€42.000 de pizza à la fédération socialiste de Montpellier

Publié Par Contrepoints, le dans Politique

Les pratiques comptables de la fédération socialiste de Montpellier, dirigée par Robert Navarro, semblent avoir été pour le moins douteuses selon le journal L’Express. Des révélations qui tombent mal, après les notes de frais douteuses du sénateur Jean-Michel Pastor et juste avant les primaires socialistes.

En 2005, la fédération socialiste commandait déjà pour plus de 7 600€ de pizzas par an à  la pizzeria les Hockeyeurs, voisine de la fédération et tenue par un militant socialiste local. Des montants déjà pour le moins surprenants. Entre 2008 et 2010, les responsables, apparemment affamés, commandaient pour 42 000€ de pizzas. Des chiffres qui laissent songeurs quand le menu s’affiche à 10 euros vin compris selon le même journal. Les montants atteignent jusqu’à 50% du total des frais de réception certaines années, financés par vos impôts.[1] D’aucuns n’hésitent pas ainsi à dire que ces montants pourraient masquer des irrégularités, en particulier les envoyés de la Rue de Solferino.

Ce n’est cependant que l’élément le plus visible du dossier selon les journalistes Eric Pelletier et Marcelo Wesfreid. Quand Robert Navarro a été écarté, la comptabilité de la fédération a mystérieusement disparu dans son intégralité. Les bribes reconstituées par les documents obtenus des banques ou des fournisseurs sont éloquents. Comme l’écrit l’Express:

Dans son rapport daté du 28 juillet dernier, l’expert-comptable chargé de l’audit des quatre dernières années de la fédération de l’Hérault tombe des nues: « A quelques exceptions près […], les notes de restaurants, repas, traiteurs ne portent pas mention soit du nom des convives, soit des circonstances de la manifestation ou de la réunion occasionnant ces réceptions. » Les justificatifs manuscrits dont L’Express a eu connaissance (ils émanent apparemment du même auteur) mentionnent simplement des « repas complets livrés ». Ces factures, établies sur le carnet à souches de l’établissement, portent des numéros très proches les uns des autres. Le plus souvent, leur date d’émission ne correspond pas aux dates des repas supposés – l’écart atteignant parfois plus d’un an.

Le premier secrétaire de la fédération (ainsi que sénateur et député européen) Robert Navarro est dans le collimateur du parti socialiste après avoir soutenu Georges Frêche en 2010. Cela lui a valu d’être suspendu du PS et une plainte pour abus de confiance déposée par les instances nationales du parti. Néanmoins, il était présent à l’université d’été de La Rochelle et est un des mandataires de François Hollande pour sa campagne aux primaires.

Pendant ce temps là, l’enquête de la juge d’instruction a identifié de nombreux éléments douteux:

Les investigations de la juge d’instruction Sabine Leclercq et de la police judiciaire de Montpellier se concentrent sur les voyages effectués sur Air France par l’ex-premier secrétaire de la fédération de l’Hérault et député européen. Des voyages à Bruxelles, Prague, Budapest ou Marrakech, où il  « Des documents comptables laissent penser que certains trajets professionnels ont été remboursés deux fois: par le Parti socialiste d’une part, et par le Parlement européen, d’autre part », ajoute une source proche du dossier. Les enquêteurs disposent déjà des factures réglées par le PS. Ils vont désormais s’attacher à éplucher la comptabilité des instances européennes.

Le rapport de l’expert-comptable pourrait livrer d’autres pistes. Au chapitre « Dépenses supportées à tort par la fédération en 2010 » apparaît, par exemple, « la prise en charge par la fédération d’une cotisation Prefon retraite au profit de Mme Navarro pour un montant de 670,32 euros », ainsi que des « remboursements de frais en 2010, postérieurs à la date d’exclusion du PS, prononcée à l’encontre du premier secrétaire fédéral ».

A écouter Robert Navarro, rien de tout cela n’est fondé et « cela relève d’un flingage politique ».

[1] Qu’une fédération de parti puisse dépenser 30 000€ de vos impôts par an en frais de réception montre ce que l’on peut penser du financement des partis politiques.

Lire La Pizza Connection sur le site de l’Express