Lettre ouverte d’un jeune étudiant à François Hollande

Publié Par Contrepoints, le dans Politique

Les mesures fiscales préconisées par un François Hollande brouillon sont populistes et dangereuses, comme le rappelle cette lettre envoyée au Parti Socialiste et restée bien entendu sans réponse.

Par Jules B.

Je souhaiterais, en tant que jeune étudiant en classe préparatoire économique, vous faire modestement part de mes vues sur les déclarations du candidat PS à l’investiture présidentielle.

J’espère de tout mon cœur que les déclarations à chaud concernant une taxation à hauteur de 75% des hauts revenus ne sont qu’une promesse électorale pour se positionner face au « président des nantis », M. Sarkozy. En effet, une mesure pareille serait certes populaire auprès d’un électorat massif de Français peu intéressés par l’économie (à l’image de leurs représentants politiques), mais désastreuse au niveau macroéconomique.

M. Hollande a sûrement comme beaucoup appris au cours de sa scolarité l’existence d’un concept bien connu : la courbe de Laffer. Pour ma part, c’est en première ES que j’ai découvert ce principe abracadabrant : oui, une baisse des impôts entraîne une hausse des recettes fiscales ! Comment l’expliquer ? Sans rentrer dans le détail (je vous renvoie à vos manuels de Première), une hausse de l’imposition pousse les agents assujettis à l’impôt à moins travailler. En effet, à quoi bon travailler plus si on est taxés de façon démesurée ?

Encore une idée libérale farfelue qui n’a pas connu d’application empirique positive me direz vous ? Bien au contraire. Les États-Unis, la Grande-Bretagne ou la Nouvelle-Zélande en ont fait la douce expérience : chez ces derniers, une diminution de 50% du taux d’imposition a entraîné une hausse de 20% des recettes fiscales.

Certes, M. Hollande nous parle des « méchants patrons aux revenus indécents ». Certes, cela ne concernerait pas tous les Français. Mais l’effet d’une telle taxation en serait tout autant dévastateur. La fuite de ces capitaines d’entreprise est inévitable. Elle serait tragique, car ceux-ci ont un pouvoir décisionnel et un sens stratégique qui a amené leurs entreprises là où elles sont aujourd’hui.

Une telle taxation enterrerait définitivement le peu d’économie qui reste à la France. Après la mise en place hallucinante d’une taxe sur les transactions financières qui met à mort le peu qui subsistait du secteur financier français (grâce à M. Sarkozy), voilà que M. Hollande souhaiterait sacrifier le reste d’économie et le peu de grandes entreprises restant en France ! Droite et gauche s’accordent bien pour détruire le potentiel productif français, à l’heure où les taux de croissance annoncés sont atones. Peut-on se dire socialiste quand on veut sacrifier des entreprises employant des centaines de milliers de Français, en les décapitant et les menant à la décadence ?

C’est en tout cas avec effroi que je suis les propositions populistes et dénuées de sens économiques de nos candidats, tous bords confondus.

J’espère que le message que tentent de faire passer les diaboliques agences de notations et les économistes avisés sera perçu par les candidats : maîtrisez vos dépenses avant de sacrifier la croissance française sur l’autel de l’aléa moral. Écoutez la Cour des Comptes qui dresse un rapport alarmant des dépenses de l’État !

Une rigueur est inévitable quoiqu’en disent les candidats, et la fuite en avant que représente la volonté de taxer à tout va mène la France à des années de récession, d’endettement, de croissance molle, au risque de disparaître de l’échiquier économique mondial.

Laisser un commentaire

  1. Et oui même a 17/18 ans ( c’est mon cas ) on comprend les conneries du socialisme, partager c’est beau c’est sur, mais comme l’a dit une centaine d’années Linclon avant moi:
    VOUS NE POUVEZ PAS

    Aider les pauvres en ruinant les riches.
    Cordialement

  2. La courbe de Laffer est une théorie fumeuse qui ne repose sur aucune étude. Elle est tout sauf fiable, mais reste pratique pour les ultra-libéraux de mauvaise foi. Petit conseil : je souhaite à Jules B de ne jamais montrer cette lettre à son professeur d’économie.

    1. Merci Wikipedia ! Rien à redire, sauf que peut être que baisser les impôts peut permettre d’augmenter les recettes fiscales, mais peut être aussi qu’augmenter les impôts (y compris ceux des riches) le permet également. Je suppose qu’on doit pouvoir trouver des études là dessus. Enfin je rappel que la paix social compte aussi (même en économie) et que ces derniers temps, les efforts de rigueur semblent quand même porter surtout sur les classes moyennes et que la grogne monte !

      1. « mais peut être aussi qu’augmenter les impôts (y compris ceux des riches) le permet également »

        Non car cet argent va manquer aux gens pour entreprendre, créer de la richesse ou/et ne pas dépendre de l’état.

        Perdant/perdant, vous enlevez des ressources au vaches à lait et comme elles vont moins bien et produisent moins vous devez dépenser plus pour vous en occuper.

        1. Létat qui dépense inefficacement les revenus des gens à leur place augmenterait leurs revenus ?

          Vous rigolez ?

          Cet argent « injecté dans l’économie » vient d’où ? Des gens. Et qui est le mieux à même d’investir l’argent dans des opportunités locale ou fugace, quelques fonctionnaires à des centaines de km ou les gens qui sont proches de ces opportunités ?

          Il n’est pas étonnant que l’ednat enseigne le contraire. Mais à quel moment cette simple logique vous à échappé ?

      2. « Enfin je rappel que la paix social compte aussi »
        ——————————————-
        Non sans blague ! C’est drôle parce que depuis des années, le taux de prélèvement ne cesse d’augmenter en même temps que le mécontentement social.
        Mais c’est sûrement encore une conspiration des ultra-libéraux.

      3. Plus d’impôts n’a pas supprimé la pauvreté, c’est même l’inverse qui se produit. Il faut augmenter les impôts jusque où pour que vous le compreniez ?
        La paix sociale achetée avec l’argent des autres se termine quand il n’y plus d’argent, et c’est ce qui se passe.

    2. « Petit conseil : je souhaite à Jules B de ne jamais montrer cette lettre à son professeur d’économie. »
      ———————————
      Oui, très bon conseil, vu l’immense majorité de crypto-marxistes qui a noyauté nos université et qui ne s’est jamais remis de l’effondrement de l’URSS. Les gauchistes, ça aime bien le débat, tant qu’on est d’accord avec eux.

      « La supériorité technique du mode de production socialiste planifié sur la production capitaliste, est un fait massif et incontestable » Maurice Duvergé, professeur d’Université, Chevalier de la Légion d’Honneur.

    3. La courbe de Laffer est plus une représentation qu’autre chose, son application dépend fortement des cultures, des peuples, des contextes, de la productivité, etc.
      Ce n’est pas pour ça que le principe est bidon. Le fait que trop d’impôts tuent l’impôt, les hauts taux tuent les totaux, c’est observé depuis le 14e siècle avec Ibn Khaldhoun.
      On taxe le tabac pour décourager de fumer, on taxe l’essence pour décourager son utilisation, taxer le travail et l’entreprise aboutit au découragement du travail et de l’entreprise.

    4. Ah bon ? Et bah va dire ca a Margaret Thatcher jeune imbécile, elle t’expliquera sûrement mieux que moi comment elle à réussi, en faisant baisser de 43 points l’imposition sur le revenu, à générer plus d’un milliard de recette sur deux années.

  3. Mon cher étudiant en prépa éco, je te renvois à tes manuels d’Histoire : la crise de 29 n’a jamais été résorbé par la rigueur…Après oui il y a du popuilsme dans ces déclarations. Il n’empêche que cette crise est parti du secteur financier qui a été sauvé grâce à NOS impôts.
    Alors arrêtons de pleurer sur les « nantis » comme tu les appelles.
    Si le but d’une vie est de faire un maximum de profit alors crois moi nous ne vivons pas dans le même monde

    1. PhilippeMurrayRothbard

      Bon, déjà la crise de 29 est partie d’un organisme para-etatique à savoir la réserve fédérale américaine qui à fait preuve de laxisme monétaire. Deuxio le New Deal n’a pas résolu la crise de 29 mais l’a prolongée. Il faudra attendre Truman pour que les choses rentrent dans l’ordre.

      L’idéologie selon laquelle il faudrait sauver les banques, augmenter les impôts et mettre les taux à zéro n’est que l’apanage des voleurs.

    2. Avec la rigueur et le laissez faire la crise de 1920 était terminée en 2 ans, lors de la crise de 1929 de politiques interventionnistes l’ont fait durer 12 ans. C’est un exploit mais pas dans le bon sens. Lisez des manuels d’économie, plein, mais surtout pas en français ;)

    3. D’abord les libéraux sont totalement opposés au sauvetage des banques qui n’est qu’une prime donné aux tricheurs et aux risque-tout-avec-l’argent-des-autres.

      Ensuite les mots n’ont plus de sens en France, la « rigueur » c’est l’exactitude, la parcimonie, l’économie, hors la France à dépensé pendant 38 ans (trente-huit ans) en moyenne 20% de plus qu’elle ne gagnait et pour combler cet énorme gouffre ça « rigueur » consiste à monter les impôts qui sont déjà au taquet sans baisser les dépenses.

      Pas UNE SEULE année depuis presque un demi-siècle elle n’a fait autre chose que des dépenser plus qu’elle ne gagnait. Pas UNE SEUL années les dépenses n’ont cessé d’augmenter.

      C’est vérifiable partout mais au hasard ici:
      http://fr.wikipedia.org/wiki/Déficit_public_de_la_France
      Et ici en pourcentage des recettes ce qui est sacrément moins mensonger qu’un % du PIB qui ne veut strictement rien dire:
      http://www.les-crises.fr/budget-etat-france/

      Ensuite sur la crise il y a beaucoup à dire (cf: Philippe) mais venir faire croire que la faillite d’un ménage qui dépense plus qu’il ne gagne pendant quasi un demi siècle à des cause exogènes c’est quand même ahurissant.

      Je ne sais pas ce que l’ednat vous apprend en économie mais si ces simples faits d’une logique aveuglante vous échappent on sort du domaine de l’omission pour rentrer dans celui de la propagande.

    4. le but d’une vie est affaire strictement personnel. Si en ce bas monde chacun s’occupait d’abord de son propre c… il y aurait moins de jaloux et d’envieux, le fond de commerce du socialisme. Que des gens gagnent beaucoup d’argent ne me gène pas le moins du monde (et je suis ce que l’on peut appeler un pauvre) du moment qu’il n’y pas de vole manifeste et ce n’est certainement pas à l’état de venir jouer les robin des bois de pacotille. Au passage n’oublions pas que robin des bois volait non pas les riches mais l’état spoliateur et redistribuait l’impôt injustement perçu, en fait c’était un vrai héros libéral.

    5. Si on comparait les déficits de nos politiques d’austérité et ceux du new deal, il faudra considérer que le new deal était une politiques de turbo-austérité.

      La crise des années 30 s’est terminée lorsque Roosevelt est mort et la situation s’est améliorée lorsque Roosevelt se détournait de l’économie pour se consacrer à la guerre.

      Payer des gens pour creuser des trous et les reboucher, obliger les employés de se syndiquer, obliger les patrons d’accepter les revendications des syndicats, fixer les prix en mettant en prison tous ceux qui ne s’y conforment pas, détruire les récoltes pour faire remonter les prix alors que les gens crevaient de faim, confisquer l’or, provoquer la faillite des banques, décréter le prix de l’or au hasard,… Vous croyez vraiment que ça fonctionne vous ?
      Si c’était le cas, pourquoi l’URSS n’a pas gagné la guerre froide ? Pourquoi la France n’est pas première économie au monde ?

      Ensuite, personne n’a dit qu’il fallait sauver les banques, excepté les interventionnistes pleurnicheurs en disant que ce serait pire…
      Sauver des entreprises en faillite n’empêchera pas la faillite, cela ne fera rien d’autre que monopoliser les ressources productives qui permettent de remplacer cette activité.
      On sait très bien le problème qu’a causé le sauvetage des vieilles industries sur l’économie. Pourquoi ce serait différent avec des banques, des états ?

      1. Merci librexavier, je connaissais pas cet article.
        Par contre, il y a 2 choses que je ne m’explique pas dans la crise de 1929:
        -pourquoi FDR a été réélu 2 fois? Par grande malhonneteté et manipulation des mass media de l’époque?
        -qu’est-ce qui a réellement créé la bulle de 1929? Au moins, les subprimes, on sait que c’est l’intervention de l’Etat pour forcer a preter aux pauvres (merci Clinton et Greenspan), mais celle de 1929?

  4. que les jeunes étudiants commencent par travailler et payer des impots, et après on verra… merci en tout cas de toutes ces passionnanates observations.

    1. Effectivement, que les jeunes se retroussent les manches, parce qu’ils auront du pain sur la planche! Mais je pense qu’on va pousser les jeunes vers la sortie avec ce genre de politique.
      Je ne m’étonnerait pas que notre jeune étudiant de prépa aille voir ailleurs plus tard, la France n’est vraiment pas un pays stimulant pour les ambitieux…

  5. Peut-on se dire socialiste quand on veut sacrifier des entreprises employant des centaines de milliers de Français, en les décapitant et les menant à la décadence ?

    Bien sur !!! Le socialisme n’est que que l’avant poste du communisme.
    Une fois l’économie libre détruite, et les millions de chômeurs créés, les plus grands dictateurs communistes auront le champs libre pour promouvoir une « nouvel ordre social » et « un nouvel homme social ». Et pour mieux appuyer leur argumentaire ils accuseront les « méchants néo-ultra-libéraux » d’avoir détruit l’économie et le travail…

    « Une rigueur est inévitable quoiqu’en disent les candidats, »
    Pour nous libéraux c’est une certitude. Mais pour nos politiques surement pas. En effet, la rigueur veut dire baisse des dépenses de l’état. Hors cela n’est pas envisageable sauf à accroitre fortement la crise. Mais pourquoi donc??? Simplement parce que près de la moitié de l’économie française est « subventionnée ». Et sans la manne étatique, sans la dépense d’état, tout ce pan de l’économie sombrerait. Et avec lui les millions d’emplois aidés, fonctionnarisés, etc etc.

    Nous savons que tous que cela serait un bien, que l’économie libre peut facilement absorber cette masse salariale. Mais pour les politiques c’est le contraire. L’économie libre est la « source de tous les maux », la source même de la crise. Donc arrêter les dépenses c’est tuer définitivement la France…

    Nous ne sommes pas sortis du pétrin !!!