Présidentielle : la course à la 3ème place remportée par Le Pen
Publié le 22/04/2012
Au soir du premier tour, suite et fin d’une série de portraits, consacrée au suspense sur le 3ème homme.
Par Marc Crapez
L’élection confirme la déconfiture de François Bayrou, amorcée lorsqu’il a parlé trop vite au sujet de la tuerie de Toulouse. En 2007, il cumulait trois tendances de l’électorat : le centre (avec l’attrait du juste équilibre), la nouveauté (avec sa capacité d’attraction à gauche) et la 3ème voie (avec le tabou brisé de la claque à un sauvageon devenu depuis délinquant multirécidiviste).
Bayrou a perdu sur tous les tableaux car il s’est complu dans le pathos et un positionnement de centre canal historique soucieux de « repousser les extrêmes ». L’habit du gaullisme était beaucoup trop grand pour lui. Il a endossé l’habit conformiste des notables imprévoyants qui, après avoir mis la France dans l’ornière, voudraient effacer l’ardoise en hurlant au danger extrémiste. Un électorat populaire et/ou jeune, que j’appellerais « lepéno-bayrouiste », l’a lâché.
Marine Le Pen a commis l’erreur de refuser de débattre avec Jean-Luc Mélenchon. Quand on représente un parti qui a souffert d’ostracisme et du refus de débattre (comme celui de Chirac après le 21 avril 2002), on ne se permet pas de dédaigner son adversaire, qui plus est en le traitant de « petit candidat ».
Le sang de la gauche antifasciste n’a fait qu’un tour. Car si 70% des sondés trouvaient injuste l’hypothèse où elle n’aurait pas pu se présenter faute de parrainages, a contrario un Français sur quatre serait disposé à mettre le Front national au ban de la nation. Une partie de la gauche, qui n’est pas socialiste mais qui raffole de l’antifascisme, s’est alors précipitée dans le giron de Mélenchon.
Marine Le Pen, le petit Poucet populiste
Marine tient à la fois de l’ogre et du petit Poucet. L’ogre qui ne recule devant aucune démagogie et qui est réellement, pour le coup, populiste, en jurant que les alentours sont peuplés de scélérats. Il faut dire que tout le monde lui tombe dessus, à bras raccourcis, pour de mauvais procès.
La nomenklatura médiatique s’est déchaînée contre son programme économique qui, préparé par quatre pelés et un tondu, est pourtant tout à fait méritant, ou encore contre son hypothèse de déremboursement des avortements de confort, en parlant de proposition « immonde » ou « dégueulasse », alors qu’elle soulevait, comme souvent, un vrai problème. La présenter en châtelaine de Montretout est inique : son enfance fut bercée de menaces et de bombes. Et si demain son parti disparaissait, le potentiel de haine que l’extrême-gauche lui voue s’abattrait inéluctablement sur le dos de l’UMP.
Jean-Luc Mélenchon a le mérite d’avoir attaqué la forteresse du libre-échangisme. Il a, en outre, porté haut les couleurs de la gauche, en redonnant leur fierté à des sympathisants inquiets par l’allure de « gros mollasson » de François Hollande. Mais sa percée de fort-en-gueule s’est faite au prix d’une démagogie éhontée et d’un malentendu.
Durant les six derniers mois de campagne, il s’est mué en champion de l’anti-lepénisme, mais sans parvenir à rajeunir sa base électorale, ni à mordre significativement sur l’électorat populaire. Les voix qu’il a siphonnées dans l’intervalle proviennent pour moitié de Hollande et, pour l’autre moitié, essentiellement de la gauche de la gauche (notamment de Joly et Poutou). Il n’a donc pas résolu la question, longtemps niée par l’extrême-gauche, de la fuite des catégories populaires vers l’extrême-droite.
Mélenchon a tenu un discours attrape-tout, évoquant la Commune pour plaire à une sensibilité anticléricale, cognant contre Le Pen pour draguer des bobos pour lesquels la Commune c’est du chinois, ou encore montrant patte blanche aux communistes en promettant un ministère de l’Éducation populaire et des Libertés associatives, trouvaille puisée dans le folklore marxiste-léniniste.
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Note : Selon les estimations de résultats du premier tour de l'institut de sondage CSA à 20h, Marine Le Pen, avec un score de 18,2%, écrase ses deux poursuivants : Jean-Luc Mélenchon (11,1%) et François Bayrou (9,1%).
Lien raccourci: http://www.contrepoints.org/?p=80433




Le recul de l'abstention, le fait que Hollande ne dépasse pas les 30% qui lui auraient permis de faire levier, et le modeste score de Mélenchon permettent de penser que nous allons vers une cohabitation avec un Sarkozy qui gagne...
Ils ne sont que menaces, déni et angélisme mou. Ils ne sont que chaînes autour des poignets des entrepreneurs, de l’emploi et des richesses à construire. Ils ne sont que liberticides. Ne devrais-je voter que pour le moins pire ?...
Depuis sa campagne menée durant les primaires socialistes, le protectionnisme s’est installé dans la campagne présidentielle....
Au premier tour on choisit... et au second on élimine. Pourtant, qu'on soit libéral ou qu'on ne le soit pas, le choix dimanche sera singulièrement restreint, puisque les programmes sont tous désespérants. Un grand vainqueur probable, l'abstention....
Le regard de René Le Honzec...
Apparemment, cela ne choque personne qu'une institution dirigée par des technocrates non élus dispose d'une marge de manœuvre 30 à 50 fois supérieure à celle du gouvernement d'un pays comme la France...
L'élection présidentielle à venir en France est verrouillée de tout côté et son traitement par les médias en particulier suscite de nombreuses questions....
Les patrimoines des candidats ne les placent pas dans les classes moyennes, loin s'en faut....
A lire : Présidentielle : la course à la 3ème place remportée par Le Pen http://t.co/5371X8GR
Tout à fait méritant le programme économique de Le Pen ?
Mélenchon a eu le "courage" de s'attaquer à la forteresse libre-échangiste ?
My goodness.
J'imagine que l'auteur apprécie ici les "stratégies" électorales et non leur contenu.
Exactement. Méritant puisqu'élaboré par un très petit nombre de personnes. De même dans un précédent article je disais de Mélenchon "son programme est cohérent et applicable, même si ses détracteurs disent qu’il ruinerait la France en six mois", en me comptant implicitement du côté des détracteurs de ce programme illibéral.
Etre contre ne suffit pas à faire un programme politique, mais de toute façon JLM n'était que la voiture-balais de Hollande.