Fonctionnaires, les grands épargnés de la campagne

Publié Par Contrepoints, le dans Fonction publique

De Sarkozy à Le Pen en passant par Mélenchon, Bayrou et Hollande, tous les candidats à l’élection présidentielle n’ont jamais attaqué, frontalement ou pas, les fonctionnaires de ce pays. Le magazine Challenges s’est penché sur le sujet en mars et le constat qu’il dresse est proprement affligeant.

Par Enquête et Débat.

Extraits, l’intégralité de l’article en ligne sur ce lien.

Challenges résume ainsi la situation : “Tous les aspirants à la présidence le savent : la France est un grand corps malade de ses finances. Si tous sont prêts à le doper à coups d’injections d’impôts, aucun n’ose explicitement s’attaquer aux racines du mal, en amputant des budgets.”

Quelques chiffres

Pour nous éclairer, voici quelques chiffres tirés de l’excellent livre Cours sur la Croissance pour N. Sarkozy, de l’ouvrier devenu chef d’entreprise Yves Bontaz, que nous avons déjà interviewé.

L’absentéisme du secteur public est plus élevé de moitié que celui du secteur privé : 5% dans le privé, 7,5% dans le public.
En Allemagne, 38% des fonctionnaires ont la garantie de l’emploi à vie mais interdiction de faire grève, contre 81% en France qui peuvent en plus faire grève.
L’Allemagne, à population égale, compte 40% de fonctionnaires en moins.
Les enseignants ont en moyenne 19 élèves par classe dans le primaire, et 12 dans le secondaire.
Un fonctionnaire coûte, de l’embauche à la fin de la retraite, 3,5 millions d’euros.
Le nombre de fonctionnaires en pourcentage de la population active est de 20,4% en France, contre 20% en Grèce, 14,6% en Italie, 12,9% en Allemagne et 9,7% en Angleterre.
Le salaire moyen est de 2100€ par mois dans le privé, et de 2400€ dans le public.
La France comptait 2,5 millions de fonctionnaires en 1975, elle en compte 6,3 millions aujourd’hui. Sans parler des 4,2 millions de retraités de la fonction publique.
La retraite moyenne dans la fonction publique est de 80% du salaire, dans le privé elle est de 50% du salaire.
L’âge de la retraite est de 52 ans pour les roulants de la SNCF, de 55 à 58 ans dans la fonction publique pour la plupart, et de 62 ans dans le privé.
28 à 33 heures de travail par semaine dans la fonction publique, 39 heures en moyenne dans le privé.

Et Yves Bontaz d’ajouter : “Si Sarkozy ne baisse pas le nombre de fonctionnaires, ça se fera tout seul, car on ne pourra plus les payer.”
Ceux qui prétendent qu’il l’a fait en ne remplaçant pas un fonctionnaire sur deux partant à la retraite se trompent, car dans le même temps plus de fonctionnaires encore étaient embauchés dans les collectivités locales. Mais cela ne suffit pas, et le salon de l’emploi public qui vient de se terminer annonçait “plus de 4000 postes à pourvoir”.

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  1. Il n’y aura pas une nouvelle Nuit du Quatre-Août, comme en 89.
    En ces temps là,les priviligiés faisaient obstacle au Pouvoir, aujourd’hui les privilégiés détiennent le Pouvoir.
    Comment peut-on s’en sortir?

  2. Petit bémol sur tous ces joyeux chiffres…
    A la place du salaire moyen qui ne représente rien, calculez donc le salaire médian.
    Ensuite regardez comment est calculé le salaire des fonctionnaires (qui au demeurant est gelé depuis 3 ans)
    Leur salaire est calculé en fonction d’un indice. Plus l’indice est important, plus le salaire est élevé. Or, dans toute la fonction publique, l’echelle d’indice est… la même.
    Le petit souci c’est qu’en cas de revalorisation, ce n’est pas le salaire qui est revalorisé, mais la valeur du point d’indice.
    Il est donc impossible de ne diminuer ou augmenter le salaire que d’une partie des fonctionnaires.

    De plus, au lieu de toujours taper sur « les fonctionnaires » allez donc chercher un peu du coté des budgets du sénat, de l’assemblée nationale, de l’élysée, des députés non réélus qui perçoivent encore leurs indemnités pendant 4 ans, j’en passe et des meilleures.
    Oui, la fonction publique coûte cher, mais pas toujours la où on nous le montre le plus.
    Petit exemple de ce qui coute très cher aux français tous les ans :
    http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/4/08/60/68/Doc-HTML/Elus-2.html#

    1. Toujours la même rengaine pour contester la réalité. Méthode classique de noyer le poisson dans des détails techniques stréiles afin de nier l’aspect global incontestable. Au niveau des budgets nationaux, on sait bien que tout cela nous coûte plus d’une couille (57% du PIB).

      J’adore aussi cette manière de trouver d’autres boucs émissaires quand on sent le couperet qui s’approche. Il faut une victime expiatoire. Hollande l’a bien compris avec ses 30% de diminution démagogiques pour quelques centaines de personnes. C’est symbolique et évite de faire de vrais changements dans la gabegie généralisée. Dans ce cas là, l’égalité entre les français est bien vite oublié quand cela concerne des avantages corporatistes … En plus, cela sera surement compensé avec des nouveaux revenus annexes et discrets, je ne m’en fais pas pour eux …

  3. Article bien peu crédible, sur une question pourtant importante.
    Comme souvent, l’analyse est peu objective et tant à démontrer ce que l’on veut bien!!!
    exemple la comparaison des salaires moyens…
    On ne peut comparer que des choses comparables….
    -> le salaire moyen des emplois ouvriers est plus favorable dans la fonction publique ( excessivement favorable à charge de travail égal)
    -> le salaire moyen des cadres lui est plutôt moins favorable que dans le privé ( et la charge de travail des infirmiers, la plupart des profs n’ont rien à rendre jaloux une bonne partie des cadres du privé)
    -> une fonction publique avec des gros bataillons de cadre enseignants, infirmiers etc… dans une proportion bien plus importante que dans le privé…

    1. La charge de travail de la plupart des profs? C’est une BLAGUE, j’espere? Une famille de profs, je sais ce que c’est, ca va bien, merci.

  4. Le non remplacement d’un fonctionnaire est un trompe l’oeil. Dans le privé, les organismes de retraite prennent le relai des entreprises pour payer. Dans le public c’est différent : il n’y a pas de caisse de retraite, les pensions sont payées directement avec les recettes de l’Etat. Résultat : l’économie réalisée a été infinitésimale mais surtout elle a servi à augmenter les salaires des fonctionnaires restant.

    La seule vraie économie pour l’Etat est donc la non embauche ou les licenciements massifs et sans indemnités.

  5. D’accord avec Cap 2006. Cet article est simpliste. Il est d’ailleurs faux de dire que les fonctionnaires ne sont pas mis à contribution. Le point d’indice que décrit Cap 2006 est gelé, tandis que les prélèvements sur les salaires augmentent. Quant aux retraites, là encore les comparaisons sont compliquées J’ai écrit un article à ce sujet : http://economie-analyses-actualites-opinions.over-blog.com/article-retraites-salaries-du-prive-contre-fonction-publique-45351611.html
    Le problème, ce ne sont pas les fonctionnaires en eux mêmes, mais le poids de l’Etat. Un Etat hypertrophié, avec de multiples strates administratives, et une abondance de règlementations en tout genre, a nécessairement besoin d’une importante fonction publique. Et les réductions d’effectifs engendrent une dégradation du service public si les réglementations ne sont pas simplifiées.
    Il faut donc d’abord diminuer le poids de l’Etat, ce qui entraînera « naturellement » une diminution du besoin en fonctionnaires.
    Mais il y a un autre obstacle: l’idée que la dépense publique est bonne pour la croissance.
    Tous les candidats sont pour un Etat interventionniste, et pour la dépense publique. Pour des raisons idéologiques. Pas pour faire plaisir aux fonctionnaires. Et beaucoup de salariés du privé approuvent cette idéologie.

      1. Diminuer le poids de l’Etat n’est-ce pas diminuer le nombre de choses dont il s’occupe, et donc supprimer des services … et donc des postes. ? Que la diminution du « poids de l’Etat » doive précéder la réductions des effectifs semble difficilement expicable.

        Et pas de soucis pour les gens capables et bosseurs: le besoin du service ne disparaitra pas juste parce que l’Etat n’est plus impliqué, et ils n’auront aucun mal à se recaser.

    1. Bonjour,
      si ce chiffre est vrai, je pense qu’il signifie qu’il y a énormément d’enseignants occupés et payés à faire autre chose qu’enseigner, car personne de bonne foi ne peut soutenir que le nombre effectif d’élèves par classe est si bas.

    2. C’est à peu près 12 à 13 élèves par enseignants dans le secondaires si on fait le rapport entre nombre d’élèves et d’enseignants, selon l’INSEE. Par contre, dans les classes de lycée, c’est autour de 28 élèves par classe. Je n’ai pas trouvé l’explication officielle à cette différence.
      Par contre, dans le primaire, les chiffres d’élèves par classe et par enseignant sont plus proches.

      1. La différence (de 12 à 28) s’explique par la multiplication des matières enseignées par divers enseignants spécialisés et au temps de travail effectif des enseignants, devant les élèves.

      2. Euh, je rappelle aussi que cette étude de l’INSEE regroupe TOUS les élèves du secondaire… aussi bien les collèges que les élèves de BEP
        Or on sait très bien que les filières professionnelles ont moins d’élèves par classe…
        Sans compter la répartition géographique des élèves…

  6. plutot que de mettre tous les fonctionaires dans le meme panier pourquoi ne pas faire une étude sur l’absentéisme et la productivité dans chaque secteur et niveau du public et du privé,ainsi qu’une comparaison des avantages sociaux.on aurait ainsi un socle pour raboter les excès du clientélisme.

  7. Dans un pays où le mot « égalité » est inscrit sur le fronton des batiments publics, il me semblerait normal que les fonctionnaires (hors fonctions régaliennes: militaire, juge etc …) aient le même contrat que la majorité des citoyens, c’est-à-dire un CDI, avec mode de licenciement et mode de calcul de la retraite identiques.