DSK sort par la petite porte

Publié Par Stephane Montabert, le dans Société

La levée des accusations pénales contre Dominique Strauss-Kahn ne saurait être prise comme une reconnaissance de son innocence. L’affaire restera une tache indélébile sur le parcours d’un homme qui aspirait à la fonction suprême de l’État français.

Par Stephane Montabert, depuis Renens, Suisse.

DSK / Nafissatou Diallo

Dominique Strauss-Kahn est libre, pas lavé de tous soupçons.

La fin en queue-de-poisson du procès DSK aura duré moins d’un quart d’heure. Une brève audience durant laquelle l’ex-directeur du FMI aura entendu que les preuves d’une relation sexuelle dans la chambre 2806 ne suffisent plus à le faire poursuivre en justice, les faits étant amoindris par les mensonges et les doutes sur la femme de chambre. DSK devrait revenir en France ces prochains jours.

Ses ennuis judiciaires ne sont pas terminés. Si la procédure pénale s’est éteinte, une procédure civile est toujours en cours. Le Ministère Public contre DSK n’est plus, reste Nafissatou Diallo contre DSK.

Le procès pénal étant annulé, DSK ne saurait être jugé coupable. Il n’est de loin pas innocenté pour autant. De nombreux éléments plaident en faveur d’actes criminels: le dossier médical de la victime, les traces de sperme dans la chambre, l’historique des relations que DSK entretient avec la gent féminine. Mais aussi et surtout, son silence. Un silence obstiné, lourd, dérangeant.

Depuis deux mois et demi, pas une phrase de DSK n’a filtré sur ce qui s’est vraiment passé ce jour-là à l’hôtel Sofitel de New-York. Nous n’avons jamais eu la version des faits selon l’accusé. Juste une vague mention d’acte consenti, policée par ses avocats, alors qu’ils travaillaient sans relâche à traîner Nafissatou Diallo dans la boue.

Peut-être que la femme de ménage guinéenne est une prostituée, mais même une prostituée peut être violée. Peut-être que DSK a souhaité une relation tarifée, qu’il y a eu méprise sur la valeur de la prestation, à moins qu’il n’ait carrément décidé de décharger sur elle la frustration de s’être fait éconduire plusieurs fois par d’autres femmes la veille au soir. Notre homme a fort appétit.

Qui peut croire qu’une femme de chambre soit séduite par un homme de soixante-deux ans, parfait inconnu, au point de passer à l’acte en lui faisant une fellation, dans une rencontre durant moins de neuf minutes?

Reste, bien sûr, la possibilité que DSK soit tombé dans un piège. Possible, mais clairement peu crédible. Quitte à pigeonner quelqu’un, DSK ne convenait pas du tout. Compte tenu de sa notoriété, il semblait évident qu’il se défendrait. Les multiples contradictions de la victime ne plaident pas non plus en faveur d’une action préméditée. La version d’un guet-apens tendu depuis l’Élysée, quant à elle, est si faible qu’elle ne semble avoir été conçue que pour démasquer les esprits crédules.

Piège ou pas, toute cette affaire restera une tache indélébile sur le parcours d’un homme qui aspirait à la fonction suprême de l’État français. Au-delà des accointances politiques, beaucoup ne s’y sont pas trompés. Citons pour mémoire la réaction de Marie-George Buffet du Parti Communiste Français, rompant avec le chœur de félicitations du cercle des fidèles:

La vérité n’est pas dite, ni pour le présumé innocent ni pour la présumée victime. Le refus de faire juger l’affaire dans laquelle l’ancien directeur du FMI est accusé de viol est une mauvaise nouvelle pour la justice et une mauvaise nouvelle aussi pour les femmes. (…) En montrant le vrai visage de M. Strauss-Kahn, la politique française a été débarrassée d’un individu indigne de toute représentation démocratique.

Indigne de toute représentation démocratique? Les mots sont sans doute excessifs, la représentation démocratique revenant en fin de compte au peuple français. Mais, c’est vrai, celui-ci pourrait être moins conciliant que le procureur Cyrus Vance.

Le corps électoral n’a que faire du bénéfice du doute.

En acceptant avec empressement l’annulation du procès, Dominique Strauss-Kahn s’est épargné une épreuve judiciaire, mais aussi l’occasion de faire la démonstration publique de son innocence. Eut-il combattu pour que la vérité éclate au grand jour, il aurait redoré son blason auprès de beaucoup d’indécis et de sympathisants ébranlés, il aurait exposé publiquement sa version des faits, la seule, la vraie.

Au lieu de cela, le silence, la discrétion, les dénégations hautaines, les avocats faisant mur. Son comportement ne correspondait pas à celui d’un innocent bafoué. Et certainement pas au président que les Français recherchent. Les évolutions lancinantes de la procédure civile empêcheront l’affaire de disparaître dans l’oubli. DSK est parti pour traîner l’affaire Diallo comme un boulet. Éternellement.

Cette semaine, DSK a recouvré la liberté, mais pas l’honneur. Politiquement, il vient sans doute de marquer la fin de sa carrière.

Une sortie par la petite porte.


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  1. Moi je trouve qu’il sort par la grande porte et non la petite. Faut lire le rapport du procureur et l’on y voit clairement que cette affaire est une arnaque et non un viol.

    1. la grande porte !!! alors qu’il doit encore passer en jugement !!! moi j’estime qu’il devrait partir parun trou de souris, il a fait honte à la France, car vous oubliez qu’il n’y a pas que Diallo, il y a Banon, la hongroise, et toutes les autres qui ont dit ne pas vouloir rester seules avec lui. S’il a des problèmes psychiques, il doit faire une thérapie et son épouse doit l’épauler, là!! et non se réjouir de ses « succès féminins » !!!
      on ne veut pas d’un « pointeur » pour président de la république ;

  2. On n’a pas fini de lire des torchons comme celui-ci concernant cette affaire.
    Respectons la décision de justice Américaine.
    Respectons également les protagonistes de cette triste affaire.
    Personnellement j’espère revoir cet homme brillant sur le devant de la scène politique.
    Nous avons si peut en France.

    1. Des obsédés sexuels, des types à la morale plus que douteuse, des voleurs, des repris de justices, des magouilleurs ? Ah pardon, mais si, on en a un paquet en France !

    2. On respecte parfaitement la décision de justice américaine, qui consiste à l’innocenter mais pas écarter tous les doutes.
      En revanche son honneur, ça fait longtemps qu’il n’en a plus, entre l’affaire Méry, de la MNEF, la hongroise, la Banon et la Naffissatou, j’ai du mal à comprendre le côté maso de certains à supporter ce genre de personnage.

  3. Personne, en dehors de la présumée victime et du présumé coupable, ne sait ce qu’il s’est passé dans la chambre de cet hôtel.
    Ce genre d’article ne devrait pas avoir sa place dans un blog libéral.
    Les supputations et la morale de comptoir, ce n’est pas très intéressant.

    De toute façon, DSK ou Sarkozy, c’est quoi la différence ?
    C’est le second qui est aux commandes, alors que le pays sombre. Il n’est pas évident qu’un autre que lui fasse pire…