Taxe Tobin : la désastreuse expérience suédoise

Publié Par Contrepoints, le dans Histoire de l'économie

Alors que la crise des dettes souveraines continue et que les marchés ne montrent aucune stabilité à la suite des propos volontaristes de Sarkozy et Merkel, l’idée de l’introduction d’une taxe sur les transactions financières fait son chemin.

Cette taxe a été au début proposée par le prix Nobel d’Économie James Tobin avant qu’il n’exprime des réticences claires devant l’utilisation qui était faite de son nom et des différents projets de taxation plus ou moins réalistes imaginés par les politiciens et des associations altermondialistes.

Cependant, peu de gens se souviennent qu’une expérience d’une telle taxe fut tentée, en grandeur réelle.

En janvier 1984, c’est la Suède qui implanta la taxe Tobin sous la forme d’une taxe générale sur les transactions financières, à hauteur de 0,5% sur toute vente ou achat de valeurs boursières. Un aller-retour (achat puis vente) se voyait ainsi taxé de 1%.

En Juillet 1986, le taux fut doublé.

L’expérience fut un échec.

Le jour où la mise en place de cette taxe fut annoncée, les actions plongèrent de 2,2%, chute d’ailleurs précédée par un déclin de 5,35% des cours le mois avant cette annonce, des informations sur la taxe ayant fuité dans les milieux boursiers.

Lorsque la taxe fut doublée, les cours chutèrent à nouveau de 1% supplémentaire. Ces chutes correspondaient d’ailleurs à la valeur capitalisée des futures collectes sur les échanges à venir.

En Janvier 1989, une taxe sur les revenus des valeurs mobilières, franchement plus petite et établie à 0,002%, fut à son tour introduite sur toutes les valeurs d’une maturité de 90 jours ou moins. Sur les actions ayant une maturité de cinq ans ou plus, la taxe fut établie à 0,003%.

Les revenus de ces taxes furent très décevants. Ainsi, les autorités suédoises avaient estimées à 1500 millions de couronnes par an les sommes recouvrables par la taxe sur les revenus des valeurs mobilières. En pratique, elles ne rapportèrent jamais plus de 80 millions de couronnes à l’année, avec une moyenne s’établissant à un maigre 50 millions de couronnes. En outre, cette taxe faisait peser un coût supplémentaire sur les bons d’État, ce qui fut très impopulaire.

En parallèle, les volumes taxables s’effondrèrent, provoquant logiquement la chute des collectes sur l’autre taxe, celle sur les transactions, qui avait grimpé jusqu’à quatre milliards de couronnes en 1988.

En effet, bien que cette dernière taxe fût établie à un taux bien plus faible que celle sur les transactions, les impacts sur le marché boursier furent dramatiques : pendant la première semaine de son introduction, le volume des échanges s’effondra de… 85% ; le volume d’échange sur les « futures » s’évapora de 98% (!) et le marché des options… disparut.

Au final, le 15 Avril 1990, la taxe sur les revenus fut abolie. En Janvier 1991, les taux de la taxe sur les transaction furent divisés par deux, et la taxe fut purement et simplement abolie à la fin de l’année.

Comme par enchantement, la taxe disparue, les échanges reprirent rapidement leur volume initial, et ont continué de grossir pendant les années 90.

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  1. Grosso modo, la taxe tobin freine la spéculation selon votre exemple suédois.

    C’est justement le principal argument utilisé par les partisans de cette taxe.

    Donc ce n’est pas désastreux puisque c’est l’objectif souhaité.

      1. Oui EU et FMI.

        Par contre on ne parlera jamais sur ce site de l’expérience de la Stamp Duty Tax au Royaume-Uni appliquée dans un pays dont le paysage financier est des plus complexes, a rapporté 1,3 milliards $ par exemple en 1993.

        Et puis si cette taxe permet de diminuer la taxation du travail dans un même temps, tant mieux pour la compétitivité.

  2. La taxe ne rapporte rien (pas l’objectif cherché) et casse le marché (chute dramatique des transactions, objectif de l’EG).
    Les partisans parlent de spéculation sans jamais la définir. Qu’est-ce-qu’un investissement? Qu’est-ce-qu’une spéculation.
    Les études académiques n’ont jamais réussi à prouver, à la grande fureur des politiques et surtout de Sarkozy, l’impact des spéculateurs sur un marché (cf bulles alimentaires par exemple).

  3. elle ne freine pas la spéculation elle la fait partir ailleurs…
    et un marché sans spéculateur est un marché aux mains des cartels regardez l’évolution des prix du blé durant ée XVIIem XVIII et XIXem siecle vous verrez des écart de prix de 45x depuis que les spéculateurs occupent le marché cela n’a pas exèder 6 x :ils amplifient certains mouvement parfois certes, mais ils en empechent d’autres bien plus graves mais comme les trains qui arrivent a l’heure on y fait même plus attention

  4. Bonjour à tous,

    Ce que vous ne dites pas, c’est que cette taxe était effectivement mal conçue et que, comme le dit le FMI, 11 pays membres du G20 disposent déjà d’une taxe sur les transactions financières au niveau national, notamment le Royaume-Uni avec sa « Stamp Duty » existant depuis 1986 (Sous Thatcher !) . Pourtant le Royaume Uni reste la deuxième bourse au monde la plus dynamique et n’a connu aucune évasion significative de ces titres financiers et opérateurs de marché. Et en plus … ça rapporte 5 milliards d’euros en moyenne chaque année au trésor britannique (alors même que toutes les transactions ne sont pas taxées).

    Pourquoi ? Tout simplement parce que cette taxe est conçue pour éviter tout contournement.

    - Elle s’applique sur les actions britanniques, ainsi que sur leurs droits et options, et prélevée au moment de l’enregistrement. Comme le cadastre immobilier (vous voulez la maison, vous payez la taxe), il existe un cadastre des actions britanniques. Où qu’il soit et quelque soit sa nationalité, l’acheteur du titre britannique doit payer la taxe avant de pouvoir devenir propriétaire de la taxe (un trader américain situé aux Etats-Unis qui souhaite acheter un titre britannique). Donc inutile de fuir le Royaume Uni, cela ne règlera pas votre problème !

    - Dans le cas de la Stamp Duty britannique, peu de fuites des actions britanniques ont été constatées vers les centre de « dépositaires centraux de titres » étrangers qui eux ne sont pas taxés (Clearstrem, Euroclear …) . Pourquoi ? Tout simplement parce que une taxe spéciale de 1.5% s’applique sur les transferts de titres vers les « dépositaires centraux de titres » étrangers et les chambres de compensation. Cela ne vaut donc pas le coup de se faire taxer trois fois pour

    Contrairement à la Stamp Duty :

    1 : La taxe suédoise ne taxer que les traders oeuvrant en Suède. Conclusion : ils ont tous fuit. Dans le cas de la Stamp Duty, ils ne peuvent l’éviter, donc pas de fuites de traders.

    2 : Aucune taxation pour le déplacement des titres vers des centres dépositaires de titres étrangers n’était prévue.

    Conclusion : si l’on met cette taxe en place au niveau européen, de la Zone euro, ou au niveau d’un groupe d’Etats membres : il faut imiter la Stamp Duty sur les points expliqués !

    Source : http://www.direct.gov.uk/en/MoneyTaxAndBenefits/Taxes/TaxOnSavingsAndInvestments/DG_10013514

    1. « Non. le stamp duty n’est pas une taxe sur les transactions »

      Faux. La Stamp Duty est une taxe sur les transactions financières (TTF). Il existe plusieurs type de TTF : les taxes sur les opérations sur titres (dont fait partie la Stamp Duty), la taxe Tobin (taxe sur les devises), l’impôt sur le capital, et d’autres comme les taxes sur les cartes de crédit et de débit. Dixit : le rapport du FMI publié en mars 2011 « Taxing Financial Transactions : Issues and evidence » de Thornton Matheson.

      « Par ailleurs, le taux de ce « timbre » n’a jamais cessé de diminuer – depuis 2% en 1974 jusqu’à 0,5% actuellement – et le plan du gouvernement britannique est de supprimer purement et simplement le stamp duty »

      En effet tout simplement parce qu’elle subit les attaques des lobby financiers et bancaires.

      « Ensuite, ce droit de timbre est des plus faciles à contourner car il existe diverses manières de trader sans devoir être obligé de payer ce droit ; ainsi, un broker peut parfaitement acheter et vendre indéfiniment pour ses clients, mais toujours en son nom propre, donc sans rien payer sauf lors du premier achats. . La preuve, c’est que le stamp duty rapporte peanuts fiscalement.

      L’objet de cet article est le risque de forte évasion des titres et des opérateurs de marchés créé par l’instauration d’une TTF : la SD n’en a pas créé et la bourse du Royaume Uni a gardé son dynamisme. Les raisons techniques expliquant cela sont expliquées ci dessus et sont intéressantes à imiter.

      Toutefois, une taxe sur les transactions financières n’est jamais parfaite et la SD ne fait pas exception. La SD ne rapporte pas les revenus espérés pour plusieurs raisons :
      - Les opérateurs de marché bénéficient de nombreuses exemptions (opérations en cascade,
      - Des contournements existent :

      En effet l’intermédiaire n’est pas taxé, ce n’est que l’acheteur final qui lui est taxé. En effet encore si l’intermédiaire (broker) agit en son nom propre, il ne sera pas taxé. C’est une zone d’ombre qu’il faut clairement éclairer si l’on fait de même en UE.

      - Elles ne s’appliquent qu’aux actions : ce qui par ailleurs crée un risque de migration des opérateurs de marché vers d’autres produits financiers, notamment les produits dérivés.

      Il faut donc une TTF européenne ou appliquée à un certain nombre de pays prenant en compte ces différentes leçons.

      1. « De plus, le stamp duty n’a strictement rien à voir avec la « taxe Tobin  »

        Sans rire ? Evidemment car ces deux taxes (je persiste et signe) visent des assiettes totalement différentes, la SD les actions, la taxe tobin les devises.

        La taxe proposée par Sarko/Merkel n’est aucunement une taxe sur l’Euro. D’ailleurs aucune précision n’a été donnée par ces décideurs. Alors pourquoi afficher un tel article relatif à la taxe tobin ? L’angle est mauvais tant la taxe suédoise n’était pas une taxe sur les devises.

        J’approuve toutefois l’idée que la SD n’a pas été réalisée pour limiter la spéculation mais pour générer de nouvelles ressources pour le trésor public britannique. D’autres taxes sur les transactions financières existent et visent en revanche à réguler les investissements, notamment nocifs. Par exemple au Brésil qui applique des taux différentiels selon les transactions concernées, preuve que ce pays prend en compte aussi bien le volume des transactions d’un marché à un autre et que le but n’est pas uniquement de générer du fric. Le Brésil est l’une des économies émergentes les plus dynamiques actuellement.

        Concernant certaines réflexions moins « techniques », elles me font doucement rigoler, notamment les suivantes :

        De Pagifer : « NON, les dépositaires fonctionnent bien et de façon transparente pour les opérateurs de marché ; le problème (pour les gouvernements) est que ces marchés échappent au contrôle public, mais tant mieux pour les opérateurs et pour la création de richesse mondiale. »

        L’un des indicateurs, certes pas parfait, pour mesurer la « richesse mondiale », c’est le PIB. Or …
        en 2008, le montant des transactions financières était de 74 fois supérieur au PIB mondial nominal alors qu’en 1990, il était de 15. Donc un bon nombre d’activités financières ne contribuent aucunement à cette fameuse richesse mondiale dont que tu défends. Ainsi ce qui ne finit pas dans la poche de la « richesse mondiale » bénéficie aux plus nantis qui spéculent un maximum et par la suite viennent creuser nos dettes publiques en demandant gentiment des plans de relance pour … continuer à s’en mettre plein les poches. Peut être fais tu partie de ce monde ?

        De pagifer :C’EST FAUX, les marchés de gré-à-gré peuvent se déplacer du jour au lendemain de l’Europe interventionniste vers les USA, Hong-Kong, Singapour, Suisse, etc. Les opérateurs peuvent réaliser leurs opérations n’importe où dans le monde et priver ainsi de leur valeur ajoutée les Etats dont les gouvernements mettent en œuvre des politiques démagogiques afin de conquérir la sympathie des altermondialistes et assimilés. »

        Le marché de gré à gré concerne plus un mode de négociation de transaction et ne concerne pas la livraison des titres. Autrement dit, les opérateurs négociant sur les marché de gré à gré, pour se faire livrer leurs titres à la fin de leur achat, passent par les chambres de compensation identiques à celles utilisées par les bourses. La seule différence se fait à la négociation et non pas à la livraison.

        Pourquoi on a besoin de les réglementer ? Tout simplement parce que certaines banques s’exposent comme des malandes sur le marché pour générer un maximum de fric et font faillite lorsqu’elles ne peuvent plus payer. Je sais pas si ça te rappelle une certaine histoire se déroulant en 2008 …

        D’où la création de la directive européenne EMIR par la commission européenne en septembre 2010 sur les produits dérivés pour avoir plus de transparence sur la prise de risque inconsidérée de certains opérateurs de marché qui viennent demander à toi, moi et aux autres de payer les pots cassés sur du fric … qu’on touchera jamais.

        D’ailleurs tu parles du manque d’interventionnisme des Etats Unis, t’as tout faux. La loi Dodd Franck touche exactement les mêmes produits et est paru avant EMIR.

  5. Il ne faut pas oublier que les transactions sur les valeurs mobilières effectuées en bourse ne représentent que la partir visible de l’iceberg. Aujourd’hui la plupart des opérations de spéculation et investissement ne passent pas par les bourses mais se font de gré-à-gré : devises (Forex), produits dérivés, etc. Avec les plateformes informatiques actuelles, les bourses deviennent de plus en plus obsolètes et dispensables.
    Que va-t-il donc se passer si les gouvernements européens imposent une taxe de plus sur les opérations ? le déjà faible nombre de spéculateurs qui passent par les bourses va se réduire d’avantage parce qu’ils vont opérer sur les marchés sur lesquels il sera impossible de taxer. En plus, les pays qui ne suivront pas M. Sarkozy dans ses délires interventionnistes se frotteront les mains avec l’augmentation prévisible des flux de capitaux à destination de systèmes fiscaux moins absurdes.

    1. Une TTF n’a pas pour but de régler tous les problèmes de la finance et de son opacité. Il faut donc adopter des mesures de réglementation financières, à commencer par la réglementation des marchés dérivés de gré à gré qui a explosé ces 20 dernières années.

      Il faut par ailleurs rendre plus transparent les dépositaires centraux comme Clearstream où transitent et son réglées les opérations et transférés les titres. Il n’existe aucun contrôle public, ni de transparence.

      Par ailleurs, il est aujourd’hui possible de taxer les marché de gré à gré car ils sont plus organisés que l’on croit. Les transactions finissent par passer par les systèmes de compensation, réglement et livraison (les 3 étapes pour acheter/vendre un titre).

      1. Question très très bête, mais… pourquoi a-t-on besoin de taxer les transactions financières ? Pourquoi un bête impôt sur le revenu à un taux satisfaisant ne suffirait pas ?
        Après tout, si les traders gagnent de l’argent avec leurs opérations, et bien ils paieraient un impôt sur le revenu sur cet argent gagné, non ?
        Pourquoi aurait-on BESOIN de pénaliser les transactions financières plus que d’autres opérations économiques ?

      2. A Alex
        Vous écrivez que :

        1) – « Une TTF n’a pas pour but de régler tous les problèmes de la finance et de son opacité. Il faut donc adopter des mesures de réglementation financières, à commencer par la réglementation des marchés dérivés de gré à gré … »
        NON, les marchés financiers libres ne sont pas opaques pour les opérateurs, ils le sont peut être vis-à-vis de la volonté de rapine fiscale et à la folie réglementaire des gouvernements.

        2) – « Il faut par ailleurs rendre plus transparent les dépositaires centraux … Il n’existe aucun contrôle public, ni de transparence. » :
        NON, les dépositaires fonctionnent bien et de façon transparente pour les opérateurs de marché ; le problème (pour les gouvernements) est que ces marchés échappent au contrôle public, mais tant mieux pour les opérateurs et pour la création de richesse mondiale.

        3) – Par ailleurs, il est aujourd’hui possible de taxer les marché de gré à gré :
        C’EST FAUX, les marchés de gré-à-gré peuvent se déplacer du jour au lendemain de l’Europe interventionniste vers les USA, Hong-Kong, Singapour, Suisse, etc. Les opérateurs peuvent réaliser leurs opérations n’importe où dans le monde et priver ainsi de leur valeur ajoutée les Etats dont les gouvernements mettent en œuvre des politiques démagogiques afin de conquérir la sympathie des altermondialistes et assimilés.

  6. Votre point de vu n’est pas très étonnant pour des libéraux… Ceux-là même qui ont inventé le socialisme pour Banques et grosses entreprises pendant la crise des subprimes …

    1. Mais oui, c’est bien connu les libéraux ont activement milité pour que les contribuables paient pour les conneries des banques… Et la marmotte…

      Dans la série je n’ai aucune idée de ce dont je parle mais je m’ouvre quand même, je voudrais Lampil!

  7. lampil : « Ceux-là même qui ont inventé le socialisme pour Banques et grosses entreprises pendant la crise des subprimes …’ »
    —————–
    Ne soyez pas aussi tortueux dans vos idées, rasoir d’Occam, toussa… Ceux qui ont inventé le socialisme pour les Banques sont tout simplement … les socialistes. Ou leurs alliés du capitalisme politique (savez, ceux au gouvernement qui sont copains comme coquins avec grands patrons pour organiser l’élimination par le favoritisme de la concurrence, une spécialité de la Franchouillie où tous les mafieux sortent des mêmes grandes écoles).

  8. « De plus, le stamp duty n’a strictement rien à voir avec la « taxe Tobin »

    Sans rire ? Evidemment car ces deux taxes (je persiste et signe) visent des assiettes totalement différentes, la SD les actions, la taxe tobin les devises.

    La taxe proposée par Sarko/Merkel n’est aucunement une taxe sur l’Euro. D’ailleurs aucune précision n’a été donnée par ces décideurs. Alors pourquoi afficher un tel article relatif à la taxe tobin ? L’angle est mauvais tant la taxe suédoise n’était pas une taxe sur les devises.

    J’approuve toutefois l’idée que la SD n’a pas été réalisée pour limiter la spéculation mais pour générer de nouvelles ressources pour le trésor public britannique. D’autres taxes sur les transactions financières existent et visent en revanche à réguler les investissements, notamment nocifs. Par exemple au Brésil qui applique des taux différentiels selon les transactions concernées, preuve que ce pays prend en compte aussi bien le volume des transactions d’un marché à un autre et que le but n’est pas uniquement de générer du fric. Le Brésil est l’une des économies émergentes les plus dynamiques actuellement.

    Concernant certaines réflexions moins « techniques », elles me font doucement rigoler, notamment les suivantes :

    De Pagifer : « NON, les dépositaires fonctionnent bien et de façon transparente pour les opérateurs de marché ; le problème (pour les gouvernements) est que ces marchés échappent au contrôle public, mais tant mieux pour les opérateurs et pour la création de richesse mondiale. »

    L’un des indicateurs, certes pas parfait, pour mesurer la « richesse mondiale », c’est le PIB. Or …
    en 2008, le montant des transactions financières était de 74 fois supérieur au PIB mondial nominal alors qu’en 1990, il était de 15. Donc un bon nombre d’activités financières ne contribuent aucunement à cette fameuse richesse mondiale dont que tu défends. Ainsi ce qui ne finit pas dans la poche de la « richesse mondiale » bénéficie aux plus nantis qui spéculent un maximum et par la suite viennent creuser nos dettes publiques en demandant gentiment des plans de relance pour … continuer à s’en mettre plein les poches. Peut être fais tu partie de ce monde ?

    De pagifer :C’EST FAUX, les marchés de gré-à-gré peuvent se déplacer du jour au lendemain de l’Europe interventionniste vers les USA, Hong-Kong, Singapour, Suisse, etc. Les opérateurs peuvent réaliser leurs opérations n’importe où dans le monde et priver ainsi de leur valeur ajoutée les Etats dont les gouvernements mettent en œuvre des politiques démagogiques afin de conquérir la sympathie des altermondialistes et assimilés. »

    Le marché de gré à gré concerne plus un mode de négociation de transaction et ne concerne pas la livraison des titres. Autrement dit, les opérateurs négociant sur les marché de gré à gré, pour se faire livrer leurs titres à la fin de leur achat, passent par les chambres de compensation identiques à celles utilisées par les bourses. La seule différence se fait à la négociation et non pas à la livraison.

    Pourquoi on a besoin de les réglementer ? Tout simplement parce que certaines banques s’exposent comme des malandes sur le marché pour générer un maximum de fric et font faillite lorsqu’elles ne peuvent plus payer. Je sais pas si ça te rappelle une certaine histoire se déroulant en 2008 …

    D’où la création de la directive européenne EMIR par la commission européenne en septembre 2010 sur les produits dérivés pour avoir plus de transparence sur la prise de risque inconsidérée de certains opérateurs de marché qui viennent demander à toi, moi et aux autres de payer les pots cassés sur du fric … qu’on touchera jamais.

    D’ailleurs tu parles du manque d’interventionnisme des Etats Unis, t’as tout faux. La loi Dodd Franck touche exactement les mêmes produits et est paru avant EMIR.

    1. Et si tout simplement on ne renflouait PAS les banques qui font faillite avec l’argent du contribuable, ça ne serait pas plus efficace que toutes les régulations du monde ?

      Rappelez moi juste QUI a accepté de renflouer les banques sur pleurnichage des banquiers ? Ca serait pas…les politiques ?

    1. D’une part, un copier-coller serait en … anglais, et d’autre part, il semble donc que ces informations soient exactes. Ce qui semble vous enquiquiner follement. Du reste, on ne s’étonnera pas du tout que ces mêmes informations aient … disparu du wikipedia.fr .

  9. A Alex

    Si vous lisez (pas trop vite) cet article de Contrepoints, vous trouverez un lien en-dessous de la photo de J. Tobin qui renvoie vers un site du gouvernement canadien qui est aussi le site cité dans l’article de wikipédia sur ce sujet. Il s’agit d’un rapport rédigé en 1996 sur ce sujet.
    Pour le supposé manque de réflexion, ce n’est pas la peine de réinventer la roue …

    1. Non mais l’idée c’est que les informations publiques et sourcées qui fâchent les socialistes ne doivent pas être données et redistribuées. Sinon, les gens vont finir par se rendre compte que le socialisme, c’est de la grosse foirade à tous les coups. Alors chut, quoi.

  10. A h16

    A propos de votre commentaire de 19h58 :
    vous êtes vraiment injuste ; tout le monde sait très bien que seulement les gens de gauche savent réfléchir et peuvent être considérés comme des intellectuels !

  11. H16: « Non mais l’idée c’est que les informations publiques et sourcées qui fâchent les socialistes ne doivent pas être données et redistribuées. Sinon, les gens vont finir par se rendre compte que le socialisme, c’est de la grosse foirade à tous les coups. Alors chut, quoi. »

    Pagifer: « vous êtes vraiment injuste ; tout le monde sait très bien que seulement les gens de gauche savent réfléchir et peuvent être considérés comme des intellectuels ! »

    Ce mépris et cette suffisance. C’est superbe.

    Vous devriez vous autocongratuler encore un peu plus, cela permettra de faire oublier que vous n’avez rien à répondre à Alex que des lieux communs pseudo-libéraux de nantis aigris « LES IMPOTS C’EST LE MAL§§§ »

    1. Vous pouvez nous citer quelques libéraux qui ont dit ça texto, plus le contexte qui allait avec ? Ca pourrait être intéressant.
      Les anarcho-capitalistes le disent plus ou moins, effectivement. Ils ajoutent après « les mutuelles, le bénévolat, les associations caritatives c’est le bien ». Relisez Proudhon.
      Les autres libéraux disent (entre autres et pour résumer) : « les impôts doivent servir à financer les institutions régaliennes, et puis ok pour des transferts sociaux, à condition que les bénéficiaires puissent choisir comment ils dépenseront cet argent (dans des mutuelles privées s’ils le souhaitent). Ah, et puis accessoirement, pas de taxation sans représentation (et sans cour des comptes indépendante avec pouvoirs étendus) ».

  12. « L’un des indicateurs, certes pas parfait, pour mesurer la « richesse mondiale », c’est le PIB. Or …
    en 2008, le montant des transactions financières était de 74 fois supérieur au PIB mondial nominal alors qu’en 1990, il était de 15. Donc un bon nombre d’activités financières ne contribuent aucunement à cette fameuse richesse mondiale dont que tu défends. Ainsi ce qui ne finit pas dans la poche de la « richesse mondiale » bénéficie aux plus nantis qui spéculent un maximum et par la suite viennent creuser nos dettes publiques en demandant gentiment des plans de relance pour … continuer à s’en mettre plein les poches. Peut être fais tu partie de ce monde ? »

    « Pourquoi on a besoin de les réglementer ? Tout simplement parce que certaines banques s’exposent comme des malandes sur le marché pour générer un maximum de fric et font faillite lorsqu’elles ne peuvent plus payer. Je sais pas si ça te rappelle une certaine histoire se déroulant en 2008 … »

    Visiblement, vous n’avez aucune connaissance en économie. En plus vous êtes un naïf qui gobe tout ce qu’on lui raconte dans les média.
    Vous feriez mieux d’aller vous concentrer sur, je ne sais pas moi, vos enfants, votre travail, etc…
    L’économie, c’est sérieux, comme la physique quantique, pas un truc ou tout le monde peut avoir sont avis.
    C’est à cause de gens comme vous qui poussez les gouvernement à faire n’importe quoi qu’on en est arrivé là ou on est.

    Par ailleurs, on voit bien que vous n’avez JAMAIS acheté ni vendu en France la moindre action.. Je dis cela à cause des impôts…

    1. « C’est à cause de gens comme vous qui poussez les gouvernement à faire n’importe quoi qu’on en est arrivé là ou on est. »

      Ouai, même qu’on vous dira pas comment on a fait pour les pousser. On est trop fort, n’est-ce pas?

  13. et si les uns et les autres vous arrêtiez de vous chamailler comme en cour de récré ?
    manifestement chaque camp a des arguments intéressants, et les gens comme moi, curieux et cherchant par tous les moyens à en savoir davantage et à comprendre ces mécanismes pour pouvoir se faire un jugement le plus fondé possible sur les personnes et surtout les programmes économiques les plus à-même de faire face à la crise, et bien les gens comme moi sont d’abord mis en appétit par vos connaissances puis déçu par votre incapacité à débattre sereinement; en effet, pour cette raison rien ne se clarifie alors que c’était bien parti.

    on reprend ?

    En quoi (éléments objectifs svp) la loi suédoise citée est-elle comparable à la taxe tobin et en quoi ne l’est-elle pas dans ses principes?

    En quoi le fait que la Suède représente une économie marginale et une place boursière qui n’a rien de commun (à mes yeux de profane) avec la City rend-il non pertinent cette comparaison de principe ?

    Dans quelle mesure la réduction puis la suppression de cette taxe est-elle imputable à son inefficacité, et en quelle mesure à la « pression des lobbies » ?

    Les libéraux disent-ils oui ou non « les impôts c’est le mal ». S’ils ne le disent pas, alors que disent-ils de l’impôt ? S’ils disent que l’usage des impôts doit être limité à des fonctions régaliennes et à des transferts sociaux alors :
    1 – selon les libéraux, faire des économies drastiques sur la justice, la santé, la police, l’éducation par exemple, est-ce remplir correctement cette mission de l’impôt (ie celle de permettre d’assurer les fonctions régaliennes ) ?
    2 – pour avoir un usage de l’impôt quel qu’il soit, il faut le récolter. Quel(s) impôt(s) les libéraux sont-ils donc prêts à accepter, ou plutôt à légitimer ?
    3 – les mutuelles comme poumon des transferts sociaux, cela peut effectivement sembler très intéressant, mais on aimerait une explication à la fois plus complète et plus détaillée

    En ce qui concerne le renflouement des banques :
    on nous a d’abord dit qu’en fait elles n’avaient rien déboursé, ne faisant que garantir, puis on nous a dit au contraire qu’elles avaient remboursé ce qui leur avait donc été prêté (!!!) et que cela avait même du coup dégégé une plus value pour les Etats prêteurs, plus value égale au taux
    A présent, sur ce forum, les libéraux et leurs contradicteurs sont au moins d’accord sur un point (les Etats ont bel et bien renfloué les banques), et sure le fait qu’il ne fallait PAS les rembourser.
    libéraux : car les Etats ne devant jamais intervenir, ou le moins possible, ils n’avaient pas à intervenir en renflouant
    contradicteurs : car les banques ayant joué aux apprentis sorcier, c’était bien à elles d’assumer les conséquences de leur … inconséquence (!!!) et non aux Etats (n’y sont pour rien) qui payent avec l’argent des contribuables (n’y sont encore moins pour quelque chose).

    Si je comprends bien, pour les libéraux, l’establishment honni = politiques et grand capital car collusion avec politiques; pour leurs contradicteurs,l’establishment honni = grand capital et politiques car collusion/inféodés au grand capital
    Ai-je correctement compris ?

    Pourriez-vous mieux que moi poser les 10 points sur lesquels vous avez les uns et les autres pris position ? Puis seulement une fois convenu les uns et les autres des points à débattre, entamer un débat de forme respectueuse de but constructif , de fond argumenté, sans vous priver d’un peu de pédagogie pour vos lecteurs ?

    Vous vous enrichirez et nous enrichirez, et cette nouvelle richesse ne sera ni taxée de mercantile, ni taxée tout court …

    Bien à vous

  14. EDIT en présentant mes excuses pour les blessures à l’oeil infligées :

    les gens comme moi sont d’abord mis en appétit par vos connaissances puis déçu par votre incapacité à débattre sereinement;
    —> déçus (pluriel)

    Les libéraux disent-ils oui ou non « les impôts c’est le mal ».
    —> ? (au lieu du . )

    En ce qui concerne le renflouement des banques :
    on nous a d’abord dit qu’en fait elles n’avaient rien déboursé, ne faisant que garantir,
    —> on nous avait d’abord dit qu’en fait les Etats n’avaient rien déboursé pour elles, ne faisant que garantir (correction de la double anacoluthe)

    puis on nous a dit au contraire qu’elles avaient remboursé ce qui leur avait donc été prêté (!!!) et que cela avait même du coup dégégé une plus value pour les Etats prêteurs, plus value égale au taux
    —>puis on nous a dit au contraire qu’elles avaient remboursé ce qui leur avait donc été prêté (!!!) et que cela avait même du coup dégagé (faute de frappe) une plus value pour les Etats prêteurs, plus value égale au taux d’intérêt (oubli)

    A présent, sur ce forum, les libéraux et leurs contradicteurs sont au moins d’accord sur un point (les Etats ont bel et bien renfloué les banques), et sure le fait qu’il ne fallait PAS les rembourser.
    —> sur (frappe)

  15. se que dit cet article est n’importe quoi ! la suede n’a pas mis en place la « taxe taubin » mais une taxe national ! je rapelle que la taxe taubin est basée sur des transactions internationales ! donc se n’est pas du tout la meme chose . et donc les coséquences n’ont rien a voir avec la vrai taxe tobin !