Il n’y a pas de « réchauffement climatique global »

Publié Par Vincent Benard, le dans Environnement

Les données de température disponibles montrent qu’un « réchauffement moyen » n’est pas, à l’évidence, un « réchauffement global ».

Par Vincent Bénard

Comme je le sous-entendais ici, beaucoup de révélations ont eu lieu autour du réchauffement climatique en ces mois de Juillet et Août 2011, tant dans le domaine de la science que dans les arrières cuisines les moins ragoutantes. Je vous en livrerai quelques résumés je l’espère aussi compréhensibles que possible, pour ceux qui n’ont pas suivi au jour le jour l’actualité nécessairement brûlante de ce sujet au combien… chaud.

Commençons, aujourd’hui, par la remise en cause de la notion de « réchauffement global ». Oui, je sais, ça surprend, car si, jusqu’ici, les sceptiques remettent en cause l’importance du CO2 dans le réchauffement, ils ne contestent pas le réchauffement. Mais chaque mot compte. Les données de température disponibles montrent qu’un « réchauffement moyen » n’est pas, à l’évidence, un « réchauffement global ».

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Le réchauffement est-il global ?

Le 28 juillet, après des années de guerilla juridique, le MET office (la météo britannique) a - enfin ! - publié les données brutes des 5113 stations de mesure de température que son prestataire (le CRU de l’université d’east Anglia, rendu tristement célèbre par le climategate) utilise, ce qui permet à ceux que cela intéresse d’en faire l’exploitation. Cet échantillon est souvent mentionné sous le nom de HADCRUT3 dans la littérature spécialisée…

Des données… plus ou moins brutes, plus ou moins ajustées, euh, en fait, on ne sait pas…

Encore que, par données brutes, on ne sait pas trop bien à quoi s’en tenir… Dans sa FAQ, le Met Office précise que:

Some of these data are the original underlying observations and some are observations adjusted to account for non climatic influences, for example changes in observations methods or site location.

The database, therefore, consists of the ‘value added’ product that has been quality-controlled and adjusted to account for identified non-climatic influences. Adjustments were only applied to a subset of the stations, so in many cases the data provided are the underlying data minus any obviously erroneous values removed by quality control. The Met Office do not hold information as to adjustments that were applied and, so, cannot advise as to which stations are underlying data only and which contain adjustments.

Ça commence bien !

En clair, le Met Office certifie que les ajustements de données qui ont eu lieu « pour certaines stations et pas d’autres » a fait l’objet d’un « contrôle qualité », mais qu’il n’est pas en mesure (ou peu désireux ?) de dire quelles stations présentent des données brutes, et lesquelles présentent des données ajustées, ni de préciser la nature de ces ajustements !

Et c’est donc cela qui sert de base au calcul des « années les plus chaudes » dont on nous rebat les oreilles… Ce serait drôle si ce n’étaient pas ces bases mouvantes qui servaient de prétexte à des politiques se chiffrant en milliards d’argent public.

Notez que je ne critique pas le fait d’ajuster les données. Il est tout à fait normal que certaines données puissent être ajustées, pour tenir compte, par exemple, d’un changement de technique de mesure. Encore faudrait-il être capable de donner la liste des stations ajustées, et quels ajustements ont pu être effectués. Le plus simple serait de livrer les données brutes de chez brut, ET les méthodes d’ajustement station par station. Enfin, bon, il faudra faire avec ce que le CRU veut bien livrer…

Le scientifique blogueur sceptique Lubos Motl a réalisé un certain nombre d’analyses  sur ces données « plus ou moins brutes », dont il livre les résultats dans plusieurs posts d’une grande richesse (premier | second | troisième). Pour ne pas vous ennuyer, je signalerai simplement deux points:

Ajustement de l’altitude

Le premier est que l’on ne sait pas comment l’altitude des stations et leur évolution dans le temps est ajustée. C’est très ennuyeux, car l’altitude moyenne des stations figurant dans l’échantillon du CRU a évolué dans le temps, selon le graphe établi par Lubos Motl (ce post):

 

On s’aperçoit que l’altitude moyenne des stations chute brutalement après 1995 d’une centaine de mètres. Or, la température moyenne chute de 6°C par 1000 mètres à un endroit donné. Si aucun ajustement n’était fait, le saut de températures moyennes observé après 1997 pourrait s’expliquer simplement par ce changement d’altitude !

Ne nous emballons pas. Phil Jones and co (la climategate team) sont peut être déontologiquement très « border line », comme le climate gate l’a montré, mais pas des idiots. Il est très peu probable que le calcul de température moyenne du CRU ne tienne aucun compte de ces variations d’altitude, mais le fait de ne pas être en mesure de dévoiler les ajustements réalisés laisse planer un doute sur l’honnêteté des ajustements, et donc des tendances enregistrées.

Réchauffement moyen et « réchauffements » locaux

Mais le constat le plus important de Lubos Motl est le suivant: Si le réchauffement moyen constaté par siècle sur la période 1850-2011 est de 0,76°C par siècle pour les 5113 stations, l’écart type est de 2,35°C par siècle. (En fait, une erreur de calcul relevée dans ce post fait que l’écart type réel est plus proche de 2,22°C par siècle environ, au lieu de 2,35 – erreur vénielle qui ne remet pas en cause le raisonnement général). En traduction pédagogique, « les variations autour de la tendance sont trois fois plus importantes que la tendance elle même ».

Autrement dit, environ 70% des stations observées se situeront dans un intervalle de variation compris entre environ -1,40 et +3,00°C par siècle, 15% se situeront en dessous de la limite basse et 15% au dessus de la limite haute.

Bref, l’examen des stations montre que 30% d’entre elles ont enregistré une tendance d’évolution de température moyenne négative par siècle au cours des 150 dernières années. Je répète, pour que ce soit bien clair: 30% des stations de la base HadCRUT3 montrent une tendance sur un siècle au REFROIDISSEMENT.

Encore plus fort, pour un même endroit donné, les variations de la tendance prise sur un seul mois peuvent varier très fortement en fonction du mois considéré: autrement dit, à un endroit donné, on observera un réchauffement séculaire bien plus fort en Février qu’en Septembre, alors qu’à un autre endroit, c’est le mois de mai qui montrera la pente la plus importante. Globalement, la pente de réchauffement moyen par siècle est d’un peu plus de 1°C pour le mois de février, et de 0,5°C pour septembre. Lubos Motls ne livre pas d’analyse par secteur géographique pour l’instant, dommage.

Bref, la dispersion des situations locales montre qu’il est tout bonnement ridicule de parler de « réchauffement moyen » ou de « réchauffement global », que les facteurs géographiques et saisonniers ont une influence bien plus déterminante sur la météo et ses évolutions susceptibles d’impacter la vie quotidienne a un endroit donné, que les facteurs influant sur la variabilité générale du climat, que ces facteurs soient le CO2, le soleil, le méchant capitalisme, ou la colère de Belzébuth. (La question du facteur dominant fera l’objet d’articles ultérieurs)

Mais le réchauffement est récent, non ?

Oh, mais, me direz-vous, « le réchauffement est surtout visible depuis une quarantaine d’années, selon le célèbre Michael Mann – Nous rejetons du CO2 comme des malades depuis la fin de la seconde guerre mondiale, il est donc possible que les tendances lointaines soient contrastées, mais qu’en est-il des tendances récentes » ?

Et bien L. Motl a refait tous ses calculs en se limitant à la période 1979-2011 (ce post). Eh bien vous savez quoi ? 31% des stations montrent une tendance au refroidissement, comme sur la période 1850-2011 ! Simplement, comme la période est plus courte, les accidents météorologiques qui s’y rencontrent sont moins lissés que sur une période plus longue, ce qui donne une moyenne et un écart type bien plus importants.

Conclusions

Tout d’abord, il n’y a pas de « réchauffement global », ni récent, ni sur le long terme.

Les propres données du GIEC montrent qu’il n’y a que des variations météorologiques locales, majoritairement marquées (à 70%) par un accroissement positif des températures, mais pas en totalité. Et le « signal moyen » de la variation des températures est tellement « bruité » dans le temps et dans l’espace, sans même parler des incertitudes sur l’ajustement des données, que déduire à cent ans des évolutions des météos locales à partir d’une variation elle-même très aléatoire de température moyenne est totalement illusoire.

Et vouloir engager le monde entier dans des politiques anti-réchauffement coûtant des milliards est d’un absolu crétinisme, notamment vis-à-vis des habitants des zones confrontées à un refroidissement !

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Distraction :

À part cela, je trouve que les diagrammes de Voronoï réalisés par L. Motl à partir des enregistrements auraient leur place dans un musée d’art contemporain. Pas vous ?

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Sur le même sujet:

Je rappelle l’existence d’un rapport (janvier 2010, Smith, D’aleo) sur les nombreuses anomalies du système « GISS », système de mesure de la température moyenne du globe d’un autre organisme, la NASA, déjà mentionné ici depuis quelques années.

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Article publié originellement sur le site de l’auteur et reproduit avec son aimable autorisation.

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  1. C’est tout de même dommage cette manie de mettre à la poubelle les parfaitement bons mots français mondial et planétaire pour les remplacer par l’anglais global, qui est un faux ami. (Global en français est abstrait et désigne le fait de regarder une question dans son ensemble, alors qu’en américain, il désigne le globe terrestre et basta).

    Mais bon, c’est un combat perdu et l’intelligibilité de notre langue n’y a pas gagné, loin de là.

    Normalement, nous ne devrions pas céder à la deliquescence du sens qui est souhaitée par la sociale démocratie keynésienne, comme d’ailleurs par les communistes et autres gauchistes.

    Mais bon.

  2. Ce qui est frappant avec les climatologue millénaristes c’est la rétention des séries à la base de leur travail. Des pseudo-scientifiques qui ont des pratiques exactement à l’opposé des pratiques scientifiques.

    1. Comme pas mal de fois par le passé, en 1740 et 1878 le glacier des bossons étaient au niveau de l’an 2000. Les oscillations sont nombreuses je parie qu’avant 30 ans le réchauffement psychotique aura vécu.

    2. Et encore, le phénomène n’est pas général, mais sectoriel. On accorde plus d’importance à ce que l’on peut voir de visu, et donc le subjectif et l’émotionnel prennent le pas sur l’objectivité.