Contre le mariage homosexuel au nom du libéralisme

Publié Par Contrepoints, le dans Sujets de société

L’article d’Aurélien Véron sur le mariage homosexuel n’a pas fait l’unanimité et Jan Laarman, conseiller national du Parti Libéral Démocrate, nous a communiqué son article en contrepoint: également au nom des idées libérales, il s’oppose au mariage homosexuel. Voilà pourquoi.

Cette histoire de mariage homosexuel présente bien des traits qui devraient déclencher l’anti-virus des logiciels libéraux.

Une fois de plus, les hommes de l’État cherchent à changer le sens des mots. Ils nous ont déjà fait le coup avec la monnaie, maintenant c’est avec le mariage. Le mariage, c’est le contrat conclu entre un homme et une femme pour unir leurs vies et tâcher d’élever des enfants. Je peux désirer partager la vie de mon meilleur ami : ça s’appelle de l’amitié, pas un mariage. Je peux même vouloir mettre les conditions de cette vie commune avec lui sur le papier d’un contrat, sans qu’il soit nécessaire de forcer le sens des mots. Le PACS, au moins, ne tombe pas dans ce travers.

Il y a une autre raison de se méfier : les libéraux ont horreur que les hommes de l’État bricolent avec des institutions humaines qui sont nées sans eux. Sous prétexte d’améliorer les progrès de la recherche, on nous a fait le CNRS. Pour avoir prétendu moderniser l’agriculture, on se retrouve avec la PAC sur les bras. Et voilà que pour rendre les homosexuels encore plus heureux, ils auraient le mariage? La société n’est pas un mécano. Les grands maîtres du libéralisme nous apprennent que la Grande Société est le résultat d’une évolution, d’une tradition. Personne ne peut dire par quel chemin historique nos ancêtres en sont venus à sélectionner telle ou telle règle de conduite. Pourquoi la bigamie plutôt que la polygamie? Pourquoi confier les enfants à leurs géniteurs plutôt qu’à une institution collective? Pourquoi contraindre les époux à la stabilité? On peut se mettre en quête de raisons parfois très ingénieuses pour expliquer comment ces règles assurent liberté et prospérité aux groupes humains qui les ont adoptées. Mais ce sont des raisons de convenance, trouvées a posteriori.

Un exemple : si on confie l’éducation des enfants aux parents et pas au gouvernement (contrairement à ce que recommande tout un courant collectiviste à la suite de Platon), ça a pour conséquence de susciter un espace privé, des savoirs, des valeurs et des histoires autonomes du gouvernement ; c’est même une condition du pluralisme scientifique. Mais ce principe a très probablement été inspiré par une règle religieuse (« tu honoreras ton père et ta mère »), et pas par des considérations épistémologiques. Cette loi des conséquences inattendues est très prisée par les libéraux quand ils contestent les prétentions des constructivistes étatiques ; je propose que nous nous en souvenions au moment de vouloir toucher à une institution de liberté aussi importante que le mariage.

Dans une de ses tribunes, Aurélien Véron affirme que « la position qui fédère l’ensemble des libéraux, conservateurs ou non, c’est le fait que le mariage est une affaire privée dont l’État ne devrait pas se mêler ». Je pense qu’il se laisse entraîner trop loin par ce qui est vraiment commun aux libéraux, c’est-à-dire une colossale méfiance de l’État. Nous sommes méfiants, mais pas anarchistes. Les libéraux ne pensent pas que l’ordre social dont l’État est le protecteur soit une nuisance. La recherche de l’excellence dans l’éducation ne se fait pas au détriment des ignorants. La propriété privée n’est pas là pour protéger les riches. La justice n’a pas pour soin de persécuter une classe sociale. La nation n’entretient pas la haine de l’immigré. Et réserver le mariage à un homme et une femme n’est pas l’obstacle à la félicité des homosexuels. Prenons donc garde aux séductions d’un certain progressisme tout à fait étranger à la tradition libérale.

Je vois ce qui peut gêner : être contre le mariage homosexuel, ce serait faire preuve de conservatisme étriqué. Mais depuis que les libéraux ont vu leurs acquis s’effriter un par un pendant le XXème siècle, leur attitude a pris par nécessité un tour conservateur : il faut défendre les lois et les institutions en place, car elles garantissent l’ordre libre.

Il reste une raison capitale à mentionner. Modifier le mariage en l’ouvrant aux personnes de même sexe constitue une tentative de plus dans la destruction de la famille traditionnelle ou bourgeoise. Les libéraux se sont dans le passé alliés à la gauche pour dissoudre toutes les communautés naturelles qui opprimaient les forces individuelles : corporations, liens féodaux, censures, familles claniques. Mais aller à l’échelon inférieur et ajouter un clou dans le cercueil déjà bien fermé de la famille nucléaire, c’est de trop. Cette institution mérite un soin extrême de notre part. La destruction de la famille par les socialistes ne vise pas à libérer l’individu, mais à préparer son embrigadement dans les structures utopiques qui sont le but du socialisme. Détruire la famille, c’est détruire la personne libre, ce par quoi le libéralisme existe.

Le philosophe Philippe Nemo en résume les principales raisons.
D’abord, pour être libre il faut savoir observer la loi, donc avoir atteint la rationalité adulte. Sans maîtrise rationnelle de sa personnalité, l’enfant ne peut pas vivre dans l’état de droit, la société de liberté. Avant cela un enfant doit donc rester sous l’autorité stricte de ses parents.
Ensuite, c’est dans la famille que se construit la vraie personnalité psychologique. On y construit sa dignité durant les longues années de fréquentation confiante avec ceux pour qui on est unique et irremplaçable : parents, frères et sœurs. C’est de son père et de sa mère qu’on apprend ce qu’est être homme ou femme, d’où les réticences à accéder à une autre demande de ce débat : l’homoparentalité. Seul l’environnement familial permet cette délicate construction de l’individualité. Ajoutons que cela se poursuit quand on devient père ou mère, car c’est en ayant des enfants qu’on bâtit sa personnalité de parent.
De plus, seule la famille peut transmettre un patrimoine, matériel ou immatériel, ce qui nous permet de nous lancer dans la vie pour y réaliser les initiatives et les entreprises qui nous sont chères. Là aussi fleurit l’idée de propriété privée, mais plus largement celle d’espace privé. Personnalité et patrimoine forgent ce domaine hors d’atteinte de l’État, où prospèrent des légitimités qui échappent au groupe.

En dissolvant l’institution familiale, on fabrique des individus sans individualité, des électrons qui n’ont de cesse d’aller se fondre dans des masses informes aisément asservies par les hommes de l’État. C’est pour cela qu’il faut assumer les réalités juridiques propres à la famille et au mariage, comme la non-liberté de ses membres : le divorce doit être contraignant, les enfants ne doivent pas s’échapper de chez eux sans que le gendarme les y ramène ou que le juge soutienne l’autorité parentale, l’école ne doit pas imposer les programmes des syndicats, l’infirmière scolaire doit s’interdire toute intrusion dans l’éducation sexuelle familiale.

Laisser un commentaire

  1. En quoi le mariage homosexuel détruit l’institution familiale?

    Si X et Y de même sexe souhaitent conclure un contrat et qu’ils l’appellent mariage, pacte ou alliance ne vous regarde nullement, ni vous ni moi.

    1. « En quoi le mariage homosexuel détruit l’institution familiale?
      Si X et Y de même sexe souhaitent conclure un contrat et qu’ils l’appellent mariage »
      ———————
      X et Y ne font pas que ça. Ils font du prosélytisme pour que leur « contrat » soit exactement pareil qu’un mariage classique, pour qu’ils puissent profiter des mêmes droits (adoption, héritage…) qu’un couple hétérosexuel. Un libéral devrait être contre cette promotion du relativisme moral, ne serait qu’au nom de l’empirisme (ou pour reprendre un mot à la mode, du principe de précaution) : si depuis des milliers de générations, on n’a jamais trouvé aucune société humaine qui ait donné les mêmes droits aux mariages hétéro et homo, c’est qu’il y a bien une raison. Il n’est donc pas prudent d’encourager une expérimentation sociale sur le principe chimérique de l’égalité, une de plus.
      Pour moi, la famille est une des plus belles inventions de l’Homme (aux côtés de l’écriture), tout ce qui pourrait la détricoter, directement ou indirectement, est à éviter.

      1. Excusez moi, j’ai du mal a comprendre comment un libéral peut être pour le principe de précaution.
        L’empirisme est encore plus ridicule, car le libéralisme est tout récent, l’homme a toujours abandonné son autonomie a des entités autoritaires. Pourquoi faire autrement ?
        C’est celui qui puni qui doit prouver le crime, pas celui qui fait. Or interdire quelque chose, c’est punir.
        De plus, cela ne se base pas sur le principe de l’égalité mais sur celui de la liberté.

        1. Pour simple rappel, au cas où, l’égalité tolérée par les libéraux est l’egalité en droit, pas l’égalité « réelle »

          Donc un droit à des mesures égales, à situation égale.

  2. « Pourquoi la bigamie plutôt que la polygamie? »

    Ah oui ?! Deux, c’est mieux que plusieurs…
    Je suppose peut être naïvement que l’auteur voulait parler de monogamie, plutôt que de bigamie…

    @ Remus
    « Si X et Y de même sexe souhaitent conclure un contrat et qu’ils l’appellent mariage, pacte ou alliance ne vous regarde nullement, ni vous ni moi. »

    Oui, la liberté, ce pourrait être d’employer les mots comme l’on veut… On pourrait dire CHAT pour CHIEN, ou OUI pour NON… et cela ne nous regarderait pas… et on ne se comprendrait plus… et ce ne serait pas grave…
    Le gouvernement pourrait appeler les impôts : bonheur, ou relance, ou don…

  3. @ Mateo

    Ce texte est explicite, les arguments présentés me semblent de bon sens.
    Le mariage, c’est l’union d’un homme et d’une femme, dans le but de fonder une famille (même si un mariage peut parfois être stérile) et ce depuis des milliers d’années. Quelle serait la valeur ajoutée à cette institution, de vouloir l’étendre à deux personnes du même sexe ? Et pourquoi pas trois personnes ? ou quatre ?

    1. Ce n’est pas le mariage qui pose problème, c’est tout ce qui en découle. Il peut très bien y avoir une institution homosexuelle qui notifierait les contrats passés par les couples et qui appellerait ces contrats comme ils le souhaites, mariage si il veulent.
      Le problème viens de ce qui va avec : différentiation fiscale, adoption, procréation médicalement assisté, etc etc etc.
      Étendre le terme mariage aux homo est un moyen de faire accéder une frange de la population aux privilèges d’une autre frange.
      Vous savez, l’égalité devant la loi, tout ça…
      La seule position libérale sur le sujet, c’est que l’État cesse de privilégier une catégorie de la population pour des raisons historiques.
      Vous savez, libre association, libre contrat, tout ça…

      1. @Jean Karl : les institutions juridiques ont une histoire, elles sont le résultat d’essais et d’erreurs, elles ne naissent pas de principes abstraits. Même les rédacteurs du Code Civil n’ont fait qu’un travail de compilation du droit existant en France à leur époque. Le Législateur n’invente jamais la Loi, ou plutôt, il l’INVENTE au sens strict, c’est-à-dire qu’il la découvre comme on INVENTE un site archéologique. Il révèle les règles déjà existantes, il rend compte, il décrit ce qu’il voit. Son talent est de mettre des mots là où les pratiquants du Droit n’en avaient pas.

        Le mariage à l’occidentale n’est pas un privilège au sens du 4 août 1789. C’est une solution trouvée par nos sociétés pour résoudre les questions de procréation et de cohabitation des sexes. Rien à voir avec une infraction à l’isonomie. Notez que les contours du contrat de mariage restent très vagues… Ca devrait vous rassurer sur la liberté contractuelle.

  4. « Oui, la liberté, ce pourrait être d’employer les mots comme l’on veut… On pourrait dire CHAT pour CHIEN, ou OUI pour NON… et cela ne nous regarderait pas… et on ne se comprendrait plus… et ce ne serait pas grave…
    Le gouvernement pourrait appeler les impôts : bonheur, ou relance, ou don… »

    Ca c’est encore une réflexion constructiviste à deux ronds. Le langage est effectivement le résultat de codes conventionnés: un chat est désigné par le mot chat et pas par le mot chien. Et on a jamais eu besoin de l’Etat avec une brigade des mots pour interdire un illuminé d’appeler un chat un chien, car comme vous le précisez très bien vous même, personne ne le comprendrai! Le langage n’a jamais été le résultat d’une construction consciente et pré déterminée, votre remarque est non avenue.

    Ainsi on pourrait effectivement considéré que le mariage de deux personnes du même sexe est un abus de langage, mais qui décrète cette notion abusive? sur quelles bases et avec quelle légitimité? est ce un prétexte pour limiter la liberté individuelle? Si effectivement le concept du mariage vient à être élargi c’est qu’il y a des transformations sociales à l’oeuvre qui provoque l’intérêt d’un tel élargissement du concept (dans le cas précédent, nommer un chat un chien n’amène rien de plus à personne, par contre pour les individus de même sexes, pouvoir nommer mariage un contrat constitue un gain symbolique qui ne vous prive aucunement de votre liberté).

    Si pour certains le mariage est seulement l’union d’une femme et d’un homme, grand bien leur fasse (ils ont même raison d’un point de vu historique). Si certains en revanche veulent élargir ce concept aux personnes de mêmes sexes, cela ne vous enlève aucune liberté à nommer votre union un mariage. Quitte à y ajouter une mention type: Mariage homosexuel, chrétien, musulman, etc.

    1. Remus : « Quitte à y ajouter une mention type: Mariage homosexuel, chrétien, musulman, etc. »
      —————————-
      Ok pour « mariage homosexuel », mais quelque chose me dit que ça ne va pas plaire beaucoup aux bénéficiaires. Et on les comprends, sur un CV, la mention « marié homomosexuellement, 2 enfants » ne passe pas bien.

  5. La valeur ajoutée est a voir du cote des individus et non de la société. Historiquement le mariage est un contrat prive crée pour répondre aux besoins des individus et qui doit donc évoluer en fonctions de leurs besoins.

    Si l’Etat a phagocyte le mariage et en a fait une institution rigide, je ne vois pas ce qu’il y a de libéral la dedans !

    1. L’Etat n’a rien « phagocyté » du tout. A moins de considérer que l’existence du Droit est une épouvantable atteinte à la liberté. Mais là-dessus, voir Locke : il n’y a pas de liberté sans Droit.

  6. @ Remus

    Donc, aucun problème !
    Les homosexuels qui vivent ensemble peuvent parler entre eux, ou avec leurs amis, de mariage. Et moi, je peux appeler cela : union libre, couple d’homosexuels, ou plaisanterie !
    Alors pourquoi voulez-vous que l’Etat appelle cela de la façon que VOUS voudriez le voir appeler ?

  7. « Les homosexuels qui vivent ensemble peuvent parler entre eux, ou avec leurs amis, de mariage. Et moi, je peux appeler cela : union libre, couple d’homosexuels, ou plaisanterie !
    Alors pourquoi voulez-vous que l’Etat appelle cela de la façon que VOUS voudriez le voir appeler ? »
    Au temps pour moi, j’ai mal éclairé ma position!

    Je suis pour la privatisation du mariage, l’Etat n’a pas à ce mêler des contrats entre individus, sauf pour les faire respecter.

    Idéalement, je rejoins votre position, je trouve que nommer une union homosexuelle comme un mariage constitue un abus de langage. Il n’empêche que je ne trouve aucune légitimité pour interdire de tels contrats avec de telles dénominations, à supposer que ces contrats ne regardent que les contractants et non l’institution étatique.

  8. @ Remus

    Nous sommes presque d’accord.
    L’Etat garantit une chose qui est très importante dans le mariage : le marié reconnait tous les enfants qui naîtront à l’intérieur du dit mariage.
    Cette disposition n’a pas lieu d’être dans une union homosexuelle, qui n’est donc pas un mariage.

  9. « Il n’empêche que je ne trouve aucune légitimité pour interdire de tels contrats avec de telles dénominations, à supposer que ces contrats ne regardent que les contractants et non l’institution étatique. »
    —————
    Bah un contrat comporte forcément des clauses spécifiques ((dans le cas du mariage : l’union hétérosexuelle) qui le rendent caduque en cas de non respect.
    Personne ne vous interdit de signer un contrat d’assurance-vie dans lequel, vous savez pertinemment que certaines clauses ne sont pas respectées (comme par ex. le suicide), mais le contrat ne vaudra pas plus qu’un torchon.

    Quant à votre supposition sur un contrat non étatique, je ne vois pas trop le point ??? Le mariage civil est jusqu’à nouvel ordre un contrat « étatique » et c’est de ce mariage-là dont on parle.
    Si vous voulez un mariage où l’Etat n’a rien à dire, rien ne vous interdit de faire un mariage religieux, il y a bien des religions qui doivent accepter le mariage homosexuel. L’immense majorité des gens font le mariage civil ET le mariage religieux.

    1. « Si vous voulez un mariage où l’Etat n’a rien à dire, rien ne vous interdit de faire un mariage religieux, il y a bien des religions qui doivent accepter le mariage homosexuel. L’immense majorité des gens font le mariage civil ET le mariage religieux. »

      Petite précision : se marier religieusement sans passer par la mairie est condamné par la loi. « Tout ministre d’un culte qui procédera, de manière habituelle, aux cérémonies religieuses de mariage sans que ne lui ait été justifié l’acte de mariage préalablement reçu par les officiers de l’état civil sera puni de six mois d’emprisonnement et de 7500 euros d’amende. »

  10. Oui mais un mariage religieux ne débouche sur aucune reconnaissance juridique! D’ou l’intérêt de « privatiser » ou « individualiser » le mariage.

    Pourquoi les homosexuels ne pourraient-ils pas bénéficier des mêmes droits que les hétéros?

    Le contrat, marital ou non, ne concerne que les parties contractantes, l’Etat n’a son mot à dire qu’au moment ou il y a contentieux, pas pour dire « ça je l’appelle mariage, et pas cela ».

    1. Remus: « Pourquoi les homosexuels ne pourraient-ils pas bénéficier des mêmes droits que les hétéros? »

      Un individu homosexuel a les mêmes droits qu’un hétéro: personne ne l’empêche de se marier. Mais avec quelqu’un du sexe opposé. Donc c’est LUI qui ne veut pas, il ne faut pas inverser les choses.
      Donc en fait, comme tout le monde, les homosexuels ont les mêmes droits au mariage que les hétéros (se marier avec quelqu’un du sexe opposé ) mais ce qu’ils veulent c’est des droits EN PLUS que les hétéros…

  11. C’est parce que le mariage est un bien public qu’il pose problème or la véritable démocratie libérale ne se trouve pas dans le processus politique mais dans le respect du droit de propriété. Autrement dit, la majorité n’a pas à imposer sa volonté à la minorité. Dans une société libérale, l’état n’a par à s’immiscer dans la vie privée et doit laisser les individus contracter librement; cela commence par supprimer toute la législation et les « droits » afferant au mariage.

  12. « or jamais aucune conséquence juridique valablement opposable au tiers n’a jamais été reconnu à cet état de fait (filiation, héritage, transmission du nom, etc.) jusqu’à présent et il faut aujourd’hui le diktat de l’État pour que cela devienne le cas. »
    En quoi ceci constitue une argumentation valable?

    Appelez ça contrat de vie commune si ça vous chante, peu importe le nom, c’est une fixette symbolique qui n’a finalement que peu d’intérêt. Le fait est qu’un couple homosexuel n’a aucune raison de ne pas bénéficier des mêmes droits que des couples hétérosexuels quant au mariage. La différence sensible pouvant justifier effectivement cette différence est l’impossibilité de créer une famille, mais il ne me semble pas que l’adoption d’enfant par des parents homo soit contraire au DN.

    1. « En l’espèce, les obsédés du nom, ce sont les homosexuels »

      Plus obsédés par les avantages matériels et les pépettes qui vont avec. L’Etat, la grande fiction, toussa.

      Rappel : le mariage est une institution religieuse.

  13. « Si le nom importe si peu. Pourquoi les homosexuels exigent-ils précisément le mariage, alors que des formules de contrat de vie existent déjà ?  »

    Je pense que c’est pour la dimension symbolique, bref ça m’importe peu.

    Des formules de contrat de vie existe déjà, mais elles sont insuffisantes comparé à la formule du mariage (je vais éviter de parler de droit, ça vous évitera d’éluder le problème).

    J’aimerai sincèrement connaitre votre réponse à ce sujet: puisque un couple homo peut tout autant fonder une famille qu’un couple hétéro, qu’est ce qui justifie l’interdiction du mariage à ces derniers?

    « Le mariage n’est pas un droit. »
    N’ayant que des bases sommaires en droit, j’aimerai que vous éclairiez ma lanterne ;)

    1. La Loi naturelle… Le Droit naturel… Dans la nature il n’y a majoritairement qu’un mâle dominbant qui s’occupe de plusieurs femelles simultanément, en cas de manque de ressources les mère laisse souvent mourir leur petits les plus faibles… charmant modèle à moins que vous ne sélectionniez dans la Nature que ce qui vous arrange…

      1. C’est du grand n’importe quoi ! Ce que vous décrivez à propos du mâle dominant est propre à certaines espèces. On ne va pas comparer une société humaine et une colonie de fourmis, dans laquelle seule une femelle, la reine, porte tous les oeufs … Chaque espèce a son propre mode de fonctionnement et de prolifération.

        La question de la survivance des petits d’une portée est toute autre. Les humains, certaines sociétés en tous cas, sont parvenues à un taux de mortalité à la naissance très faible. Ce n’est le cas que d’une faible part de la population mondiale. Et non, une femelle, gros mammifère tout du moins, comme l’être humain, aura des petites portées, mais en prendra grand soin, sauf dérèglement anormal de son comportement.

        L’écologie est une science, on ne dit pas n’importe quoi n’importe comment. Si on ne sait pas, on ne dit pas.

  14. « Erreur, le couple homosexuel ne fondera une pseudo famille que si l’État, encore une fois, impose l’adoption par les homosexuels. Il faut déjà l’État pour nous obliger à reconnaître la mascarade du « mariage gay », il faut encore l’imposition de l’État pour nous obliger à reconnaître l’aberration de la filiation adoptive par des homosexuels. Bref, la coercition de l’État à tous les étages devrait quand même titiller quelque part le libéral, non ? »

    Imposer l’adoption? On t’impose quoi quand un couple homo veut adopter un gamin? en quoi ça te concerne? Tu me répondras (si j’ai bien compris ton propos) que l’on t’impose la reconnaissance de la filiation, on pourra te rétorquer la même chose pour l’adoption d’un enfant par un couple hétéro.

    Ca me titille pas en tant que libéral. Je vais pas brailler contre la tyrannie étatique lorsque celui ci a « imposé » le divorce à l’amiable ou l’égalité des droits entre hommes et femmes. Ni même lorsqu’on « m’impose » le mariage de couples hétéro.

    « Puisque contraire à la Loi naturelle, le soi-disant « mariage gay » n’a aucune validité selon le Droit naturel. »
    C’est un peu obscure comme explication, la loi naturelle? Késako?

    1. J’ai toujours vu l’adoption (parce que dans le fond, le mariage, on s’en fiche) impossible par les homo plus comme une interdiction que comme une imposition.
      Ce qui est amusant, pour un libéral chevronné comme vous, c’est que vous avez l’air de défendre l’idée que ce soit l’état et non les individus qui décident des droits de succession. Bref vous voulez dire qu’à la mort la propriété privée est supprimée et que c’est juste l’état qui décide, dans sa grande magnanimité, d’en donner une partie aux proches du défunt ?
      Et vous trouvez ça juste ?
      Expliquez moi en quoi le frère du défunt aurait plus de droit sur les biens du défunt que l’organisme de charité auquel le défunt a indiqué dans son testament qu’il laissait tous ses biens ?

  15. « Il a toujours existé et était librement reconnu par les tiers. »

    Librement reconnu? Supposons qu’un couple hétéro adopte et que le frère d’un des conjoints refuse l’afiliation, on fait comment? Puisque selon ta logique la contestation du frère est légitime puisqu’on lui a imposé la filiation.

    En plus l’adoption a posé problème à certaines époques, les droits des enfants adoptifs et leurs affiliations n’avaient rien d’évidents et le pouvoir politique a joué un rôle fondamental dans cette reconnaissance. Si bien que dans ta propre logique, les enfants adoptifs seraient aussi sur le carreaux, car « anti naturel »? après tout si on observe la nature chez certaines espèces, certaines mères tuent les petits qui ne leur appartiennent pas… ce type d’argumentaire est hyper casse gueule, il ne justifie rien: aussi bien du point de vu de la tradition, que du point de vu de l’observation de la nature, l’enfant adoptif pose problème.

    Je comprends bien l’argument, que Hayek évoque à plusieurs reprise, de la tradition comme validation d’une loi empirique. Mais c’est aussi à la raison de faire son chemin pour ne pas tomber dans un conservatisme stérile; car au nom des mêmes raisonnements, on peut bien considérer que les femmes ne devraient pas être l’égal des hommes car cette inégalité est encensé par la tradition.

    D’ailleurs, la définition de la loi naturelle que tu me donnes n’explique pas en quoi le mariage homosexuel est à l’encontre du DN.

    A supposer que cette histoire d’opposable aux tiers (du genre je suis forcé de reconnaître l’affiliation X, l’héritage Y etc) pose problème, et c’est le cas, il faut alors, en toute cohérence, privatiser totalement le mariage, de sorte qu’il devient un contrat entre deux personnes. Au nom de quoi le mariage de X et Y hétéro/homo devrait m’être opposable? de la tradition? pourquoi pas mais cet intellectuel outil est intrinsèquement foireux.

  16. Remus : « Je comprends bien l’argument, que Hayek évoque à plusieurs reprise, de la tradition comme validation d’une loi empirique. Mais c’est aussi à la raison de faire son chemin pour ne pas tomber dans un conservatisme stérile; car au nom des mêmes raisonnements, on peut bien considérer que les femmes ne devraient pas être l’égal des hommes car cette inégalité est encensé par la tradition. »
    —————–
    C’est quand même pas pareil au niveau de la validation empirique. L’égalité homme-femme existe bel et bien dans plein de sociétés (il y a même des sociétés matriarcales), c’est bien accepté et fonctionnel donc ça démontre son bienfondé au delà de toute considération morale, philosophique ou utilitaristes. Ce n’est pas le cas du mariage homosexuel.
    Placer les deux sur le même plan, c’est faire du relativisme moral.

  17. « Oui, librement reconnu. Les règles de filiation et l’adoption hétérosexuelle existaient avant que l’État se pique de monopoliser le droit familial et des successions. »

    Et en quoi la tradition, antérieure à mon existence, devrait m’imposer cette reconnaissance?
    Au de là de ça, si X et Y désigne Z comme héritier, ça ne concerne nullement le frère de la tante de je ne sais trop quoi.
    « La Loi naturelle stipule la reproduction hétérosexuelle chez les humains et la nature de l’être humain est de vivre en famille qui se reproduisent naturellement.  »
    Donc on met sur le coté les adoptés?

    « Je dirais plus simpement qu’il faut que l’État cesse de monopoliser l’institution du mariage. Que l’État retire ses sales pattes et les choses reprendront leur cours normal : les mariages hétérosexuels seront toujours reconnus et opposables aux tiers, comme cela a toujours été le cas partout et toujours ; et les mariages homosexuels seront purement et simplement ignorés par la majorité de la population qui ne leur reconnaîtra aucun effet »

    Ce que je ne dois manifestement pas comprendre dans ce débat, c’est en quoi la filiation est imposée. En fait je ne vois pas en quoi ça concerne les individus qui ne sont pas mentionné dans le contrat. C’est bien pour cela que je ne vois pas en quoi le mariage est foncièrement différent d’un contrat normal.

  18. « Par contre, sans obligation de l’État, avant que l’État décide de se mêler des familles, quel juge validerait une filiation adoptive par un couple homosexuel ? »

    Sans doute peu, mais est ce que cela veut dire qu’ils ont raison?
    Tu justifies ton propos par l’observation des sociétés et de la tradition, mais tu n’avances aucun argument rationnel qui puisse établir fondamentalement une distinction entre couple homo et hétéro justifiant l’interdiction du mariage pour ces derniers ni même pourquoi l’affiliation adoptive par des homos ne devrait pas être reconnu. L’empirisme seul ne prouve rien, il y a avait des interdis il y a des centaines d’années qui n’existe plus aujourd’hui. C

    « Et la filiation est encore moins un contrat. »
    Hétéro ou pas, l’héritage n’est-il pas une forme de don? Si un couple homosexuel ayant élevé un enfant meurent, pourquoi n’aurait-il pas le droit de transmettre leur bien à cet enfant? Alors qu’ils peuvent le faire de leur vivant.

    En fait je ne comprends pas en quoi le mariage homo me contraint, moi, citoyen lambda hétéro, à quoique se soit. Je comprends bien cette distinction d’opposabilité entre partie, et au tiers, mais que ce passe t-il concrètement? si c’est seulement pour une question d’héritage, c’est analogue au don.

  19. Dans notre société, l’Etat encadre juridiquement les contrats privés, et on ne peut pas faire n’importe quoi.
    Le mariage civil offre des droits spécifiques, mais aussi des devoirs (entre autres) :

    Reconnaissance par le mari de tous les enfants nés dans le mariage.
    Impossibilité de déshériter un ou plusieurs enfants.

    Même un Etat libéral ne pourrait faire l’économie d’un cadre légal au mariage. Pourquoi ?

    Imaginons un cadre ultra libéral. L’Etat ne s’occupe de rien. Deux personnes peuvent signer un contrat privé que l’on appelle mariage, union, pacte, contrat ou glop (ce n’es pas un acronyme).
    Mais pourquoi pas trois personnes, ou quatre personnes, ou plus (tous les signataires étant parents d’une éventuelle progéniture) ? Et qu’est-ce qui empêche un homme de stipuler dans ce contrat qu’il reconnaîtra seulement les enfants qui lui plaisent (pas les malformés, pas les moches, pas ceux qui pleurent trop, etc…) ou dans ce contrat, une femme peut stipuler qu’elle peut le rompre à tout moment alors que son conjoint (homme ou femme) ne le peut pas, qu’il renonce à ses droits de paternité/maternité, etc…
    On pourrait, pourquoi pas, imaginer des contrats dans lesquels un des signataires accepte d’être battu par l’autre ou les autres…

    On va me rétorquer que des adultes consentants doivent être responsables et capables de défendre leur droits. Or, l’expérience de la vie montre que beaucoup se laisse guider par les sentiments et peuvent abandonner leurs droits les plus fondamentaux. (exemple : les femmes battues).

    Ce contrat privé signé entre deux ou plusieurs personnes, en quoi donnerait-il le droit à l’adoption ? Pourquoi un Etat ultra libéral devrait-il s’occuper d’adoption ?
    Comment se ferait l’adoption ? Qui en déciderait ? Qui aurait la responsabilité des orphelins ?

    Tout au plus, un Etat ultra libéral pourrait-il donner aux couples homosexuels, le droit de faire des enfants. Ou enfin, ne pas lui interdire d’en faire…

    Que l’on m’explique les bénéfices pour un Etat, quel qu’il soit, du mariage homosexuel…

  20. « Non. Pour preuve, un enfant hérite de ses parents qui meurent intestats. »
    Certes c’est la transmission par défaut, sinon il n’y a pas de différence.

    « Grand bien te fasse. D’autres se disent qu’ils n’ont pas à être obligés de reconnaître le « mariage gay » sous la contrainte étatique. »

    Dans la mesure ou le reconnaître ne t’engages absolument à rien je ne vois pas le problème, ni avec quelle légitimité tu peux le refuser. Rien ne s’impose à toi. Après tu fais ce que tu veux…
    Que tu le refuses ou que tu l’acceptes, ceci ne fera aucune différence ni pour toi, ni pour eux (dans la mesure ou le mariage serait privatisé hein). Ca peut peut être te déranger qu’ils soient marier, mais ils en auront rien à foutre, et toi tu ne pourras pas l’interdire car ce mariage n’est aucunement une atteinte à ta liberté, tu n’as aucune contrainte lorsque un mariage gay est réalisé, ça ne réduit pas ta propre liberté, ou alors j’ai des infos manquantes (c’est pour cela que le mariage homo ne constitue pas à mon sens une atteinte au DN).

    J’en reviens donc à mon point initial: le mariage homo, on s’en branle dans l’absolu. Le problème se résout aussitôt que l’Etat y sort son nez. Privatiser le mariage revient à autoriser le mariage gay pour ceux à qui ça plaira.

  21. « Privatiser le mariage revient à autoriser le mariage gay pour ceux à qui ça plaira. »
    ————————-
    Non, tu n’as toujours rien compris. Le mariage est une institution avec ses règles, l’union entre deux personnes de même sexe est incompatible avec ces règles et le « mariage gay » est un dévoiement du mot mariage, point !

    Tu n’appelles pas n’importe quel fromage Roquefort ou Roquefort des Carpates et tu ne rentres pas dans une mosquée avec tes chaussures, bah avec le mariage, c’est pareil, que tu le privatises ou non. Il y a de bonnes raisons à ça relatives au principe de non-agression et déjà expliquées en long et en large et ce n’est pas parce que tu refuses de les comprendre qu’elles n’existent pas !

  22. « Tu n’appelles pas n’importe quel fromage Roquefort ou Roquefort des Carpates »

    J’ai déjà répondu à ce type d’argument plus haut.

    « tu ne rentres pas dans une mosquée avec tes chaussures,  »
    Ca n’a strictement rien à voir, une mosquée est une propriété privé, le propriétaire fixe les règles d’entrées, et s’il refuse que l’on rentre avec des chaussures il en a le droit, et l’inverse aussi. D’ailleurs j’ai déjà visité une mosquée avec des chaussures, après qu’on m’y ait autorisé.
    Ca n’a rien à voir avec le mariage.

     » Il y a de bonnes raisons à ça relatives au principe de non-agression et déjà expliquées en long et en large et ce n’est pas parce que tu refuses de les comprendre qu’elles n’existent pas ! »
    En toute sincérité, je ne refuses pas de comprendre, je ne comprends pas en quoi cela atteint le principe de non agression, et je suis ouvert à toute explication.

  23. Autant je visite régulièrement Contrepoints.org et suis à chaque fois ravi de découvrir les articles postés, autant j’éprouve une certaine réticence à tolérer cet article.

    Alors que le libéralisme, je vous le rappelle, met en avant l’individualisme et la reconnaissance de tout individu au dessus de toute catégorie sociale, je vois ici le s symptômes les plus sévères du collectivisme. Il n’y a pas « d’homme » ou de « femme » dans la pensée libérale, il n’y a que des individus à part entière et possédant leur propre caractéristique. Combien même socialement et culturellement il est possible de nommer un individu mâle un « homme » et un individu femelle une « femme », il n’en demeure pas moins qu’ils restent des individus libres de toute caractéristiques socioculturelles attribuées arbitrairement par la socialisation.

    Ce n’est donc pas le « mariage homosexuel » que nous devons rejeter, mais tout bonnement le principe de mariage. Ce dernier a une valeur purement culturelle – et non naturelle comme j’ai pu le lire – et il n’est pas à l’Etat de définir ses conditions. Ce qui veut dire que chaque individu capable de discernement peut passer un contrat avec un autre individu et, de ce fait, l’Etat n’aura qu’à garantir le respect de ce contrat. Si par la suite ces individus désirent fêter leur « union contractuelle » dans une église – ou autres lieux de culte – et appeler cela mariage, ils en sont libres. De même que ces lieux de cultes privés seront libres de refuser de célébrer quelconque union.

    Finalement, je tiens à appeler à la méfiance perpétuelle envers ce genre de discours hautement conservateur et enfermé dans une optique naturaliste stricte. D’autant plus que ce genre de discours ne facilitera pas le libéralisme à revenir sur le devant de la scène et, ironie de l’histoire, il consolide la pensée collectiviste qui attribue arbitrairement des individus à des catégories sociales. Un homme est un individu avant d’être un « homme ».

    Bonne fin de semaine à tous.

      1. J’imagine. J’espère tout simplement qu’il ne fasse pas trop d’émule. Vous savez, le libéralisme n’est pas dans les coeurs de tous et certains n’hésitent pas à le diaboliser ainsi que de l’accuser de malheurs dont il n’est absolument pas responsable.

        1. Certains libéraux éminents et peu suspects de conservatisme comme Murray Rothbard (dans un texte publié récemment sur Contrepoints) ou Hayek (dans sa correspondance privée) jugent que la tradition libérale s’est fourvoyée au XXè siècle en oubliant qu’elle est née dans une civilisation chrétienne. Ca ne signifie pas qu’il faille être croyant pour être libéral, mais que notre société de liberté a une histoire, des racines et des traditions. Cet oubli de la part des courants « de gauche » a stérilisé le libéralisme dans l’opinion en le limitant aux thèmes économiques et financiers. Pour avoir renoncé à parler à tout l’homme politique il s’est discrédité. Désormais les libéraux sont devenus « the nasty party » : égoïstes, matérialistes, insensibles, cupides.
          Il est temps de murmurer à tout le coeur de l’homme une utopie de grand air, incluant dans l’offre politique libérale le patrimoine humaniste complet que les libéraux ont cultivé dans leur glorieuse histoire.
          Regardons du côté de la Big Society endossée par les conservateurs britanniques pour renouveler leur libéralisme.

    1. « Ce qui veut dire que chaque individu capable de discernement peut passer un contrat avec un autre individu »

      Pouvez-vous donner une définition de discernement, là où commence cette notion et là où elle finit ? Bref, une étendue du curseur ?Qui décide que tel ou tel individu est capable de discernement et assez de discernement ?
      Je suis toujours étonné de la façon dont certains participants à ce blog (ô combien intéressant et éclairant) manient les notions abstraites, et confondent leur ressenti individuel avec celui des autres, comme s’il en existait un étalon universel…

      1. Il est vrai que cette notion reste abstraite, je le conçois. Mais ne poussons pas le vice de la définition jusqu’à ce point. Je pense qu’ici il est question de contrats entre deux – ou plusieurs – personnes adultes. Ne tombons pas un relativisme ô combien dangereux. Il n’est pas forcément mauvais de tenter de s’approcher vers une vision commune de certains principes culturels et moraux.

  24. « Ce n’est donc pas le « mariage homosexuel » que nous devons rejeter, mais tout bonnement le principe de mariage. Ce dernier a une valeur purement culturelle – et non naturelle comme j’ai pu le lire – et il n’est pas à l’Etat de définir ses conditions. Ce qui veut dire que chaque individu capable de discernement peut passer un contrat avec un autre individu et, de ce fait, l’Etat n’aura qu’à garantir le respect de ce contrat. Si par la suite ces individus désirent fêter leur « union contractuelle » dans une église – ou autres lieux de culte – et appeler cela mariage, ils en sont libres. De même que ces lieux de cultes privés seront libres de refuser de célébrer quelconque union. »

    Je ne cesse de répéter cela depuis le début! Merci!

    Il faut supprimer purement et simplement le mariage civil.
    Ainsi, les prêtres reprendront leur rôle originel d’enregistrer les mariages.
    Chaque religion mariera qui elle veut, selon ses règles. Il y a probablement déjà des religions qui autorisent le mariage entre personnes du même sexe, et/ou entre plus de deux personnes ; et si il n’en existe pas, il suffira d’en créer une.

    1. Remus : « Il faut supprimer purement et simplement le mariage civil.
      Ainsi, les prêtres reprendront leur rôle originel d’enregistrer les mariages. »
      ————————
      Oui mais supprimer le mariage civil, ce n’est pas ce que veulent les promoteurs du mariage gay ! Donc vous proposez une solution à un non-problème.

  25. « Chaque religion mariera qui elle veut, selon ses règles. Il y a probablement déjà des religions qui autorisent le mariage entre personnes du même sexe, et/ou entre plus de deux personnes ; et si il n’en existe pas, il suffira d’en créer une. »
    Et chaque religion créera sa propre police pour faire respecter ses principes relatifs au mariage ?

    1. Lorsque vous montez une association privée, vous mettez vos propres règles. De plus il n’est pas question d’une police privée, je ne vois pas où vous avez trouvé cela ?!

      1. J’espère être très libéral.
        Je suis pour que chaque individu puisse disposer de SA vie comme bon lui semble sans intervention de l’Etat dans ses choix.
        Exemple : le droit de ne pas porter la ceinture en voiture, de rouler sans casque en moto, fumer, boire et se mettre toutes les substances chimiques connues et inconnues dans l’organisme, droit à la sexualité de son choix, etc…
        Mais le mariage, ce n’est pas QUE l’affaire de deux individus adultes consentants.
        Les enfants, qui sont le produit de bien des mariages ou d’unions ou peu importe le vocable, ont également des droits. Non ?
        Ces droits sont-ils les mêmes que ceux des individus adultes ? Un nourrisson peut-il faire un choix, ou faire valoir ses droits ?
        Le droit naturel et la tradition fait que dans pratiquement toutes les civilisations ou sociétés, les droits des enfants est dans une certaine mesure donner par procuration aux parents. Mais, pour autant, les parents peuvent-ils faire ce qu’ils veulent de leurs enfants ? La société n’a-t-elle pas le devoir de se substituer au mauvais parents pour faire respecter les droits fondamentaux des individus à part entière que sont les enfants ?

        Je dis que le mariage, ce n’est pas juste un contrat entre deux individus. Et dans le cas où ce n’est que cela et qu’il n’y a aucun produit possible, alors c’est autre chose dont nous discutons…

        « Lorsque vous montez une association privée, vous mettez vos propres règles. De plus il n’est pas question d’une police privée, je ne vois pas où vous avez trouvé cela ?! »

        Des lois sont nécessaires pour protéger les éléments faibles de la société : comme les enfants par exemple.
        Sur une île déserte, vous pouvez évidemment faire tout ce que vous voulez, comme vos propres règles par exemple.

        Je le répète, vous ne parler QUE des droits des individus adultes consentants. Ce n’est pas suffisant !

        1. « Mais le mariage, ce n’est pas QUE l’affaire de deux individus adultes consentants. »

          Même si certains se marient en ayant déjà eu des enfants, cela concerne encore des adultes consentants. Les enfants, mineurs, jouissent des droits à travers leurs parents.

          « Les enfants, qui sont le produit de bien des mariages ou d’unions ou peu importe le vocable, ont également des droits. Non ? »

          Bien évidemment, mais je ne vois pas où voulez-vous en venir. En quoi le fait que ce contrat ne concerne que les parents peut-il nuire aux enfants issus de cette union ?

          « Ces droits sont-ils les mêmes que ceux des individus adultes ? »

          Oui, mais il faut bien entendu prendre en compte son incapacité de raisonner. Il est donc « soumis » à l’autorité parentale qui le protège également.

          « Un nourrisson peut-il faire un choix, ou faire valoir ses droits ? »

          Cf. ci-dessus.

          « Mais, pour autant, les parents peuvent-ils faire ce qu’ils veulent de leurs enfants ? »

          Dès le moment qu’ils nuisent à leur intégrité et leurs droits individuels, il est évident que non.

          « La société n’a-t-elle pas le devoir de se substituer au mauvais parents pour faire respecter les droits fondamentaux des individus à part entière que sont les enfants ? »

          L’Etat, dans notre pensée libéral, a bel et bien ce rôle de garanti des droits individuels et de protection des individus face une éventuelle action portant atteinte à l’intégrité.

          « Je dis que le mariage, ce n’est pas juste un contrat entre deux individus. »

          Oui et même si des enfants s’ajoutent à cette union, cela reste une affaire entre individus capables de raison pour reprendre l’idée de John Locke.

          « Des lois sont nécessaires pour protéger les éléments faibles de la société : comme les enfants par exemple. »

          Des lois sont nécessaires pour protéger chaque individus contre d’éventuelles violation de leurs droits, de leur liberté et de leur intégrité.

          « Sur une île déserte, vous pouvez évidemment faire tout ce que vous voulez, comme vos propres règles par exemple. »

          Je ne vois pas le lien. D’ailleurs, même sur une île déserte je ne pourrais tolérer qu’on tue un individu. Pour ma part, les principes libéraux fondamentaux doivent avoir une portée universelle.

          « Je le répète, vous ne parler QUE des droits des individus adultes consentants. Ce n’est pas suffisant ! »

          Faux, je défends les droits de tout individu et également ceux des enfants.

  26. « Faux, je défends les droits de tout individu et également ceux des enfants. »

    Très bien, Ne pensez-vous pas que l’un des droits fondamentaux de l’enfant est d’être confié à et élevé par ses parents naturels ?

    1. « Très bien, Ne pensez-vous pas que l’un des droits fondamentaux de l’enfant est d’être confié à et élevé par ses parents naturels ? »

      Seriez-vous opposé au droit d’adoption ?

      De plus, le principe de « parents naturels » n’a aucun sens. Seuls les parents sociaux sont reconnus dans l’ensemble de nos sociétés. D’ailleurs, un enfant illégitime est avant tout l’enfant de son père social – il le reconnaîtra même comme son père légitime – (en union avec la mère). La reconnaissance du père biologique doit se faire en passant par moult étapes administratives, mais cela ne change parfois rien à l’enfant qui continuera à reconnaître son père social comme étant légitime. C’est donc la valeur sociale qui prime et non celle biologique, même si tout le monde pense le contraire.

      1. Bas les masques !
        Donc, le principe de parents naturels n’a aucun sens…
        Donc l’Etat peut se substituer aux parents biologiques et devenir le parent social de l’enfant ?

        Effectivement, je vois votre problème quant à l’institution du mariage telle qu’on la connait encore aujourd’hui dans notre pays.

        La reconnaissance du père biologique est tout simplement implicite avec le mariage civil. Je le dis et je le répète : c’est la raison d’être du mariage devant Dieu et devant témoins (avant la révolution) et du mariage civil devant un dépositaire de l’autorité publique et devant témoins.
        Nos lointains ancêtres qui ne connaissaient pas l’ADN, n’avait pas de code civil, ni le préservatif, ni la pilule, n’auraient certainement pas donné naissance à notre civilisation sans l’institution du mariage. Le mariage est le plus vieux « contrat ». Ce n’est pas juste une poignée de mains entre un vendeur et un acheteur, mais un acte devant un sage ou un dépositaire de la loi des hommes et devant témoins (amis, frères, soeurs, familles). En se mariant, l’homme reconnait implicitement TOUS les enfants nés dans ce mariage. En se mariant, la femme reconnait implicitement l’exclusivité de sa couche au marié. L’objet du mariage est donc clairement la reconnaissance par les deux parties de la progéniture ou descendance.
        Vous confondez parent et tuteur.
        Et quand tout le monde pense le contraire, il n’est pas vain de se poser des questions…

        1. « Donc, le principe de parents naturels n’a aucun sens… »

          C’est-à-dire que, malgré qu’on lui accorde la primauté, c’est avant tout le socioculturel qui prime. Votre père l’est parcequ’il est marié à votre mère, peu importe si votre mère vous ait conçu avec un autre homme. De plus, même vous vous reconnaîtriez d’avantage votre père social – l’homme unit à votre mère officiellement – que votre père biologique.

          « Donc l’Etat peut se substituer aux parents biologiques et devenir le parent social de l’enfant ? »

          Vous n’avez visiblement pas saisi le sens de mes propos. Il n’est pas question que l’Etat devienne le « père social » de quelconque enfant dans mes dires. (cf. ci-dessus)

          « Effectivement, je vois votre problème quant à l’institution du mariage telle qu’on la connait encore aujourd’hui dans notre pays. »

          Le problème que j’ai à son égard, c’est qu’elle se réserve à certaines unions. En tant qu’institution publique, elle devrait ne pas devoir poser les conditions de contrat. C’est pour cette raison que je suis favorable à l’abolition du mariage organisé par l’Etat ou à l’élargissement de celui-ci à toute forme d’unions entre adultes capables de discernement.

          « La reconnaissance du père biologique est tout simplement implicite avec le mariage civil. »

          C’est exactement ce que je dis, mais cela ne fait pas forcément de votre père votre père biologique.

          « Je le dis et je le répète : c’est la raison d’être du mariage devant Dieu et devant témoins (avant la révolution) et du mariage civil devant un dépositaire de l’autorité publique et devant témoins. »

          Premièrement, je ne vois ce que Dieu vient faire là. Deuxièmement, vous faites de l’ethnocentrisme car chaque société organise ses mariages selon leur valeurs culturelles.

          « Nos lointains ancêtres qui ne connaissaient pas l’ADN, n’avait pas de code civil, ni le préservatif, ni la pilule, n’auraient certainement pas donné naissance à notre civilisation sans l’institution du mariage. »

          Selon vos propos, il y a des enfants parce qu’il y a mariage ? C’est absurde. Les premiers hommes se reproduisaient car cela relève des caractéristiques de tout être vivant. Ensuite, cela devenait une quasi obligation en vue de la survie d’un quelconque groupe ou de la famille. Finalement, et aujourd’hui, il n’est nul besoin du mariage pour procréer. De plus que certains refusent même de concevoir.

          « Le mariage est le plus vieux « contrat ». »

          Je vous laisse avancer des preuves.

          « Ce n’est pas juste une poignée de mains entre un vendeur et un acheteur, mais un acte devant un sage ou un dépositaire de la loi des hommes et devant témoins (amis, frères, soeurs, familles). »

          Malgré le côté symbolique et solennel que nous donnons à cette union, cela demeure simplement un contrat entre des individus.

          « En se mariant, l’homme reconnait implicitement TOUS les enfants nés dans ce mariage. »

          Même si ce ne sont pas les siens, d’où le non-sens d’accordé le primat au père biologique.

          « En se mariant, la femme reconnait implicitement l’exclusivité de sa couche au marié. »

          Tout cela n’est que symbolique.

          « L’objet du mariage est donc clairement la reconnaissance par les deux parties de la progéniture ou descendance. »

          En apparence, mais les objets ou motivations du mariage peuvent être autres.

          « Vous confondez parent et tuteur. »

          Absolument pas et je vous invite à prouver vos propos.

          « Et quand tout le monde pense le contraire, il n’est pas vain de se poser des questions… »

          Quand tout le monde pense la même chose, il n’est pas vain de se poser des questions. Cela s’appelle le questionnement du sens commun.

  27. Mais l’Etat n’a pas a detruire ou a preserver la famille traditionelle. Que l’on soit reformateur ou conservateur sur ce point procede de la meme chose: Du constructivisme politique.
    C’est pas etre anarchiste que de dire que le marriage est une affaire PRIVEE qui ne concerne pas l’Etat. On dirait une vielle objection de gauchiste quand un liberal dit que l’Education n’a pas aetre « nationale » ni « obligatoire » ni financee par l’impot. On vous repond que vous etes anarchiste. Cette technique d’argumentation est celle de la calomni par chantage: « Si vous pensez que l’Etat ne doit pas proteger la famille, vous etes un anarchiste ». D »ahbitude on nous epargne cette technique d’argumentation de collegien sur contrepoints. Desole mais le point de vue presente ici est un point de vue CONSERVATEUR et TRADITIONNALISTE. Pas liberal.

    Concretement le fait d’etre marie ou pas ne devrait absolument pas rentrer en compte dans la maniere dont l’Etat traite ses administres. Toute argumentation contraire serait d’ailleurs un contraire a l’egalite devant la loi. C’est juste constructiviste en fait.

    Je fais partie des optimistes qui pensent que la liberte encourage la rigueur et la responsabilite, et que vouloir imposer la relation inverse (ordre rendant libre) c’est le chemin du constructivisne et du despotisme d’Etat.

  28. c’est beau tout ce que l’on peut faire dire au libéralisme quand c’est en fait du conservatisme !

    « Je peux désirer partager la vie de mon meilleur ami : ça s’appelle de l’amitié, pas un mariage », oui mais il ne vous aura pas échappé que dans le cas de deux hommes ou deux femmes qui se marient, les contractants ne partagent pas que de l’amitié ! sauf à nier l’existence ou la possibilité de sentiments amouruex entre deux personnes du même sexe, l’argument est pour le moins léger et même un peu bidon . Quant à l’aspect sacré de la famille bourgeoise blablabla, Jésus mort sur la croix blablabla, la société va s’écrouler, tout le monde va devenir gay …. on dirait du Vanneste ! si l’vantage fiscal, légal … que pose le mariage dérange les libéraux, il faut supprimer le mariage civil et laisser la liberté de contracter, liberté religieuse, ou liberté devant la loi ( propriété, succession … ) et arrêter avec des débats stériles . Dans les débats qui fâchent et qui divisent tous les courants de pensée et tous les partis poltiques, celui de l’euthanasie semble plus important et plus épineux que celui du maraige gay en 2011 . Mais c’est mon avis .

    1. Ca ne m’a pas échappé. Mais il n’y a pas de différence de nature entre l’amour d’amitié et l’amour conjugal. Aristote explique que l’amitié, c’est une relation où l’amour est réciproque.
      Je n’ai pas parlé religion, ni enfermé la famille dans le formol du sacré, ni exprimé le moindre jugement sur les homosexuels.
      Il y a en effet des sujets plus importants, mais puisque les libéraux sont divisés sur la question, même au sein du PLD, ça vaut la peine d’en discuter sans soupçonner son interlocuteur d’être un grand méchant crocodile qui mord les fesses des hippos…
      Quand à l’accusation de conservatisme, j’y ai déjà répondu dans mon article.

  29. J’ai répondu à l’accusation de conservatisme dans l’article : est-ce être conservateur que de vouloir préserver un point de droit qui me semble être une condition pour que se reproduisent des hommes libres et pas des atomes humains ?
    J’ai parlé d’anarchisme pour rappeler aux libertariens que l’ordre social a un sens pour que prospère la liberté, et que l’Etat peut le protéger par la justice et la police. Ca n’implique pas qu’il entre dans les lits.

  30. Il faut examiner la légitimité de l’Etat, en concurrence avec d’autres institutions ainsi qu’avec les individus, pour préserver et faire évoluer l’ensemble des aspects constitutifs de l’ordre social. Au sujet du mariage comme dans d’autres domaines malheureusement de plus en plus nombreux, sous l’effet du clientélisme politique, l’Etat est plutôt source de désordre social, pour ne pas dire d’anarchie.

    Ce débat met en lumière le caractère illégitime de l’Etat à s’occuper de la question du mariage. La suppression du mariage civil est nécessaire.

    1. L’Etat est bien illégitime à s’occuper du mariage, puisque de nos jours « s’occuper » veut dire pour l’Etat tripatouiller les affaires humaines sans précaution. Mais il y a des tâches que l’Etat sait faire : maintenir l’ordre social, en particulier les conditions de reproduction d’individus libres.

  31. Personne ne répond sur le fond : à quoi sert le mariage dans une société libre?
    Comment faire pour que des enfants deviennent des adultes libres?

    Je suis surtout surpris de la paresse intellectuelle des libertariens dans ce débat. Quand les socialistes vous jettent dans les pattes un débat aussi explosif (car ne vous y trompez pas : le mariage homosexuel est une invention de nos adversaires), vous vous réfugiez dans un douillet scepticisme moletonné de relativisme : « chacun peut bien faire ce qu’il veut avec son cul, du moment que ça ne cause pas de grouble chez moi ». Vous avez tort de croire que les choses sociales sont simples au point de se résoudre avec le principe naïf exprimé crûment ci-dessous. Mettez au service de ces questions le même talent et la même rigueur que dans les sujets monétaires et économiques, et vous sauverez notre Grande Société, au lieu de rêver à fuir dans la vallée d’Atlantis…

  32. Mariage et libéralisme.

    Depuis 10 ans, la traçabilité biologique est techniquement possible. On peut identifier les parents (mère et père) d’un enfant à l’aide d’un simple test ADN.
    Dans une société libérale et responsable, les parents biologiques de l’enfant sont co-responsables de sa vie et de son éducation jusqu’à sa majorité (dans le cas où une société libérale définit un âge de la majorité). Au delà, en cas de décès de l’un des parents, la responsabilité devient celle du parent survivant, et si les deux parents décèdent, alors cette responsabilité devrait être automatiquement transférée à la famille élargie : grands-parents, oncles, tantes, etc… (ce dernier point permet de faire jouer la solidarité familiale que l’on pourrait appeler Fraternité, et permet également de nier et supprimer tout recours à l’adoption).
    Ainsi, dans notre société moderne (pilule, préservatif), chaque individu ayant la possibilité de contrôler sa sexualité est de facto responsable de sa sexualité vis à vis de lui-même, mais aussi de sa famille élargie (principe premier de la Fraternité).
    Dans ce cas, effectivement, le mariage civil (ou organisé par l’Etat) n’a plus de raison d’être. Les droits de chacun sont garantis. Cette institution peut purement et simplement disparaître et avec elle ses principaux avantages et devoirs (avantages fiscaux, avantages sociaux; et devoir de reconnaissance de TOUS les enfants par le marié).

    Personnellement, je ne pense pas que les pseudo-liberaux qui militent pour le mariage homosexuel (puis, l’adoption homosexuelle) soient satisfaits par le système très clair décrit plus haut…

  33. Ce débat est surréaliste de la part de gens qui prétendent parler de liberté, on se croirait au 19ième siècle..

    Contrepoint le nivellement par le bas!

  34. Je ne pense pas qu’on puisse invoquer l’évolutionnisme culturel (qui a certes été développé par l’école austro-américaine d’économie) pour imposer un choix éthique.
    A aucun moment les penseurs libéraux n’ont conçu le rationalisme évolutionniste comme un guide éthique pour la société. Ce qu’explique Hayek c’est que nous sommes inspirés par un héritage culturel que nous ne connaissons pas (au sens cartésien) la plupart du temps. Ainsi, il cite certes comme exemple d’héritage culturel la famille, mais ne définit pas ce qu’est la famille « idéale », ni son origine, ni son devenir. La seule chose qu’il fait c’est qu’il souligne la rationalité particulière (évolutionniste) qui justifie que beaucoup d’êtres humains ont adopté cette institution.

    Hayek avait d’ailleurs mis explicitement en garde contre l’utilisation de la rationalisation par l’évolutionnisme qui pouvait être fait dans le domaine éthique et l’auteur de cet article est exactement tombé dans la dérive dénoncée par Hayek dans « Droit, Législation et Liberté » :
    « Les fréquents essais pour utiliser l’idée d’évolution, non pas pour expliquer l’apparition de règles de conduite, mais aussi comme base d’une science normative de l’éthique, n’ont pas plus de fondement dans la théorie authentique de l’évolution »

    En lisant cet article et en observant à quel point son travail est mal interprété, Hayek a du se retourner dans sa tombe !