To be or not to be…

Publié Par Philippe Robert, le dans Non classé

« La France populaire, la France de l’espérance »
« Fiers d’appartenir à la droite de conviction pour accompagner la majorité présidentielle dans les nécessaires réformes dont la France a besoin, nous souhaitons contribuer activement et fortement, au futur projet de Nicolas Sarkozy ».

UMPMais de quelle droite de conviction s’agit-il ? De l’UMP ? À ma connaissance, il n’existe aucune droite de conviction en France hormis les francs-tireurs libéraux interdits d’expression que nous sommes et qui jamais, au grand jamais, ne voteront pour Nicolas Sarkozy en 2012 !

Pardon, mais nous ne pouvons plus accepter d’être échaudés à grands coups de fausse rupture muée, dès l’élection acquise en 2007, en une sorte de festival de réformes en trompe-l’oeil sans réelle portée réformatrice ou encore promises, quelques courtes années plus tard, à la casse…

« Trop de dégâts ont été commis par le politique, cet animal « pragmatique » dont le pouvoir décline : il est temps de tourner la page ». Ainsi donc en est-il de l’art de la rupture : « Dans la France d’aujourd’hui, elle doit nécessairement être profonde et globale. Il faut donner un signal fort, oser changer de système et se donner les moyens de créér un véritable élan (…) ».(1)

Les 12 propositions de la Droite populaire pour peser sur le projet UMP pour 2012 ne sont pas bâties sur un tel scénario; on y trouve toujours trop de scories d’un passé révolu mais hélas tenace qui n’ont plus leur place en 2011 et plus encore en 2012 car il n’est plus temps pour, encore et encore, tergiverser :

« (…) Il faut basculer de la « société de contrainte » à la « société de responsabilité », du « bonheur imposé » au « libre choix », du primat de l’État au primat de l’individu, et avoir le courage, en matière économique, d’en tirer, en une fois et sur un temps très court, les conséquences en baissant fortement la pression fiscale (la Flat tax, l’impôt à taux unique et bas, est en vigueur dans onze pays européens); en assouplissant réellement le droit du travail; et en engageant une vaste entreprise d’ouverture à la concurrence des derniers secteurs protégés pour pouvoir, ensuite, participer, à armes égales, au jeu gagnant-gagnant de la mondialisation avec nos partenaires. L’hypercrise pourrait bien bouleverser cette ambition, alors même que l’ensemble des pays qui ont suivi ces politiques vont certes la subir de plein fouet, mais en supporter, moins que nous, qui n’avons jamais osé la réforme, les conséquences ».(1)

Par ailleurs, comme l’écrit fort à propos l’équipe de Jacques Garello dans La Nouvelle Lettre No 1090 du 1er octobre 2011(2) dans un article intitulé « Droite populaire : populiste ? libérale ? » :

« Il y a donc quelque schizophrénie dans ce manifeste. Sans doute le document est-il trop long; à nos yeux les réformateurs libéraux ne sont pas ceux qui proposent, mais ceux qui libèrent. Sans doute ces députés sont-ils encore prisonniers de la pensée unique (…) Nous savons cependant qu’il s’agit d’hommes sincères et de talent : Christian Vanneste a participé à notre Université d’été, Dominique Tian entretient des relations suivies avec nous, Thierry Mariani, ministre des Transports, prend du poids au sein du gouvernement… Où figure un ancien de la bande à Léo, Gérard Longuet, qui donne de temps en temps l’impression qu’il est encore libéral. Comme le suggère Jacques Garello, tous ces gens feront peut-être un pas de plus vers le libéralisme. Il sera temps, après les élections présidentielles. Pour l’instant, ils « accompagnent la majorité présidentielle (et) contribuent fortement et activement, au futur projet de Nicolas Sarkozy. »

Le problème, en effet, c’est encore et toujours Nicolas Sarkozy, non pas selon la doxa socialiste qui n’a de cesse de flétrir le Président ad hominem mais bien plutôt, en ce qui concerne les esprits libres que nous sommes, sur les résultats désastreux dus à un manque tragique de vision à long terme.

Il n’est donc vraiment plus temps de se demander si les Français accepteront ou n’accepteront pas telle ou telle politique; des gouvernants dignes de ce nom doivent avoir le courage, personnel et politique, de leur dire enfin toute la vérité : « Notre dette publique s’est accrue de 46,5 milliards d’euros au 2ème trimestre 2011 et s’établit à 1.692 milliards, soit 86,2% du PIB. La croissance est en panne complète, et l’on continue à dépenser sans compter, tout en augmentant les impôts, ce qui réduit encore l’activité » (cf Claude Reichman).

Sur un plan plus général, je recommande vivement la lecture de l’ouvrage d’Alvin et Heidi Toffler intitulé « Créer une nouvelle civilisation : la politique de la Troisième Vague » (Fayard, avril 1995) écrit, certes, par des Américains à l’usage des Américains mais néanmoins d’une portée universelle : nous devons entrer de plain-pied dans la Troisième Vague, celle du « savoir désormais inépuisable », après la Première Vague (l’agriculture) et la Deuxième Vague (l’industrialisation).

Pour accéder à la nouvelle civilisation du savoir, il nous faut donc aujourd’hui abandonner à son sort la Deuxième Vague définitivement étale, sans énergie et promise à disparaître sans espoir de retour; une telle transition n’est certes pas sans dangers mais nous devons y mettre toutes nos forces si nous voulons résister à un tel choc : « Le Choc du Futur », toujours du même auteur visionnaire. À bon entendeur politique…
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(1) Mathieu LAINE : « Post-politique » (JC Lattès, décembre 2008).
(2) La nouvelle lettre éditée par la Société d’Edition et de Formation Economie et Liberté (SEFEL) chez ALEPS : www.libres.org
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  1. Stephane LallementStéphane Lallement

    Lors de la récente Université d’été de l’UMP, Jean-François Copé, qui est devenu le nouveau dirigeant de fait de l’UMP, adéclaré devant l’assemblée des personnes présentes et devant les caméras de télévision qu’il avait toujours cru en l’infaillibilité de l’ÉNA et en l’infaillibilité de l’État.

    La parole dominante à l’UMP, c’est la parole qui proclame l’infaillibilité de l’État contre les individus.

  2. Je me définit comme un liberal conservateur; l’UMP ne représente pas vraiment un parti idéal de droite à mes yeux; je ne le considère d’ailleurs pas comme tel. C’est une droite molle, qui a trop peur d’aller de l’avant, pour ne pas offusquer le gaucho. Mais je suis en désaccord avec vous, tout bon libéral que je suis, je voterai Sarkozy en 2012, car même s’il ne liberera pas notre économie de son étatisme, sa politique sera moin dangereuse que celle d’Hollande, qui ravagera notre économie à coup de hausse de taxes et d’impots. Je tiens d’ailleurs à vous préciser que François Holland -bien que payant l’isf- à décrété publiquement qu’il n’aimait pas les riches ; on cerne bien le personnage; on n’en veut pas !

    1. Sarkozy a fait exploser a dette. Sa politique est anti-libéral. Hollande ne fera pas mieux, peut-être pire. En attendant, la solution est de voter blanc et de se battre pour que le vote blanc soit comptabilisé.
      Lorsque 50% des français voteront blanc et que ce vote sera reconnu, alors les politiques comprendront qu’aucun ne propose les solutions dont ce pays a besoin et qu’aucun ne correspond à ce que les français attendent.
      Voter Sarkozy en tant que libéral est une hérésie. Voter pour le moins pire, c’est ce que j’ai fait en 2007 et ce que je ne referai plus jamais. Il est temps d’exprimer fortement notre mépris pour la classe politique actuelle.

    2. @ napoléon
      C’est sûr qu’avec un pseudo comme « napoléon » tu dois surement être un grand libéral !

      Concernant Sarkozy, les autres libéraux t’ont parfaitement expliqué à quel point il était un socialiste de droite, aussi je me contenterai de t’expliquer pourquoi voter Hollande ou Aubry ou n’importe quels autres socialistes.

      Premièrement: pour sanctionner Sarkozy
      Deuxièmement: Parce qu’il va être amusant de voir le prochain président de gauche liquidé « l’état-providence » Le futur président sera le liquidateur judiciaire d’un état en faillite.

  3. « tout bon libéral que je suis »
     » je voterai Sarkozy en 2012″

    Fail.

    « qui ravagera notre économie à coup de hausse de taxes et d’impots »

    C’est clair, c’est pas comme si c’était pas ce qu’avait fait l’UMP depuis 2007…

    C’est pas ce Sarkozy qui a fait exploser la dette. C’est pas non plus ce Sarkozy qui nous pond des bons petits plans de relance keynésiens pour relancer l’économie…

    Sarko, Hollande, socialiste de droite, socialiste de gauche, kif kif.

  4. Le pays n’a pas encore touché le fond. Une majorité de Français semble vouloir que l’Etat prenne tout en charge. C’est pourquoi, il vaut mieux un socialiste vrai de vrai pour mener ce désastre. Une mort rapide est préférable à celle lente que nous propose Sarkozy. il faut espérer que nos compatriotes comprennent qu’il n’y a pas de salut dans le collectivisme.
    Quand les retraites des vieux ne seront plus assurés, peut être que seront libérés les actifs et les jeunes et que le pays entier pourra à nouveau aller de l’avant, faire du bruit, rouler, s’activer pour le bien de tous.
    Les Français doivent devenir adultes et s’affranchir de l’Etat parent. Parce qu’on le voit, l’Etat ne se comporte pas comme un bon père de famille, mais comme un flambeur qui répète à l’envi qu’il aime ses enfants d’un côté, et lui pique son fric de l’autre côté tout en dilapidant l’héritage des ancêtres.

    Le sacrifice socialiste est nécessaire pour arriver au fond, taper du pied et enfin remonter. Sarkozy et ses scories doivent être éliminer pour que de vrais hommes de droite émergent du chaos.

  5. Il est fort à parier que le plus libéral des politiciens au pouvoir se prend rapidement les pieds dans l’indéfectible force du pouvoir étatique et de la pression de l’opinion pour un interventionnisme chronique. Casser le système social français, plus facile à dire qu’à faire…

    L’UMP reste la seule force politique de pouvoir à permettre et même penser une politique libérale. L’enjeu est d’arriver à convaincre à la fois l’opinion et la classe politique des vertus de la responsabilité individuelle. Le désastre qu’attend Abitbol ne résoudra rien et on entendra encore qu’il fallait et qu’il faudra plus d’état.

    En bref, et pour nuancer les propos tenus sur cet article, la vision libérale doit gagner la bataille des idées et convaincre l’opinion. Une élection est faite pour être gagnée. Et sur ce terrain, les libéraux se heurte à une tradition française bien ancrée dans le tout état.

    Ce n’est pas en affichant son mépris par le vote blanc que les choses évolueront. Nous devons convaincre car nous avons des idées qui peuvent faire émerger un nouveau souffle à l’Europe. Les français n’en sont pas à ce jour convaincu. Ce n’est pas le moment de baisser les bras mais au contraire influencer les forces en cours vers notre but : la liberté.

    La droite populaire ou un tea party à la française, il faut savoir saisir toute les occasions.

    1. « L’UMP reste la seule force politique de pouvoir à permettre et même penser une politique libérale. »
      Pardon ? C’était quand, la dernière fois ?

      Ah oui, jamais.

    2. « L’UMP reste la seule force politique de pouvoir à permettre et même penser une politique libérale.  »

      Euh comment dire… « LOOOL »?

      Faudra m’expliquer en quoi voter pour cette bande de protectionnistes, de dirigistes, d’autoritaristes, de constructivistes, d’étatistes, appelée « UMP » fera avancer en quoique ce soit les idées libérales…

      1. Il y a des individualités au sein de l’UMP qui y sont sensible, en tout cas plus que nulle part ailleurs. Et malheureusement, je le répète, au pays de « l’état fort qui dirige tout et même qu’on adore ça et qu’on en redemande », c’est à ce jour la seule force politique de pouvoir qui peu avoir une sensibilité aux idées libérales, même si historiquement elle n’en a pas fait la preuve. Permettez-moi de dire qu’à gauche de l’échiquier s’érige une bataille à celui qui sera le plus interventionniste sans parler de l’extrême droite. Bref l’idée de mon intervention, qui va s’arrêter là car vous avez l’air un peu énervé, c’est que chacun doit faire progresser ses idées là où il est possible de le faire.

    3. Ce n’est pas par pur plaisir que j’attends le désastre… c’est seulement qu’il est programmé.
      En effet, il existe peut être des individualités au sein de l’UMP qui sont à peu près libérales.
      C’est pourquoi il faut donner une chance à ceux là en éliminant Sarkozy et sa filiation (Fillon, Coppé, etc…)
      De cette façon, une fois que les organes gangrénés de cette formation seront amputés, les jeunes pousses, peut être, auront la bonne analyse. Désolé, mais pour 2012, il faut couper la tête malade…

      1. Être « libéral » à l’UMP, c’est être soit inculte (ne pas savoir ce que le mot « libéral » veut dire), soit intellectuellement malhonnête (mettre ses convictions de côté par soif de pouvoir), soit masochiste.

  6. « À ma connaissance, il n’existe aucune droite de conviction en France hormis les francs-tireurs libéraux interdits d’expression que nous sommes »

    N’importe quoi! La droite qui est au pouvoir, c’est la VRAIE droite, le droite française traditionnellement ANTI-libérale.
    Et le libéralisme ce n’est pas un « truc de droite »…

    Bref, pour sortir une telle ânerie, il faut vraiment méconnaitre ce qu’est la droite française depuis 65 ans (et cataloguer les libéraux à droite, hum…)

    1. Vous avez raison si on considère que la droite représente le conservatisme c’est-à-dire un parti qui veut garder les structures existantes et la gauche représente le progressisme au sens d’Auguste Comte et du positivisme. Mais c’est une distinction du XIXème siècle.

      Au XXème siècle, la gauche française s’est alliée avec les communistes, largement collectivistes, ce qui était son droit. La gauche allemande a renié le communisme lors du Congrès de Bad Godesberg en 1959. La gauche française ne l’a jamais fait.
      Elle est ainsi implicitement soupçonnée de continuer à adhérer à cette conception de la société qui a montré ces limites dans bien des pays.

      Le libéralisme n’est plus « de gôche ». Mais il n’est pas à droite non plus comme le montre cet article.

      1. Ce n’est pas parce-que je dis que la droite française est anti-libérale depuis fort longtemps que je pense que la gauche est libérale pour autant. Ça se saurait…