Tuerie de Toulouse : ceux qui ont parlé trop vite

Publié Par Marc Crapez, le dans Nation et immigration, Sujets de société

Pourquoi Raymond Aron et Charles de Gaulle s’accordaient à se défier des « préjugés » des intellectuels et de leurs emballements…

Par Marc Crapez.

Dominique Reynié

Le jour même du drame, François Bayrou accuse Marine Le Pen et Nicolas Sarkozy, tandis que Jean-Luc Mélenchon accuse Marine Le Pen. Chacun des deux veut voir dans le carnage de Toulouse la confirmation du bien-fondé des adversaires qu’il s’est choisi dans la campagne. Bayrou critique ceux qui auraient « montré du doigt » et fait « flamber » les passions. Alors que lui-même réagit impulsivement en accusant indûment l’islamophobie.

Du côté des intellectuels, Dominique Reynié accuse « tout le monde », de Marine Le Pen à Mélenchon. S’érigeant même en criminologue, il déclare sentencieusement : « On ne va pas arrêter tout de suite cet assassin…On ne va pas l’arrêter tout de suite ».

Ayant publié un livre intitulé « Populismes : la pente fatale », Reynié a un coupable tout trouvé. Il incrimine une « rhétorique populiste » qui menace le « vivre-ensemble », car « quand tout le discours s’enflamme, il y a toujours des risques de favoriser le passage à l’acte » d’une « pathologie meurtrière liée à des fantasmes sur l’immigration ».

Le soir même, à l’émission « C dans l’air », confronté à l’emballement fiévreux de celui qui joue au grand vizir visionnaire, le politologue Roland Cayrol ne s’en laisse pas conter et réagit en vieux sheriff centre-gauche de la vieille école : comment peut-on en « arriver à dire que ça pose la question du vivre-ensemble qu’un malade en scooter vienne tirer sur des gosses » !

Le président du CRIF, Richard Prasquier, est du même avis : « L’homme qui a tiré une gosse par les cheveux pour lui loger une balle dans la tête ne l’a pas fait parce qu’il a entendu telle ou telle remarque au sujet de l’abattage rituel ».

Certains intellectuels résistent aux emballements

Clairvoyant lui-aussi, Gilles-William Goldnadel appelle à ne pas instrumentaliser ce drame à des fins idéologiques, rappelant qu’en France, à chaque affaire retentissante, « le sang juif qui a coulé depuis la Deuxième guerre mondiale ne l’a pas été des mains de l’extrême-droite ».

Goldnadel est l’auteur d’un livre intitulé « Réflexion sur la question blanche. Du racisme blanc au racisme anti-blanc ». Il soutient la thèse suivante : la prise de conscience tardive de l’horreur du génocide nazi a provoqué un choc traumatique dans les consciences des jeunes intellectuels européens de la génération du baby-boom. Cette irruption d’une « Shoavision » va conduire les intellectuels à réagir sous la dictée de « l’éclairage shoatique des années 1970 ». Cette commotion les pousse à toujours tout rapporter au scenario génocidaire. C’est un esprit de système d’autant plus intolérant qu’il relève de l’inconscient collectif. Disqualification de soi et dilection pour l’altérité se combinent pour dépeindre le blanc en beauf franchouillard, au mieux un salaud au pire un bourreau.

L’irrationnel s’est emparé de la notion de race, cette catégorie commode devenant une pestiférée. S’ensuivent négation de l’importance de la traite négrière arabo-musulmanne, minimisation des massacres de chrétiens de par le monde et notamment au Darfour, incrimination unilatérale d’une démocratie israélienne pourtant entourée d’hostilité. L’essentialisme qui rend « incondamnable » en raison de l’appartenance à un clan politique est une spécialité française (p. 282). D’aucuns prônent l’indulgence envers l’assassin Bertrand Cantat parce qu’il fut « de tous les combats contre l’extrême-droite ». Dans le monde du cinéma, longtemps rétrograde mais devenu avant-gardiste, règne un « contexte d’unanimisme total et obligatoire ». L’auteur dépeint le mécanisme du bouleversement démographique de la société française. Il fut d’abord présenté comme un fantasme d’extrême-droite ne méritant pas d’être débattu… Une fois devenu indéniable, le débat fut subrepticement déclaré forclos au motif que la France était déjà devenue multiculturelle (p. 182).

Suivre les articles de l’auteur sur Facebook.

Laisser un commentaire

  1. J’attends aussi que les médias organisent un sondage, comme ils l’avaient fait après la tuerie de Breivik, avec la question suivante : « avez-vous peur du terrorisme islamiste ? ». Sachant que la question qui avait été posée quelques heures après les évènement d’Oslo était : « avez-vous peur du terrorisme d’extrême droite? ».

    Quand l’on sait que ce sont les terrorismes d’extrême gauche et islamistes qui ont été les plus sanglants depuis la fin de la guerre, on est en droit de douter de l’impartialité de la presse.

  2. On va encore nager dans le déni, comme avec Breivik, assimilé à l’extrême-droite bien que son manifeste prouve qu’il est au contraire pour la liberté, qu’il croit défendre contre l’islamisme.
    Breivik n’est pas un admirateur de Hitler, au contraire il le hait. C’est un admirateur de Churchill, et pour les bonnes raisons.
    On l’a aussi taxé d’intégrisme chrétien, sans la moindre raison et alors que son discours est exempt de référence chrétienne.

    La réalité est que nos « penseurs », surtout à gauche, ont une guerre de retard: Ils voient du racisme et du nationalisme partout alors qu’il n’y en a plus, mais ils ne voient pas la guerre en cours avec l’islamisme.

    Breivik la voit, lui, et dans sa folie mégalo-narcisso-psychopathique, il s’imagine combattant de la liberté contre ceux qui livrent l’Occident aux islamistes.

    Bien sûr les actes fous de terrorisme, pro- ou anti-islamiste, resteront marginaux. Mais le tension monte entre les islamistes résolus à soumettre le monde à la charia et ceux, de plus en plus nombreux, qui s’inquiètent de l’effarant succès que rencontre ce programme parmi les musulmans.

    L’argument de la majorité modérée ne tient pas: Les nazis et les bolcheviques étaient minoritaires. Un système totalitaire est toujours le fait d’une minorité soudée, désintéressée et violente.
    L’islamisme ressemble exactement à cela, et les pays islamistes prouvent que cette crainte est parfaitement justifiée.
    Et nous sommes sur cette pente…

  3. +1 avec fucius
    Reynié a raison, il y bel et bien un problème de « rhétorique populiste » qui menace le « vivre-ensemble ». Même si, et c’est son erreur, les « fantasmes sur l’immigration » ne sont ni les seuls ni les plus dangereux (encore que nous autre libéraux pouvons avoir bien du mal à les percevoir correctement, faute d’en être victimes).
    La dictature de la majorité devient écrasante et cherche à s’insinuer jusque dans les moindre détails de la vie quotidienne (mangibougisme, interdiction d’un type de vêtement, endoctrinement scolaire des enfants dans la « cause » écolo-égalitaire…). Les minorités et même les majorités silencieuses ne sont pas respectées et n’ont plus de moyens raisonnable pour s’exprimer : cela ne laisse le champs qu’aux fous.
    Les fous sont traditionnellement reconnus comme les plus sensibles à « l’air du temps », ils sentent et expriment à leur manière folle l’état de la société dans laquelle ils baignent ; comme les artistes, mais sans les contraintes des techniques artistiques.
    La société est bien folle de refuser de voir cette image et de ne voir dans ces tueries que des manifestations insensées. Elles ne sont pas insensées. Elles sont au contraire très signifiantes. Elles signifient que le sous-peuple en a vraiment marre et qu’il ne voit aucun moyen raisonnable de se faire entendre.
    Elles sont parfaitement en ligne avec ce que de plus en plus chacun de nous entends ou dit lui-même au bureau, dans les bistros, en famille ou sur internet : « tout cela finira mal », « on les pendra », « achetez de l’or et du plomb », « la révolution est en marche » …
    Comme disait l’autre : « la France a peur ». Il a bien raison. C’est la peur qui guide nos sociétés qui ont hissé le drapeau creux du principe de précaution comme étendard. Et la peur est meurtrière.

    1. « Elles signifient que le sous-peuple en a vraiment marre et qu’il ne voit aucun moyen raisonnable de se faire entendre. »

      Ce type n’a rien à voir avec un « sous-peuple » mais tout à voir avec un parcours chaotique de paumé qui en perte totale de repère a succombé à une rhétorique religieuse guerrière et extrémiste.

      Pas de père, une dizaine de condamnations pour vols, violences (entre autre contre des femmes) il n’y a rien à voir là d’autre qu’un pauvre type barré.

  4. Le nabot propose une nouvelle loi orwellienne: toute personne « consultant » un site « extrêmiste » pourra être punie pénalement!!!

    Donc si vous, moi, allons voir un de ses sites pour par exemple savoir de quel type d’idéologie ces tarés se réclament -> au gnouf selon Sarko…

    Lui aussi a perdu une belle occasion de se taire. Vivement qu’il se barre, mais surout qu’il arrête ses c**ies d’ici là!

    1. A oui, tiens. Et ça te surprends ? tu pensais qu’il allait rester muet ou attendre un peu que ça refroidisse pour faire une grande déclaration volontariste ?

    2. D’accord avec toi.
      Mais le risque, c’est que le libéralisme soit considéré comme un extrémisme et que ce soient d’autres élus qui considèrent (avant d’imposer) que, effectivement, ce ne serait pas mal d’interdire l’accès à des sites libéraux !