Comment revenir à l’étalon or ?

Publié Par Contrepoints, le dans Monnaie et finance

Dans un article du magazine Forbes publié le 11 novembre 2011, Nathan Lewis décrit avec facilité une méthode pour revenir à l’étalon or. Après tout, cela a été accompli un certain nombre de fois dans l’histoire tout autour du monde, y compris aux États-Unis durant la guerre de sécession.

Par Bob Adelmann (*), États-Unis

Trois méthodes y sont décrites.

La première façon est le retour à la parité antérieure. Cela signifie qu’un dollar pourrait être converti en or à 35$ l’once. Nathan Lewis souligne que la méthode est impossible à employer. Elle entraînerait en effet un rétrécissement considérable de la masse monétaire et plongerait les États-Unis dans une dépression conséquente. Ce n’est pas une bonne solution.

La deuxième façon est de permettre la conversion du dollar à un taux proche du prix actuel de l’or, c’est à dire entre 1500$ et 1700$ l’once. Nathan Lewis démontre que cette solution aurait des effets pervers tout comme la précédente, dirigeant le pays vers une récession et une nécessité de faire de restructurer l’économie. Ce n’est pas non plus une bonne solution.

La troisième option serait le remplacement de la monnaie par une autre et de rendre la conversion en or possible à une valeur arbitraire lié au prix de l’or. Cette option ne s’appliquerait qu’après la chute du dollar, de manière égale au Mark dans la république allemande de Weimar au début des années 1920. Ce n’est pas une bonne solution, du moins, pour le moment.

Mais le retour à l’étalon or est inévitable selon Lew Rockwell. Il déclare:

L’or limite la flexibilité et le champ d’action des banques centrales. Avec l’étalon or, une banque centrale ne peut pas « stimuler la croissance et gérer la stabilité des prix ». Elle ne peut pas être non plus prêteur en dernier recours. Enfin, sous l’étalon or, les banques doivent assumer leurs propres pertes et ne peuvent être renflouées.

La beauté d’un système étalon-or à 100% est qu’il redonne le contrôle monétaire dans les mains des propriétaires, c’est à dire les citoyens eux-mêmes. Cela devient une activité économique normale, comme l’achat d’une paire de chaussure ou d’une citerne de gaz. La valeur réelle est échangée contre de la valeur réelle, pas une promesse étatique en papier.

L’or remplit les cinq éléments essentiels pour être utiliser comme une monnaie : il est liquide, stable, fongible, peut être commercialisé et sert de réserve de valeur.

Le grand avantage de l’or, c’est qu’il n’est pas du papier. À propos du système monétaire mondial à base de papier, Charles Scaliger remarquait dans un précédent article du New American:

Depuis que Nixon a tué l’étalon or, le taux de chômage a atteint en moyenne plus de 6%. En outre, les États-Unis ont subi les 3 pires récessions depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Le taux de chômage moyen en 1975 était de 8,5%, près de 10% en 1982, et autour de 8,8% depuis deux ans, avec peu de preuves d’améliorations à venir.

Cette performance est horrible par rapport à la période post seconde guerre mondiale qui a duré de 1947 à 1970. Pendant ses 21 années de fluctuations économiques, le chômage n’a jamais dépassé 7%. Il était autour de 5% de moyenne. »

Ainsi, l’étalon-or a un dossier historique convainquant, mais les chemin vers son retour semblent limités et prendraient un minimum de 5 ans.

Lorsque les États-Unis sont revenus à un étalon-or après la guerre de sécession, le processus a pris 14 ans et a entraîné de vifs débats, plusieurs actes du congrès (incluant le Public Credit Act de 1869 et le Specie Payment Resumption Act de 1875). Une fois que les citoyens ont réalisés que leur monnaie papier était désormais remboursable en or, la restauration complète s’est faite rapidement.

Dans un article paru dans le New York Times, James Grant, rédacteur du Grant’s Interest Rate Observer, a déclaré que la réintroduction de l’étalon or prendrait du temps. Il note:

Les États-Unis devraient d’abord convoquer un sommet monétaire international. Un Ben Bernanke (l’actuel président de la réserve fédérale américaine (FED), keynésien) déconfit devrait alors admettre qu’il ne peut pas voir dans le futur et qu’il a besoin de l’information nécessaire pour mener à bien ce retour à l’étalon or.

Une fois cette corvée humiliante terminée, les délégués pourraient se mettre au travail technique et proposer un taux de change entre l’or et le dollar. Les autres pays n’auraient alors qu’à faire de même avec leur monnaie.

La vision de James Grant exclut toute reconnaissance d’un intérêt direct dans la continuité de la monnaie papier par l’establishment anglo-saxon ou même l’existence de la City à Londres, et il oublie que Ben Bernanke ne fera jamais un tel aveu.

Au lieu de cela, le projet de loi défendu par le représentant Ron Paul, « Free Competition in Currency Act of 2011 » ou HR098, fournit un chemin bien plus clair, simple et court pour transformer le dollar en or.

Il suffit d’abroger les lois « Legal Tenders » (imposant l’utilisation des dollars dans les transactions) et de permettre aux citoyens de choisir les options résultantes sur le marché libre. Ce marché libre créerait une concurrence directe avec les billets de la réserve fédérale. Ron Paul dit à ce sujet:

Ce projet de loi élimine trois des principaux obstacles à la circulation d’une monnaie saine: les lois fédérales qui forcent l’acceptation de la monnaie de la réserve fédérale, les lois contre la contrefaçon qui n’ont pas d’autre but que d’empêcher la création de monnaie privée, et l’impôt qui pénalise l’utilisation de l’or et de l’argent comme monnaie.

Avec la promulgation de la loi de Ron Paul, le libre marché générerait des monnaies alternatives que les gens pourraient choisir, soutenus par l’argent, l’or, ou peut-être même le sirop d’érable.

Dans la libre concurrence du marché, la FED deviendrait rapidement un musée antique, et permettrait de se souvenir comment le peuple américain a perdu sa liberté.

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Article de Bob Adelmann(*) paru sur The New American le 11 novembre 2011, traduit depuis l’américain par JusHoran pour Contrepoints.

(*) Bob Adelmann est un journaliste libertarien et un businessman connu pour son analyse sur le rôle de la Federal Reserve dans l’histoire des États-Unis. Il est membre influent de la John Birch Society et de la National Rifle Association.

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  1. Article très intéressant sur le déroulement possible d’une remise en cause du système actuel, qui empêche toute concurrence entre les monnaies (à qui profite le crime) et confirme les écrits de Frédéric Bastiat : « la concurrence c’est la liberté  » , la liberté de choix . CQFD !

  2. il est évidement que ce système serait beaucoup plus juste!!
    malheureusement les banques feront tout pour empêcher sa mise en place car elles gagneront alors beaucoup moins d’argent qu’aujourd’hui…