« Union » Européenne

Publié Par Open Europe, le dans Europe

Alors que les membres de l’UE se préparent pour le sommet de ce soir, présenté comme crucial, l’Europe semble plus que jamais en morceaux. Peut-on encore parler d’ « Union » Européenne tant les querelles se généralisent?

Un article d’Open Europe

Ainsi, jusqu’à aujourd’hui, les leaders de l’UE auront tenu cinq meetings en cinq jours, ce qui est extraordinaire. De plus, ils seront passés par un grand nombre de querelles. Dès lors, combien de querelles pouvons-nous compter, sur la semaine dernière ? Nous les listons ici en fonction de leur importance potentielle et de leur niveau d’intensité.

1) La querelle « toi, boucle là! » : Le Président français Nicolas Sarkozy a finalement perdu son self-control face à la critique constante de David Cameron sur la manière avec laquelle les leaders de l’eurozone gèrent la crise, lui disant qu’il « avait perdu une bonne opportunité de la fermer », tout en essayant de garder Cameron hors des meetings importants décidant du plan de recapitalisation des banques (une stratégie qui a finalement échoué). Vous pouvez comprendre la frustration de Sarkozy, mais s’il craque contre tous ceux qui critiquent sa manière de gérer la crise, on peut imaginer qu’il ne lui restera plus grand monde à qui parler.

Résultat: Sarkozy 0 – Cameron 1

2) La querelle « rigolons de Berlusconi » : Après avoir fait équipe et vilipendé en privé le Premier Ministre Silvio Berlusconi pour son absence de réformes économiques (ou quelque réforme que ce soit), et malgré les peurs croissantes des marchés autour de la soutenabilité de la dette de son pays, Sarkozy et la Chancelière Angela Merkel ont laissé s’exprimer en public leurs sentiments, en rigolant en réponse à une question de journaliste qui demandait si Berlusconi les avait convaincu de sa capacité à réaliser finalement les réformes nécessaires. Ce n’est pas vraiment un moment de fierté pour les dirigeants français et allemand, mais ça résume bien ce qui semble avoir été un autre mauvais week-end pour Berlusconi dans une année terrible. Pour couronner le tout, il est retourné en Italie et a annoncé un plan pour reculer l’âge de la retraite de deux ans, une politique qui va semble-t-il le faire entrer en collision avec son partenaire de coalition, la Ligue du Nord. En termes de conséquences, ce conflit sera alors un gros morceau, partant du fait qu’il peut menacer la stabilité du gouvernement de Berlusconi.

Résultat: Merkel & Sarkozy 2 – Berlusconi 0

3) La querelle du « couple pas si complice que ça » : malgré cette unité apparente, ligués contre Silvio, l’union de façade entre Merkel et Sarkozy a vite été brisée. Dans quelque chose qui ressemble plus à une mauvaise scène tirée de la série High School Musical, on a rapporté que Merkel avait été blessée quand Sarkozy a fait remarquer aux autres leaders au sujet de la Chancelière: « elle dit qu’elle suit un régime et elle se ressert une deuxième part de fromage. » On peut imaginer que cela va se transformer en l’une des insultes les plus coûteuses de l’histoire si Merkel décide de revenir sur sa sympathie à l’égard du gouvernement français, ou de son approche des banques dans la crise. Ajoutez à cela les dires d’une engueulade au pot de départ de Jean-Claude Tricher, et tout ne semble pas aller si bien en coulisses pour le légendaire couple puissant de l’UE.

Résultat: Sarkozy 0 – Merkel 0 (seulement au terme de la première mi-temps, cela peut facilement se transformer en déroute pour Merkel)

4) La querelle « Merkel contre le Bundestag » : Ce dernier vendredi a vu les récentes tensions au sein du Bundestag mûrir, avec le Parlement refusant de donner à Merkel un mandat pour négocier au sommet de dimanche, forçant finalement l’UE à accorder la tenue d’un autre sommet ce mercredi. En termes de conséquences pour les prises de décisions de l’eurozone, ce dernier est crucial. La querelle à propos de la place du discours du Bundestag dans les politiques et les négociations de la crise de l’euro mijote depuis quelques temps, et nous nous attendons à ce que ce soit la première d’une série de frictions. Merkel a pris une longueur d’avance en mettant le Bundestad à l’écart, mais avec la récente décision de justice de la Cour Constitutionnelle allemande, et en y forçant la main de Merkel, le Parlement a regagné ses positions.

Résultat: Bundestag 2 – Merkel 3 (mais le score risque d’évoluer, avec le Bundestag qui a repris les devants)

5) La « révolte » du Parti Conservateur : Oui, nous l’avons placé en cinquième, bien que ce soit le plus gros test auquel Cameron ait jamais été confronté à ce jour – car, pour nous, c’est une fronde conservatrice exagérée. Grattez la surface, et les conservateurs sont plus unis sur l’Europe qu’il ne l’ont jamais été (sans doute) – la plupart veulent renégocier. Malgré tout, les médias adorent cette vieille histoire de fracture des conservateurs, et il y a eu des échos un peu partout d’une « révolte » croissante dans le Parti Conservateur à l’occasion du vote sur la perspective d’un référendum de l’UE. Sans aucun doute, cela devient un problème plus important que le gouvernement ne voudrait l’admettre, et cela gagne du terrain, mais avec une directive de vote impératif, le gouvernement semble pouvoir récupérer la main (bien qu’en ayant mal géré la situation). La motion actuelle est non-contraignante. Mais en termes de résultat politique, c’est finement calculé, bien que nous déclarons match nul pour l’instant.

Résultat: Gouvernement 2 – Rebelles 2

6) La querelle des « banques qui ne payeront pas » : Un vieux classique, avec les arguments habituels entre les banques menées par l’Institut de Finance International (IIF), et les officiels de l’UE. Les banques refusent d’enregistrer des décotes plus importantes, énervant ainsi les officiels et faisant caler une quelconque solution permanente. Tant que les dépréciations enregistrées seront de nature volontaire, les banques continueront à garder le pouvoir.

Résultat: Officiels de l’UE 1 – Banques 4

7) La querelle sur « la note de bas de page » de la BCE : Comme nous l’avons noté dans notre billet sur le dernier rapport de la troïka, le FMI et la BCE sont en désaccord profond sur la soutenabilité de la dette de la Grèce, et sur le niveau de la décote nécessaire pour garder la Grèce stable. Le FMI semble avoir marqué des points, d’après l’analyse du rapport, bien que la BCE ait placé une note de bas de page en précisant qu’elle n’est pas d’accord avec le scénario. Une victoire pour le FMI mais au vu de la querelle précédente et de ses résultats, cela peut être un point à débattre.

Résultat: FMI 2 BCE 1

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Sur le web
Traduction : WB pour Contrepoints.

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  1. Je crois que c’est la fin de l’U.E telle que nous la connaissons .Comme la glasnost et la perestroïka en son temps a fait exploser l’ex-U.R.S.S , lU.E.S.E va exploser elle aussi.Quand à la suite…Voyez la Russie des années 1990 et ce qui nous attends en R.S.S F…

    1. Les fauves ne vont pas lâcher leur morceau juste parceque nous leur faisons des remontrances en fronçant les sourcil. Ne sous estimons pas ce que Hannan appelle la force hideuse.

  2. Combien d’années de vaches maigres? Pour nous, c’est emballé, pesé. Comment nos enfants et même nos petits enfants feront ils pour dépasser le double handicap de nos dettes et de la main mise des « sauveteurs » émergents?
    Les replâtrages n’y changeront rien. Nous ne sommes plus maîtres de notre destin si nous l’avons jamais été.