Pour Benoît XVI, le marxisme est dépassé

Publié Par Contrepoints, le dans Amérique latine

En réponse aux questions des journalistes dans l’avion qui le menait en terres latino-américaines, Benoît XVI a dénoncé la violence liée au trafic de drogue au Mexique et critiqué le marxisme à Cuba.

Benoît XVI, a entamé depuis vendredi un séjour officiel de six jours en Amérique Latine. Après un passage ce week-end par le Mexique, il sera reçu à partir de lundi à Cuba pour délivrer un message de paix. L’avion papal a atterri à 16h13 locales (22h13 GMT) à l’aéroport international de l’État de Guanajuato, au centre du Mexique, où plus de 3.500 personnes attendaient le souverain pontife parmi lesquelles le président mexicain Felipe Calderon et la première dame Margarita Zavala, qui l’ont accueilli à son arrivée sur le tapis rouge au milieu de la foule qui agitait des drapeaux du Vatican.

En réponse aux questions des journalistes dans l’avion qui le menait en terres latino-américaines, Benoît XVI a dénoncé la violence liée au trafic de drogue au Mexique et critiqué le marxisme à Cuba.

Faisant référence aux carnages causés par la guerre des narcotrafiquants, le père Federico Lombardi, porte-parole du Vatican, a déclaré dans un communiqué que la visite du pape au Mexique serait « un chemin d’espérance ». Les Mexicains sont « un peuple dont les ressources et le potentiel sont immenses, mais entachés actuellement par de graves problèmes qui pèsent sur leur quotidien et leur avenir, au premier chef desquels le problème de la violence », a-t-il ajouté.

« C’est certainement une grande responsabilité pour l’Église catholique, dans un pays où 80% des habitants sont catholiques. Nous devons travailler contre ce mal, qui est destructeur de l’humanité et – surtout – de notre jeunesse » a déclaré de son côté Benoît XVI. « Notre grande responsabilité, a-t-il dit aussi, est d’éduquer les consciences, d’éduquer à la responsabilité morale et de démasquer le mal, de démasquer l’idolâtrie de l’argent qui asservit les hommes, d’exposer ces fausses promesses, ces mensonges, ces tromperies. »

Critique du communisme cubain

Lundi, Benoît XVI partira pour Cuba. Il se rendra à Santiago de Cuba et La Havane, là où le régime communiste de Fidel Castro avait expulsé les responsables de l’Église catholique après sa révolution de 1959. Le régime n’avait pas rétabli de liens formels avec le Vatican jusqu’à la visite du Pape Jean-Paul II en 1998.

Évoquant l’île des caraïbes, le pape a estimé qu’ « il est évident aujourd’hui que l’idéologie marxiste telle qu’elle avait été conçue ne répond plus à la réalité », qu’ « on ne peut plus bâtir une société de cette manière » et qu’ « il convient de trouver de nouveaux modèles, mais avec de la patience et dans un esprit constructif. » Prié de réagir à cette déclaration du pape, Bruno Rodriguez, le ministre des affaires étrangères cubain, s’est contenté de dire que son pays respectait toutes les opinions.

Pour Federico Lombardi, le Vatican entend donner avec ce voyage de « l’espoir pour les Cubains ». Les Cubains doivent « sentir qu’ils sont au seuil de ce qui est potentiellement une nouvelle époque, dans laquelle, selon les mots de Jean-Paul II, l’ouverture de Cuba au monde peut s’opérer dans un climat de développement, de liberté et de réconciliation », a-t-il déclaré.

« Ouvrir Cuba au monde et le monde à Cuba » : « Ces paroles sont encore très actuelles », a estimé Benoît XVI. En citant cette fameuse phrase prononcée par Jean Paul II à Cuba en janvier 1998, le pape a affirmé se situer « dans une continuité absolue » avec le voyage historique de son prédécesseur qui avait marqué un dégel des relations entre l’Église catholique et le régime castriste et avait réchauffé le cœur des Cubains, comme l’affirmait la blogueuse Yoani Sánchez dans nos colonnes, il y a peu.

Cette visite papale semblent effectivement raviver les sentiments d’espérance du peuple cubain. En témoigne cette rumeur qui court depuis quelques heure à Cuba qu’en geste de bonne volonté à l’égard du pape, le président cubain pourrait décider de remettre en liberté l’Américain Alan Gross qui purge une peine de 15 ans de prison pour avoir illégalement mis en place des réseaux internet à Cuba.

Interrogé sur sa volonté de défendre les droits de l’homme lors de sa visite, Benoît XVI a déclaré aux journalistes, à bord de son avion : « Il est évident que l’Église est toujours du côté de la liberté, du côté de la liberté de conscience, de la liberté de religion, et apporte sa contribution dans ce domaine. »

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Lire aussi : Benoît XVI en visite en Amérique latine par Yoani Sánchez

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  1. Au cours de son déplacement à Cuba, Benoît XVI a estimé qu’ « il est évident aujourd’hui que l’idéologie marxiste telle qu’elle avait été conçue ne répond plus à la réalité », qu’ « on ne peut plus bâtir une société de cette manière » et qu’ « il convient de trouver de nouveaux modèles, mais avec de la patience et dans un esprit constructif. »

    1. * « C’est certainement une grande responsabilité pour l’Église catholique, dans un pays où 80% des habitants sont catholiques. Nous devons travailler contre ce mal, qui est destructeur de l’humanité et – surtout – de notre jeunesse »

      Ou l’on combat simplement pour sauver le pouvoir catholique de ce mal. Les 20 autres % ont chie dessus ?! Et, les vieux ont s’en fout papalement ?!

      Le mal est la foi.

      Or, le marxiste du XX est lié à la religion de chaque pays communistes. La phraséologie marxiste s’est substitué à la phraséologie catholique à Cuba comme la phraséologie marxiste s’est substitué à la phraséologie orthodoxe en URSS. Il faut entendre Staline à la radio lors de la grande guerre patriotique. Il faut entendre la radio Rwandaise lors du génocide dans les années 90.

      La foi est le coeur de la guerre.

      D’ailleurs, « La paix éternelle est un rêve qui est loin d’être agréable. Quant à la guerre, elle constitue une partie essentielle du plan divin à l’égard du monde… Sans elle, le monde sombrerait dans le matérialisme. »

      Le Pape et ses ordres (son administration, son pouvoir) ne le veulent pas. Ils haïent le matérialisme (Démocrite, Epicure, Lucrèce, Cyrano de Bergerac, le curée Meslier, …, Diderot, Sylvain Marchal, George Buchner, …, Karl Marx, … Lénine, Lukac, Alexandre Zinoviev) car brise tous les pouvoirs et leurs idéologies.

      Sachez qu’au XX, le matérialisme et la dialectique sont autant détestés par les communistes du XX que les impérialistes (dont le Vatican).

      * « Ouvrir Cuba au monde et le monde à Cuba »

      Ou plutôt Offrir Cuba au monde capitaliste et le monde capitaliste à Cuba.

      * « Interrogé sur sa volonté de défendre les droits de l’homme lors de sa visite, Benoît XVI a déclaré aux journalistes, à bord de son avion : « Il est évident que l’Église est toujours du côté de la liberté, du côté de la liberté de conscience, de la liberté de religion, et apporte sa contribution dans ce domaine. » »

      Trop marrant, c’est déiste incroyant qui défendent les droits de l’homme. Ils ont haït 1789 qui a brisé le pouvoir absolu du Pape. Non, ce que le Papou défend c’est leur pouvoir primitif et leur dogme antique, c’est à dire Dieu.

      C’est sur ! il n’est pas facile de construire quoi que ce soit lorsque l’on a une épée de Damoclès sur la tête depuis 1962. En effet, le blocus sur Cuba depuis 1962 fait parti pour le Pape et les impérialistes des droits de l’homme et de la liberté.

      Sachez que tout bateau d’un quelconque pays qui débarquait à Cuba était sanctionné par le Pouvoir Américain.

      Sachez qu’avant la chute de l’URSS, le pouvoir américain fournissait grandement des Visa au Cubain qui voulait rejoindre le paradis américain. Mais, depuis la chute de l’URSS et l’ouverture modéré de Cuba, les Visas américains sont difficilement accessibles aux Cubains. Pourtant, la situation sociale des cubains est pire aujourd’hui que pendant l’URSS.

      * « le marxisme est dépassé »

      Soit, le marxiste en tant que mode guerrier ou résistant à l’impérialisme qui a touché des sociétés féodales et primitives lors de la crise historique du XX (1914-1945; 1952-1982) est fini.

      D’ailleurs, beaucoup de marxiste, maoïste ou communiste de l’occident depuis les années 60 sont devenus anticommunistes et anti-marxistes comme Stéphane Courtois (ex-maoïste) et Roger Garaudy (ex-stalinien). Dans le monde arabe, certain communiste sont même aller au mouvement islamique pour continuer la guerre à l’Empire.

      Mais, le marxiste en tant que science sociale et pensée scientifique est de retour en ce temps de PAX contre l’hypocrisie des Papes et des Puissants. N’oubliez pas que c’est lors de la PAX romana que le christianisme c’est diffusé en Europe. Aujourd’hui, la pensée scientifique (matérialiste et dialectique) de Marx, encore méconnue, a tout le champ libre.

      « le mépris des chercheurs occidentaux n’est pas rationnellement justifiable » vis à vis de la dialectique. En effet, « Les phénomènes étudiés hurlent littéralement qu’ils ont lieu non pas en vertu de préceptes politiques, mais selon des lois objectives que l’on qualifiait naguère de dialectiques. On y trouve la lutte des contraires, la division de l’uni et la polarisation des parties, la transformation de phénomène en leur opposé et leur retour, à un nouveau niveau, à leur état (« négation de la négation »), le passage de changements quantitatifs en qualitatifs, etc. Mais les chercheurs, craignant qu’on ne leur reproche de la vénération pour la dialectique font tout ce qu’ils peuvent pour ne pas la remarquer dans leurs objets d’étude. À la place, ils pondent des platitudes saturées de classifications et de définitions « bureaucratiques ».

      La méthode de pensée dialectique ne se réduit pas aux « lois de la dialectique » connues. Elle inclut un certain nombre de procédés d’expérimentation mentale que Hegel et Marx appelaient la méthode d’ascension de l’abstrait vers le concret. (…) Je suis persuadé que cette méthode pourrait-être très utile à la description de l’occidentisme, mais, à ce jour, Le Capital de Marx reste l’exemple unique de son application. »

      -> L’Occidentisme – essai sur le triomphe d’une idéologie, Alexandre Zinoviev, éd. Plon, 1996 (ISBN 978-2259-183-178), partie L’idéologie, chap. Antidialectisme de l’idéologie de l’occidentisme, p. 208