Mythes et mensonges : l’arme

Publié Par Contrepoints, le dans Police et armées, Sujets de société

Les armes sont un des sujets les plus décriés dans nos sociétés, pas toujours à raison.

Article de Vol West repris de son blog Le Survivaliste avec son aimable autorisation. Vol West réside dans le Montana. Il est l’auteur du blog francophone Le survivaliste qui est l’une des références dans son domaine. Le survivalisme est une discipline ou une vigilance orientée vers la vie ou la survie dans des conditions hostiles, ce qui consiste notamment à se doter d’une autonomie individuelle capable de suppléer temporairement ou durablement aux fonctions support habituellement collectives : sécurité physique, eau, électricité, circuits de distribution, etc. Prévention utile en temps de crise le survivalisme se donne l’ambition d’affronter à moindre mal aussi bien les ouragans tropicaux que monétaires, ou tout simplement la délinquance ordinaire ou les coupures d’électricité ponctuelles lors d’hivers trop rudes pour les infrastructures existantes.

 

Toujours la cible d’une réflexion protectionniste, l’arme, et plus précisément l’arme a feu, est aujourd’hui plus que jamais la source de nombreux malentendus, de nombreux mythes et mensonges.

En voici quelques uns…

1- L’arme est mauvaise.

À entendre certains, l’arme n’a rien de bon. D’ailleurs, beaucoup aujourd’hui aimeraient voir cet outil disparaître de notre univers. La réflexion tend ici à vouloir insister sur le fait que sans l’arme, notre monde serait moins violent.

Tout d’abord il me faut insister à mon tour sur le fait que l’arme à feu sauve des vies! C’est une réalité qui n’est que trop rarement argumentée. Les atrocités d’hier, d’aujourd’hui et de demain, ne peuvent être renversées que par l’utilisation d’outils adaptés aux situations où la vie d’un individu, d’un peuple ou d’une nation est menacée de mort, tant physique que psychique que spirituelle.

L’arme en elle-même ne peut être bonne ou mauvaise, seules nos intentions et nos actions peuvent être jugées et comparées à certains protocoles élaborés sur des notions d’éthiques et de morales.

Un objet inanimé n’a pas ce pouvoir… et l’arme n’a jamais été, n’est pas, et ne sera jamais, la source ou la cause d’intentions et de gestes pouvant être jugés mauvais. Si nous faisions disparaître l’arme à feu de nos boites à outils, le vol, la haine, la torture, l’esclavagisme, le viol, l’oppression, le meurtre ou encore la tyrannie ne seraient pas des activités qui cesseraient d’exister.

Toutes ces choses, n’ont jamais eu besoin d’un objet spécifique pour germer et se propager au sein de nos constructions sociales. Dire que l’arme est mauvaise, revient à dire que la voiture est mauvaise, puisque celle-ci cause la mort de millions d’individus au monde, et ceci chaque année.

Puisque l’arme existe, il me paraît par contre important de faire très attention à l’équilibre fragile imposé par la répartition d’outils pouvant influencer la stabilité de notre univers.

Comme nous pouvons l’observer, l’histoire est pleine de situations où cet équilibre a été brisé, et où la balance a trop largement penché d’un coté. Parfois, cet équilibre est d’ailleurs manipulé… comme il a été le cas par exemple en Allemagne d’avant guerre, où le gouvernement, animé d’intentions morbides, a littéralement interdit la possession de l’arme à feu à son peuple, manipulant ainsi la possibilité de celui-ci de se protéger et de contrer un des plus importants génocides de notre histoire.

Il n’est pas difficile d’imaginer que si à l’entrée de la guerre chaque famille juive avait eu une arme à feu en sa possession, que la machine nazie aurait eu beaucoup plus de mal à convaincre des millions d’individus de mourir de faim dans des ghettos, et de monter dans des trains de bétail pour l’abattoir.

Sans l’arme à feu pour les stopper, il nous faut bien nous rendre à l’évidence que les fours d’Auschwitz auraient continué de fonctionner, et que la peau de pères, de mères, de filles et de fils, aurait continué d’être utilisée pour la fabrication d’abat-jour.

2- Si nous étions tous armés, ce serait l’anarchie…

En ce mois d’octobre 2011, la population mondiale va dépasser les 7 milliards. Ce chiffre est sans doute le reflet d’une croissance importante et quand bien même l’arme est omniprésente dans tous les pays du monde, elle n’est pas synonyme d’un déclin massif de la population.

En fait, et si nous nous reposons encore sur l’histoire, c’est quand l’arme n’est pas présente, quand l’arme n’est pas de cet équilibre en rapport avec sa distribution, que les plus grands génocides apparaissent.

Le peuple Arménien est cet autre exemple d’un désarmement massif et calculé, suivi d’une extermination systématique. Car ne nous faisons pas prendre au piège par les arguments avancés principalement par la politique bien pensante et politiquement correcte, soit cet intellectualisme scolaire et non pragmatique… la restriction et la prohibition de l’arme, n’est aucunement synonyme avec une quelconque réduction du taux de criminalité.

D’ailleurs, et ceci est valable dans le monde entier, les taux de criminalité les plus importants sont toujours d’organisations sociales où l’arme fait l’objet d’importantes restrictions. Simplement, si nos rejetons sociaux, ces prédateurs égarés, savent que les citoyens, leurs proies, n’ont aucuns moyens immédiats et adaptés de défendre leurs propres consciences et leurs familles, ils savent alors qu’ils sont capables d’exercer leurs méfaits sans risquer de voir leurs carrières être écourtées sur le champ.

Les pays, les régions, les villes, les quartiers et les foyers désarmés, sont des jungles sans griffes, sans dents et sans cornes. Ajoutons à cela une perte dramatique de cohésion au niveau du peuple, une perte dramatique de la solidarité et de l’empathie envers nos voisins, et cet espace de jeu devient de plus en plus propice a la prédation.

Si par contre le citoyen est armé et qu’il n’est plus d’un conditionnement social lui faisant croire que la défense personnelle intelligente n’est pas un droit naturel, alors le prédateur est invariablement et naturellement obligé de réévaluer la totalité de son environnement, et de prendre en compte le fait qu’il soit fort probable qu’une femme de 70 ans soit capable de stopper ses intentions, et ceci définitivement.

La possession de l’arme à feu par le citoyen honnête et responsable, n’a jamais été la source d’un quelconque effondrement de l’équilibre moral d’une nation, et l’interdiction ou la restriction de l’arme n’a jamais été une promesse de quiétude et de sécurité.

3- En France, il n’y a pas d’armes !

Au détour de plusieurs conversations, beaucoup de français m’ont avancé cet argument. Certains ont même proposé l’idée qu’en cas de catastrophe, il serait plus facile de survivre dans un pays comme la France où l’arme n’est pas présente, que dans un pays comme les États-Unis où tout le monde est armé.

Je ne sais pas d’où vient cette croyance (Paris?)… mais elle ne reflète absolument pas la réalité de vos campagnes. Pour peut-être y voir une piste, voici un article du journal Le Monde :

Le sujet reste une question « sensible », comme on le reconnaît au ministère de l’intérieur. Difficile de comptabiliser les armes présentes sur le territoire. Un fichier national est pourtant censé répertorier le nombre d’armes dans l’Hexagone. Mis en place en septembre 2004, Agrippa (application nationale de gestion du répertoire informatisé des propriétaires et possesseurs d’armes) recensait, au 26 septembre, plus de 3 millions d’armes : 2 147 849 armes déclarées et 1 016 185 armes soumises à autorisation, selon les données du ministère.

32 % DES FRANÇAIS POSSÈDERAIENT UNE ARME À FEU!

Du coup, les estimations du nombre d’armes en circulation en France sont bien plus élevées que les chiffres officiels. Au ministère, on se contente de préciser que « les armes non soumises à déclaration ne sont pas comptabilisées » dans Agrippa. Yves Gollety, président du Syndicat des armuriers, estime pour sa part que 10 millions d’armes sont actuellement en circulation dans l’Hexagone. « La France est un des pays européens qui compte le plus de chasseurs. C’est une tradition très populaire, contrairement à d’autres pays comme l’Allemagne, où la chasse reste réservée aux élites », explique-t-il.

De son côté, Small Arms Survey, une enquête sur les armes de poing dans le monde menée par l’Institut des hautes études internationales et du développement de Genève, avance un chiffre compris entre 18 et 20 millions d’armes à feu, soit une pour trois personnes. D’après ce classement, la France arrive en septième position quant au nombre d’armes par civil, derrière les États-Unis, la Finlande et la Suisse. C’est ce même classement qui plaçait la France au 2e rang des pays les plus armés de l’UE après la tuerie de Kauhajoki (Finlande).

Patrice Bouveret, président de l’Observatoire des transferts d’armement situé à Lyon, avance aussi le chiffre de 20 millions d’armes en France : « Les armes légères ont une durée de vie extrêmement longue, au moins cinquante ou soixante ans. Dans certaines perquisitions, les policiers trouvent encore des armes datant de la seconde guerre mondiale. Toutes ces armes, celles de nos grands-pères, ne sont pas déclarées. C’est extrêmement difficile de savoir ce qu’il en est. Sans compter tout ce qui relève du grand banditisme, où l’on en sait encore moins. »

VENTES D’ARMES EN BAISSE.

Difficile de dire si le nombre d’armes en circulation en France a augmenté ou non ces dernières années. La question restera sans réponse au ministère de l’intérieur. Le Syndicat des armuriers fait état de 80 000 armes vendues par an. « Le nombre d’armes vendues est en forte baisse en France, explique Yves Gollety. Si les ventes sont stables ces deux dernières années, elles ont nettement baissé depuis 1993, date d’une harmonisation européenne qui a conduit à retirer de la vente certaines armes, comme les fusils à pompe. »

4- Enregistrer une arme a feu à la préfecture doit être évité.

La possibilité de voir nos armes à feu confisquées, reste, et surtout pour le survivaliste, une de ces apparitions faisant l’objet d’une torture cérébrale épouvantable!

C’est vrai que la confiscation est une possibilité, et c’est vrai qu’elle a déjà été utilisée, mais qu’en est-il de sa probabilité aujourd’hui ? Logistiquement parlant, la confiscation de millions d’armes est sans aucun doute une montagne imposante. Dans une situation d’urgence extrême, c’est-à-dire une catastrophe, nos organisations préfectorales n’auront tout simplement pas le temps, le pouvoir et/ou les ressources, d’aller de portes en portes pour chercher et ramasser vos armes.

La confiscation a pourtant eu lieu à la Nouvelle Orléans à la suite de l’événement Katrina. Certains citoyens se sont fait retirer leurs armes, mais seulement après avoir répondus « oui » a la question « avez vous une arme? » Cet incident, a d’ailleurs donné naissance au groupe « Oath Keepers », qui s’occupe aujourd’hui de collectionner la signature de policiers et de militaires, faisant le serment de ne jamais, et sous aucun prétexte, désarmer le citoyen américain.

Le fait est que la vie est cette constance d’acquis aléatoires. Si aujourd’hui j’ai la chance de pouvoir chauffer ma maison, mettre a manger sur la table et posséder une arme, il n’en est pas moins que ces acquis ne sont pas obligatoirement synonyme de longévité.

En attendant, il me parait important de ne pas sombrer dans certains extrêmes, sous prétexte qu’il soit possible, qu’un jour, nos possessions soient confisquées.

D’un point de vue social, il me parait tout aussi important d’espérer que le plus nous sommes à apparaître sur les registres, nous les citoyens responsables armés, et le plus notre manière de penser s’inscrira sur la fabrique sociale. À ce sujet, n’hésitez pas non plus à supporter l’organisation UNPACT, car seulement au travers de ce genre de démarche et de publicité pourrons-nous avoir une chance de conserver nos droits, et d’influencer l’opinion publique et la machine politique.

5- Seuls nos policiers et nos soldats devraient être armés.

Si nous laissions faire certains, seuls nos services d’ordre et nos armées seraient capables de posséder une arme à feu (le cas dans certains pays…).

Cette distribution calculée de l’arme à feu me fait froid dans le dos. Historiquement parlant, aucun groupe, aucune organisation et aucun gouvernement ne devrait se voir concédé autant de pouvoir par le peuple.

Un équilibre doit être maintenu, et la dispersion d’outils pouvant influencer la qualité de nos organisations sociales devrait être reconnue comme étant une priorité.

La raison la plus décisive pour que le peuple conserve le droit de posséder et de porter une arme à feu est, en dernier recours, pour se protéger contre la tyrannie de nos gouvernements.
-Thomas Jefferson

À une échelle individuelle, il nous faut admettre que régulation ou non, prohibition ou non, interdiction ou non… notre univers social, et surtout si celui-ci est d’une densité de population importante, reste d’un quotidien incertain en rapport avec notre propre sécurité.

Que l’arme à feu soit légale ou non, les intentions d’une minorité continues de nous plonger dans une relation à l’autre pouvant être extrêmement violente. Agressions, cambriolages, harcèlements sexuels, vols, émeutes, destruction de la propriété, intimidations et meurtres sont des réalités que nous pouvons observer chaque jours.

Si la police et nos services d’urgence sont capables d’apporter certaines solutions, ils ne sont que trop rarement présents durant l’urgence. Un temps de réponse de quelques minutes n’est tout simplement pas adapté pour stopper un criminel en train de violer ou d’agresser un citoyen.

La seule personne pouvant efficacement détenir le pouvoir d’affirmer sa propre conscience dans le présent est inévitablement nous-même. Un policier armé à 20 minutes de nous ne change en rien notre situation dans l’immédiat.

Pourtant, la plupart d’entre nous avons relégués notre protection personnelle à des organisations externes. Ces services, pour lesquels nous sommes fortement taxés, ne peuvent être qu’un support logistique, mais en aucun cas peuvent-ils prétendre pouvoir assurer notre sécurité personnelle d’une manière englobante.

Si nous prenons maintenant l’exemple d’une rupture momentanée ou prolongée de nos systèmes de support (Katrina, les émeutes de Los Angeles, le Japon ou Haiti…), ces services, tout comme la distribution de notre eau potable ou encore nos réseaux électriques, ont été, sont et seront, prédisposés à s’effondrer.

Dans les deux cas, vous êtes seul face à l’événement…

6- Les armes à feu sont trop facile d’utilisation.

Cet argument est toujours amusant, car il s’appuie sur une évidence qui voudrait nous imposer une mathématique absolue.

Tout d’abord, soyons très clair, nous défendre, défendre notre vie ou la vie de nos proches n’est jamais « facile ». La confrontation physique n’est pas un univers aisé, et la décision d’engager un individu ou un groupe d’individu pour se protéger demande énormément de courage et de détermination, et ceci avec n’importe quel outil.

L’argument qui s’invite ici est tout simplement basé sur une vision du monde extrêmement étroite. C’est-à-dire qu’elle ne prend en compte qu’une infime partie des possibilités rattachées à l’arme. Un homme qui rentre dans une école avec une arme à feu et qui est capable de tuer 20 enfants n’est pas une majorité. Ce n’est pas n’importe qui qui va pouvoir intentionné cet acte, et le matérialiser.

Ce genre d’individu n’est tout simplement pas gouverné par les mêmes attributs sociaux que la majorité, et il me paraît évident, qu’arme a feu ou non, son impact sur le monde resterait meurtrier, comme il l’a été pour le cas en Chine cette année où un homme armé d’une machette aura tué plus de 30 écoliers.

Devrions-nous adopter des restrictions sur tout objet pouvant provoquer la mort ?

Imposer une restriction sur l’arme quant à ses capacités par exemple, c’est imposer à la majorité ce que nous ne pouvons imposer à la minorité. C’est-à-dire que nos lois ne sont respectées que par cette majorité plus ou moins stable… cette majorité qui n’ira jamais dans une école flinguer des gosses.

Les individus capables de s’abandonner à ce genre d’atrocités n’ont que faire de nos lois, de nos réglementations et de nos restrictions. Puisque l’arme sauve aussi des vies, et dans le cadre d’une société plutôt stable elle sert principalement a maintenir et restaurer l’ordre et la sécurité (le rôle de l’arme est principalement passif), et donc stopper ce genre d’individu, il me parait essentiel de conserver la totalité de ses qualités.

Si nous regardons le monde de la confrontation physique aujourd’hui, il est raisonnable de constater que l’agression est dans la plupart des cas une histoire de pouvoir. Le pouvoir est une pression plus ou moins importante sur le rapport d’égalité.

En boxe par exemple, ce rapport d’égalité est, entre autre, déterminé par le poids des adversaires… un « plume » ne peut s’opposer à un « lourd ». Mais une femme ne peut pas non plus s’opposer a un homme. Les arts martiaux sont tous de ce rapport d’égalité dans le ring par la construction et le respect de règles prédéterminées.

Si la balance bascule pour une raison ou pour une autre, hors ring, l’art martial prévoit lui aussi l’utilisation d’armes pour rééquilibrer la nature du combat. Au passage, les arts martiaux découlent d’un gouvernement qui aura rendu la possession de l’arme par le peuple illégale.

C’est pour ces raisons que l’adoption et la pratique d’un art martial, et ceci quel qu’il soit, ne devrait pas être compris comme un système adapté à la défense personnelle, surtout aujourd’hui, mais bien une aspiration mentale et physique, pouvant, dans certains cas, être suffisante pour stopper un adversaire, et ceci en dehors des règles établies par la discipline.

Dans nos rues, ce rapport d’égalité est presque toujours manipulé. Un homme qui s’attaque à une femme. Trois hommes qui s’attaquent à un homme. Trois hommes armés de couteaux qui s’attaquent par surprise à deux hommes… etc.

Aujourd’hui, la meilleure manière du prédateur de s’approprier un avantage direct sur sa proie est le nombre. Les bandes, sont tout simplement une manière extrêmement efficace et légale de sécuriser un avantage physique et psychologique, et donc d’influencer le rapport d’égalité autour d’eux. Se défendre efficacement contre une bande, norme aujourd’hui, ne peut pas être d’outils, de disciplines ou de connaissances restrictives.

Au final, demandons-nous sincèrement ce a quoi ressemblerait notre monde moderne sans l’arme…

La possession de l’arme doit rester un choix personnel. Personne, ni homme ni gouvernement, ne peut dire à mon épouse quel système de défense est approprié pour elle. Personne, ni homme ni gouvernement, ne devrait avoir le pouvoir de dire à votre épouse, à votre mari, de quelle manière et avec quel outil, il ou elle devrait affirmer sa conscience.

Stay Safe.

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  1. J’approuve le commentaire d’Henri lorsqu’il évoque la NRA. J’ai été surpris, je découvre contrepoints, j’ai vu quelques articles intéressants et de bonne facture. Mais je suis refroidit par celui-ci : il est abject.

    Vous considérez qu’il y a un déséquilibre car certains sont armés et d’autres non et que pour ré-équilibrer les choses il faudrait armer tout le monde. Pourquoi, au contraire, ne pas vouloir désarmer tout le monde ?

    Il est facile de parler de la seconde guerre mondiale pour les gens, comme moi et certainement vous aussi, qui n’y étiez pas et d’en sortir des arguments fallacieux. N’aurait-il pas été plus difficile de forcer les gens à monter dans les wagons des trains si les nazis et autres milices n’avaient pas été armés ?

    La comparaison entre une arme à feu et une voiture quant à leur neutralité est d’une stupidité sans nom. Certes ce sont deux machines, mais l’une à pour finalité de permettre le déplacement de personnes, l’autre celle de tuer des personnes.

    Enfin, mettez un vrai suicidaire dans une pièce vide, et un autre dans une autre pièce avec une arme à feu. Revenez plus tard et regardez qui est encore en vie.
    Maintenant prenez un junkie en manque, un avec arme à feu, l’autre sans. Les deux vont vouloir un produit de substitution, l’un (qui n’a pas d’arme) ne saura que faire, tentera peut-être de voler de l’argent pour une dose. Je ne cautionne pas, mais il n’y a pas de mise en danger d’autrui.
    Celui qui a une arme ira plus probablement braquer une pharmacie. Au mieux il traumatise le pharmacien, au pire il le tue et un client avec.
    Votre solution, armer le pharmacien : au « mieux » (si l’on peut dire) le junkie est tué, au pire le junkie et le pharmacien sont tués, le client aussi.

    Une arme ne tue pas, c’est bien celui qui la tien qui le fait. Mais elle facilite grandement le passage à l’acte et pour cela n’est absolument pas neutre.

    Enfin, vous semblez dire que l’on vit dans la jungle, allez dans le bush australien si c’est ce que vous recherchez, mais a priori nous sommes en société. Elle est loin d’être parfaite, mais le but est de vivre tous ensemble le mieux possible, ce n’est pas de survivre aux dépens des autres.

    1. « Pourquoi, au contraire, ne pas vouloir désarmer tout le monde ? »

      Ok ! Et comment? Allez-y, donnez nous votre solution miracle! Puis il est vrai qu’un massacre à la machette est tellement plus amusant qu’à l’arme à feux…
      Regardez en Angleterre, l’interdiction totale a eu pour seul effet de faire augmenter le nombre de mort … par arme à feux!

      « Enfin, mettez un vrai suicidaire dans une pièce vide, et un autre dans une autre pièce avec une arme à feu. Revenez plus tard et regardez qui est encore en vie. »

      Aucun. Car celui qui est dans la pièce vide aura utilisé son lacet de chaussure pour se pendre! Toutes les statistiques montrent qu’il n’y a pas corrélation entre le nombre de suicide et la présence d’arme à feux. Par exemple, le pays qui compte le plus grand nombre de suicide, le Japon, interdit totalement la possession d’arme à feux par les particuliers. La Suisse, qui est est très libérale à ce sujet, en compte moins que la France. Cherchez l’erreur !

      Vos arguments à 2 balles fleurent bon l’éducation « nationale » et l’influence des médias français.
      Volwest s’est au moins donner la peine d’aller chercher un peu plus loin que le bout de son nez, et d’apporter des arguments concrets.
      Mais c’est sûr, en France, il est plus facile de sortir le mot « abject » à quelqu’un qui n’est pas de votre avis, tout en glissant une référence à l’odieuse NRA, dont bien sûr on ne connaît rien, mais qui est forcement mauvaise puisque M.Moore a fait un film encensé par libération et télérama.

      1. Exactement. Réclamer un désarmement total est tout aussi utopique qu’un monde sans drogues, à savoir une vision walt disneyenne ou bisounoursque. Donc, le vrai problème se pose de la façon suivante : les armes et les drogues existent. C’est un fait. A partir de ce constat simple, quelle est la meilleure politique à adopter ?
        L’Histoire nous montre que la prohibition crée, dans tous les domaines, plus de problèmes qu’elle n’en résout.
        Alors, Walt Disney ? Ou bien gérons au mieux la réalité ? Mon choix est fait.

    2. Disons que, de mon humble point de vue, les armes à feu, comme les drogues ne sont pas ce qu’on peut appeler quelque chose de positif foncièrement ; mais le fait est que, prohibition ou pas, si j’en veux une ce soir, je sais où la trouver.
      Alors, on continue dans la voie de l’hypocrisie walt disneyenne ? Ou bien on passe à l’âge adulte, korkil ?

  2. « Aux armes citoyens », nous clame l’hymne national
    « Laissez-les moi !  » Nous répond l’État.

    Certains d’entre nous connaissent la douce mélodie révolutionnaire de la Marseillaise, hymne Français, débutant un couplet par « liberté, liberté chérie ». Immanquablement, cela résonne aux heures modernes où la pensée unique construit, depuis plus de 70 ans, un État maternant garantissant sa propre conception du bien collectif. Résultat d’un long processus, la finalité fut imaginable. Cela montre qu’Orwell débute son travail depuis quelques années déjà. L’action législative est la condition ontologique de l’homme politique. Selon lui, s’il ne réglemente pas, il n’existe pas. Ainsi, avec les quelques affaires dramatiques si bien analysées par les journalistes comme Michael Moore, les politiques européenes sont intervenues au point de criminaliser (légalement ou moralement) tout détenteur d’armes à feu. Parler d’un droit naturel à l’autodéfense armée et voilà que nous sommes au mieux, un Cow boy et au pire, un Behring Breivik en puissance.
    Cependant aux USA comme en Suisse, une voix libre vient ce faire entendre et des chroniques seront là pour donner quelques cartouches face au bruit des « anti ».

    De prime abord, un rappel philosophique s’impose. La légitime défense ainsi que le droit d’avoir des armes sont absolument conformes à la morale. Cela prend sa source dans le refus de l’esclavage, comme l’a démontré il y a près de trois siècles un grand philosophe, John Locke. Toute personne s’étant attardée sur les révolutions américaine et française le savent ; la première loi de la nature, est celle de la conservation de soi-même. Répondant d’avance aux objections qui présideront au déclin de la légitime défense, J. Locke souligne que ce droit n’est pas uniquement valable dans l’état de nature mais aussi dans la société civile. Cela est possible dès lors que les circonstances empêchent la victime d’en appeler à la force publique. En effet, si l’État à qui nous avons octroyés une partie de notre liberté n’est plus là pour garantir notre sécurité, nous nous réapproprions notre liberté pour nous défendre. Du statut d’observateur de notre État, nous devenons acteur de sa survie, de celle de sa famille et de sa propriété. Il faut se le dire, l’attente après avoir composer le 119 ou le 17 n’est pas toujours salvatrice.

    On répondra « La légitime défense… Le droit positif en dispose déjà! » Certes… il reste qu’il faut en avoir les moyens. Lorsque nous constatons que même le port d’arme non létale comme les bombes lacrymogènes est condamné en France, comment ne pas entrevoir un État qui croit pouvoir agir partout ; 24h sur 24, 7 jours sur 7 ?

    Comment l’État ne pas peut comprendre, pourtant aidé par son armée de fonctionnaires, qu’il ne pourra jamais être la solution unique? En France, les mentalités socialo-jacobines ne jurent que sur l’autel de l’État Nounou et se sont ingéniées à confiner dans les limites les plus étroites possibles cette première loi de la nature. Voici la plus grande illusion à la Potemkine. Dans sa conception féodale, l’État devrait être responsable de son assistance à une personne en danger. Et il sera grand, le temps où des actions de justiciables tomberont au prétoire ! Quant à l’État, il n’aura plus une obligation de moyens, mais une obligation de résultats ! Impossible ? Alors qu’il nous laisse être « en équipe ». C’est à ce moment-là que les notes de la Marseillaise résonneront dans le cœur du citoyen responsable comme le ciment de la liberté dont parlait le juriste St. George Tucker.