Présidentielle US 2012: le meilleur candidat républicain

Publié Par Contrepoints, le dans Amérique du Nord, International

Le meilleur candidat républicain pour l’élection présidentielle américaine de 2012:  quelqu’un qui soutient le libre marché et pas les grandes entreprises.

Par Luigi Zingales (*), depuis Chicago, États-Unis
Un article paru dans le City Journal, le 16.06.2011

Ayant évité l’écueil Trump, le parti républicain est toujours à la recherche d’un candidat pouvant gagner. Il est bien sûr trop tôt pour repérer un gagnant. Combien de personnes auraient parié en 2007 qu’un sénateur afro-américain inexpérimenté pourrait devenir président? Mais pour 2012, nous savons déjà ce dont aura besoin un candidat républicain pour gagner : il ou elle doit mobiliser le soutien du Tea Party sans s’aliéner les électeurs indépendants. Sans l’enthousiasme du Tea Party, le candidat ne peut pas dynamiser la base des républicains. Sans le soutien des indépendants, le candidat ne peut pas remporter la majorité électorale. Les élections de mi-mandat ont démontré ce principe : les candidats qui arrivent à séduire les deux groupes gagnent, ceux qui n’y arrivent pas perdent.

La bonne nouvelle est que cela n’est pas une mission impossible. Le Tea Party est uni autour d’enjeux économiques et non sur des questions sociales telles que l’avortement et le mariage homosexuel qui ont tendance à repousser les électeurs indépendants. La discipline fiscale, des impôts faibles et la réduction de l’État plaisent autant aux militants du Tea Party qu’aux électeurs indépendants ; ces derniers exprimant même parfois de la sympathie pour le courant populiste anti-establishment qui imprègne le Tea Party.

La mauvaise nouvelle est que le populisme pousse les militants du Tea Party à la confrontation avec l’establishment du parti républicain. La meilleure manière d’analyser ce problème est de regrouper les électeurs en deux dimensions : le soutien qu’ils expriment pour le marché libre et la crainte qu’ils ont de voir les grandes entreprises dénaturer le fonctionnement du marché. En décembre dernier, selon le Chicago Booth/Kellogg School Trust Index, 58% des Américains étaient d’accord avec l’affirmation suivante « le libre marché est le meilleur système pour créer de la richesse », 26% étaient neutres et 16% en désaccord. Le plus fort soutien au libre marché venait des sympathisants du Tea Party (84% étaient d’accord avec cette affirmation), suivis des républicains (75%), des indépendants (67%) et loin derrière les démocrates (46%). De même, 53% des Américains sont d’accord avec l’affirmation « les grandes entreprises faussent le fonctionnement du marché pour leur propre avantage », tandis que 28% sont neutres et 19% ne sont pas d’accord. Mais le classement est ici presque inversé : les démocrates expriment le plus de soutien à cette affirmation (60%), suivis des indépendants (56%), des sympathisants du Tea Party (47%) et des Républicains (43%).

Ces données suggèrent qu’en exprimant des idées qui défendent le libre marché tout en restant critique à l’égard des grandes entreprises, le parti républicain peut obtenir le soutien simultané du Tea Party et des indépendants. En fait, une analyse globale de ces ensembles de données pour ces deux propositions révèle que 38% des sympathisants du Tea Party et 32% des indépendants s’identifient à un programme politique défendant le libre marché, non les grandes entreprises. Cette position est particulièrement populaire au sein des sympathisants du Tea Party n’appartenant pas au parti républicain.

Paul Ryan, représentant du Wisconsin au Congrès, affirme qu’il n’est pas candidat. Je suppose que c’est vraiment son choix. Mais le parti républicain a manifestement plus besoin d’un candidat comme lui que comme Mitt Romney, le candidat actuellement en tête au sein du parti et le favori de l’establishment républicain. Un candidat de la trempe de Paul Ryan, issu de la famille des libertariens conservateurs comme Jack Kemp, qui aida à construire un grand parti républicain, serait un solide défenseur du libre marché redevable en rien aux dirigeants des grandes entreprises dépendantes des plans de sauvetage de l’État. Ce type de candidat, si le parti républicain pouvait seulement le trouver, pourrait gagner en 2012 et aider à remettre l’économie américaine sur les rails.

(*) Luigi Zingales, professeur à l’université Booth de Chicago, contributeur de City Journal.

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Article original paru en anglais dans le City Journal.
Traduction avec l’aimable autorisation du journal : Xav pour Contrepoints.

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