Quatre paradis fiscaux classés AAA

Publié Par Contrepoints, le dans Non classé

Si les agences de notation venaient à dégrader les dettes publiques des pays de la zone, il ne subsisterait plus que 7 pays dont 4 « paradis fiscaux » avec une note AAA.

Un billet d’humeur du Parisien Libéral

C’est le titre qu’a choisi un journaliste du vénérable quotidien du soir pour illustrer le fait qu’aucun pays de l’Union européenne n’échappe donc plus au doute sur ses comptes publics.

Regardons un peu sa liste

Sur le tableau de Standard & Poor’s, ne subsisteraient que sept pays notés AAA.

Trois États nations:

  • Canada
  • Australie
  • Norvège

Et… Quatre paradis fiscaux :

  • Hong-Kong
  • Liechtenstein
  • Singapour
  • Suisse

Ainsi, au moment où les agences de notation stigmatisent les déficits publics de la plupart des États, elles encensent ceux qui siphonnent leurs recettes fiscales.

Arrogance, mauvaise foi et désinformation, on ne sait pas ce qui prédomine dans ce propos.

Commençons par l’arrogance. Le Canada, l’Australie et la Norvège seraient des États-nations, mais pas Hong Kong, le Liechtenstein, Singapour ou la Suisse. Question : qu’est-ce qu’un État-nation ? L’Unesco dit « L’État-nation est un domaine dans lequel les frontières culturelles se confondent aux frontières politiques. L’idéal de l’État-nation est que l’État incorpore les personnes d’un même socle ethnique et culturel » mais ajoute aussi « La nation comme nous la pensons aujourd’hui est un produit du 19ème siècle. Depuis les temps modernes, la nation est reconnue comme « la » communauté politique qui assure la légitimité d’un État sur son territoire, et qui transforme l’État en État de tous les citoyens ». L’État-nation est donc une identité partagée sur un territoire.

Est-ce que le Canada, État fédéral bilingue né il y a moins de deux siècles, dont le souverain réside à l’étranger, est un État-nation ? Est-ce que la Suisse et ses 800 ans d’histoire n’est pas un État-nation ? Comment se perçoivent les habitants du Liechtenstein ? Déchiffrages répond à leur place, sans nuance, car seul le modèle ultra-étatiste et jacobin est le bon modèle.

Continuons par la mauvaise foi.

Cliquez pour agrandir la carte.

L’ARC, le fisc canadien, dit :

  • on n’y prélève aucun impôt, ou à des taux d’imposition très bas ;
  • il existe des dispositions rigoureuses en matière de secret bancaire ;
  • le fonctionnement de son régime fiscal manque de transparence.

Question : combien est-ce très/trop bas ? Est-ce que le secret bancaire est un crime, et si oui, que fait-il dans la Loi française (Loi du 24 janvier 1984 article 57). Qu’y a-t-il de transparent dans le système fiscal français et ses 480 niches ? Est-ce que la France coopère toujours avec les pays étrangers ?

Enfin, terminons par la désinformation. Les recettes fiscales françaises ne reculent pas. Elles progressent, en France, de manière relative et absolue comme le montrent les chiffres de l’INSEE . Parler de siphonnage des recettes fiscale est faire preuve d’un esprit protectionniste qui doit aller jusqu’au bout et proposer, par exemple, de reverser le produit de la TIPP ou la TVA collectée sur les factures d’électricité aux ouvriers et aux mineurs du Gabon ou du Niger, puisqu’ils voient leurs matières premières (et donc leur base fiscale) vendues à bas coût à la République Socialiste de France. Si on veut être socialiste, il faut l’être jusqu’au bout, et identifier le vrai prolétaire.

Évidemment, le bon sens commande non pas de dénoncer les paradis fiscaux mais de se demander si par hasard nous ne serions pas devenus un enfer fiscal, à tout hasard. Contribuables, indignez-vous contre la pensée unique ultra étatiste !

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Sur le web

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La légitimité du rôle des paradis fiscaux.

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  1. C’est ridicule de mettre la Suisse dans les paradis fiscaux, sachant que chaque canton a une fiscalité différente. On peut payer par exemple jusqu’à 10 fois plus d’impôts à Neuchâtel qu’à Zoug.

  2. Finalement le monde c’est très facile à comprendre :

    Les cancres se retournent contre les bon élèves pour ce venger de leurs propre médiocrité.

    Et la crise c’est les Dugenoux qui ont tout payé à crédit pendant 25 ans et qui gueulent contre les préteurs parce qu’il ne veulent pas continuer a filer de la thune.

    Le plus ahurissants dans tout ça c’est la mauvaise foi généralisée dont arrivent à faire preuve vos médias. A ce stade c’est de la propagande à la grande différence que les propagandistes en général savaient que c’était de l’enfumage.

    1. C’est encore plus bas que pour se venger : ceci, au moins, supposerait qu’ils sont capables d’effectuer un raisonnement construit ; qu’ils sont ne serait-ce que conscients de leur médiocrité, de leurs erreurs.

      Or, la raison, ils n’en usent que pour avoir quelque chose à quoi se raccrocher : dans le fond, ça pourrait être n’importe quoi d’autre, comme par exemple une branche (si seulement !). Peu leur importe ce à quoi ils croient, du moment qu’ils croient à quelque chose (et qu’ils ne se sentent pas trop seuls sur leur branche).

      S’ils se retournent contre les bons élèves, m’est avis que c’est surtout parce que, une fois leurs croyances démontées, le vernis saute, et en-dessous ne reste qu’une peur animale, bestiale, sans rien de précis vers quoi se tourner, ce qui ne peut donc laisser place qu’à la violence, à un moment ou un autre…

      En bref, je pense qu’ils ne se comportent qu’instinctivement, comme un animal, même familier, serait prêt à manger son maître, si celui-ci arrêtait de le nourrir. En somme, même pas de méchanceté (si seulement : ce serait déjà un commencement de preuve de raison, même primitive) : tout au plus de la sauvagerie.