Otages : 500+

Publié Par Michel Rona, le dans Transports

 

Pour les otages, nous avons dépassé les 500. Je ne parle pas des jours de détention de nos aventuriers de France 3, mais du nombre de marins retenus par les pirates somaliens. A vrai dire, nul ne semble connaître le compte, les uns disent 550, Jack Lang qui cherche à se faire nommer Haut Commissaire de l’ONU à la Piraterie — on en sourirait presque — évoque 700, d’autres 800. Les journalistes sont trop occupés à défendre leur réputation grâce à des actions de soutien à leurs imprudents dans les écoles et sur la Croisette pour se renseigner sur le chiffre exact. Ils sont trop fatigués aussi pour se donner la peine de comparer les autres aux uns, les Indonésiens ou Ukrainiens aux Français, les conditions de détention de ceux qui ne valent que pour leurs proches avec celles de ceux qui sont devenus déterminants dans la stratégie militaire de notre pays en Afghanistan.

La noble cause du journalisme refuse que d’autres soient mis au même avant-plan que ses propres martyrs. La noble cause du journalisme, tiens donc… Ne consiste-t-elle pas à mettre les nouvelles en perspective pour les éclairer ? A rassembler pour l’homme de la rue les informations pertinentes qui lui permettent de se faire une opinion motivée ? A recenser les conséquences sur le commerce, le prix du baril, ou la morale, de ce qui se passe dans l’océan Indien ?

Eh bien ça doit être autre chose. Cependant, l’industrie de la piraterie se développe, il y a même depuis peu des « entreprises » qui se financent à la manière capitaliste, en émettant des parts qui donnent droit à participer au partage des rançons. Les meilleurs pirates donnent des interviews. Finalement, ça sent la possibilité de polémique entre anti-capitalisme et complaisance avec les people ; tout espoir de voir les médias s’intéresser au sujet n’est donc peut-être pas perdu…

Article repris du site de l’auteur avec son aimable autorisation

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