Une récession pas comme les autres

Publié Par David Descôteaux, le dans Économie

Par David Descôteaux, de Montréal, Québec

À lire les mauvaises nouvelles qui s’accumulent, en provenance des États-Unis et d’Europe, avez-vous l’impression que nous sommes en reprise économique? Ou que le ciel s’apprête à nous tomber sur la tête ?

Le prix des maisons chute à des bas historiques, les chômeurs se multiplient, des gouvernements se retrouvent au bord de la faillite…

Et après ça, on nous répète que la récession est finie. Que la reprise est « enclenchée ».

Vous avez le choix. Soit vous prenez la pilule bleue, et vous vous réveillez demain avec l’assurance que nous vivons une récession comme les autres. Encore un peu de dépenses des gouvernements, de « stimulus », et tout va rentrer dans l’ordre. Les citoyens vont recommencer à consommer et à s’endetter, et la roue va continuer de tourner.

Ou vous prenez la pilule rouge. Et je vous parle du livre Endgame de l’auteur et financier John Mauldin. Mais je vous avertis : la réalité qu’il décrit – et il est loin d’être seul à en parler – n’est pas jojo.

La facture arrive

Nous ne vivons pas une récession comme les autres. Mauldin et son coauteur Jonathan Tepper affirment que les pays développés se trouvent au bout d’un « supercycle de dette ». Depuis 60 ans — et particulièrement ces 20 dernières années — un nombre important de consommateurs, de banques et de gouvernements partout dans le monde développé, se sont endettés comme si demain n’existait pas.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. La dette des pays du G7 a triplé depuis 1974. Au sommet de la crise, un ménage américain trainait une dette équivalente à près d’une fois et demi son revenu annuel. Près du double d’il y a 25 ans! Nous avons suivi la même tendance au Canada, où les citoyens battent des records d’endettement personnel.

Aujourd’hui, la facture arrive. Ou plutôt, elle est arrivée aux alentours de 2008.

Le hic, c’est qu’une crise d’endettement comme celle-ci peut seulement se résoudre en payant une bonne partie de cette dette. Et quand on paye des dettes, on dépense moins. Et l’économie ralentit. Des dizaines de millions de personnes qui remboursent leurs cartes et leurs marges de crédit, ou qui voient la valeur de leur maison chuter du tiers ou de moitié, c’est autant de millions de personnes de moins dans les restaurants, les centres commerciaux ou chez le concessionnaire. Avec le niveau d’endettement actuel, ce processus pourrait durer des années, et sera par moment douloureux.

Qui va sauver les gouvernements ?

Les gouvernements tentent d’éviter ce ralentissement économique en creusant d’énormes déficits et en s’endettant. Mais ça ne règle pas le problème. Les dettes ne disparaissent pas, elles ne font que changer de mains. Depuis trois ans, l’endettement des ménages américains a diminué quelque peu, mais il en reste beaucoup à faire. D’autres dettes – notamment celles de plusieurs banques dans le monde – ont été cachées, ou transférées sur le dos des gouvernements et des contribuables. Or ces gouvernements atteignent aussi leur limite d’endettement. Ils devront à leur tour se serrer la ceinture et réduire leurs dépenses. Ce qui se passe en Grèce nous offre un aperçu. D’autres pays suivront le même chemin.

Vous croyez que le Canada, avec son « plus meilleur système bancaire du monde », est à l’abri ? Avec l’endettement record des citoyens et la bulle immobilière qui ne cesse de gonfler ? J’ai plutôt l’impression que nous sommes en retard de quelques années sur le scénario que vivent bien des pays en ce moment.

Nous tous – consommateurs, banques, gouvernements – avons agi comme des adolescents depuis des années, écrit Mauldin. Devant des choix difficiles, nous avons constamment choisi celui qui allait nous procurer du plaisir instantané, et qui reporterait la douleur à plus tard.

Mais on ne peut étirer l’élastique indéfiniment.

Nous passerons à travers cette crise. Comme à travers toutes les autres. Mais la route va être tortueuse. La croissance économique risque d’être plus faible, les récessions plus fréquentes, et inévitables.

C’est ce qui arrive quand on reporte constamment à plus tard les décisions difficiles.

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  1. On a ici la version pessimiste, version sang et larmes. En effet, il ne faut pas négliger le risque de voir nos pays évoluer vers une sorte de néo-fascisme (appauvrissement volontaires des populations, collectivisme et protectionnisme violents, structures étatiques encourageant la guerre civile ou entre Etats pour survivre à tout prix), aboutissement naturel de l’échec inéluctable de tous les planismes, collectiviste à droite, socialiste à gauche.

    La version optimiste consiste à inverser l’idéologie qui a provoqué cette situation : la société des loisirs et l’obsession keynésienne de la consommation. La crise de la dette va nous contraindre à retourner à une société de la production où l’acquisition des richesses dépendra essentiellement du travail et non de la dette (privée) ou du vol (redistribution).

    Le recul du poids des dépenses publiques dans le PIB en est la première conséquence positive. Les milliers de milliards d’épargne que les Etats collectivistes détournent de l’économie productive à des fins de redistribution (richesse sans travail) vont se trouver disponibles pour financer les entreprises privées et les vrais emplois.

    L’afflux de capitaux contribuera à accélérer les processus d’innovation et la multiplication de l’offre. Les grands monopoles et les oligarchies clientes des politiques, ne pouvant plus être privilégiés par les Etats, ne seront plus en mesure de stériliser la concurrence. Egalement, la fin de la redistribution par la dette réduira la légitimité du haut niveau d’impôts que nous connaissons, accélérant encore la réduction du poids des Etats dans l’économie.

    Le recul de l’endettement privé et la redécouverte des vertus de l’épargne sont l’autre versant des conséquences positives de la fin de cette période. Le travail va redevenir le moyen primordial d’accès aux richesses et l’assurance privée le principal vecteur de la couverture des « risques sociaux » (maladie, retraite). En France, ce ne seront pas seulement les 35h qui seront remises en cause mais l’idée même de l’horaire légal.

    Bref, cette « fin du jeu » offre de nouvelles opportunités de croissance intense pour les économies développées, ce pour plusieurs décennies, à condition de s’engager sur la route du libéralisme.

    1. Mouais…
      L’Etat actuellement, comme le dit bien le billet et apparemment le bouquin, est clairement complice des Oligarchies privées. Là dessus, on est d’accord !

      On enlève les majuscules, on garde bien à l’esprit qu’il y a des personnes bien réelles derrière ça. Croire que l’égoïsme individuel actuel de notre société, libéré des états, et l’opacité d’information sur la formation des prix – bien présente, malgré les rêves de ‘concurrence libre et non faussée’ – peuvent découler sur un ‘mieux’ global est purement naïf et dangereux…

      Les hommes sont inégaux.
      Ces inégalités ont auparavant dans l’histoire, débouché sur des organisations pyramidales qui, servant des intérêts particuliers nés dans ce contexte inégalitaire, avaient (selon leur caractère) envie et donc intérêt à les prolonger.
      Si on pouvait repartir de zéro, tous égaux, tous éduqués au point qu’aucun ne dépende des autres plus qu’un autre, je comprendrais le rêve libéral.
      Si on était tous bons, les gens avantagés, éclairés, aideraient le reste de la société, réduisant les inégalités.

      Qui dans votre modèle ‘libéral’, ou encore ‘comment’ est assurée l’égalité des individus?
      D’après moi la liberté des individus pré-suppose leur égalité ,c’est pour ça qu’un « Etat » est inéluctable…
      Etat dans l’idée, comme ‘régulateur’ de la vie de la cité.
      Et l' »économie » désignant les ‘échanges’ dans la cité, celle-ci sera – à moins de vouloir la guerre civile – à un moment, du ressort d’un Etat.

      Le souci n’est donc pas de supprimer l’Etat, mais d’en définir la gouvernance qui permettrait un rêve d’économie libérale.
      La transparence peut être un enjeux
      Mais il y aura toujours des tricheurs, et donc des contrôleurs…
      Un Etat décentralisé? une organisation sociale fractale ? éventuellement…
      Mais à 7 milliards sur un cailloux, partant de là où on en est, aved des tensions géopolitiques réelles (pétrole, etc….) ce n’est pas pour demain…

      1. @ vinzzz

        Comme vous le soulevez très justement, les Hommes sont inégaux. C’est la Nature (ou Dieu, si vous préférez) qui l’a voulue. Et c’est ce qui permet le côté unique de chaque individu. Si nous étions tous exactement pareils, ce serait vraiment horrible. Nous n’aurions ni spécificités, ni talents, en fait, nous ne serions plus des êtres humains.

        L’inégalité est un bienfait car c’est la raison même de notre humanité. Vouloir renier l’inégalité, cela revient à renier la nature humaine, c’est irréaliste et tous ceux qui ont tenté de rendre les Hommes égaux n’ont eu pour résultat que d’empirer la condition humaine.

        Le libéralisme n’essaye pas de rendre les Hommes égaux, mais parce qu’il veut accorder à tout un chacun la possibilité d’échanger librement, sans contrainte, il permet d’atteindre la meilleure complémentarité possible entre les êtres humains. Encourager les échanges libres, c’est encourager la reconnaissance de l’individu, le besoin des uns des autres, la responsabilité de celui qui a envers celui qui n’a pas, etc…

        1. « L’inégalité est un bienfait car c’est la raison même de notre humanité »
          Je vous rassure, point d’extrêmisme dans ma position, on est d’accord.

           » parce qu’il veut accorder à tout un chacun la possibilité d’échanger librement, sans contrainte, il permet d’atteindre la meilleure complémentarité possible entre les êtres humains »
          C’est le côté simpliste de beaucoup d’argumentations ‘libérales’ avec lequel j’ai un problème.
          Et, dans ma question, je suis même plus intéressé à une réponse sur le ‘comment’ de ce « sans contraintes », qu’une réponse sur le ‘qui’, même si les 2 se rejoigneraient pour moi dans une nouvelle conception de la démocratie.

      2. Vinzzz, il n’y a pas de « modèle » libéral à proprement parler : le libéralisme n’est pas une idéologie. Dans votre interrogation « Qui dans votre modèle ‘libéral’, ou encore ‘comment’ est assurée l’égalité des individus? » et les phrases qui suivent, vous semblez étendre l’égalité à tous les aspects de la vie, suivant la logique marxiste de « l’égalité réelle » (l’égalitarisme), bien au-delà de la seule égalité qui a du sens, celle du droit.

        Si vous restez dans la logique marxiste de l’égalité réelle, sous-entendu économique, vous devrez nécessairement accepter de glisser progressivement vers un régime totalitaire supprimant les libertés les unes après les autres. Lisez Hayek (http://www.wikiberal.org/wiki/Hayek), en particulier « La route de la servitude ».

        Certains planistes, notamment les tenants de l’exception française, conscients du problème et attachés malgré tout à une certaine liberté résiduelle, tentent de parler « d’équité réelle » plutôt que d’égalité, mais c’est une manipulation du langage. Seul le recours à la dette a permis aux Etats providentiels, dont la France, de maintenir l’illusion que la liberté peut être compatible avec l’égalité réelle. La crise que nous vivons n’est rien d’autre que la limite de cet artifice : cette crise est avant tout la crise de l’Etat-providence, pas celle des subprimes, des banques, des spéculateurs ou de quoi que ce soit d’autre.

        Le choix qui nous reste est assez simple : aller plus avant dans la collectivisation et accepter à terme l’instauration d’un régime politique violent néo-fascisant, soit prendre le chemin de la liberté. Il n’y a aucune alternative possible, aucune troisième voie que nous réussirions à inventer miraculeusement (altermondialisme ou écologie politique sont deux exemples de ces fausses alternatives).

        1. D’accord sur le rôle actuellement mal placé d’un état trop interventionniste, qui collectivise des pertes au profits de qq uns, jouant un jeu opaque au niveau économique, alors qu’il n’a pas plus qu’un autre une ‘vision’ parfaite des échanges…
          On est d’accord également sur l’égalité du droit, je n’ai pas l’illusion que toutes les vies humaines puissent être ‘égales’ en tout point.
          On est pas d’accord sur votre représentation binaire de l’état, entre collectivisme et liberté. Du moins, formulée d’une façon si réductrice.
          L’importance du droit justement, devrait compléter le tableau. Or celui-ci, subissant les influences de l’argent et du pouvoir, est bafoué. Mille fois bafoué.
          On aurait besoin de transparence, de règles internationales empêchant les montages opaques dans les échanges économiques. L’inégalité des territoires et de ressources finies est également un véritable enjeu :
          comment fait-on pour décider qui a le droit au pétrole ? je ne vois pas ‘comment’ le libéralisme – ou les ideés libérales – répond, de façon ‘juste’, dans l’esprit de ce que devrait être le droit, à cette question.
          Pouvoir manger et boire devrait être un DROIT de chaque être humain, surtout quand des agronomes nous expliquent que la Terre PEUT subvenir au besoins de 7 (bientot 9) milliards.
          Force est de constater que ce n’est pas le cas…
          Le ‘libéralisme’ d’échanges agricoles soumis aux seules rêgles des marchés internationaux, résulte sur des pays se spécialisant dans une production agricole, aux dépends de la culture vivrière.

          Définir la liberté dans une simple contrainte de droit, ok.
          Mais on y est pas, et je me demande comment on peut y aller.

          1. @ vinzzz

            On a déjà des règles internationales, on a même l’ONU qui ne se gène pas d’utiliser la force pour parvenir à la « paix dans le monde ».

            Mais le problème est le suivant: plus on accorde du pouvoir à des individus sur d’autres individus, plus des gens malveillants détournent ce pouvoir à leurs propres fins. Ce n’est donc pas en accordant plus de pouvoir à une quelconque institution (autrement dit en faisant des lois) que vous arriverez à résoudre les problèmes de l’humanité. C’est une constatation logique. Si les lois étaient une solution, cela fait longtemps que nos problèmes seraient résolus.

            Si des gens meurent de faim aujourd’hui, ce n’est que pour des raisons politiques, parce que justement il y a toutes sortes de lois qui les empêchent de pouvoir accéder au marché en toute liberté. A l’inverse, dans nos pays relativement libre, c’est justement parce qu’il n’y a pas eu de lois sur la nutrition, que nous avons pu éradiquer la famine.

            Car un paysan qui produit plus que son besoin a tout intérêt à vendre son surplus, qu’il soit gentil ou méchant, riche ou pauvre. Il a ensuite intérêt à chercher à augmenter son rendement, et c’est grâce à ce moteur de l’intérêt individuel, que nous avons inventé la technologie qui nous a permise de pouvoir donner à chacun de quoi se nourrir en tout temps, malgré même les intempéries.

            Si au contraire, on avait eu une loi ordonnant une nourriture minimum garantie par personne, on n’en serait assurément encore aux famines dans nos pays…

            Pareil pour le pétrole: celui qui trouve du pétrole dans son terrain, il est juste que ce pétrole lui appartienne. Et il est évident que si ce pétrole dépasse largement son besoin, cette personne aurait tout intérêt à le commercialiser à d’autres. Mêmes des dictatures infâmes comme les dictatures arabes l’ont comprises…

  2. J’ai un gros doute.
    Toute cette analyse suppose que la consommation est un moteur de la croissance, et que donc quand on commence à rembourser on est conduit à moins consommer et boom. Analyse fondamentalement keynésienne, donc analyse fondamentalement erronée.
    La consommation n’est pas pas plus un moteur qu’un Tsunami n’est une source de croissance. Les deux réduisent le stock de biens de valeur, et ça n’est jamais positif.

    Ce qui compte pour l’économie ce n’est pas ce que M. Dupont consomme, c’est ce qu’il produit (loi de Say). Et l’endettement, là-dedans, ne compte pour rien du tout ; c’est juste un élément d’une balance comptable, virtuelle, qui ne compte pas la production de richesse mais la répartition de cette richesse entre les différents acteurs. La crise d’endettement existe, mais elle n’a rien d’économique, c’est une crise sociale qui met à jour les compteurs de richesse réelle, et où s’aperçoit que tel dont on pensait qu’il était riche ne l’est en fait pas, qu’il ne rendra rien en échange de ce qu’on lui fournit comme biens, et qu’il est donc urgent de cesser de produire pour lui et qu’il faut chercher un nouveau client ; c’est un pénible pour tout le monde (Dupont perd soudain un flux de biens auquel il était habituer et Durant qui se réjouissait des biens que Dupont était censé lui rendre plus tard s’aperçoit qu’il s’illusionnait, et qu’il doit maintenant trouver un Smith pour lui échanger avec lui) mais après ça on y voit plus clair et ça repart … jusqu’à la prochaine.

  3. Comparons ce qui est comparable et éviter de dire des bêtises…
    Quand je lis
     » il y a toutes sortes de lois qui les empêchent de pouvoir accéder au marché en toute liberté. A l’inverse, dans nos pays relativement libre, c’est justement parce qu’il n’y a pas eu de lois sur la nutrition, que nous avons pu éradiquer la famine. »
    Pas de lois sur la nutrition chez nous ???
    Il suffit de regarder les politiques agricoles en Europe, aux Etats-unis… Le marché a peu de rôle dans la formation des prix !
    Les acteurs sont ‘assez libres’, mais le marché est très contrôlé !
    Pourquoi ? la consommation alimentaire est largement indépendante des prix des denrées de base et, d’autre part, la production de ces denrées dépend, un peu, du niveau des prix, mais aussi, beaucoup, de leur volatilité. Ce sont là des conditions très défavorables au fonctionnement des marchés.

    Ce n’est donc pas du ‘laisser faire’ sauvage…
    Vous avez des exemples à donner? des pays où les lois empêchent les gens d’accéder au marché ?
    Je ne crois pas que ce soient les lois, juste le fait que les plus riches préfèrent accéder à des marchés plus ‘grands’.
    Le marché alimentaire est souvent naturellement local… Mais pour des pays dont l’agriculture représente la 1ère part de PIB
    Qui a d’autant plus d’emprise aujourd’hui qu’on est capable de transporter de la nourriture périssable sur de bien plus longues distances en un temps acceptable.

    Mon plus grand souci avec le ‘libéralisme’, c’est ce côté ingénu, ce mythe du « marché parfait », pure invention intellectuelle, que bizarrement on a jamais rencontré dans l’histoire…

    Qaund on accepte d’écorner un peu cette prémisse iréaliste, on se rend compte qu’on aura JAMAIS de marché parfait.

    En agriculture, ça peut donner quoi?
    http://www.momagri.org/FR/articles/Les-benefices-a-attendre-de-la-liberalisation-agricole-sont-ils-aussi-grands-qu-on-le-dit-_18.html

    => » la seule option raisonnable autre que la fluctuation des prix semble devoir être la « maîtrise de l’offre » – en clair, un système de quotas de production généralisé, du reste nullement contradictoire avec un rôle non négligeable laissé au marché pour les ajustements « à la marge » »

    1. Le marché agricole est très particulier, avec une demande peu élastique et une offre sous contrainte des fluctuations du climat. La surproduction subventionnée, solution apportée par nos Etats collectivistes, est critiquable à plus d’un titre.

      Le marché agricole étant un cas particulier, il est vain d’en déduire une règle générale, jusqu’à évoquer des « quotas » (rahhh, le bon vieux planisme aussi inefficace que brutal, à la soviétique).

      Le « laisser-faire » sauvage que vous décrivez correspond à la logique d’affrontement entre Etats (et leurs « champion nationaux » artificiels) qui ne connaissent aucune loi sinon les rapports de force : rien à voir avec le libéralisme. Votre critique du « marché parfait » est largement dépassée aujourd’hui : vous perdez votre temps à ressasser cette vieille lune. Il n’en reste pas moins que le marché imparfait est infiniment plus efficace que l’Etat collectiviste, acteur envahissant et violent plutôt qu’arbitre bienveillant et discret.

      1. Je ne défend pas l’état collectiviste.
        Je me demande quelles sont les meilleurs conditions de marché imparfait.
        L’idée de dividende universel, création monétaire individualisée, me plait beaucoup.

        1. Pour la création monétaire individualisée, prenez un crédit ! C’est très simple…

          Le dividende universel, il faudra le prendre à quelqu’un qui travaille, voire même à quelqu’un qui ne travaille pas mais en a plus besoin que vous : handicapés, retraités, etc.

          1. Vinzzz, vous persistez dans l’erreur. Rien ne vous oblige à prendre un crédit : c’est une démarche strictement individuelle. Si vous prenez un crédit, vous êtes co-responsable de la création monétaire avec la banque. Notez qu’il faudra ensuite vous livrer à la destruction monétaire (rembourser votre crédit). Quoi de plus individuel que de rembourser son crédit ?

            Le minimum vital s’obtient en travaillant et la création de valeur (le travail, le service rendu) est l’unique démarche solidaire, c’est-à-dire celle où vous, personnellement, mobilisez vos aptitudes, réalisez un effort et subissez des contraintes pour autrui. La prétendue solidarité qui consiste à prendre aux autres par la force est l’expression de l’égoïsme, de l’envie et de la jalousie : c’est du vol ! Vous voulez vraiment être solidaire ? Travaillez !

            C’est bien pourquoi le DU est mauvais. Le plus gros souci du DU est son financement imposé par la contrainte (comme tous les collectivismes prétendument solidaires). Ceci dit, vous pouvez partager votre travail et vos revenus au sein d’une association à laquelle vous adhérerez volontairement, c’est votre liberté la plus absolue.

            Mais pour quelle mauvaise raison, par quelle fausse éthique, justifiez-vous de contraindre tout le monde à en faire de même ?

    2. @ vinzzz

      Il y a en effet des politiques agricoles contraignantes, mais il n’y a aucune loi qui attribue à l’Etat la distribution de denrées à la population avec des quotas minimums pour chacun pour être sûr que chacun puisse ne pas mourir de faim (comme ce qui se fait dans le domaine de la santé).

      A noter que les politiques agricoles occidentales ont pour résultat de fermer en partie le marché aux pays du tiers-monde, alors que l’agriculture serait un des rares domaines où ils pourraient offrir une concurrence de qualité aux produits occidentaux sans devoir faire d’énormes investissements.

      Je ne crois pas non plus au marché parfait, ni au fait qu’un monde 100% libéral serait parfait. Simplement qu’un monde libéral serait moins épouvantable que notre monde actuel. Beaucoup de gens ne sont pas heureux en Suisse, mais ils vivent quand même mieux qu’en Corée du Nord.

      1. @ vinzzz

        Déjà, le « minimum vital » n’existe pas, car il est différent pour chaque individu. Car nous n’avons pas les mêmes corps, et nos corps n’ont pas les mêmes besoins. Définir un minimum vital, c’est en réalité exclure tous ceux pour qui ce minimum sera insuffisant et c’est gaspiller tout ce qui sera donné à ceux pour qui ce minimum vital sera supérieur à leurs besoins.

        Concernant les « planifications réellement démocratiques », elles ne seront pas plus justes que les autres, car la démocratie, c’est la tyrannie de la majorité des votants sur les autres. Voilà pourquoi le libéralisme défend avant tout les droits naturels de l’individu et non une organisation politique.

        Puis, la meilleure manière de partager des ressources limitées, ce n’est ni la guerre ou la planification, mais le marché. Car c’est le seul qui permette à chacun de pouvoir choisir les efforts qu’il va faire pour se procurer ce dont il estime avoir besoin.

        Enfin, même si les pays du tiers-monde avaient les mêmes réglementations que chez nous, ils n’auraient de toute manière pas les moyens de les appliquer. Pour qu’ils puissent se sortir de la pauvreté, il faudrait entre autre leur ouvrir les marchés où ils pourraient être concurrentiels, comme typiquement celui de l’agriculture.