Droit du sol, droit du sang : Les Aventures de Boutin « On a marché sur la France »

Publié Par Monsieur Z, le dans Contrefout

Pour Madame Boutin, devenir Français doit demander une démarche volontaire d’apprentissage de la culture.

Un billet d’humeur de Monsieur Z

Comment Christine Boutin peut-elle exister un peu au milieu d’une campagne radioactive pour les Verts et le PS, rébarbative pour les souverainistes et très peu hâtive pour François MoDem ?

Cette fois-ci, il ne s’agit plus de se réapproprier une idée monétaire et de donner des explications médiatico-foireuses. Proposer la suppression du droit du sol c’est surfer sur une des grandes pétitions de principe de notre époque, celles qui traduisent dans l’action de nos politiciens cette volonté quasiment obsessionnelle d’en découdre au nom de certains électeurs et de plier la réalité et les faits pour qu’ils tiennent bien dans le cadre de la photo républicaine idéale à leur vendre avant la prochaine pantalonnade électorale.

En écoutant l’extrait d’une intervention de Claude Guéant lors d’une interview menée par Le Figaro, Christine Boutin déclare donc :

devenir Français doit demander une démarche volontaire d’apprentissage de la culture, de la langue, du respect de nos codes.

Madame Boutin habille l’euphémisme d’un peu de panache national, c’est une technique politicienne quand on n’a pas le courage de relayer plus franchement une idée qui gratouille la gorge de quelques milliers d’électeurs potentiels mais pour laquelle on craint encore honteusement d’afficher ses propres expulsions glaireuses au moment de l’exprimer.

Ici, c’est l’idée que les étrangers sont indésirables en France parce qu’ils ne s’y établissent pas pour la grandeur et la beauté de la nation, pour l’éclat universel de sa culture, bref pour l’amour de ce magnifique pays que le monde entier nous envie, système de sécurité sociale en tête.

Non, pour certaines catégories d’entre eux, peu importe leur proportion, les lois inutiles ne s’encombrant pas de la réalité des chiffres, ils ne font rien qu’à parler leur langue natale et pratiquer leur religion, à miner le marché du travail pour les natifs (quoi qu’en disent les gens qui étudient sérieusement la question), quand ils ne sont pas tous simplement inaptes à produire une quelconque richesse en travaillant mais juste bons à toucher de juteuses allocations.

Sur ce dernier point, en tout bon libéral qui se respecte et qui déteste à un point peu descriptible le pouvoir hautement nuisible des perfusions étatiques, je pousserais la provocation en disant que Christine Boutin méprise totalement l’excellent apprentissage qu’ont fait certains immigrés de la grande culture française… d’assistanat social !

Croyez-vous madame Boutin capable de se poser honnêtement la question de ce qui fait l’attractivité réelle de la France aux yeux des dernières générations d’immigrés notamment et de supporter le reflet renvoyé par le miroir des mesures politiques sur la question ?

Elle y verrait quelque chose de très peu respectable où le contrôle étatique de l’immigration aboutit aux passe-droits, à des mesures injustes et au développement de filières illégales – outre son inefficacité avérée malgré des numéros clownesques d’auto-satisfecit chiffrés.

Elle baignerait dans un morne décor collectiviste, où sont presque définitivement enterrés depuis près de 30 ans, responsabilité et liberté individuelles, goût d’entreprendre et volonté de ne pas vivre aux crochets de l’autre.

Elle aurait le plus grand mal à distinguer l’opportunisme de l’opportunité, celle de laisser les gens circuler et s’installer librement, négocier leurs conditions d’emploi, leurs conditions de vie et de logement, mesurer les chances qu’ils ont à s’établir durablement dans tel ou tel pays, se faire accepter ou virer par les personnes auxquelles ils se confrontent, mais surtout sans que l’État ne vienne y fourrer son nez.

Elle comprendrait peut-être que la nécessité des contrôles et des lois qui la rassurent devrait s’effacer devant la nécessité pour les individus de s’adapter à un environnement dont elle n’aurait pas défini les règles artificiellement, de vivre dignement sans devenir des junkies cherchant leur dose quotidienne d’aide sociale, et ce, même s’ils écorchent encore les mots de la langue française et les codes culturels qu’elle affectionne.

J’ai ce jour une pensée émue pour B.R., décédé il y a un an et qui, fraîchement arrivé de son Algérie natale a réussi l’exploit insurmontable de s’intégrer dans le paysage français, tout comme les cinq enfants issus de son mariage sur le territoire et ce, sans avoir jamais suivi le parcours initiatique souhaité par Christine Boutin à l’immigré moyen pour qu’il accède au rang élevé de la pyramide du mérite et de l’appartenance nationale, suivi de très près par la Brigade d’Apprentissage de la Culture et de la Langue (BACL).

Mais ne nous excitons pas, ce n’est probablement qu’une des rares exceptions à relever chez plusieurs millions d’immigrés installés par générations successives en France depuis les années 50.

Vite, une loi !

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  1. Vous savez, on peut être contre le droit du sol et cependant libéral. On n’est pas obligé de penser que les immigrés volent une part du gâteau de l’emploi aux français pour constater que l’assimilation de millions d’étrangers est impossible.
    On a le droit de constater, même si l’on ne surfe pas sur le nationalisme facile, que la culture française -construite sur des siècles d’histoire- est en train de disparaître, laissant place à une espèce de mélange insipide, mâtiné d’islamisme et de détestation du « céfran ».
    On peut -on doit- remarquer que des quartiers entiers dans nos villes donnent l’impression de se trouver à l’étranger. Djellabas, voiles, hijabs, babouches, et turbans deviennent dans ces endroits les vêtements les plus couramment constatés. Les commerces se transforment en une suite de bazars, d’épiceries, de kebabs, et de taxiphones, en lieu et place de la richesse commerçante d’autrefois.
    La France que nous avons connue, et qui résiste encore à certains endroits, est en train de disparaître. Il ne me paraît pas choquant de le regretter.

    1. Cher DomP, il y a un écart notable entre faire des constats de problèmes au quotidien dont je ne remets absolument pas en cause la réalité (mais plutôt l’impact réel et la gravité, ceci étant un autre sujet) et faire (ou modifier) une loi qui se révèlera inutile et disproportionnée par rapport aux problèmes constatés et au ressenti exprimé.

      Je pense qu’une vraie position libérale sur le sujet permettrait par exemple de redonner l’autonomie de décision et d’action à de nombreux acteurs du terrain ainsi que l’autorité et le pragmatisme indispensables pour gérer correctement des situations « problématiques » du vivre-ensemble.

      Reprenons l’exemple du foulard islamique dans les écoles qui aura permis d’accoucher d’une loi pour à peine plus de 70 cas référencés à l’époque là où l’on pouvait seulement se lamenter de l’impossibilité pour un directeur d’établissement de faire appliquer un simple règlement(si tant est qu’il est pertinent d’accepter une tête vide mais présentable plutôt qu’une tête bien pleine mais recouverte).

      Je reste persuadé qu’une loi ne sera jamais plus efficace que de simples usages et règles de vie librement consentis et négociés car issus de la simple confrontation à la réalité.
      Encore faut-il que cette confrontation soit acceptée et si c’est le cas qu’elle soit assumée avec un peu de courage et de volonté plutôt que par le refuge facile dans la rancoeur et l’aigreur.

      Si pour plusieurs millions de Français l’enjeu est réellement la sauvegarde d’une culture, voire d’une civilisation à en croire les plus alarmistes, je doute de la puissance de feu d’une simple loi.

      La nature a horreur du vide.

  2. Le regretter est une chose, qui n’engage que vous, par contre, légiférer en est une autre.
    Pourquoi tous ces commerces que vous décriez s’installent ? Parce qu’il y a une demande. Si il y a une demande, pourquoi l’interdire ?
    De même, pourquoi penser que notre culture est la bonne, et que toute personne ‘différente’ doit, non pas s’adapter, mais renoncer à ses conviction pour pouvoir vivre avec nous ?
    Les Chinatowns aux USA attirent les touristes français, avec leurs enseignes en Mandarin, leur architecture typique, leurs commerces, etc. Pourquoi chez eux et pas chez nous ?
    Le problèmes des banlieues ne vient-il pas justement de la perfusion d’aides sociales, qui permettent à des gens de vivre en France sans participer à l’économie, sous forme de parasite, au lieu de trouver un véritable rôle dans l’économie ?
    Les lois restrictives sur le travail ne sont-elles pas la cause du chômage de masse dans ces quartiers ?
    L’école républicaine n’est-elle pas une des cause de l’échec de ses quartiers, où l’ont demande la même chose aux enfants de notables et aux enfants immigrés dont certains ne maitrisent que très partiellement la langue française ?

    1. Mais non voyons, pensez-vous, il faudrait que les futurs arrivants autorisés par quotas sévèrement contrôlés soient français avant le passage à la frontière. Je propose même qu’on crée un classe préparatoire d’intégration.

  3. Personnellement, je n’ai rien contre les arabes, les africains ou l’Islam, mais ils appartiennent à un monde différent du mien et de celui que je souhaite pour mes enfants. Que ce soit du point de vue culturel, du rapport au monde, des relations hommes-femmes, du droit, de la religion…

    l’africanisation de l’Europe, je n’en veux pas, tout simplement.

    1. Mais… Arthur, visiblement dans votre esprit il est très très clair qu’Arabes, Africains et musulmans sont différents de vous et que vous ne souhaitez pas vivre avec eux.
      Vous avez donc besoin que ce soit tamponné par l’état au cas où il y aurait un doute ?

      Est-ce que Christine va leur apprendre à parler français pour qu’ils se mettent debout dans la classe et répètent « je ne suis pas français mais je vais peut-être le devenir » ?

      1. non, mais qu’on arrête les naturalisations et le regroupement familial, ainsi que toutes les allocs étatiques en direction des clandestins.

        Je ne demande aucun flicage ou mesures de rétorsion envers ces individus ; juste qu’on évite de leur filer des papiers à tour de bras.

          1. Une réponse trop  « technique » à mon gout quand il faudrait un souffle d’humanisme et d’universalité pour aérer ce débat un peu pesant.
            Ne mérite t-il pas [ce débat] de plus de tolérance,  de hauteur morale, de dépassement, bref de luminosité cérébrale ? 

  4. Vous croyez toujours que les étrangers vivent des alloc’ et des aides sociales??? pauvre français, vous absorbez tt ce qu’on vous sert. avant on avaient goebbels mnt c’est les ministres de l’intérieur et de l’immigration qui se chargent de la propagande , dans une société devenue malgré elle fasciste (point godwin, merci), il faut absolument un ennemi sur lequel on va diriger ttes les accusations et justifier ainsi tt les maux dont souffre le peuple.
    je ne suis pas français, mais je suis tombé amoureux de ce pays, je m y suis installé avec des retours réguliers au maroc. entre mon salaire et celui de ma femme (voilée, je l’ai connu comme ca!! c son choix, ni moi ni c parents nous ne lui avons imposé…comme quoi) on tourne au alentour de 9000eu/mois net, avec pas mal de cotisation et d’impôts que nous sommes fier de payer. et on est pas des exceptions loin de la. Sortez un peu de vos clichés apaisant…

    1. Au lieu de venir insulter ici, ce serait mieux d’aller troller sur les sites bienpensants afin d’appuyer la revendication du CRAN sur les statistiques ethniques. Puisque nous autres contribuables racistes devons raquer pour les aides sociales et allocs, ce serait légitime de savoir à qui elles sont destinées. Cela vous permettrait tout aussi légitimement de hurler au racisme s’il se confirme que l’immigration est une chance pour la France.

      1. Hugues, je ne sais pas personnellement si l’immigration est une « chance pour la France », mais c’est au moins une réalité et ce n’est sûrement pas en jouant à « c’est toi as été raciste le premier, rends-moi mes allocs » qu’on va donner une (dernière) chance à la France.

      2. je n’insulte pas je vous dis seulement une vérité, puisque ce ne parle que d’alloc’ et de profiteurs ici, et de concours de qui est le plus français, je pense qu’en comparant nos deux fiches d’impositions je serai plus français que vous, donc votre logique erronée gardez la pour la placer dans une discussion une fois vous serez dans le bistrot du coin

    2. karimL: « Vous croyez toujours que les étrangers vivent des alloc’ et des aides sociales??? pauvre français, vous absorbez tt ce qu’on vous sert. »

      Que nenni, cher karimL, que nenni et en voici la preuve, c’est à dire ce qu’il faut pour que la vieille Europe miteuse, qui sent le formol et la poussière, se relève enfin malgré les défis qu’elle n’a pas su relever et les balles dans le pied qu’elle s’est mises toute seule sans savoir comment en guérir:

      la soluce de ce jeu grisant est ici:

      http://www.youtube.com/watch?v=K27PSZ7aaYI

      1. Où peut-on s’inscrire, Vénérable Professeur ? En ces temps où les autorités ferment les yeux sur la polygamie, je veux bien en prendre 3-3 de cette académie. Pour pallier le déficit démographique, bien sûr.

  5. ce que dit cette dame me semble marqué du coin du bon sens : http://www.youtube.com/watch?v=1h2MO4GEN90&feature=related

    il y a un problème chez certains libéraux, qui consiste à dire que parce que l’Etat, un élu ou un fonctionnaire prétend parler et s’occuper d’un truc, c’est forcément caca. Du coup un sujet comme les transformations culturelles et sociologiques majeures produites par l’immigration est un angle mort pour ce libéralisme-là.

    1. Malika Sorel propose une énième solution étatiste à des problèmes individuels. Par exemple, faire appliquer un énigmatique « trouble à l’ordre public » pour lutter contre les processions religieuses dans les rues alors qu’il suffirait de les privatiser. De plus, elle ne comprend rien à ce qu’est la laïcité.

      Là où il n’y a pas des droits de propriété privée clairement définis, il y a du bordel.

      1. quand on a un marteau en tête, tous les problèmes ressemblent à des clous. C’est un peu votre problème.

        On a bien compris que les solutions étatiques ne sont pas toujours la panacée. Mais, en l’occurrence, le problème des prières dans les rues n’est qu’un minuscule symptôme de l’énorme problématique que constitue le bouleversement culturel et sociologique entrainé par l’immigration en cours et à venir en Europe. Il est tout à fait « libéral » de poser cette problématique, puisqu’Hayek ne faisait finalement pas autre chose en analysant l’importance des règles de juste conduite sélectionnées par la tradition et la culture en vigueur dans une société donnée.

  6. Pauvre politiciens, toujours parler d’immigration et d’islamisme pour ce demarqué des autres!
    Il faudrait mieu que vous parliez des vrais problèmes economique et de la crise que traverse la france…

  7. Pourquoi l’Afrique?
    Parce que la France l’a colonisée pendant plus d’un siècle, l’a pillé, l’a déraciné, lui a imposé sa « culture » et l’a surtout rendue dépendante de la France donc ce qui se passe actuellement n’est que conséquence des actes prédécesseurs. A ce stade, soit on assume en essayant d’en tirer quelque chose, soit on nie et on empire la situation pour les générations futures.

    1. Oh ! Ça va ! Ce genre de connerie on connait, merci.

      D’abord la France n’a pas été seule, il y a eu l’Angleterre, la Belgique, l’Allemagne, le Portugal. Et puis il ne faudrait pas oublier les sommes colossales qui ont été injectées pour construire des dispensaires, des hôpitaux, des écoles, des routes, des ponts. On oublie les masses d’argent englouties pour payer les armées de fonctionnaires destinés à faire fonctionner toutes ces infrastructures. Quant au niveau culturel, elle n’a rien imposé pour peu que l’on veuille bien considérer que le tribalisme et les guerres et massacres continuent, que l’animisme et autres cultes existent toujours, que l’Afrique est riche de ses cultures. Tout juste on pourrait parler des langues officielles qui ne sont pas toujours celles du pays, mais celles de l’ancien colonisateur.

      Maintenant regardons les 50 années d’indépendance passées. Quel résultat ? J’en vois bien un au delà du marasme agricole, démographique, sanitaire,… De voix africaines de plus en plus nombreuses évoquent avec regrets le temps des blancs y compris en Afrique du Sud où on les présentait comme les derniers grands méchants du monde civilisé. Quelle blague,depuis le pays s’enfonce dans le chaos avec un taux de meurtres à faire pâlir le Chicago des années folles, les fermes tellement productives ne produisent quasiment plus rien depuis qu’elles ont été volées et confiées aux noirs qui ne cultivent plus qu’un ou deux hectares pour assurer la nourriture de la famille et un peu de cash avec la vente du surplus.

      Les vrais responsables de la situation de l’Afrique ce sont les africains.

  8. Dans les années cinquante, en Algérie, les musulmans ont considéré que les chrétiens qui étaient là depuis 5 générations et les juifs qui étaient là avant eux, n’avaient plus le droit de rester dans ce pays. Les chrétiens et les juifs sont partis.
    Je trouve qu’il serait judicieux que l’on consulte par référendum, les français, sur leur volonté de vouloir continuer à cohabiter avec des musulmans.
    Ce serait effectivement « délicat » parce que maintenant que les journalistes et les politiques ont définitivement gravé dans nos têtes que le Maghreb était une « terre d’Islam », cela nous à définitivement vacciné qu’ici, c’était une terre « Judéo-Chrétienne »
    Et malheureusement, tant que cette population « exotique » n’aura pas été adoubée par les français, elle n’aura aucune légitimité sur notre territoire.
    Il est suicidaire de penser que les français vont accepter un changement de civilisation. Il y aura à terme une guerre civile si on laisse pourrir cette situation.
    L’ensemble de la classe politique à confisqué le démocratie en oubliant que notre constitution était née d’une révolution où le peuple a coupé la tête de ceux qui s’opposait à lui.
    Et moi, qui pense comme vous, que chaque individu devrait pouvoir vivre où il veut, je suis presque sûr que je verrai un jour des horreurs…