Nouvelle constitution en Hongrie

Publié Par Contrepoints, le dans Non classé

La nouvelle constitution hongroise voulue par le Premier ministre Viktor Orban est entrée en vigueur dimanche 1er janvier, instaurant des réformes très controversées de la Banque centrale, de la justice et de la loi électorale.

Dénoncée par l’opposition et par de nombreux mouvements de la société civile, la nouvelle constitution a suscité les critiques de l’Union européenne quant à la compatibilité de ces lois avec le droit communautaire. Dans la nouvelle constitution, l’appellation République de Hongrie disparaît au profit de la seule Hongrie. Une référence explicite à Dieu (« Dieu bénisse les Hongrois »), y est désormais inscrite.

Fort au Parlement de la majorité des deux-tiers de son parti conservateur, le Fidesz, Viktor Orban a donné à une série de lois une valeur constitutionnelle, qui ne pourront donc être modifiées que par une majorité des deux-tiers des députés. Or, il est peu probable à l’avenir qu’un gouvernement issu de l’opposition dispose d’une telle majorité. Il en est ainsi de la loi sur la stabilité financière, qui inscrit dans le marbre le taux unique de 16% de l’impôt sur le revenu.

Dans le domaine politique, la constitution rend rétroactivement responsables des crimes communistes commis jusqu’en 1989 les dirigeants de l’actuel parti socialiste (ex-communiste). Côté religion, elle réduit d’environ 300 à 14 les communautés bénéficiant de subventions publiques. La nouvelle constitution décrète également que l’embryon est un être humain dès le début de la grossesse. De même, le texte stipule que le mariage ne peut avoir lieu qu’entre un homme et une femme.

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  1. Ceux qui hurlent contre Orban sont souvent ceux qui appellent à la démocratie et la souveraineté du peuple. Pourtant il me semble bien que l’actuelle Chambre et le Gouvernement qui en est issue sont bien des émanations de cette volonté et de cette souveraineté. 2 poids 2 mesures et fonction de qui est au pouvoir?

    Si on exclu cette théorie et que l’on s’intéresse aux nouvelles dispositions en s’interrogeant si oui on non elles constituent une menaces en tant que telle pour les droits et libertés individuelles je ne vois que la responsabilité rétroactive qui est éminemment critiquable. La chute du gouvernement communiste aurait sans doute été beaucoup plus brutale si une certaine forme d’amnistie n’avait été reconnue. C’est trop facile, 30 an plus tard, de vouloir faire mieux que ceux qui ont effectivement du négocier et se battre pour que la révolution se passe en douceur.

    1. s’agissant de la responsabilité rétraoctive des dirigeants communistes il est normal qu’ils répondent de leurs actes et activités criminelles. Ces derniers devraient être considérés comme des crimes contre l’humanité et, à ce titre, être imprescriptibles. On va bien chercher des responsabilités à des grabataires comme Pinochet