Moyens pour que chacun ait beaucoup d’argent dans sa poche

Publié Par Institut Coppet, le dans Culture, Lecture

Moyens pour que chacun ait beaucoup d’argent dans sa poche

Par Benjamin Franklin
Extrait de « La Vie de Benjamin Franklin écrite par lui-même » (1798)

À présent que tout le monde se plaint de la rareté de l’argent, c’est un acte de bienfaisance que d’apprendre à ceux qui n’ont pas le sou, comment ils peuvent faire cesser leur pénurie. Je veux leur dire quel est le vrai secret de gagner de l’argent, le moyen certain de remplir leur bourse et de la conserver toujours pleine. Pour cela, il suffit d’observer deux règles très-simples.

Premièrement, sois constamment probe et laborieux.

Secondement, dépense toujours un sou de moins que tu ne gagnes.

Alors, ton gousset se remplira et ne criera jamais qu’il a le ventre vide ; les créanciers ne te tracasseront point ; l’indigence ne t’accablera pas ; la faim ne pourra point te dévorer, ni le défaut de vêtemens te faire transir de froid. L’univers entier te paroîtra plus brillant ; et le plaisir dilatera tous les replis de ton cœur.

Suis donc les règles que je viens de te prescrire, et sois heureux. Bannis loin de toi la tristesse qui glace ton âme, et vis indépendant. Tu seras alors vraiment un homme. Tu ne détourneras point la vue à l’approche du riche, ni tu ne seras humilié d’avoir peu, quand les enfants de la fortune marcheront à ta droite ; car l’indépendance, soit qu’elle ait peu ou beaucoup, est toujours un bonheur, et te placera de niveau avec ceux qui s’enorgueillissent de posséder la toison d’or.

Oh ! sois donc sage ; et que l’assiduité au travail marche avec toi, dès le matin, et t’accompagne jusqu’à ce que tu ayes atteint le soir l’heure du repos. Que la probité soit comme le souffle de ton âme. N’oublie jamais d’avoir chaque jour un sou de plus que le montant de tes dépenses.

Alors tu parviendras au plus haut degré du bonheur, et l’indépendance sera ton bouclier, ton casque et ta couronne ; alors ton âme sera élevée, et ne s’abaissera pas devant le faquin vêtu de soie, ni ne souffrira point un outrage, parce que la main qui ose le faire, porte une bague de diamant.

Laisser un commentaire