Non, le déficit budgétaire américain ne sera pas résorbé

Publié Par Jacques Garello, le dans Amérique du Nord

Pour Jacques Garello, l’absence d’accord sur la réduction du déficit américain incombe surtout aux démocrates qui ont refusé de réduire les dépenses dites sociales.

Un article de Jacques Garello publié en collaboration avec l’Aleps.

Jeb Hensarling, représentant au Congrès du Texas, républicain, partage la présidence du « Comité de la Réduction de la Dette » avec le sénateur Patty Murray, démocrate. Il vient d’expliquer dans un article au Wall Street Journal (22 novembre) pour quelles raisons le Comité, composé paritairement de Républicains et Démocrates, a totalement échoué, ce qui n’arrange pas la cote financière des États-Unis, déjà bien basse (mais l’administration Obama et la FED ont une autre stratégie pour financer la dette publique : on fabrique du dollar).

Le défi lancé au Comité était de trouver les moyens de réduire de 1.200 milliards de dollars le déficit budgétaire. Jeb Hensarling rapporte que les Démocrates ont refusé tout plan de réduction qui ne serait pas organisé autour de l’augmentation des impôts, dont les Républicains et les électeurs américains (59 % d’après les derniers sondages) ne veulent pas. Les Républicains ont estimé que le foyer des déficits est le financement des programmes Medicare (prise en charge des soins de santé pour les retraités) et Medicaid (pour les indigents). Le Président Obama en avait imprudemment convenu en janvier 2010 : « Ce sont les dépenses de santé qui pèsent sur l’équilibre à long terme de nos finances publiques ».

La logique voulait donc que l’on s’attaque à ces dépenses, et les Républicains, qui croient à l’économie marchande et à la concurrence, n’ont cessé de proposer de confier la couverture sociale au secteur privé, tout en conservant les garanties offertes par les deux programmes publics actuels. Ce serait moins cher, à coup sûr. Les républicains ont proposé un système à option : les assurés pourraient choisir soit de rester dans Medicare soit de se couvrir par les compagnies privées, avec une déductibilité fiscale. Une autre proposition conjointe d’une républicaine Alice Rivlin et d’un démocrate Pete Domenici a été avancée, tendant à dresser une liste des compagnies agréées par Medicare. Les Démocrates ont globalement refusé ces propositions, mais se disent prêts à réformer la réforme de Medicare, suivant un nouveau plan « structurel » dont personne ne sait rien – et pour cause !

Les Républicains, cette fois-ci, ont rompu les travaux du Comité. C’est un procès-verbal d’échec que Jeb Hensarling estime inéluctable : «En fait, nous ne pouvions combler le fossé qui existe entre deux visions radicalement opposées du rôle du gouvernement dans une société libre : concevoir et mettre en œuvre un filet de sécurité sociale ou respecter les fondamentaux de la création d’emplois et de la croissance économique ».

Les États-Unis ne sont pas la patrie du capitalisme sauvage, depuis Roosevelt l’État Providence s’est installé et a atteint un pic avec Obama. La rançon est lourde : comment les déficits vont être financés maintenant, sinon par l’inflation ?

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