La dépense publique freine la croissance

Publié Par Alex Korbel, le dans Non classé

Renouer avec la croissance et réduire la dette publique passe donc par ce que la Bulgarie, la Slovaquie et la Suède font depuis dix ans : réduire le poids relatif de l’État dans l’économie. 

Par Alex Korbel

Peu d’observateurs ont tenté d’analyser le rôle que le poids relatif de l’État dans l’économie joue dans la crise des dettes publiques européennes.

Pourtant, de 2000 à 2010, 24 des 27 États membres de l’Union européenne (UE) ont vu leur niveau de dépenses publiques augmenter par rapport à leur produit intérieur brut (PIB).

Seules la Bulgarie, la Slovaquie et la Suède ont diminué leur niveau de dépenses publiques depuis dix ans.

Tableau 1 : Niveau des dépenses publiques des États membres de l’UE en pourcentage du PIB, de 2000 à 2010

Source : Eurostat, via http://www.munkhammar.org/blog/pdf/1398DR1.doc(page 5)

Beaucoup d’États membres de l’UE, comme par exemple la France, ont fortement augmenté leur niveau de dépenses publiques à partir de 2008-2009 afin d’essayer de contrecarrer les effets de la crise financière.

Comme on le voit dans le tableau 1, d’autres pays comme le Royaume-Uni et l’Irlande n’ont pas attendu 2008 pour augmenter les dépenses de l’État : on assiste au contraire à leur accroissement continu depuis une décennie.

Dans une nouvelle étude émanent du Parlement suédois (http://www.munkhammar.org/blog/pdf/1398DR1.doc), l’évolution du niveau des dépenses publiques des États membres de l’UE est comparée avec les résultats économiques des pays considérés.

Il ressort de cette étude que l’augmentation du niveau de dépenses publiques est corrélée à une croissance économique plus faible ainsi qu’à des déficits et des dettes publiques plus élevés.

Tableau 2 : PIB par habitant des États membres de l’UE, de 1999 à 2010

Source : Eurostat, via http://www.munkhammar.org/blog/pdf/1398DR1.doc(page 4)

Tableau 3: Dette publique des États membres de l’UE en pourcentage du PIB, de 2000 à 2010

Source : Eurostat, via http://www.munkhammar.org/blog/pdf/1398DR1.doc(page 5)

En revanche, comme on le voit dans les tableaux 2 et 3, les pays qui ont diminué la taille relative de l’Etat dans leur économie et qui ont maintenu des finances publiques saines durant la crise financière ont été les champions de la reprise économique.

La croissance économique n’est pas créée par le gouvernement : elle est le résultat d’une plus grande coopération entre entrepreneurs, investisseurs et travailleurs.

Comme le montrent les données chiffrées présentées plus haut, en augmentant le niveau des dépenses publiques, on augmente également le niveau d’endettement public et on retire des ressources aux créateurs de croissance.

Renouer avec la croissance économique et réduire le fardeau de la dette publique passe donc par ce que la Bulgarie, la Slovaquie et la Suède font depuis dix ans : réduire le poids relatif de l’État dans l’économie grâce à des politiques de libéralisation et de privatisation réfléchies et audacieuses.

La dépense publique freine la croissance

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Texte originellement publié le 13 octobre 2011 sur 24hGold

 

  1. cela rejoint les résultats déjà anciens de Gwartney et lawson sur la période 1960-2000 pour 23 pays.

    http://www.objectifliberte.fr/2004/12/libralisme-et-p.html

  2. Des données très intéressantes.
    Mais je suppose que les partisans d’un État massif trouveront toujours suffisamment de mauvaise foi pour rester accrochés à leurs idées malgré les faits…

    1. C’est pourquoi il y a un gros effort de pédagogie à déployer. L’affaire PIP montre à quel point les gens imaginent l’Etat comme une entité abstraite et providentielle.
      L’Etat n’a qu’à rembourser les implants mamaires ?
      Il faut leur dire que l’Etat, c’est eux et leurs voisins.
      Iraient-ils demander à leurs voisins de leur rembourser leur chirurgie esthétique ? (enfin, esthétique, si l’on veut, hein, les gros lolos vulgaires sont-ils esthétiques ?)

  3. Le discours libéral est aussi un discours pleurnichard et misérabiliste :
    Allez demander à Mark Zuckenberg de facebook ou aux fondateurs de google si ils on le sentiment que l’état ou les lois leur mettent des bâtons dans les roues. Ils s’en foutent, ça cartonnent pour eux, ils n’ont pas besoin d’aller chialer que le gouvernement ci, ou ça, les taxes patati patata.
    Chialer qu’il y a trop de taxes ou trop de freins, c’est grave un truc d’assistés.

    Les locomotives, les gens exceptionnellement brillant se passeront toujours de l’état, de fait. Vous ne servez qu’ a embêter les autres et à pourrir la sociale démocratie, par peur ou rejet du marxisme, cette idéologie pourtant vraiment du passé. Là, nous sommes d’accord.

    1. La question que vous devez vous poser c’est : combien de personnes brillantes, de Steve Jobs, de Zuckerberg, etc sont sacrifiées sur l’autel de l’étatisme ? On ne peut le mesurer, car on ne peut mesurer une réalité alternative, cependant, c’est bien le cas.

      Et surtout combien de personnes moins brillantes mais entreprenantes, plutôt que de jouir de l’assistanat, font faillites ou ne peuvent croître à cause de cela ?
      Le libéralisme crée un cadre où ces personnes : indépendants, PME, etc peuvent respirer. et jouir de leur travail. Est-ce négligeable ?

      En plus, votre social-démocratie, on voit où elle nous a envoyé…

      Mais on est encore dans le raisonnement utilitariste…
      Il y a aussi le raisonnement moral.

    2. Bien sûr qu’il existe des entrepreneurs comme Mark zuckerberg. Personne ne dit qu’il est impossible d’entreprendre et de réussir dans la plupart des pays occidentaux. Ce que disent les libéraux, c’est que le poids et l’interventionnisme étatique en Economie limitent le nombre d’individus qui 1/ souhaitent entreprendre, 2/ qui entreprennent réellement et 3/ qui réussisent dans une certaine mesure. Aux USA, il y a 9% (des millions) de chômeurs malgré Mark Zuckerberg! Réussir c’est facile à dire, à faire, c’est autre chose!

  4. Vraiment excellent les dessins de René. J’adore !

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