Protéger qui et de quoi ?

Si le protectionnisme crée certainement des emplois, il en détruit tout aussi certainement. Et il est presque impossible de dire quel effet l’emportera sur l’autre.

Par Georges Kaplan

Pendant très longtemps, les barrières douanières – c’est-à-dire les dispositifs qui consistent à taxer les produits ou les services qui traversent une frontière – furent de simples instruments fiscaux. C’était par exemple le cas dans la France de l’Ancien Régime où les barrières douanières étaient érigées à l’intérieur même du royaume [1] et aux États-Unis d’Amérique du XVIIIème où le gouvernement fédéral ne maîtrisait pas encore son territoire et avait trouvé plus simple d’installer ses agents fiscaux dans les ports de commerce [2]. Ce n’est que lorsque nos gouvernements se piquèrent d’organiser la vie économique de leurs sujets que les barrières douanières prirent une nouvelle dimension et devinrent un moyen de pénaliser les importations. D’un impôt destiné à alimenter le trésor public, les barrières douanières se muaient alors en instrument de politiques protectionnistes.

La distinction entre une politique fiscale et une politique protectionniste est très simple. Dans le premier cas, l’objectif du gouvernement est de maximiser ses rentrées fiscales ; son intérêt bien compris consiste donc à imposer des droits de douane raisonnables de manière à ne pas faire chuter le volume des importations. En revanche, si le gouvernement souhaite mettre en œuvre une politique protectionniste, il doit taxer les produits importés à un taux suffisamment élevé pour inciter ses sujets à consommer des produits locaux. La logique est ici en tout point semblable à celle des taxes qui pèsent sur le tabac ou l’alcool : si le gouvernement souhaite que nous réduisions notre consommation, il impose des taxes qui supplantent l’effet addictif de ces produits : il s’agit alors d’une politique paternaliste [3]. Si tel n’est pas le cas – c’est-à-dire que le niveau des taxes n’est pas suffisant pour faire baisser notre consommation – c’est que nous avons tout simplement affaire à une politique fiscale et que les préoccupations de santé publique ne sont qu’un prétexte.

À n’en point douter, le projet de « démondialisation » est bel et bien un projet protectionniste. En substance, il vise à instaurer des barrières douanières (aux frontières européennes ou françaises, peu importe) destinées à surcompenser les écarts de coûts de production entre un pays comme la France et – par exemple – la Chine. Dans la pratique, cela signifie qu’il faudra taxer les produits importés à un niveau tel que les consommateurs français auront matériellement intérêt à n’acheter que des produits fabriqués localement et de telle sorte que les entreprises qui souhaitent accéder à notre marché intérieur n’auront d’autre choix que de relocaliser leur production. Ce qui revient à dire que vous et moi subventionnerons par une perte de pouvoir d’achat, la relocalisation d’un certain nombre d’emplois. L’hypothèse protectionniste se résume donc à l’idée selon laquelle les pertes d’emplois provoquées par la baisse de notre pouvoir d’achat seront plus que compensées par les créations d’emplois liées aux relocalisations [4].

Il est très difficile de trancher sur cette question. Si vous y jetez un œil objectif, vous constaterez comme moi que si le protectionnisme créera certainement des emplois, il en détruira tout aussi certainement [5] et il est presque impossible de dire quel effet l’emportera sur l’autre. Aussi, plutôt que de rentrer dans un débat d’apothicaires qui ne fera pas avancer le débat d’un iota, je vous propose un reductio ad absurdum.

Si vous pensez que le protectionnisme se justifie par le fait que la Chine, en nous faisant une « concurrence déloyale », nous prive d’un certain nombre d’emplois, vous posez en réalité un principe général. Ce principe dit que la quantité d’emplois disponibles dans le monde est limitée et que, dans une économie de libre échange, les régions du monde où les salaires sont les moins élevés privent d’emplois les régions du monde où les salaires sont plus élevés. Dès lors, si la Chine nous « vole » nos emplois, la Grèce en fait tout autant dans une Europe libre-échangiste. C’est-à-dire qu’un projet de protectionnisme européen reviendrait à relocaliser « nos » emplois dans les pays européens à bas salaires. Si vous soutenez les thèses protectionnistes pour rapatrier des emplois en France, vous devez donc plaider pour un protectionnisme français.

Mais ce même principe implique que la région PACA « vole » des emplois à la région parisienne au même titre que le Mezzogiorno « vole » des emplois à la Lombardie et vous devriez donc plaider pour des politiques protectionnistes en Île de France comme dans le nord de l’Italie. De la même manière, au sein même de la région PACA, Aix-en-Provence devrait donc, selon vous, instaurer des barrières douanières pour taxer les produits en provenance de Marseille et ainsi de suite jusqu’à votre quartier, votre rue et votre immeuble où un voisin qui accepte de travailler pour moins cher que vous vous prive de « votre » emploi.

Alternativement, vous pouvez aussi vous demander si la mondialisation est vraiment le problème.

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Sur le web

Notes :
[note][1] C’est le cas, par exemple, de l’octroi qui permettait à certaines municipalités d’alimenter leurs caisses en taxant les produits importés dans la ville.

[2] Allez donc taxer les revenus des cow-boys et des indiens du far-west…

[3] Comme son nom le suggère, une politique qui vous traite comme des enfants et confère à l’État le rôle de vous éduquer.

[4] Étant bien entendu qu’une véritable politique protectionniste ne générera pas les revenus fiscaux que vous auriez pu espérer utiliser pour créer des emplois publics.

[5] Entreprises d’import/export, ports de commerce, transporteurs routiers, marques de vêtements ou d’appareils électroménagers low cost, commerces spécialisés dans les mêmes produits, loisirs et autres activités qui seront nécessairement impactées par une baisse du pouvoir d’achat…[/note]

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  1. pourquoi culpabiliser sur le protectionnisme alors qu il y a dans le monde qu en europe ou il n y en a point !!! tous les autres pays dans le monde font preuve de protectionnisme a des degres differents et nous en europe et donc en france on est les cons de service les seuls a ne pas en faire !!!!!!! merci pour les imbeciles qui paient …. et apres on constate qu il n y a plus guere d industrie en france et beaucoup de chomeurs contradictoire non ? on peut pas avoir le beurre et l argent du beurre soit on fait comme les autres pour lutter a armes egales soit on part avec des desavantages qui nous penalisent !!!! merci l europe !!!!

    1. Toujours la même erreur d’analyse qui unit les constructivistes rouges et bruns.

      Non, yann ! Il y a beaucoup de chômeurs en France parce qu’il y a trop de taxes et que la liberté recule un peu plus à chaque nouvelle réglementation inutile. Typiquement, le protectionnisme engendrera une nouvelle couche de réglementations inutiles qui fera augmenter le chômage en flèche.

      « Lutter à armes égales » ? Arrêtons alors de nous suicider en détruisant la production et l’échange, seules sources de richesses.

    2. on vous démontre en long, en large et en travers que le protectionnismes est absurde, qu’il consiste à se pénaliser soi-même, à se tirer sur soi-même et vous, vous faites quoi ?

      vous posez une question qui suppose qu’il est avantageux … et vous vous demandez pourquoi on se priverait de cette merveilleuses médecine puisque d’autres l’utilisent …

      Difficile d’être plus têtu, non ?

      Vous croyez qu’on va vous répondre quoi ?

      1. merci d avoir bien appris et reciter la leçon … mais les faits sont tetus il suffit de constater la realité et non etre dogmatique !!! regarder autour de vous dans le monde au lieu de regarder votre nombril …

        1. Rien ne vous oblige à échanger avec l’étranger, vous êtes libre de ne pas le faire.
          Vous pouvez n’achetez que des produits français, voire régionaux ou de votre ville. Même mieux, protectionnisme ultime, n’échangez avec personne. Faites-vous vos propres vêtements, produisez votre nourriture, etc… Vous ne serez alors jamais au chômage et aurez toujours du travail. Beaucoup de travail. Appliquez ce raisonnement à l’ensemble de la population et le chômage disparaîtra. Par contre, la prospérité et le niveau de vie…

        2. En effet, les faits sont là : La Fraônce est un des pays les plus taxés au monde et a un chômage élevé.
          Avant de se justifier par des faits, il faut au moins être certain qu’on les ait bien interprétés.

          Et critiquer un dogme présumé par une argumentation dogmatique est idiot.

    3. Pour que se crée un emploi, il faut en gros qu’il rapporte plus qu’il ne coute.
      Or, l’impôt se finance sur le cout du travail et ses recettes.
      La rentabilité du travail diminuant, des pans entiers de l’économie deviennent sans rentabilité et n’existent tout simplement plus.

      Protectionnisme = moins de pouvoir d’achat + augmentation des coûts des entreprises qui importent beaucoup en matériel et en matériaux + protectionnisme en retour d’autres contre notre production.

      Comme GK dit dans cet article, il est impossible de savoir si le protectionnisme créera plus d’emplois qu’il n’en détruira, mais ce qui est certain, c’est que le niveau de vie diminuera.
      Et puis, la France n’a pas la capacité de produire tout ce qu’elle importe.(cf théorie des avantages comparatifs)

      Et franchement, est-ce que les industries qui ont délocalisé voudront vraiment revenir pour rester dans un marché au pouvoir d’achat mort et aux couts de prod aussi élevés ?

      Les étatistes sont contre le libre-échange car cela fait une pression à la baisse de la fiscalité par les délocalisations menaçant les droizakis, mais finalement, la hausse du pouvoir d’achat et la baisse des couts de production provoquée par le libre-échange compensent leur tendance contraire provoquée par la hausse des impôts.
      Ne faudrait-il donc pas une politique fiscale plus légère pour qu’un système protectionniste soit viable ?

  2. La remarque que fait l’article est intéressante et je la trouve pertinente … jusqu’à un certain point.

    En effet, ici, aucune limite n’est mise au protectionnisme, qui vient s’installer jusque dans nos immeubles. Mais dans les faits, ce genre de mesure s’arrêtera à l’espace où les richesses sont redistribuées par un autre pan de la politique économique.

    Traditionnellement, cela s’arrêtait donc au niveau d’un état : celui-ci ferme ses frontières, instaure son protectionnisme pour protéger l’ensemble du pays. Mais pour éviter les différences régionales en interne, adopte une politique financière de transfert de richesses.
    C’est le même principe qu’au sein d’une grosse entreprise où les services les plus « rentables » compensent des services déficitaires mais essentiels.

    1. inexact : la suppression des barrières intérieures est très récentes (après 1945 en France par exemple)

      Dans une entreprises les services « essentiels » ne sont pas déficitaires, ça ne voudrait rien dire du tout. Les services essentiels sont le cœur du métier de l’entreprise et s’ils ne sont pas performant l’entreprise court à sa perte.

  3. Deux remarques :

    1. Dire qu’il n’y a plus d’industries en France est faux. Et même si cela était vrai, en quoi un emploi dans l’industrie est il mieux qu’un emploi dans un autre secteur ?

    2. les imbéciles paient… par une perte énorme de leur pouvoir d’achat si l’on applique le protectionnisme. En quoi cela serait-il positif ?

    Je pense que le rapport cout/bénéfice du protectionnisme est beaucoup plus compliqué que « pas de protectionnisme = perte d’emplois » car, comme précisé dans l’article, « protectionnisme = perte de pouvoir d’achat = perte d’emplois »
    Comment pouvez vous affirmer que la perte d’emploi due à l’absence de protectionnisme est plus importante que celle due à son application ?

    1. « en quoi un emploi dans l’industrie est il mieux qu’un emploi dans un autre secteur ? »

      Il permet de recruter des prolétaires pour animer les zoos des officines socialistes.

  4. Autre réductio ad absurdum, de Bastiat celle-ci :
    « Supposez, si cela vous amuse, que l’étranger nous inonde de toutes sortes de marchandises utiles, sans nous rien demander; que nos importations sont infinies et nos exportations nulles, je vous défie de me prouver que nous en serons plus pauvres. »

    Il y a trop de textes de Bastiat qui démystifient avec brio le protectionnisme pour tous les citer ici, mais si un supporter de la démondialisation de Montebourg ou de la TVA sociale de Valls vient à passer par là, je lui recommande celui-ci, qui expose le mieux les bonnes intentions naïves qu’ils affichent : http://bastiat.org/fr/egaliser_les_conditions_de_production.html

  5. En effet, on peut toujours faire une démonstration par l’absurde, en commençant par la Chine pour arriver à la compétition entre paca et l’Ile de France.
    C’est juste oublier que ce n’est pas une compétition mais une volonté stratégique de la Chine : devenir l’usine du monde dans tous les domaines, peu importe le temps, peu importe le coût humain.
    il n’ y aura plus d’usines en Europe petit à petit. Elles ferment une par une. Ca a commencé par le textile et ça terminera par l’aviation.
    On parie?

    1. ça ne fait que 200 ans au bas mot que ça dure il ne devrait plus y avoir un seul emploi. La suisse juste à coté à un taux de chômage dans les 3% (y compris chez les jeunes) et les banques ne représentent que 15%, sinon c’est horlogerie, machine de précision et bien d’autres produits.
      Son économie est infiniment plus libérale que celle de la France, le « CPE » par exemple est la norme le code du travail fait deux pages.

      D’autres part vous négligez le fait que ces pays pauvres s’enrichissent, qu’une classe moyenne revendicatrice et puissante apparait, que toute la société est tirée vers le haut et que ces pays à terme vont avoir des couts beaucoup moins intéressant. C’est en résumé l’histoire de l’Europe.

      On a rêvé un monde sans pauvreté ? La liberté des échanges garanti beaucoup plus surement que n’importe quel « aide » (qui n’a jamais sorti un pays de la misère au contraire) la diffusion des richesses et la conquête du bien être.

      Un scientifique à montré dans une vidéo émouvante de 4 minutes cette conquête et cette diffusion sur 200 ans d’histoire. Quand on n’a pas pris conscience de ça on ne peut rien comprendre.

      « Hans Rosling, 200 pays, 200 ans, 4 minutes – la joie des statistiques – BBC »
      http://www.youtube.com/watch?v=jbkSRLYSojo

      1. La concurrence de la Chine ou des autres pays à très très bas cout n’est que toute récente.
        Jusqu’en 1960, on se battait entre européens et américains, le reste c’était des colonies, des anciennes colonies ou des paradis marxistes.

        Je souhaiterai aussi un code du travail sur 2 pages, je reverai que la France soit une copie de la Suisse, sachant qu’on parle la meme lanque, on pourrait copier facilement.
        Ce que j’écris dans mon post n’est pas une reflexion idéologique, c’est un constant, toutes les usines partent et elles partiront jusqu’à la dernière. Aucune période économique n’est comparable à celle que nous vivons.

        Ceci étant dit, j’ai ma société, je fais des développements informatiques, utilisant les dernières technologies, le dernier matériel et je suis en concurrence avec des gens 5 fois moins cher où il n y a aucun droit du travail, rien!

        Il y a un moment, il faut être pragmatique, personne ne croit sur ce site qu’il n y aura la moindre inflexion libérale dans ce pays. L’entrepreneur français a le droit à la double peine (c’est normal après tout, c’est un salaud en puissance): les charges les plus élevées du monde et la concurrence des salaires les plus bas du monde.

        Peut etre avez vous aussi votre entreprise et etes vous vous aussi en concurrence avec des pays à bas couts.
        Si c’est le cas, je serai intéressé de connaitre vos techniques pour etre gagnant.
        Le libéralisme gagnant sur le papier, c’est super, j’aimerai bien avoir des conseils concrets de libéraux sur le terrain.
        cordialement

        1. « La concurrence de la Chine ou des autres pays à très très bas cout n’est que toute récente. »

          Chaque période à vu des changements, c’est une recherche insatiable de meilleurs intérêts et la société est en mutation incessante.

          Les rapports montre que la chine ne pèse que 11% des importations (3,7% des exportations, balance 7,3%) et que l’UE y entre pour 80%. La France est le 5eme exportateur mondial à 4% du commerce alors que sa population représente 0,95%.

          Il faudra relativiser et réviser les prévisions de catastrophe industrielle d’une part et ce rendre compte que ce « protectionnisme » censé sauver la France n’est qu’un concept totalement creux. Les principaux échanges ce font bien avec nos proches voisins.
          http://www.contrepoints.org/2011/10/11/50068-tableau-de-leconomie-francaise

          « je fais des développements informatiques, utilisant les dernières technologies, le dernier matériel et je suis en concurrence avec des gens 5 fois moins cher où il n y a aucun droit du travail, rien! »

          Le textile et certaines industries on eu droit à cette pilule amère, mauvais créneaux, pas assez de valeur ajoutée ou recherche d’un bouc émissaire alors que la cause profonde est peut-être bien différente ? Entendons nous bien: La concurrence peut tuer mais la propension humaine à ne pas reconnaitre ses propres manques occasionne des surprises. Une fois le marché fermé on s’aperçoit qu’il n’y a pas (ou plus) de clientèle, la méthode de vente mauvaise etc. etc.

          L’informatique condamne malheureusement à l’innovation et aux changements constants, la sellerie n’a pas bougé depuis des siècles, l’informatique ce renouvelle tout les 4 ans.

          1. merci de vos précieux conseils; on sent que vous avez l’expérience du terrain. J’imagine que dans votre métier, vous etes vous meme soumis à ce type de concurrence. Ne me dites pas que vous etes medecin, prof, fonctionnaire, etudiant …ça casserait un peu le raisonnement.

            En plus le protectionnisme dont on commence à parlé est aux frontières de l’Europe, non à l’intérieur. C’est l’auteur du texte qui a pris le cas de la Chine pour arriver à une concurrence avec nos voisins. On Ne joue pas du tout dans la même catégorie.

            au fait, Java fête ses 15 ans et reste le n°1 des langages, vous avez du confondre matériel et langage.

            Ce que vous ne comprenez pas, et ce que la majorité des libéraux de papier ne veulent pas comprendre, c’est que cette fois ci toutes les industries, toutes les productions vont y passer.

            Après vous pensez que c’est bien pour l’amélioration de la vie des français, moi je ne le pense pas.
            mais on peut se revoir dans un an à la même date, et refaire le point sur les entreprises supplémentaires qui ont quitté le pays, le nombre de chômeurs, le déficit du commerce et des comptes.

            En plus, ce sont des emplois privés qui disparaissent, ce qui augmente mathématiquement le nombre d’assistés et ce qui nous rapproche de plus en plus du tout état.

          2. Comme vous le dites, Frederic, les producteurs sont confrontés à la concurrence et aux charges. S’il est normal d’être en concurrence, il n’y a aucune raison de subir les charges. Le problème français est uniquement lié aux contraintes étatiques, non au « péril jaune » fantasmé. Comment expliquer autrement la meilleure santé de certains pays européens ? Ne subissent-ils pas les mêmes contraintes externes ? Ne sont-ils pas dans le même environnement international ? Ce qui les différencie de la France, c’est un Etat nettement moins envahissant. Finalement, vous vous trompez car cette fois-ci n’est pas différente de la précédente : l’étatisme nous appauvrit aujourd’hui aussi inéluctablement qu’il a ruiné l’URSS hier.

            Ce ne sont pas les chinois qui tuent nos industries, ce sont nos propres gouvernements aveuglés par leur dogmatisme anti-libéral.

          3. « Ne me dites pas que vous etes medecin, prof, fonctionnaire, etudiant …ça casserait un peu le raisonnement. »

            J’ai une TPE… d’informatique ;)

            « c’est que cette fois ci toutes les industries, toutes les productions vont y passer. »

            Des prédictions de catastrophes j’en mange depuis au moins 40 ans, aucune ne c’est réalisée on a eu à la place bien d’autres (re)évolutions que personne n’avait vu venir.

            « Ce ne sont pas les chinois qui tuent nos industries, ce sont nos propres gouvernements aveuglés par leur dogmatisme anti-libéral. »

            Très exactement. L’état providence tue toute chance d’adaptation rapide en rendant le risque et les couts de l’évolution prohibitifs pour les individus. Il est impossible d’aller contre les lois de la nature mais on peut soit faciliter l’adaptation soit la rendre très difficile. Le libéralisme ne dit rien d’autre. En facilitant les solutions de chacun l’adaptation est maximale. (plutôt que de quelques-un engoncés dans un structure rigide qui n’a comme but que de ce maintenir.)

            « au fait, Java fête ses 15 ans et reste le n°1 des langages, vous avez du confondre matériel et langage. »

            Le tournevis est no 1 des outils pour visser mais pour clouer il vaut mieux un marteau. Ce classement des langages n’a pas un grand sens. (mais on est pas là pour discuter technique )

        2. «La concurrence de la Chine ou des autres pays à très très bas coût n’est que toute récente.»

          L’erreur des argumentations protectionnistes est qu’ils ne voient que les coûts horaires ou journaliers alors qu’il faut regarder aux coûts réels, les coûts à la pièce produite. Et vu le savoir faire Chinois ou Indien, on peut relativiser fortement ces « bas coûts ».

          En plus, il y a d’autres facteurs comme les coûts de transports, coûts douaniers, la stabilité politique, la corruption, et tous les autres risques politiques.

          Et puis, la tendance commence à s’inverser.

          Un arbre qui s’effondre fait un bruit assourdissant, et la forêt pousse en silence.

        3. Frederic : « La concurrence de la Chine ou des autres pays à très très bas cout n’est que toute récente. »
          ———————–
          C’est un préjugé dangereusement faux. Dans les années 60, la camelote et la copie, c’était du made in Japan (mon oncle avait fait ce qui était une affaire pour l’époque en achetant une montre mécanique « pas chère » de là bas pour l’équivalent du dixième de son salaire, je vous laisse imaginer l’ampleur de la hausse de notre pouvoir d’achat). Quelques années plus tard, c’était du made in Taiwan et Corée dont le niveau de vie dépasse maintenant celui de l’Espagne, tandis que le Japon est devenu un des premiers pays consommateurs du luxe français. Comme on peut s’en douter, aucun pays exportateur à bas coût ne le reste indéfiniment.

          Au passage, c’est tout aussi faux de dire que notre industrie disparaît. Il suffit de regarder notre production industrielle en valeur, elle n’a jamais baissé, bref tout le contraire de ce que vous croyez !

          On ne peut pas raisonner juste en se basant sur des perspectives fausses et des données fausses.

  6. @ Bubulle

    Je révérai qu’il n’y ait plus de charges en France. je reverrai que l’état soit réduit au strict minimum .
    Cependant, on en prend pas le chemin. J’ai commencé mon post en disant que c’est la double peine pour l’entrepreneur français.

    Quand on regarde un match de Rugby, on ne s’amuse pas devant Nouvelle-Zélande vs ASPTT argenteuil.

    Quand on regarde un match de boxe, c’est pas entre un poids lourd et un poids plume, le premier ne progresse pas et le deuxième est…mort.

    Pour le concours à Polytechnique, tout le monde a les mêmes problèmes et c’est le meilleur qui gagne.

    J’ai le sentiment que l’on tire le meilleur des gens quand ils se battent à armes égales. Là ils deviennent créatifs, ingénieux.

    L’europe ne progresse plus, les entrepreneurs sont découragés.

    De plus, la première partie post précisait bien que la Chine était dans une stratégie sur du long terme de conquête globale des usines mondiales. Peu importe le temps et les sacrifices humains.
    Je ne sais pas mais pour moi le libéralisme, c’est aussi la défense de la liberté, ça ne vous gêne pas qu’on déroule le tapis rouge à des communistes, parc qu’ils produisent moins cher?
    Qu’est ce que la Chine communiste a créé?

    Pour Arnaud : les salaires en Chine ont augmenté? C’est une info du PC chinois?
    Les statistiques de l’Urss nous faisait mourir de rire par contre il faut prendre pour argent comptant celle de la Chine communiste.

    1. « ça ne vous gêne pas qu’on déroule le tapis rouge à des communistes, parc qu’ils produisent moins cher? »

      Ce n’est pas l’état qui achète les produits chinois mais les citoyens. Vous ne pouvez pas empêcher les gens de chercher une plus grande efficacité de leur ressources c’est l’évolution inévitable et une loi fondamentale de la nature.

      Le problème c’est l’état providence qui en collant un énorme boulet au pied des entrepreneurs sous prétexte (juste) de social les empêches de s’adapter. Le problème c’est que ça ne s’arrête pas souvent aux portes du raisonnable. Plus l’état veux régler chaque choses plus il a besoin d’argent plus il tue la création plus il a de gens à sa charge etc. etc. L’état fini par ce casser la figure par manque d’argent mais à ce moment toute la production et les emplois sont déjà sinistrés. Asphyxié financièrement et administrativement.

      Une spirale infernale démontrée par F. A. Hayeck (nobel) en 1945 dans « la route de la servitude », un livre très lu sous les manteaux en ex-URSS et qui démontre actuellement toute sont incroyable pertinence.

      Oui la chine s’enrichit, ce n’est pas l’URSS vous pouvez visiter et parler aux gens qui sont d’ailleurs libre de voyager. http://www.monde-diplomatique.fr/2009/05/ROCCA/17058

    2. « Quand on regarde un match de Rugby, on ne s’amuse pas devant Nouvelle-Zélande vs ASPTT argenteuil. »

      En 1989, j’ai vu la sélection Midi-Pyrénées de jeu à 13 se faire décimer par l’équipe nationale de Nouvelle Zélande.

    3. « Les statistiques de l’Urss nous faisait mourir de rire par contre il faut prendre pour argent comptant celle de la Chine communiste. »
      ———————
      La Chine fait partie de l’OMC depuis 10 ans, elle accueille des centaines milliards de $/an d’investissements étrangers et Shanghai est devenue une plateforme financière internationale. Elle ne fournit pas des stats économiques sorties du chapeau, faut pas délirer hein !
      D’ailleurs, même la Russie actuelle n’est toujours pas dans l’OMC, alors comparer la Chine actuelle à l’URSS, bof bof…