Mangibougisme : pour votre santé, laissez-vous taxer

Publié Par h16, le dans Édito

Mangibougisme : pour votre santé, laissez-vous taxer

Certains observateurs parmi les plus affûtés l’ont déjà remarqué : quand quelque chose va mal, dans ce bas monde, c’est rapidement la faute au libéralisme. Pratique, le libéralisme s’attaque sous tous les angles, à toutes les saisons. Large, englobant une multitude de sujets et avec plusieurs m³ de coffre, il sera facile de le charger pour tout et n’importe quoi. Le libéralisme comme véhicule tout terrain de votre argumentaire politique vous emmènera très loin.

Il est bien sûr évident que les fuites nucléaires et le réchauffement climatique sont directement imputables au libéralisme. Comme ce réchauffement climatique provoque des tsunamis (mais si, c’est comme ça), que ces tsunamis provoquent des fuites nucléaires, la boucle est bouclée.

Le libéralisme est aussi responsable de la mort des bébés phoques, des pluies acides, du trou dans la couche d’ozone, mais (et c’est beaucoup plus fort), il est aussi responsable du communisme à Cuba et en Chine.

C’est vraiment sans limite.

Vous pensiez avoir tout lu ? On peut faire plus fort : le libéralisme est aussi responsable de l’obésité des gens ; jusque là, c’est logique : les méchantes corporations ont l’impudence de fournir de la nourriture en quantité lamentable à tous, et forcent les gens à se nourrir.

Mais pire : comme il y a à présent plus de gens obèses que de gens mal nourris sur la planète, c’est aussi la faute au libéralisme. Notez que lorsqu’il n’y avait que des gens qui clabotaient maigres comme un clou, c’était la faute au libéralisme aussi. En attendant, comme l’explique l’article, les statistiques montrent qu’un milliard et demi de personnes souffrent d’obésité en 2010, contre 925 millions de malnutrition.

Et le secrétaire général de la Croix-Rouge en conclut donc logiquement :

« Si la libre interaction du marché a abouti à une situation où 15 % de l’humanité a faim tandis que 20 % est en surpoids, il y a quelque chose qui n’a pas marché quelque part. »

Michael MooreC’est assez fabuleux, cet argument, quand on y réfléchit cinq minutes : la personne en surpoids ne l’est donc plus parce que son alimentation n’est pas adaptée à ses dépenses caloriques, mais bien parce qu’elle mange la nourriture d’autres, ailleurs dans le monde. Et si ça ressemble à un surcroît de culpabilisation pour les obèses, c’est normal : c’en est. Évidemment, la pire engeance sera l’obèse libéral qui est une raclure qu’on devra pourchasser jusqu’au fin fond des États-Unis (parce le libéral et l’obèse sont forcément là, que voulez-vous ; c’est Michael Moore qui le dit !)

Notez bien cependant que, de pair avec le libéralisme, la mondialisation (capitaliste, sauvage et échevelée) est tout aussi responsable. Mondialisation capitaliste turbolibérale qui, nous explique le FMI, déprime l’emploi. Le fait que cette mondialisation se soit accompagnée d’une orgie de dettes étatiques sans frein, c’est la faute au libéralisme. Le fait que des millions de personnes perdent leur emploi parce qu’il faut payer pour les droizacquis dans les sociales-démocrassies, que les entreprises quittent les enfers fiscaux, c’est la faute au libéralisme. Le fait que les emplois soient de plus en plus difficiles à créer en Europe, aux États-Unis, c’est la faute au libéralisme qui fait rien qu’à ajouter des lois et des règlements sur des directives et des interdictions.

Méchant, méchant libéralisme.

Devant ce constat, nos yeux s’humidifient forcément ; l’humaniste soupire amèrement au fond de chaque être humain (mais pas au fond des libéraux, ces créatures fourbes qui sur-nourrissent les Occidentaux en faisant crever à petit feu les Somaliens).

Mais séchez vos larmes ! Des gens bien intentionnés travaillent dans l’ombre pour votre bonheur ! Des êtres supérieurs, qui voient plus loin que l’horizon, qui ont tout compris aux motivations internes et aux ressorts qui poussent les gens dans la mauvaise direction, des gens qui, ça tombe bien, sont au pouvoir, ont pris le taureau par les cornes et ont décidé de remédier au problème !

Et ces gens ont prouvé leur intelligence, leur abnégation. Ils ont un historique de réussites éclatantes. Ils vivent avec trois fois rien, des salaires de misère, se battent pour le pouvoir et le conservent car ils sont imbibés du bien collectif. Ils mènent tous les jours une lutte acharnée pour votre avenir et celui de vos enfants, et bien sûr pour votre pouvoir d’achat.

Alors pan, ils ont inventé une Fat Tax.

C’est LA solution pour résoudre le problème : grâce à celle-ci, il y aura évidemment moins d’obèses.

D’ailleurs, depuis qu’il y a des Smoke Tax, il y a moins de fumeurs. Les Alcool-taxes ont renvoyé la consommation de spiritueux au rang de curiosité. À l’instauration des Petrol-Taxes (nombreuses et gratinées), les ventes de voitures se sont effondrées et la consommation d’essence, de gasoil, de mazout et de kérosène a dégringolé.

La Fat Tax, c’est absolument certain, sera un succès qu’on devine déjà retentissant : le Danemark ouvre la voie, la France, on en est absolument certain, suivra rapidement en trottinant derrière.

D’ailleurs, elle a décidé de préparer le terrain : les frites seront rapidement supprimées des cantoches.

Il était temps : les collectivités locales, dont les immenses latitudes budgétaires sont connues, devaient absolument être contraintes à acheter autre chose que des cochonneries en tube, en barre et sous blister pour distribuer à nos têtes blondes. Le gouvernement a donc courageusement mis en place un décret imposant des repas Mangibougi-compatibles.

On notera au passage que ce décret oblige les établissements à tenir à jour un épais registre paperassier des repas distribués, des ingrédients et de leur composition. Eh oui : la lutte contre l’obésité humaine passe par l’engraissement des administrations et l’entripaillement cadencé de la sphère étatique. Miam. Au moins, le libéralisme ne passera pas par là !

Ah, qu’il est doux de voir comment ce pays abdique tous les jours un peu de ses libertés, de ses traditions, de ses joies de vivre, pour ne laisser place qu’à un paradis consensuel d’hommes et de femmes en parfaite santé, aux muscles pétillants, le regard tourné vers un avenir chantant …

Tiens, ça me rappelle quelque chose…
Propagande communiste
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  1.  » L’Etat raciste n’a pas seulement à veiller au développement des forces corporelles pendant les années d’école, il doit aussi s’en occuper pendant la période postscolaire, tant que les jeunes gens n’ont pas achevé leur croissance, afin que celle-ci se fasse dans d’heureuses conditions. Il est absurde de croire que le droit de surveillance sur ses jeunes citoyens cesse pour l’Etat au moment où ils quittent l’école, pour ne rentrer en vigueur qu’au moment où ils font leur service militaire. Ce droit est, en réalité, un devoir permanent.

    L’Etat actuel, qui se soucie peu d’avoir des citoyens en bonne santé, a négligé ce devoir d’une façon criminelle.
    Il laisse aujourd’hui la jeunesse se dépraver dans les rues et les lieux de débauche, au lieu de la tenir en main et de prendre soin de sa formation physique jusqu’au moment où il aura obtenu des adultes sains et robustes.
    La question de savoir sous quelle forme précise l’Etat organisera l’éducation postscolaire est, pour le moment, sans importance ; l’essentiel est qu’il le fasse ; il en cherchera les voies et moyens. L’Etat raciste doit tenir le développement physique des jeunes gens, dans la période postscolaire, pour une de ses attributions, au même titre que leur développement intellectuel, et il doit l’assurer par des institutions d’Etat.  »

    Adolph Hitler – Mein Kampf (Tome 2, chapitre III)