Delanoë fait boutique vide !

Publié Par Contrepoints, le dans Politique

À vouloir lutter contre la « mono-activité », la majorité socialiste de Bertrand Delanoë à Paris mène une politique économique absurde, avec un coût lourd pour le contribuable parisien selon Serge Federbusch du Delanopolis.

Par Serge Federbusch.

Encore une belle illustration d’une politique coûteuse, démagogique et vaine : l’achat de fonds de commerce et de murs de boutiques par la Semaest, une société d’économie mixte appartenant à la ville.

Pour lutter contre la menace terrible de la « mono-activité », la ville de Paris s’est d’abord attaqué aux Halles et au Marais. Puis, cela ne suffisant pas, elle a doté la Semaest de rien moins que 30 millions d’euros supplémentaires, dans le cadre d’une opération dont le nom fleure le centre commercial : « Vital’ Quartier 2″. Trois quartiers étaient prioritaires : Jonquières-Epinettes, dans le 17ème arrondissement, le quartier latin et celui de Lancry, dans le 10ème.

Cette politique souffre d’un vice de conception : ce que nos bons élus socialistes appellent la mono-activité n’est rien d’autre qu’un phénomène de spécialisation spatiale qu’on observe dans la vie économique depuis l’Antiquité. Les rues de Pompéï en offraient déjà l’exemple. Il faut dire que cette spécialisation répond à une logique profonde : elle réduit les coûts d’information et de négociation. En clair, les clients savent où trouver tel type de marchandise et tous les services et prestations qui se développent autour du commerce de tel produit font des économies d’échelle dans leur fonctionnement. Par exemple, les livreurs peuvent travailler pour plusieurs clients. A Paris, ce type de concentration est observé depuis des siècles, comme pour le commerce du meuble au faubourg Saint-Antoine. Ainsi, il n’y a donc aucune surprise à voir se développer la vente en gros et demi-gros de maroquinerie dans le 3ème arrondissement.

Lutter contre ce phénomène, c’est cracher contre le vent. Dans le 10ème arrondissement, pendant que la Semaest s’escrime à louer quelques boutiques, comme celle vide depuis des mois face à la mairie (voir photo), à cent mètres de là les coiffeurs afros pullulent comme jamais.

Et pourtant… depuis que l’opération « Vital’ Quartier 2″ a été lancée en 2004, le total des charges s’établit à environ 16,3 millions d’euros. Et celui des produits à… 1, 8 million ! En 2010, pour 36 locaux acquis ou préemptés depuis le lancement de l’opération, la Semaest a perçu… 247 000 euros de loyers et charges refacturées (ces dernières ne constituant pas pour elle une vraie recette). Bref, une saignée de plus dans les comptes de la ville … Lenteur des travaux, difficulté à louer, faiblesse des loyers obtenus : le réel se rappelle cruellement à l’idéologie, une fois de plus. Enfin, tout cela devrait se régler par une petite opération de communication municipale.


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  1. Il y a une bonne dizaine d’années, les bobos parisiens s’insurgeaient déjà contre la multiplication des commerces chinois à Belleville, curieusement jamais contre les kebabs. Car il y a les bons et les mauvais. Les bobos aiment bien la muséification de Paris, avec une touche d’exotisme pourvu qu’elle ne soit pas asiatique.
    Ils ont acheté une bouchée de pain les ateliers du Faubourg Saint-Antoine qu’ils ont transformé en lofts. Ça, c’est le Bien. Ils auraient aimé, autour, un décor à la Depardon, le boulanger, le boucher, la charrette de fruits et légumes. Pour leur agrément. Un paradis terrestre.
    Mais voilà que le Mal s’est installé : les commerces asiatiques, ou pire encore : les fringues bas de gamme.

  2. Ou bien on laisse les comercants faire leur métier en paix ou alors on considere que le commerce est une activité mauvaise en soi et on l’interdit.Donc l’etat se charge de tout…comme en ex-URSS!Bref vivement mon prochain départ pour des cieux plus clements…