Démondialisation : l’essor de la gauche souverainiste

Publié Par Contrepoints, le dans Non classé

Eddy Fougier, politologue, signe sur Telos une analyse très intéressante de l’essor du mouvement démondialiste, minoritaire chez les altermondialistes.

Ce souverainisme de gauche que l’auteur qualifie de « dégénérescence du projet altermondialiste » gagne du terrain dans la guerre des idées qui a lieu à gauche en 2011 avec la publication cette année de La Démondialisation écrit par Jacques Sapir, un économiste souverainiste de gauche et Votez pour la démondialisation publié par le candidat aux primaires socialistes Arnaud Montebourg.

Programme

Eddy Fougier rappelle que le mouvement est né au début des années 2000 sous la plume de l’économiste philippin Walden Bello. Dans la lignée de son fondateur, ce courant souhaite :

- un démantèlement des organisations économiques internationales,

- une réaffirmation de la souveraineté locale,

- une relocalisation et une autosuffisance de l’économie (substitution aux importations, etc.),

- un « contrôle démocratique » de l’économie (réintroduction du contrôle des capitaux, retour au protectionnisme, re-réglementation et redistribution des revenus et des terres)

- pour certains autonomie de la politique monétaire, sortie de l’euro et politique économique keynésienne

En France

En France, ce terme permet de regrouper plusieurs mouvements critiques de la mondialisation. On y notamment trouve les courants et personnes suivants :

- les intellectuels séduits par les réformes économiques d’Hugo Chavez au Venezuela ou d’Evo Morales en Bolivie,

- Agnès Bertrand de l’Institut pour la relocalisation de l’économie,

- des personnes issues du chevènementisme post-Maastricht,

- des souverainistes altermondialistes post-traité constitutionnel européen de 2005 ou post-crise au sein de la direction d’Attac de 2005-2006,

- Bernard Cassem (Attac, Monde diplomatique),

- Jacques Nikonoff du Mouvement politique d’éducation populaire (M’PEP, Front de gauche) (appel à la sortie de l’euro et du libre-échange),

- les protectionnistes de gauche (Emmanuel Todd, Jacques Sapir, etc.),

- les décroissants (Serge Latouche, Paul Ariès, etc.), le Parti pour la décroissance militant pour la décroissance, la relocalisation et le protectionnisme,

La crise de l’euro et de la dette souveraine en Europe ont donné un nouveau souffle à ce terme de démondialisation chez les critiques de la mondialisation. Ils pensent que la « révolution conservatrice » des années 1980 a accouché d’un monde libéral.

Et Eddy Fougier de conclure que la gauche au sens large présente donc trois courants face à la mondialisation :

- le courant autogestionnaire, défendant une « mondialisation par le bas ».

- les altermondialistes, ayant un agenda social-démocrate de redistribution des richesses au niveau global,

- les démondialisateurs, ayant un agenda communiste.

 

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  1. Il est intéressant de noter que pratiquement tous ces démondialistes et décroissantistes vivent aux frais des contribuables : universitaires, fonctionnaires, politiciens, apparatchiks des partis ou des organisations financées par l’Etat, qui ont tout le temps nécessaire pour se promener de conférence en colloque, pour écrire des livres, donner des interviews, etc.
    Leur degré d’indignation par rapport à la société mondialisée est directement proportionnelle au niveau de subventions, rémunérations et autres avantages qu’ils reçoivent de l’Etat, c’est à dire du contribuable…

  2. C’est vrai que cet apanage est d’habitude celui des libéraux les plus hargneux. (Michel Godet et bien d’autres…). Je ne sais pas comment font ceux-là pour gérer leurs contradictions.