Pourquoi il faut voter dimanche, ou pourquoi le vote-sanction est une sottise

Publié Par Nicolas Rannou, le dans Politique

Le vote-sanction séduit les électeurs des tendances politiques les moins bien représentées. Pourtant, derrière ce désir de sanctionner les gouvernants par un vote-sanction ne se trouvent que l’illusion et la complaisance.

Par Nicolas Rannou.

Dimanche, nous choisissons qui de Nicolas Sarkozy ou de François Hollande sera le président de la République française.

S’offre plus globalement le choix de soutenir un candidat ou d’effectuer un vote-sanction contre le « système ». Un tel vote-sanction séduit les électeurs des tendances politiques les moins bien représentées. Pourtant, derrière ce désir de sanctionner les gouvernants par un vote-sanction, ne se trouvent que l’illusion et la complaisance.

Le postulat, la façon de voir, du vote-sanction est que nous, peuple, nous trouvons face à une classe politique intangible, de laquelle nous pouvons extirper des concessions ou récompenser des bonnes conduites par notre attitude, tel l’enfant capricieux criant ou étant gentil selon les sucreries et attentions dont il bénéficie. Par la punition qu’il subit, l’homme politique serait contraint d’adapter son discours et sa politique aux désirs de ceux qui l’ont puni. Ou pas.

Disons-le franchement : on n’attire pas les mouches avec du vinaigre. Croire que les politiques vont réorienter leur politique dans le sens souhaité par ceux qui ne votent pas pour eux n’a juste aucun sens. Croire que le vote sanction, et donc la désaffection du régime, précipitera sa ruine au bénéfice d’un nouveau régime plus conforme aux attentes des contestataires, cela relève du wishful thinking.

Alors évidemment, reste le petit plaisir qu’il y a à exprimer son rejet des politiques par un vote sanction. Les âmes raisonnables préféreront rejeter le postulat et les conclusions fausses du vote-sanction.

Le postulat faux du vote-sanction

D’abord le postulat du vote-sanction, à savoir celui d’une classe politique, séparée de nous-le-peuple, qui impose ses décisions, est erroné.

Loin d’être le roi assis sur un trône, le politique serait plutôt le capitaine d’un petit bateau flottant entre deux vagues au milieu de la tempête. La tempête et les vagues, ce sont l’état de nature de la société politique, traversée par les passions et les idées à la mode, des montagnes de violence contenue.

Le politique, au lieu d’être le parasite social dénoncé par plusieurs, tient le cap du bateau ivre. Il est cette personne dont la fonction est d’intégrer les passions dans son action, de leur donner une forme politique civile, et en dernière analyse d’empêcher la réfaction totale de la société que souhaitent spécialistes et intellectuels, d’empêcher la guerre civile qui aurait lieu si les passions politiques n’étaient pas intégrées dans sa personne et ses idées.

Le caractère contre-productif du vote-sanction

La politique étant exposée comme art de rendre civiles les passions et non d’embobiner la populace – une idée dans laquelle même de bons esprits chutent –, attachons-nous à savoir maintenant quelle attitude est la plus à même de faire avancer ses idées.

Ceux qui préconisent le vote-sanction affectent de croire qu’un tel comportement va engendrer une ré-orientation des politiques dans le bon sens (ie le leur) et à défaut une crise de régime qui débouchera sur une telle ré-orientation. Absurde.

En France, les partis se divisent entre partis de gouvernement et partis de contestation. Les seconds ne pèsent rien et plus ils se renforcent, moins ils pèsent dans la conduite des affaires. Ainsi des partis d’extrême-gauche et du Front National, ainsi des partis sans structure formelle de parti.

Les extrêmes étant marginalisées, le gouvernement se fait au centre : centre-droit ou centre-gauche. Le centre est le faiseur de roi, entre deux clientèles quasi-captives. L’importance du centre électoral est si grande que l’opposition n’a de cesse de prétendre que le gouvernement au pouvoir est de droite dure ou de gauche dure. Ce fut par exemple le cas des gouvernements de Nicolas Sarkozy (oui on peut le dire), pour lesquels le journal Marianne n’a eu de cesse de titrer qu’il tirait vers l’extrême-droite – un reproche ridiculisé par les résultats du premier tour.

Il y a donc une façon d’influer sur le système, qui est de voter : en votant à droite ou à gauche pour les partis de gouvernement, l’électeur déplace le champ politique des partis de gouvernement vers sa sensibilité. Le centre suit le mouvement. En votant pour les extrêmes, le non-électeur affaiblit son propre camp et précipite la réalisation de politiques qu’il exècre. Il est donc le premier responsable de son malheur et disons franchement que c’est bien fait pour lui.

Le plus la population vote pour un parti, le plus il est à même d’incarner et représenter la sensibilité de droite ou de gauche de ses électeurs. Vouloir sanctionner un parti, c’est en un mot commettre un contre-sens quant à la façon dont il fonctionne.

La moralisation de la vie politique

Mais ce n’est pas tout, le vote ne sert pas qu’à renforcer le parti le plus à même de représenter ses idées, il sert de façon générale à moraliser la vie publique.

Les amateurs du vote-sanction aime dire qu’ils ne peuvent cautionner un système corrompu. Mais ici, où et la cause, où est l’effet entre un peuple grognon et une classe politique insuffisante ?

Est-ce que ce ne serait pas plutôt l’effacement des illusions, le désenchantement politique, qui ouvre la voie au cynisme, à une classe politique sans scrupule ?

La vérité, c’est que nous ne sommes pas de simples spectateurs d’un régime extérieur à nous, que nous pouvons approuver ou sanctionner. Le régime et ses caractéristiques reflètent nos propres comportements.

L’abstention, le vote sanction, le cynisme, la complaisance des mélenchonistes, la faiblesse pleurnicharde des frontistes, tout ceci n’est pas une réaction à une classe politique critiquable, ça en est plutôt la cause. Si le peuple ne se laissait pas aller à la critique facile, ré-apprenait que la politique est un art difficile, arrêtait le caprice de renversement systématique des majorités, etc., alors nous n’aurions plus cette classe politique qui ne croit pas au peuple et gère en prenant ses aises avec la vérité.

Si les politiques mentent, c’est parce que la population demande ces mensonges. Et c’est en votant sans illusion qu’on raréfiera le mensonge.

Des raisons d’espérer

Dans cette perspective, les libéraux devraient se réjouir de plusieurs choses : le score de Mme Joly laisse les mains libres à François Hollande en matière écologique et nous évitera une large mesure de démagogie écologiste de gauche.

Quoique la haine grégaire et ignorante qui cible Nicolas Sarkozy le rende sympathique, il faut ajouter que l’élection de François Hollande lui-même n’annonce aucune catastrophe. Rappelons-nous des privatisations et de la hausse de la bourse sous le gouvernement de Lionel Jospin, qu’on ne peut pas imputer totalement à la conjoncture. De plus, la connaissance par les Français de la crise financière en cours, le caractère captif de la gauche dure à raison de son antisarkozisme obsessionnel (saluons cette ruse de la raison), tout ceci laisse une marge de manœuvre au candidat socialiste pour gouverner au centre, réformer, et alléger derrière l’écran illisible de réformes juridico-administratives le coût du travail.

Enfin l’arrivée de la gauche au pouvoir mettrait un terme aux rationalisations antilibérales car c’est à l’idéologie prêtée au pouvoir qu’on attribue les malheurs de la France. Si François Hollande est élu, les malheurs seront imputés au socialisme, sous réserve que la critique du néolibéralisme ne parvienne à persister contre lui.

En résumé

En résumé, votez dimanche. Le plus les partis de gouvernement seront puissants, le plus ils incarneront leur sensibilité politique naturelle et le plus la vie politique sera moralisée. Le vote-sanction n’est qu’une illusion complaisante et contre-productive.

—-
Sur le web.

Laisser un commentaire

  1. P.L.jesuisunhommelibre

    Etant d’accord avec votre conclusion que c’est grâce à l’échec annoncé du socialisme que le libéralisme à quelque chance de revoir le jour en France, je choisi la meilleure option : Je ne voterai pas. Difficile de choisir le pire (Hollande). Et difficile d’être complice d’un maintient du status quo (Sarkozy).

    J’attends donc l’orage, en espérant ne pas en sortir complètement lessivé.

  2. Je me dois de réfuter cette croyance quasi-religieuse que soit Hollande ne fera rien, soit il nous jettera dans les bras du libéralisme et nous faisant courir à la catastrophe. FH est un homme d’appareil, spécialiste de la manoeuvre purement politique tet du consensus mou. Sa présidence n’aura surement aucun objectif clairement fixé et il louvoiera au rythme des vagues. Par contre, il négociera en permanence avec tous les pouvoirs conservateurs du pays en leur lâchant de nouveaux avantages discrètement cachés derrière la bien pensance ambiante. Sa liberté d’action et leur soutien sera payé au prix fort par le pays aux lobbys divers. Il a déjà promis de renforcer le pouvoir des syndicats pourtant non représentatif et contre-productif pour les travailleurs. Il veut augmenter le nombre de professeurs donc leur poids dans la société sans touché le moins du monde à un système éducatif catastrophique pour les français. Etc … Ses promesses de moralisation ne touche bien entendu pas le nombre d’élus ou de communes mais uniquement des mesures symboliques qui n’empêcheront pas les caciques locaux et nationaux de renforcer leurs pouvoirs et avantages en coulisse. Son quinquennat risque donc d’être très conservateur, verrouillant encore plus le système actuel dans sa sclérose. Les élites tout le temps dénoncées ne seront pas attaqués mais au contraire renforcé. Tout cela caché derrière un service minimum économique. Le système n’aura aucune raison de s’écrouler. Ceux qui subissent les conséquences de cette politique et la pauvreté du pays seront comme actuellement aveuglés par les médias et réclameront encore plus du socialisme, du collectivisme, de l’étatisme et du protectionnisme qui en réalité les étouffent.

  3. Je ne voterai pas dimanche.

    Ce n’est pas un vote-sanction: c’est tout simplement que le programme de 2 candidats est à l’opposé de mes idées, de mes convictions. Ne croyez pas que si on ne vote pas c’est pour « sanctionner » un tel ou un tel. Vous partez d’un postulat faux.

    « en votant à droite ou à gauche pour les partis de gouvernement, l’électeur déplace le champ politique des partis de gouvernement vers sa sensibilité. »

    Et si on n’a pas une sensibilité « de droite » ou « de gauche », et qu’on est simplement libéral, on fait comment? On choisit comment?

    « En votant pour les extrêmes, le non-électeur affaiblit son propre camp »

    Mais quel camp? Aucun des deux candidats (ou des 10 du premier tour) ne fait parti de mon camp, comme pour beaucoup de libéraux. Mon camp n’est pas représenté DU TOUT lors de ses élections. Et les camps en présence sont à l’exact opposé du mien.

    « Et c’est en votant sans illusion qu’on raréfiera le mensonge. »

    Donc si je comprends bien, voter pour des menteurs, les cautionner aurait pour effet de… raréfier le mensonge? La logique m’échappe je dois dire.

    « Enfin l’arrivée de la gauche au pouvoir mettrait un terme aux rationalisations antilibérales car c’est à l’idéologie prêtée au pouvoir qu’on attribue les malheurs de la France. Si François Hollande est élu, les malheurs seront imputés au socialisme, sous réserve que la critique du néolibéralisme ne parvienne à persister contre lui. »

    Espérons-le mais je n’y crois guère…

    1. Je suis tout aussi sceptique que vous. Cette façon de catégoriser les opinions des gens en fonction d’un spectre politique à ligne droite est éloignées de la réalité française. De toute façon, chez nous, tout marche de travers en politique. L’extrême droite qui, pendant de longue années, a été diabolisée et traitée de nazie alors qu’elle n’était qu’une droite nationale, a fini par se gauchiser au point de devenir socialiste nationale, ce qui, apparemment, ne dérange plus grand monde. Cherchez l’erreur. L’UMP, supposément de droite, se bat pied à pied pour donner des gages de rectitude idéologique à la gauche qui parvient tout de même à l’accuser d’être trop libérale. L’extrême gauche, par sa défense du protectionnisme économique, commence à empiéter sur le domaine du FN qui vient même de perdre sa composante nationale en changeant de nom.
      Le grand absent, en France, c’est le libéralisme, sur une troisième dimension invisible chez nous. Voter quelque parti que ce soit n’y changera rien : ils sont tous étatistes et tous de gauche.
      Je ne choisi pas entre la peste et le choléra. Il n’y a pas de bonne réponse à la question posée le 6 mai.

    2. Je suis d’accord avec Mateo.

      Et j’ajoute que le vote ne moralise en rien la vie politique.

      Voter, c’est mettre le nom d’une personne dans une urne. Cela ne donne aucune indication des raisons morales de cet acte, et la seule chose objective que l’on peut en conclure, c’est que c’est manifester un soutien envers cette personne.

      Et plus, il y aura de votants, plus le soutien sera grand et plus cette personne se sentira légitimée, quelques soient les motivations des votants.

      Si donc, de deux candidats, les deux sont aussi mauvais l’un que l’autre, l’abstention permet au moins de manifester clairement que l’on ne veut soutenir ni l’un, ni l’autre.

    3. Ce que j’explique, c’est que si les candidats ne représentent pas des idées libérales, c’est parce qu’elles sont trop souvent celles d’un électorat qui se complait dans la protestation et le vote-sanction. C’est en montrant qu’il est prêt à soutenir des politiques, admettre des concessions, que des politiques viendront représenter le mouvement.

      De la même manière, en ce qui concerne le manque de vérité dans le débat politique, on confond la cause et l’effet.

      1. Vous croyez réellement que si les candidats ne représentent pas des idées libérales, c’est parce que les libéraux ont tendance à s’abstenir? Vous pensez réellement que c’est la cause première???

        D’autant plus que nous ne représentons rien au niveau du poids électoral, ou du poids non-électoral (abstention / votes blancs/nuls).

      2. En attendant, quand on vote pour un type, on valide son programme. Je ne vois pas bien comment je ferais avancer les idées libérales en votant pour l’un ou l’autre clown du 6 mai.
        Et à force de voir passer des clowns dont la qualité s’appauvrit de septennat en quinquennat, on finit par se lasser. Alors, tout y passe, selon l’humeur de chacun : Le vote sanction, le vote pour éviter le pire, voire l’inverse, le bulletin blanc ou celui d’insulte, l’abstention, le vote avec les pieds…
        Quant à moi, je trouve que cette mascarade a assez duré. On n’a pas eu un président d’une quelconque valeur depuis 1981. Et encore, VGE, c’était pas idéal… 40 ans de déficit budgétaire d’affilée… Ils n’ont pas honte… Alors quoi ? Je vote Sarkozy ? C’est une girouette mono compétence : la politique. Hollande ? Un mollasson aigri qui nous promet le pire. Peste ou choléra, disais-je. Qu’il aillent en enfer, ils n’auront mon accord pour rien. Je boude. Et je me tire.

      3. @ NR

        Je pense que c’est plutôt parce les libéraux ne sont pas encore assez nombreux pour être politiquement significatifs. Et en ce sens, peu importe au final ce qu’ils font, l’important c’est que cela les fasse connaître…

        Ainsi tant la campagne sur Bastiat ou les alliances sulfureuses du PLD peuvent être des bons moyens de faire parler de soi.

        De même, on peut promouvoir le libéralisme:
        -en votant Sarkozy, si c’est parce qu’il est un peu moins socialiste que Hollande…

        -en votant Hollande, si c’est pour mettre un vrai socialiste au pouvoir plutôt qu’un faux libéral, ou pour sanctionner les promesses non tenues du président sortant

        -en ne votant pas, pour montrer qu’aucun des deux candidats n’a de programme suffisamment libéral et qu’au final cela reviendra à du socialisme… 

        Contrairement au communisme, ce n’est pas un dictateur, un parti, et tous les opposants au Goulag, mais plutôt différentes options qui se défendent et peut-être même, se complètent.

  4. « Le politique, au lieu d’être le parasite social dénoncé par plusieurs, tient le cap du bateau ivre. »

    Ce qui n’a pas empêché la Belgique, sans gouvernement pendant des mois, de faire mieux qu’éviter le naufrage.

  5. Un magnifique exemple du syndrome de Stockholm. Ou quand le minorité la plus haïe de France se sent l’obligation morale de sauver le système qui lui crache à la gueule à longueur d’année. Un peu de dignité, que diable ! L’abstention n’est pas faite pour les chiens.

  6. De façon plus précise, je me demande comment on peut sortir une telle énormité
    « Disons-le franchement : on n’attire pas les mouches avec du vinaigre. Croire que les politiques vont réorienter leur politique dans le sens souhaité par ceux qui ne votent pas pour eux n’a juste aucun sens. »
    alors même que l’ensemble de la campagne de l’entre-deux tour a été un effort désespéré pour récupérer les voix du FN.
    Il faut avoir un sacré courage pour prétendre sans rire que les politiciens ne sont pas à la recherche de voix.

    1. Assez facilement en fait. Le seul moment où les politiques essaient de plaire à l’électeur FN, c’est pendant deux semaines entre les deux tours : une petite assiette.

      De plus les politiques tentent de plaire à cet électeur avec l’espoir d’influencer son vote (NS veut le capter, FH n’a besoin que de l’écarter du premier candidat). C’est donnant-donnant et bien évidemment celui qui vote-sanction ne donne rien. cqfd

  7. Voter est toujours un compromis et le vote de contestation est idéaliste.

    Mais voter pour un candidat dont la trajectoire est opposé à celle espérée par le votant c’est encourager la dégradation de l’offre politique.

    Quand tous les candidats se détournent aussi ostensiblement et uniformément du cap libéral, la meilleure stratégie pour les libéraux reste de former un vivier de voix pour le prochain candidat prêt à se rapprocher d’eux, fût-ce imparfaitement.

  8. Je ne suis pas démocrate, mais pourtant d’accord en grande partie avec cette analyse : les passions tristes de la plèbe, son désir d’illusions et la posture d’indignation des intellectuels sont causes et non conséquences de la démagogie. Moins d’accord sur la non utilité du vote sanction, car au final ce sont les extrêmes qui déplacent le centre de gravité de l’échiquier. Enfin, il faut dire que si l’aile bourgeoise du PS finit par gouverner au centre, c’est toujours sous la contrainte des marchés qui ramènent l’idéalisme à sa juste impuissance, mouvement de balancier qui relance aussi le cycle des indignations et la recherche de boucs émissaires à gauche.

  9. Il y a tout de meme un moment ou il faut joindre la parole aux actes. On ne peut pas etre en desaccord et menacer pendant plusieurs années, en réaction, de ne pas soutenir un candidat … pour finalement voter pour lui parce que c’est pire en face.
    Le consensus, oui. Bien sûr. Mais jusqu’à un certain point.
    A un moment, lorsqu’on est pas d’accord, eh bien on est pas d’accord et puis c’est tout.
    Sarkozy a fait deux trois pas dans le bon sens, certes. Mais ça ne peut compenser sa regulationnite aigue, incohérente, son sens de l’Etat douteux (EPAD, …), la persécution routière entêtée et revendiquée, .. et surtout, l’absence totale de politique serieuse face au problème du surrendettement.
    Oui, Machemalo sera élu et fera pire.
    Mais en s’abstenant, le prochain gugus à droite saura que pour compter sur son electorat il faudra faire preuve d’un minimum de cohérence, d’honnêteté et de retenue dans la démagogie déployée.

  10. La thèse a des arguments, et elle est sans doute juste dans certaines circonstances.
    Mais l’histoire électorale est pleine de « politique du pire » (voter pour l’ennemi pour éliminer un concurrent) qui ont parfaitement fonctionné.

    Je suis d’accord pour dire qu’il faut voter, et ce même quand on a le choix seulement entre la peste et le choléra ; parce que
    * c’est la seule façon de compter au prochain coup (moins les libéraux voteront et moins ils compteront)
    * ne pas choisir est lâche
    Il arrive dans la vie de ne pouvoir choisir qu’entre se faire trancher la tête et se faire pendre ; c’est la vie, et refuser de choisir c’est encore un choix : celui de laisser ses derniers moment de vie aux bourreaux. On garde toujours le choix de la façon dont on va se comporter sur l’échafaud ; pour nous ça ne changera rien, pour ceux qui nous succéderons, si.

    Il y a plusieurs façon de choisir entre deux maux, et toutes se défendent.
    Par exemple : voter pour le perdant supposé, afin de réduire au maximum l’écart (et en espérant qu’on ne sera trop nombreux à faire pareil, mais pour ça je n’ai pas trop de crainte :-) ), de façon à réduire la propension du vainqueur à se comporter comme un oing du seigneur. Et au législatives voter contre ses soutiens, dans l’espoir d’amener une cohabitation ou mieux encore une absence de majorité.
    Ou alors voter en fonction de ce qu’on anticipe des deux bouffons sur un sujet considéré comme le plus important. ; minimiser le pire dans ce domaine.
    Ou alors je peux considérer que tant qu’à subir un socialisme, autant en subir un assumé.
    etc.
    Il y plein de méthodes mais une chose est sûr : je voterais et je saurais pourquoi. C’est tout ce que je peux faire, mais ce que je peux faire je dois le faire

    1. « * c’est la seule façon de compter au prochain coup (moins les libéraux voteront et moins ils compteront) »
      Vous croyez vraiment qu’en votant aujourd’hui, quelqu’un se souviendra de vous dans 5 ans ? Votre bulletin de vote n’a pas de couleur. Personne ne sait qui fait quoi. De toute façon, les libéraux, personne ne veut en entendre parler…

      « * ne pas choisir est lâche » Ah ? C’est vrai. Peut-être devrais-je prendre une arme et aller abattre les deux guignols ? Je n’accepte pas qu’on m’impose ce choix. Je suis libéral, voyez-vous. Je réfute la légitimité de la contrainte, y compris si l’on essaie de me faire choisir de force. « Lâche », dîtes-vous ? Il y a certainement plus de courage à dire que je suis libéral à tout le monde, à défendre nos thèses jour après jour pour finalement, petit à petit, convaincre, que si je me contentais de mettre un bout de papier dans une enveloppe, bien caché derrière un rideau.
      Vous avec un concept de courage bien étrange…

      Sachez enfin que, quel que soit le bulletin que vous choisirez et, surtout, quelles que soient les raisons pour lesquelles vous le ferez, au final, tout le monde s’en fout et ne parlera ni ne se souviendra que tu résultat global. Vos petites motivations personnelles n’ont strictement aucun intérêt, sinon celui de vous justifier à vos propre yeux.
      J’ai peur qu’Hollande passe. Mais le nain à ressorts n’aura plus mon aval. Je fais partie de ces gens qu’on ne sodomise pas une deuxième fois. J’avais peur de la folle poitevine, et, du coup, j’ai avalisé les 5 ans qui viennent de passer. J’ai été lâche, maintenant, je regarde le danger en face.

  11. Ce n’est plus uniquement le socialisme qui est anti-libéral, le capitalisme, autre forme de la centralisation des moyens de gestion et de production, est aussi à combattre. La question désormais c’est celle de l’individualisation des moyens de production, de gestion et donc des responsabilités individuelles.
    S’il y a une réforme de Sarkozy qui était bonne (mais peu soutenue, voir régulièrement remise en cause) c’était bien celle du statut de l’auto-entrepreneur. Il faudra aller encore plus loin et plus vite avec plus de cohérence.
    Il va falloir mettre en place une Europe fédérale (on n’arrivera pas à virer les gouvernements nationaux encore, il ne faut pas rêver, mais on peut déjà avancer), avec des régions définies par des projets de collaboration plutôt que sur la seule notion de territoire.