une personnalité propre, superposable à aucune autre, et construisant sa vie comme il l’entend en utilisant ses talents et ses chances, mais selon l’idéal socialiste du clone visant à se fondre dans la masse.

Ce que dit Philippe Nemo, je le ressens dans mes tripes tant je peux quotidiennement le constater dans la société civile d’en bas avec une force d’inertie atterrante ! Mais les Français ayant choisi de boire le calice jusqu’à la lie, après tout laissons-les faire cette expérience des plus amères, que je leur souhaite de tout cœur ultime, et dont, peut-être, ils ressortiront enfin dégrisés d’une longue et mortelle ivresse des profondeurs…

– Philippe Nemo, La France aveuglée par le socialisme, François Bourin Éditeur, novembre 2011.

—-
Sur le web.

Lire aussi : La France aveuglée par le socialisme, une recension de Bogdan Calinescu.

Laisser un commentaire

  1. F. Bastiat nous a dit que « seul le temps permet aux gens de comprendre », Mais que de temps perdu…même si cela est nécessaire. C’est le prix à payer !

  2. « …de caractère utopique et parareligieux… »
    « … le jugement moral d’un grand nombre d’entre eux …  »
    « …des principes sains relevant des morales naturelle ou judéo-chrétienne… »
    « …La morale enseignée aujourd’hui à notre jeunesse … »

    Le dérèglement est de nature morale, donc religieuse.
    Le basculement a été 1905.
    En effet la sphère de compétence de l’Église fut alors nationalisée.
    La morale devenait du ressort de l’État, et l’église rejetée, spoliée, bannie, toutes ses institutions niées ou nationalisées (comme le mariage).

    Pour qu’il puisse y avoir séparation entre Dieu et César, il faut protéger l’un contre l’autre. César est protégé contre l’Église par les propres textes de cette dernière. Tant que l’État tenait sa légitimité de l’Église, il ne pouvait pas non plus la détruire.
    L’attelage ainsi constitué a duré 1000 ans.

    Puis l’État s’est séparé de l’Église et, dès lors, n’a eu de cesse de l’exterminer par tous les moyens possibles, afin de s’approprier tout pouvoir.

    Voilà comment il est devenu l’autorité morale, avec les effets pervers que signale l’auteur, et bien plus encore.
    Le relativisme, le dogmatisme (déni des faits) en sont aussi issus, et nous condamnent à la déchéance. L’État a déchristianisé la France, mais il est le produit de l’idée chrétienne de l’autorité temporelle.
    Pour s’arroger tout pouvoir, il a dû affirmer que la morale est relative, ce qui est absurde, et la plus funeste des erreurs.

    1. … le liberalisme a aussi consiste a se liberer de systemes religieux autoritaires !! En dehors de la regle d’or (ne pas tuer ou faire souffrir ou empieter sur les libertes de son prochain, c.a.d. tel qu’on aimerait etre traite soi-meme) tout le reste de la « morale » n’est qu’une affaire privee chaque individu, qui ne doit accepter aucune interference d’une quelconque entite religieuse dans sa vie — sauf si c’est son *choix* personnel, bien sur.

      1. « Tout le reste de la morale n’est qu’une affaire privée ». Bien sûr que non : comment la règle de vie en commun pourrait-elle être différente pour chaque individu ? Encore une fois, on note la confusion entre morale et éthique personnelle.