Hollande flambe plus de 500.000 euros pour rappeler qu’il n’aime pas les riches

Publié Par Aurélien Véron, le dans Politique

Pour François Hollande, comme pour Nicolas Sarkozy, tout est de la faute des riches, du « monde de la finance », de la mondialisation, des marchés, bref des « autres ».

Par Aurélien Véron

François Hollande s’est enfin donné un air de leader politique. Il était temps. Au Bourget, on a vu le candidat en transe, en nage, presque habité. Par quoi, on ne sait pas trop. Mais il l’a fait devant une salle d’autant mieux chauffée qu’elle craignait le pire de la part de ce politique du consensus mou permanent. Belle comm’, payée au prix fort auprès d’André Loncle (euro RSCG, l’agence de DSK en 2011) qui va nous en faire 9 autres d’ici le premier tour. Était-ce bien vu d’ouvrir le bal de ce spectacle anti-riches par Yannick Noah, formidable chanteur aux revenus proches de 4 millions d’euros en 2010, longtemps exilé en Suisse et qui a résisté contre le fisc français pendant 15 ans pour échapper à un redressement de 1 million d’euros ? Peut-être ce petit rappel gauche caviar est-il nécessaire à la victoire. Le coup de la Porsche n’avait pourtant pas réussi à DSK.

Sur le fond, il se cache un vilain révolutionnaire aigri derrière le débonnaire François Hollande. Faisons abstraction de ses excellentes blagues, certes incisives, Hollande n’aime pas les riches, ceux qui gagnent autant que lui et ses amis du premier rang. Il n’aime par l’argent qui a toujours coulé à flot pour lui et ses proches. Écoutez cette tirade : « Il n’a pas de nom, pas de visage, pas de parti, il ne présentera jamais sa candidature, il ne sera donc pas élu et pourtant il gouverne : cet adversaire, c’est le monde de la finance ». On croirait du Maurice Thorez des années 30, en plein stalinisme béat.

Bon, il ne part pas seul en tête de cette surenchère populiste. La droite avait déjà poussé loin le curseur en septembre 2008, lorsque Nicolas Sarkozy s’était lui-même transformé en accusateur du « capitalisme financier qui avait imposé sa logique à toute l’économie et avait contribué à le pervertir »: « L’idée que les marchés ont toujours raison était une idée folle. […] Le marché qui a toujours raison, c’est fini », avait-il alors annoncé. Aboutissement de ce glissement idéologique du président de la république : la promotion de la taxe Tobin rejetée par son auteur et préconisée par les altermondialistes d’ATTAC. Et par Hollande qui le rejoint sur ce point.

Pour les deux candidats du système, Sarkozy et Hollande, tout est de la faute de la mondialisation, des marchés, bref des « autres ». Tous deux cherchent des boucs émissaires pour se défausser de leur responsabilité réformatrice. Tous deux l’ont trouvé : la finance et la mondialisation. Heureusement, ces raccourcis populistes ne déplaisent pas à tout le monde. Eva Joly a trouvé le discours « chaleureux et argumenté ». Ce seul commentaire d’une experte de la chaleur humaine devrait suffire à effrayer tout électeur avec un fond d’humanisme. En attendant, on attend toujours des solutions pour l’emploi et la croissance.

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Publié initialement sur le Lab Europe 1.

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