Un débat truqué : socialisme contre libéralisme

Publié Par Institut Coppet, le dans Lecture

Jean-François Revel, La Grande Parade, chapitre 4, pp. 67-73, Pocket, 2001. Acheter en ligne sur Amazon.

Un malentendu fausse quasiment toutes les discussions sur les mérites respectifs du socialisme et du libéralisme : les socialistes se figurent que le libéralisme est une idéologie. Et, suivant une soumission mimétique souvent décrite dans ces pages, les libéraux se sont laissé inculquer cette vision grossièrement erronée d’eux-mêmes.

Les socialistes, élevés dans l’idéologie, ne peuvent concevoir qu’il existe d’autres formes d’activité intellectuelle. Ils débusquent partout cette systématisation abstraite et moralisatrice qui les habite et les soutient. Ils croient que toutes les doctrines qui les critiquent copient la leur en se bornant à l’inverser et qu’elles promettent, comme la leur, la perfection absolue, mais simplement par des voies différentes.

Si, par exemple, un libéral dit à un socialiste : « A l’usage, le marché semble être un moins mauvais moyen d’allocation des ressources que la répartition autoritaire et planifiée », le socialiste répond aussitôt : « Le marché ne résout pas tous les problèmes. » Certes ! Qui a jamais soutenu pareille ânerie ? Mais, comme le socialisme, lui, a été conçu dans l’illusion de résoudre tous les problèmes, ses partisans prêtent à leurs contradicteurs la même prétention. Or tout le monde n’est pas mégalomane, heureusement. Le libéralisme n’a jamais eu l’ambition de bâtir une société parfaite. Il se contente de comparer les diverses sociétés qui existent ou ont existé et de retenir les leçons à tirer de l’étude de celles qui fonctionnent ou ont fonctionné le moins mal. Pourtant, de nombreux libéraux, hypnotisés par l’impérialisme moral des socialistes, acceptent la discussion sur le même terrain qu’eux. « Je crois à la loi du marché, mais elle ne suffit pas », déclare l’économiste américain Jeremy Rifkin (1). « Le marché libre ne peut tout résoudre », renchérit le spéculateur George Soros (2). Ces piètres truismes émanent d’un système de pensée figé, selon lequel le libéralisme serait une théorie opposée au socialisme par ses thèses mais identique à lui par ses mécanismes.

Or il n’est ni l’un ni l’autre. Le libéralisme n’a jamais été une idéologie, j’entends n’est pas une théorie se fondant sur des concepts antérieurs à toute expérience, ni un dogme invariable et indépendant du cours des choses ou des résultats de l’action. Ce n’est qu’un ensemble d’observations, portant sur des faits qui se sont déjà produits. Les idées générales qui en découlent constituent non pas une doctrine globale et définitive, aspirant à devenir le moule de la totalité du réel, mais une série d’hypothèses interprétatives concernant des événements qui se sont effectivement déroulés. Adam Smith, en entreprenant d’écrire La Richesse des nations constate que certains pays sont plus riches que d’autres. Il s’efforce de repérer, dans leur économie, les traits et les méthodes qui peuvent expliquer cet enrichissement supérieur, pour tenter d’en extraire des indications recommandables. Il procède ainsi comme Kant qui, dans la Critique de la raison pure, dit à ses confrères philosophes : depuis plus de deux mille ans, nous tentons d’élaborer des théories du réel valables pour l’éternité. Elles sont régulièrement rejetées dès la génération suivante faute de démonstration irréfutable. Or, depuis un siècle et demi, nous avons sous les yeux une discipline récente, qui est enfin parvenue avec certitude à établir quelques lois de la nature : c’est la physique. Au lieu de nous obstiner dans notre stérile dogmatisme métaphysique, observons donc plutôt comment s’y sont pris les physiciens pour réussir et inspirons-nous de leurs méthodes pour tâcher d’égaler leurs succès.

Il faut donc refuser l’affrontement entre socialisme et libéralisme comme étant l’affrontement de deux idéologies. Qu’est-ce qu’une idéologie ? C’est une construction a priori, élaborée en amont et au mépris des faits et des droits, c’est le contraire à la fois de la science et de la philosophie, de la religion et de la morale. L’idéologie n’est ni la science, pour laquelle elle a voulu se faire passer ; ni la morale, dont elle a cru détenir les clefs et pouvoir s’arroger le monopole, tout en s’acharnant à en détruire la source et la condition : le libre arbitre individuel ; ni la religion, à laquelle on l’a souvent et à tort comparée. La religion tire sa signification de la foi en une transcendance, et l’idéologie prétend rendre parfait ce monde-ci. La science accepte, je dirai même provoque, les décisions de l’expérience, et l’idéologie les a toujours refusées. La morale repose sur le respect de la personne humaine, et l’idéologie n’a jamais régné que pour la briser. Cette funeste invention de la face noire de notre esprit, qui a tant coûté à l’humanité, engendre en outre, chez ses adeptes, ce curieux travers qui consiste à prêter à autrui leur propre forme d’organisation mentale. L’idéologie ne peut pas concevoir qu’on lui oppose une objection si ce n’est au nom d’une autre idéologie.

Or toute idéologie est un égarement. Il ne peut pas y avoir d’idéologie juste. Toute idéologie est intrinsèquement fausse, de par ses causes, ses motivations et ses fins, qui sont de réaliser une adaptation fictive du sujet humain à lui-même — à ce « lui-même », du moins, qui a décidé de ne plus accepter la réalité, ni comme source d’information ni comme juge du bien-fondé de l’action.

C’est donc un non-sens, quand une idéologie est morte, de se dire qu’il faut de toute urgence la remplacer par une autre. Remplacer une aberration par une aberration, c’est de nouveau céder au mirage. Peu importe alors quel mirage se substitue au précédent, car ce n’est pas le contenu d’une illusion qui compte, c’est l’illusion même.

Le libéralisme n’est pas le socialisme à l’envers, n’est pas un totalitarisme idéologique régi par des lois intellectuelles identiques à celles qu’il critique. Cette méprise rend absurde le dialogue entre socialistes et libéraux. Ainsi, dans l’entretien (relaté au chapitre précédent) avec Frédéric Martel, mon sympathique interlocuteur est, tout du long, hanté par l’idée que, vieux « viscéral », je n’ai combattu le communisme que pour promouvoir le libéralisme. La chute du communisme ayant rendu caduque ma panoplie guerrière, je dois donc maintenant, comme il le dit d’ailleurs plus tard dans son compte rendu de mes mémoires, faire mon autocritique en tant que sectateur du fanatisme libéral, devenu inutile. Mais, outre que le libéralisme n’a jamais été un fanatisme lancé contre un autre, je n’ai jamais lutté contre le communisme au nom du libéralisme, ou seulement au nom du libéralisme. J’ai lutté contre le communisme avant tout au nom de la dignité humaine et du droit à la vie. Que la faillite permanente et ridicule des économies administrées ne fût pas sans apporter quelques arguments aux économistes libéraux — encore que bien des socialistes le nient encore aujourd’hui farouchement — c’était incontestable, mais ce n’était pas l’essentiel. Quand on se trouve devant une prison doublée d’un asile de fous et d’une association de meurtriers, on ne se demande pas s’il faut les détruire au nom du libéralisme, de la social-démocratie, de la « troisième voie », du « socialisme de marché » ou de l’anarcho-capitalisme. De telles arguties sont même indécentes, et le débat sur libéralisme ou social-étatisme ne peut renaître légitimement que dans une société rendue à la liberté. J’ai combattu le communisme mû par la même « obsession » qui m’avait jadis fait combattre le nazisme : l’« idée fixe », « viscérale » du respect de la personne humaine. Pas pour savoir qui a raison de Margaret Thatcher ou de Jacques Delors, d’Alain Madelin ou de Lionel Jospin, de Reagan ou de Palme. Cette deuxième question suppose le rétablissement préalable d’une civilisation de la liberté.

Les socialistes contemporains, totalitaires « light », au moins dans leurs structures mentales et verbales, s’égarent donc lorsqu’ils imaginent que les libéraux projettent, comme eux-mêmes, d’élaborer une société parfaite et définitive, la meilleure possible, mais de signe opposé à la leur. Là gît le contresens du débat postcommuniste. Ce n’est pas la peine d’applaudir Edgar Morin lorsqu’il recommande la « pensée complexe » contre la « pensée simpliste » si c’est pour ensuite renforcer le simplisme hors de toute mesure.

Articulons, dans un parallèle pédagogique, le constat suivant : « La liberté culturelle est plus propice à la création littéraire, plastique et musicale que le dirigisme étatique. » Cet énoncé empirique, étayé par une vaste expérience passée et présente, ne signifie pas et ne comporte pas l’engagement que toutes les productions nées dans les conditions de la liberté (ou, au sein des régimes totalitaires, dans les conditions de la dissidence) ont été, sont ou seront toujours des chefs-d’œuvre. Or, c’est ce que comprend le socialiste ! Il citera aussitôt des milliers de livres, de tableaux, de pièces et de films médiocres ou nuls, éclos dans ce contexte de liberté. Il s’écriera : « Vous voyez bien que le libéralisme ne marche pas ! » En d’autres termes, il prête au libéralisme son propre totalitarisme. Se croyant, lui, propriétaire d’un système qui résout tous les problèmes, y compris celui de la beauté, il croit suffisant de supprimer le marché pour supprimer la laideur. Le totalitarisme culturel n’a, pour sa part, jamais produit autre chose que de la laideur. Ce fait ne le gêne aucunement. L’étatisme n’a-t-il pas, du même coup, tué dans l’œuf les déchets de l’art capitaliste ? Qu’il ait, en se mêlant de le diriger, anéanti l’art même n’était-il pas le prix à payer pour cet assainissement ?

Bien entendu, et qu’on veuille bien me faire la grâce de penser que je ne l’ignore pas, il y a eu de tout temps des artistes que le marché à lui seul ne pouvait faire vivre et qui ont été pensionnés par des princes, subventionnés par des républiques ou aidés par des mécènes privés. Mais il y en a eu aussi d’immenses que leur succès auprès du public suffisait à nourrir, voire à enrichir. Cependant ne perdons pas de vue non plus que ni le marché ni la subvention ne garantissent le talent, ni, au demeurant, son absence. Le marché peut faire pleuvoir la fortune sur Carolus Durand comme sur Picasso. La subvention étatique peut aussi bien procurer la sécurité nécessaire à un vrai génie que l’argent facile à un faux créateur, dont les principaux mérites sont l’amitié du ministre, le copinage politique et le culot dans les relations publiques. Décréter que le marché est en soi réactionnaire et la subvention en soi progressiste relève donc de la pensée non seulement simpliste, mais intéressée, celle des virtuoses du parasitisme de l’argent public.

Lors de la visite du pape Jean-Paul II en Pologne, au mois de juin 1999, j’ai entendu un journaliste radiophonique de France Info « informer » ses auditeurs en disant, en substance : le pape sait que le retour des Polonais au capitalisme leur a apporté une certaine prospérité, mais au détriment de la justice sociale. Ce qui sous-entend donc que le communisme leur avait apporté la justice sociale. De nombreuses études ont montré quelle hypocrisie se cachait derrière ce mythe.

Le capitalisme n’apporte certes pas l’égalité, mais le communisme encore moins, et, lui, sur fond de pauvreté générale. Mais voilà, une fois de plus, on le juge sur ce qu’il était censé apporter et le capitalisme sur ce qu’il apporte effectivement. Même pas, à vrai dire. Car, si on le faisait, on constaterait (là encore, l’analyse a été surabondamment faite) qu’en 1989, dernière année du communisme, un chômeur indemnisé à l’Ouest touchait entre cinq et dix fois plus, en pouvoir d’achat réel, qu’un ouvrier pourvu d’un prétendu « emploi » à l’Est. Autrement dit, ce sont les sociétés du capitalisme démocratiques qui ont mis en place les systèmes de protection sociale les plus correcteurs des inégalités et des accidents de la vie économique. Mais ce constat est rejeté lorsque l’on persiste à comparer la perfection de ce qui n’existe pas — l’utopie communiste — avec les imperfections de ce qui existe — le capitalisme démocratique.

 

(1) Le Monde, 20 avril 1999.

(2) Jeune Afrique, 1« juin 1999. Repris de la New York Review of Books

 

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  1. Tout à fait d’accord, un livre essentiel, à recommander aux jeunes générations, parce qu’il leur donne les outils intellectuels élémentaires pour s’opposer à la collectivisation de la société.

  2. Mais si, il y a eu justice sociale dans les pays du bloc soviétique : tout le monde, enfin, pas les nomenklaturistes, était pauvre. Ce qui est l’objectif du socialisme.

  3. « Le libéralisme n’est pas une idéologie »… je veux bien, présenté comme ça.
    Mais dans ce cas, rapportons nous au socialisme et au communisme : ceux qui les ont fondés se sont basés, eux aussi, sur des faits (lisez Marx : ce ne sont que des chiffres) et, selon votre définition, ne sont pas non plus des idéologies.

    Bien sûr, on peut argumenter _ dire que leurs arguments ne sont pas ou plus valables, ou que ceux d’aujourd’hui sont des idéologues_ et on n’aurait pas forcément tort, mais on appliquer cela de même aux libéraux.

    Pour en rajouter une couche (vis à vis des commentaires) , il y a la même différence entre le socialisme et le communisme tel que défini à ses débuts et l’URSS _ une soi-disant « mise en pratique », qui est analogue à la différence entre le libéralisme et ce qu’on voit comme le « libéralisme économique ».

    1. Heu. « Marx : ce ne sont que des chiffres » … Marx, c’est aussi des propos anti-sémites, une application constante du « faites ce que je dis, mais oubliez ce que je fais » et les chiffres sont tout de même très très bien « choisis ».

      J’en reste à la remarque pourtant simple : il y a des douzaines de groupes terroristes qui se réclament (à tort ou à raison, peu importe) du communisme ou du socialisme et n’hésitent pas à tuer pour ces idées. Je n’en connais *aucun* pour le libéralisme.

      Il doit y avoir une raison, mais … ah, vraiment, je ne vois pas laquelle. Zut. C’est ballot, non ?

    2. Excellente remarque d’Alnurn qui justifie pleinement la démonstration de Revel. « L’idéologie ne peut pas concevoir qu’on lui oppose une objection si ce n’est au nom d’une autre idéologie. »

    3. L’URSS a fonctionné sur les préceptes de Marx et Lénine sans jamais être réformée (hormis le petit lopin sous Gorbatchev) de 1917 à 1991. 70 ans à appliquer la même recette avec les mêmes résultats relève de l’idéologie, pas de l’observation des faits.

      Parallèlement au livre de Revel, celui de Raymond Boudon, Pourquoi les intellectuels n’aiment pas le libéralisme ? est également très intéressant.

      1. Alexandre Zinoviev :

        « (…) Je m’inscris en faux contre l’opinion communément admise selon laquelle le communisme réel serait la réalisation des idéaux marxistes et qu’il serait imposé aux masses, contre leur volonté, leurs désirs et leurs intérêts, par une poignées d’idéologues recourant à la force et au mensonge. Le communisme n’est pas seulement un régime politique que l’on peut transformer sur un ordre d’en haut, il est une organisation sociale de la population. Il s’est formé un Union Soviétique, non pas conformément au projet marxiste ni au gré des idéologues marxistes, mais en vertu des lois objectives qui régissent l’organisation de large masse de population en un organisme social achevé. Il est le résultat d’un processus de création historique auquel ont pris part des millions de personnes. (…) »

        Perestroïka et contre-perestroïka, Alexandre Zinoviev, éd. Olivier Orban, 1991, p. 13

        => http://fr.wikiquote.org/wiki/Alexandre_Zinoviev#L.27origine_du_communisme

        AZ dit la même chose dans « les confessions d’un homme en trop ».

        D’autre part, au XX, les libéraux français (tout même proche du socialisme) comme Revel, Aron, Boudon sont autant sous l’influence de la crise historique de 1954-1984 que les divers marxistes d’après guerre comme Sartre et Althusser.

        La sphère idéologique de Sarte et Althusser est l’histoire présent du monde entier d’abord avec la victoire de l’URSS contre le nazisme, puis avec ces guerres anticommunistes tièdes dans les pays de l’Est, chaude en Amérique latine, bouillante en Asie. Ils vont vers l’émancipation des peuples.

        Revel, Aron, Boudon reste dans le cadre restreint de l’occident dont la sphère idéologique est plus stable mais sous influence de la guerre froide. ils vont vers le droit individuel mais la représentation de l’Homme reste abstrait et occidental.

        Ainsi, pour avoir une vision des choses plus globales, il faut mettre ensemble libéraux français et marxiste. La tâche est trop longue pour un individu. C’est un noeud gordien et pour comprendre les choses il ne faut pas faire comme Alexandre le Grand.

        C’est pour cela que je suis allé à Alexandre Zinoviev qui use sur les sociétés types communautaires (pays communistes du XX) de la même méthode dialectique que Marx use sur la société type professionnelles (pays capitalistes).

        On s’aperçoit que le communisme d’AZ et de KM sont différents.

        * Le communisme d’AZ a pour base la sphère communautaire (milieu social). Elle englobe totalement les société communistes du XX. Elles sont hérités des sociétés impériales précédentes avec leur état fort, leur religion/idéologie puissante, une collectivisation ancestrale des terres. L’état fait qu’un avec la société.

        * Le communisme de KM a pour base la sphère professionnelle (milieu de production). C’est une partie de la société capitaliste mais qui l’a caractérise tout de même. Elle est en contradiction avec la sphère communautaire caractérisée par les services (milieu social) et le privé de la propriété (milieu de pouvoir).

  4. Fantastique ouvrage de Francois Revel. Et en fait, l’extrait que vous avez choisi est en fait le plus pertinent que je connaisse pour parler du libéralisme dans le contexte francais et á notre époque. (1) La référence n’est plus le concept de droit du citoyen du XVIII siécles, dáutres événements d’importance se sont déroulé (notamment les deux guerres mondiales) (2) le contexte francais du communisme et des idéologies résiduelles sont issues de l’épisode WWII et de la collaboration et (3) dans le contexte actuel, la référence aux états unis est trés mal venu en raison, non pas de la validiter des idées et des expériences en tant que telles, mais pour des raisons politiques, sociales, économiques, autrement dit culturelles qui sont trés differentes et dont la validité est surement révélée par la comparaison plutôt que la simple superposition d’une situation sur une autre.
    En fait, pour celebrer Revel comme il se doit, il est nécessaire de relire tout ses ouvrages sur le systeme politique francais, l’idéoloqie et le role de la connaissance en France, ce qui rend la complexité de la situation francaise plus réelle et plus difficile a gérer qu’il ne le semblerait de prime abord. Je regrette de n’avoir jamais rencontrer Revel personellement (raison de timing- difference d´âge et de lieu) mais il a travaillé tout seul contre sa génération (qui s’est fourvoyé plus par faiblesse intellectuelle et comprehension des faits que par les bonnes intentions qu’elle affichait).
    Surfer absolument sur http://chezrevel.net/biography/
    c’est de la bonne lecture (quelque emissions TV des années 70 qui valent le détour – même si c’est bien triste en final de voir nos élites si pretentieuses et si ignorantes á la fois.)

  5. Avec près de 60% du PIB collectivisé de force, on peut dire que l’équilibre est rompu, en effet. Et on voit les résultats extraordinaires que l’économie de moins en moins mixte donnent en France : taux de pauvreté élevé (avant redistribution), immense chômage structurel, croissance nulle, dette insoutenable, compétitivité en berne, taux d’activité parmi les plus faibles de l’OCDE, égoïsme corporatiste, suicides au travail…

    Seul le libéralisme est en mesure de porter la coopération volontaire à son maximum, dès lors que personne ne cherche à l’imposer.

  6. @bubulle
    Peut être as tu raté le film ?
    La gestion de la santé, l’éducation , l’énergie, l’eau est en pleine déliquescence.
    C’est de l’observation , pas de l’idéologie.
    L’équilibre est rompu en faveur du libéralisme depuis bientôt 30 ans.

    1. Observer la réalité et aboutir à de fausses conclusions est le propre des idéologues. Les secteurs communistes sont en panne. Normal, après tout, ils créent la pénurie.

  7. De la forme, du style mais peu de fond.
    Cette thèse pêche par manque d’analyse systémique.
    On ne sait toujours pas comment se définit le libéralisme si ce n’est en l’opposant au communisme. Pourtant l’article réfute cette opposition. Il y a un problème dans le raisonnement.
    De toutes façons , ce sont là des querelles d’arrière garde que ces phobies anti-communistes.
    Que dire de la chine ? les communistes sont ils les capitalistes les plus performants?
    Les libéraux disent: « laissons agir la main invisible du marché » et les autres disent « donnons nous des règles qui conviennent au plus grand nombre ». Certains préfèrent croire et d’autres raisonner.

    1. L’anti-communisme primaire est une nécessité collective de salubrité publique et d’équilibre mental pour les individus. Rien à voir donc avec le libéralisme.

    2. Le libéralisme ne s’oppose pas au communisme,c’est le communisme qui s’est opposé au libéralisme .
      Le libéralisme ne résout pas tout,mais le marxisme cause plus de problèmes que l’humanité ne peut en supporter,sans rien résoudre.

  8. Ah oui, tiens, on ne sait définir le libéralisme que par opposition au communisme. Ah ça c’est drôle alors. C’est pas comme si le libéralisme est une philosophie de plusieurs siècles, qui a eu de nombreux penseurs, avec tout plein de définitions précises. Non non non, le libéralisme, c’est pas une philosophie du droit, c’est juste l’opposé du communisme. Aucun concept normatif dans le libéralisme, rien du tout du tout du tout.

    Les Locke, Kant, Bastiat ou autre Hayek, en fait c’était juste des anti-communistes, ils n’ont développé aucun concept, rien de rien de rien.

    Et les libéraux, ils disent « laissons faire la main invisible », c’est évident tiens, tout le monde le sait. Bon, absolument aucun penseur libéral n’a dit ça, mais on va faire comme si hein. C’est itimobile qui nous le dit.

    Mais itimobile, il ne sait pas faire la différence entre une analogie qui permet de faciliter la compréhension de lois scientifiques, comme l’a donnée Adam Smith, et ces lois scientifiques elles-mêmes. Et paf, le itimobile, il nous brûle un bel homme de paille, et nous raconte absolument n’importe quoi.

  9. Comment ce qui préexiste pourrait-il être défini par rapport à une idéologie qui n’existait pas encore ? Mais passons…

    Pas la peine de faire des contorsions rhétoriques pour mettre en cause l’article alors que votre but très banal est de provoquer un débat artificiel pour exister. Mais il n’y a aucun débat possible avec le mal absolu. « Je n’ai jamais lutté contre le communisme au nom du libéralisme [...] J’ai lutté contre le communisme avant tout au nom de la dignité humaine et du droit à la vie. »

  10. @bubulle « le mal absolu » c’est un peu comme « l’axe du mal » , non ?
    Ces  » contorsions rhétoriques » ont tout de même révélé qu’il fallait attendre la naissance du communisme pour que l’anti-communisme puisse voir le jour.
    Il faudrait donc bien connaitre les thèses communistes pour constituer une idéologie qui s’y oppose. Dénigrer et juger de loin ne suffit plus!
    Mais comment ne peut on pas constater que la libéralisation de l’économie écrase chaque jour un peu plus  » la dignité humaine et le droit à la vie. » ?

  11. L’économie actuelle ne se libéralise pas, donc tu ne peux le constater. Si c’étais le cas (ça ne l’est pas, et il faut vraiment être con comme un balai pour croire ça), expliques moi en quoi la liberté écraserai la dignité humaine et le droit à la vie.

  12. Ah tiens, des insultes ?
    Sommes nous proches de la limite du raisonnement argumenté ?
    Attention, ce n’est pas la
    liberté qui écraserai la dignité humaine et le droit à la vie mais le
    libéralisme qui écraserai la dignité humaine et le droit à la vie.
    Ne pas confondre.

    1. « ce n’est pas la liberté qui écraserai la dignité humaine et le droit à la vie mais le
      libéralisme qui écraserai la dignité humaine et le droit à la vie »

      Le libéralisme classique prône la liberté pour tous dans un cadre étatique minimal qui garanti les droits de chacun et les institutions de base, vous considérez donc que ces millions de gens laissé « libre » dans ce cadre vont forcément « écraser la dignité humaine » ?

      L’homme est donc extrêmement et naturellement mauvais selon vous ?

      Mais comment expliquer alors que vous voulez donner tout le pouvoir à un petit nombre de ces gens ? Les vôtres sont vendu avec une garantie ? Ils ont la grâce de St Marx ou sont amputé de toute imperfections humaine ?

      Dans une société extrêmement complexe comment ce petit nombre peut-il organiser avec succès tout les détails de la vie de millions de gens ? La France vient de passer 10’000 lois et 137’000 décrets, pourquoi ça ne tourne toujours pas bien et combien de lois et de contrôles il faut encore ? cent-milles, un million ? plus ?

      Un petit coup d’œil sur ce graphique: classement des pays par liberté économique, regardez le et dite moi ou vous préférez vivre , en haut du classement ou en bas ?
      http://www.heritage.org/index/ranking.aspx

  13. Si je considère ma petite personne sans lendemain et toute seule sur la planète , je préférerai le haut du classement. Mais si je me place maintenant du point de vue du citoyen et considérant qu’il existe un « bien commun » dont nous sommes tous bénéficiaires (santé , éducation) , je suis prêt à lâcher quelque chose , et de bon coeur en plus !
    L’homme est un animal social. Tout seul , isolé , il n’est rien.
    Allez négocier seul avec les grands groupes de financiers internationaux dans une économie mondialisée ! Seul vous n’arriverez à rien, vous n’aurez aucune crédibilité car vous ne représentez que vous même.
    Tout dépend ce qu’on entend par « Un cadre étatique minimal » ?
    S’il faut placer le curseur quelque part entre l’anarchie et le collectivisme absolu, on tombe nécessairement sur des sociétés d’économie mixte.
    La « voie du milieu » comme disent le bouddhistes.

    @Pat352
    - L’immense majorité des êtres humains que j’ai rencontré sur cette planète n’aspirent qu’au bonheur et aiment le partager.
    - la « pureté humaine » n’est pas de ce monde, sauf si l’on considère que Dieu s’est fait homme. Mais il s’agit là d’une vérité révélée donc pas vraiment négociable dans un discours citoyen. Je n’ai même pas de héros.
    - la littérature kafkaïenne peut donner lieu à des cauchemars, c’est bien d’en parler
    - je n’adhère ni au communisme, ni au socialisme, ni à l’écologisme, ni au centrisme, ni au libéralisme, ni au populisme, Si vous cherchez à me placer sur l’échiquier politique, cherchez plutôt du coté des anti-isme. Vous savez , ceux qui n’appliquent aucune recette toute faite car ils ne sont soumis à aucune doctrine ? des gens qui sont prêts à faire évoluer leur point de vue pour saisir les meilleures idées lorsqu’elles se présentent.

    1. « du coté des anti-isme ». Donc, vous êtes un libéral au sens propre. Ceux qui appliquent des recettes toutes faites sont des idéologues, c’est écrit plus haut. Observons ce qui marche, réutilisons-le ou adaptons-le, et ce qui ne marche pas , évitons-le ou corrigeons-le.