Les 7 familles de droite

Publié Par Marc Crapez, le dans Politique

Les challengers de droite de Nicolas Sarkozy méritent examen. Qui sont-ils ? En quoi se démarquent-ils ? Qu’est-ce qui distingue l’offre politique de François Bayrou ?

Par Marc Crapez.

Six rivaux de droite disputent la place à Sarkozy : Bayrou, Boutin, Dupont-Aignan, Morin, Nihous et de Villepin. Hervé Morin, qui ne représente plus que lui-même, est désavoué par son propre parti. Frédéric Nihous au contraire, le candidat CPNT, défend les intérêts catégoriels de la ruralité, mais représente une véritable famille spirituelle de la France.

François Bayrou est situé à droite, où il a fait sa carrière politique. Il doit, néanmoins, être distingué des autres challengers, dans la mesure où il a rompu avec la droite et, surtout, parce qu’il n’est pas un petit candidat. Il fait partie du paysage politique, il a obtenu 18% des voix à la dernière présidentielle et il recueille l’estime d’une partie des Français. C’est donc un prétendant autrement plus sérieux que Villepin qui, bien que nommé premier ministre, n’a jamais affronté de sa vie le suffrage universel.

Bayrou et Dominique de Villepin ont comme points communs d’être à la gauche de la droite et de préconiser une sévère réduction des déficits. Boutin et Dupont-Aignan ont en commun d’être à la droite de la droite mais de ne pas mettre l’accent sur la baisse des dépenses. Leur discours a des accents de justice sociale proches de ceux de Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon.

Nicolas Dupont-Aignan défend une forme de gaullisme. Il est partisan d’une sortie de l’euro. A mon avis, il se trompe, mais ses livres souverainistes apportent un précieux contrepoint à l’hégémonie des discours européistes. Christine Boutin défend une forme de catholicisme politique. Elle a toujours fait cavalier seul en refusant les tentatives d’unification d’un courant de droite de la droite, incarné par Philippe de Villiers, Charles Pasqua ou Charles Million (dont elle s’était rapprochée).

La foire aux démagogues

Boutin fustige « l’ultralibéralisme », prêche un revenu minimum ou débite des banalités, tel le souhait de « placer l’homme au centre » ou au cœur de la Cité, ce qui ne veut rien dire en l’absence d’éléments concrets de programme économique puisque personne n’entend y placer l’égoïsme ou l’orang-outang. On croirait entendre la gauche, qui en appelle aux « hommes de progrès qui veulent le changement », comme si la droite était composée a contrario d’hommes de régression qui veulent le statu quo.

Bayrou et Villepin se distinguent de cette démagogie en insistant sur la crise de la dette. Malheureusement, Bayrou n’a pas brillé par sa pugnacité dans l’exercice de sa fonction de ministre de l’Éducation nationale. Et s’il est vrai qu’il avait attiré l’attention sur le problème de l’endettement, il n’a pas fait preuve de courage en osant cibler des réductions de dépense. Les 60.000 nouveaux postes dans l’Éducation de François Hollande ressemblent même à une mesure empruntée au tract de la campagne présidentielle de François Bayrou en 2007.

Quant à Villepin, il préconise un revenu minimum de 850 euros et, comme Boutin, s’oppose à la RGPP et à l’objectif de diminution du nombre de fonctionnaires. Ne reculant devant aucune démagogie pour prendre une posture avantageuse, il copie les slogans de gauche : « Est-ce que les Français veulent moins d’infirmières, moins d’enseignants, moins de policiers ? ». On retrouve là son travers qui entache sa fameuse prise de position contre la guerre en Irak à l’ONU. Il aurait été préférable qu’il adopte un profil moins tape-à-l’œil, afin de peser davantage sur le cours des évènements.

Au total, on peut le regretter pour le pluralisme, mais personne n’émerge comme une force alternative à droite. Quant au libéralisme, c’est le parent pauvre.

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  1. 40 lignes, machin est nul, truc est nul -> conclusion : « personne n’émerge comme une force alternative ». Alternative à qui ? A Sarkozy ? Avec un raisonnement aussi rapide, c’est sur que les indécis vont trouver Sarko génial et on va en reprendre pour 5 années de gesticulations, mensonges et profitage. (pour info: je suis de droite).

    1. Non sarko est zéro c’est marqué partout sur ce site. La conclusion c’est qu’ils sont tous minable et qu’on va dans le mur en chantant.

      Au mieux voter hollande pour que le tout s’écroule sous un socialisme de gauche parce que sous un socialisme de droite les gens vont encore accuser la liberté et réclamer encore plus d’état, plus de ciguë.

  2. sans vouloir rentrer dans des polémiques d’autant plus inutiles que nous serons tous d’accord pour dire qu’aucun des 7 ne représentent les libéraux, on a du mal à comprendre la différence de traitement que vous faites entre Morin (« qui ne représente plus que lui-même ») , Nihous et Boutin .

    Tous trois sont au même niveau du point de vue signatures et sondages.

  3. Bonjour,

    Soutien de Nicolas Dupont-Aignan, je ne comprends pas pourquoi un chercheur aussi avisé que vous peut commettre la bévue de classer ce dernier à la droite de la droite. Nicolas Dupont-Aignan est ce qu’on appelle un « gaulliste social », pour autant qu’on puisse catégoriser les hommes politiques. Il cherche donc plutôt à s’extraire de ce clivage droite-gauche qu’autre chose. S’il fallait le classer (et je sais combien cet exercice est réducteur), ce serait plutôt à la gauche de la droite actuelle.

    Cordialement,

  4. Analyse bien faible, qui rate des points essentiels… Villepin est un Chiraquien de toujours c.a.d. foncierement anti-liberal (Chirac assimilait liberalisme et totalitarisme, texto). Dupont-Aignan ne fait pas que dans la « justice sociale », il dit les plus grosses aneries sur le retour a un protectionnisme et une demondialisation (l’Etat devrait comdamner Ghosn pour sa trahison d’avoir delocalise Renault au Maroc, etc.). Boutin est non seulement completement confuse economiquement, mais elle est moralement dogmatique et autoritaire (souvenez-vous de sa comedie au moment du PACS), etc.

    1. le chiraquisme est indéfinissable par nature, je vous rappelle que Chirac a été libéral puis anti-libéral, anti-UE puis européiste, pro-nucléaire puis écologiste, anti-immigrationniste puis immigrationniste, etc…

  5. Toute grille de lecture est réductrice. J’ai proposé des associations d’idées et distingué les candidats qui, comme Sarkozy, Bayrou, Dupont-Aignan et Nihous, représentent quelque chose de tangible, qu’on partage ou non leurs vues.
    Dupont-Aignan représente une aspiration de « troisième voie » et de « droite sociale » qui peut mordre sur la gauche, mais qui se situe à droite de la droite, ne serait-ce que parce que le gaullisme est devenu une forme de conservatisme, valeur décriée par le centre-droit.

  6. Allez , je vous mets d’accord , dans la mesure où aucun n’a de politique libérale via mise en place d’un état régalien , ce sont tous des socialistes comme Hollande , Sarkozy …

  7. Dire qu’on est de la droite sociale n’a plus grand sens puisque tous les responsables de droite depuis 40 ans ont été socialistes. Entre Dupont-Aignan ou Villepin et un Sarkozy/Bayrou, ce qui les démarque est le thème de l’indépendance nationale. Nihous est peut-être le moins pire de tous de mon point de vue, Morin et Boutin n’ont aucun intérêt.

  8. Boutin est nulle. Au ministère du logement, cela a été nullité démagogique sur nullité inutile, genre maison à 15 euros et autre billevesée mille fois tentés. En plus, au niveau moralité, elle s’est fait complètement grillé par les abus en HLM de ses collaborateurs et par son cumul de revenus digne des plus grands … Elle a été incapable de se faire démissionner avec classe et est tout de suite parti dans des négociations de bas étages. Bref, non merci !

  9. Je ne sais pas qui est nulle ou non, mais en tout cas il n’y a aucun libéraux. Je ne suis pas d’accord par contre avec votre vision de Dupont Aignan. Ce type est un énarque donc, clairement un étatiste toutefois vous fustigez son positionnement sur l’Euro. Je pense que c’est vous qui vous plantez magistralement l’Europe est en pleine explosion vous refusez de le voir. Nous le voyons bien avec la Grèce. Après avir humilié ce pays pendant deux ans, on a viré un président légitime au motif qu’il voulait un référendum pour savoir s’ils comptait sortir ou non de l’Euro. Trois mois plus tard, hier même c’est le ministre allemand qui commence à imposer cette solution. On a organisé de façon massive la déflation et l’apauvrissement du pays. Rester dans l’Euro c’est subir cette déflation. Et nous la subirons. Le seul résultat va être l’explosion de la zone et de la violence sans parler du ressentiment contre les allemands depuis quelques semaines il commence à poindre très sérieusement. Vous faites une grave erreur. Vous vous réclamez libéraux mais vous soutenez des institutions qui massacrent les libertés et prive les peuples de leurs démocratie pour servir les intérêts d’un pays et d’une élite étatiste. Il y a un moment donné où il faut être consistant avec ce que l’on dit être, non ?

  10. Est-il café du commerce, selon votre formule méprisante, d’évoquer le tract de campagne de Bayrou en 2007 ?
    Si vous connaissez des chercheurs qui font de meilleurs papiers du même format, n’hésitez pas à nous les indiquer…

  11. Je trouve au contraire le propos plutôt pertinent : il souligne bien la vacuité des propositions de toutes les familles de droite. Qu’attendez vous ? De la profondeur de la part de l’échiquier politique français ? Vous allez attendre longtemps … Ca fait longtemps que les bons ont été dissuadés de continuer et sont donc partis …