Le cerveau des traders manipulé par leurs hormones

« Le cerveau des traders manipulé par leurs hormones » est le titre d’un intéressant article que le journal Le Monde a publié dans ses cahiers sciences & technos, n˚ 20750 daté du Samedi 8 octobre 2011.

Par Alain Cohen-Dumouchel

Un papier remettant en cause l’équilibre mental des traders aurait fait un peu trop « Marianne » dans l’édition principale du Monde. C’est donc dans un cahier scientifique que le journal nous démontre, preuves hormonales à l’appui, que les opérateurs boursiers sont chimiquement hors de contrôle. L’article est signé d’une certaine Angela Sirigu – Neuroscientifique – CNRS université Lyon I – qui cite des études réalisées par certains de ses confrères.

La « méthode » Le Monde, est toujours aussi prévisible et reconnaissable : dissimuler un article polémique et engagé sous l’apparence d’une « étude » sereine et objective. C’est devenu tellement lassant que cela ne mérite plus d’être relevé, sauf que cette fois le serpent se mord la queue de façon assez plaisante.

Je vous laisse vous délecter avec ce court extrait du début de l’article :

Les pertes d’argent importantes qu’ont subies des banques comme la Société générale ou récemment UBS posent la question de savoir comment le cerveau d’un trader prend une décision économique.

Les psychologues de l’économie, qui ont étudié les facteurs affectant nos décisions monétaires, pourraient faire remarquer que le problème vient essentiellement de ce qu’un trader décide et parie sur l’argent des autres. Le fait de décider sur un objet qui ne leur appartient pas diminue fortement l’aversion à la perte, ce qui à son tour augmente la propension au risque. Lorsque le risque augmente, des modifications hormonales se produisent qui affectent de manière dramatique notre cerveau.

Décider sur l’argent des autres ?  Mais qui, bien plus que les traders « décident et parient sur l’argent des autres » ?  Les hommes de l’État bien sûr !

Nous sommes donc ravis d’apprendre par Le Monde lui-même, que : le fait [pour les hommes de l'État] de décider sur un objet qui ne leur appartient pas diminue fortement l’aversion à la perte, ce qui à son tour augmente la propension au risque. Remarquez, on s’en doutait un peu.

Suivent des considérations hormonales qui tendent à prouver que les traders et les Hommes de l’État feraient bien de se faire soigner. Sauf que les premiers ont quand même un intéressement sur les gains, donc intègrent une notion de risque pour eux même, alors que les seconds pas du tout.

Un peu plus loin  Angela Sirigu achève de nous convaincre :

[...] l’action des stéroïdes dans le cerveau des traders [Hommes de l'État] pourrait expliquer leurs actions excessives, qui, parfois, se transforment en catastrophe économique.

Merci Angela, merci Le Monde, nous avons enfin la preuve scientifique de ce que nous pressentions depuis deux cents ans : Le cerveau des Hommes de l’État est manipulé par leurs hormones.

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