Qui a peur de la mondialisation ?

Publié Par Guillaume Nicoulaud, le dans Économie internationale

Julien Landfried [1] affirme que l’argument des partisans du libre-échange consiste à affirmer « qu’un effort supplémentaire d’innovation par la recherche et développement serait de nature non seulement à nous protéger de la concurrence étrangère mais aussi à redévelopper l’emploi industriel dans les prochaines années » (« Concurrence des pays émergents: l’innovation ne suffira pas à nous protéger« ). C’est tout à fait inexact. Les partisans du libre-échange – dont j’ai l’honneur de faire partie – considèrent que la liberté des échanges internationaux – en favorisant la concurrence à grande échelle, en démultipliant la taille des marchés, en optimisant les chaines de production et en stimulant la créativité des entrepreneurs – bénéficie à tout le monde.

Eux contre nous ?

L’idée selon laquelle nous devrions « nous protéger de la concurrence étrangère » est précisément une idée des adversaires du libre-échange. Ceux qui plaident l’ouverture des frontières et la non-intervention des pouvoir publics dans les échanges internationaux pensent au contraire que cette compétition est une bonne chose : elle pousse les entreprises à améliorer l’adéquation de leur production aux attentes des consommateurs et à baisser leurs prix. Un exemple : alors qu’en 1972, une Renault 5 coûtait 9.740 francs – soit 2.265 heures de travail payées au Smic (4,72 francs au 1er juillet 1972) – il est aujourd’hui possible d’acquérir une Twingo pour moins de €9.000 euros – c’est-à-dire moins de 1.000 heures de travail payées au Smic (€9 bruts depuis le 1er janvier 2011). En termes de pouvoir d’achat, le gain se chiffre donc à 127% en moins de 40 ans – et ce, sans tenir compte des améliorations en termes de sécurité et de confort entre une R5 de 1972 et une Twingo de 2011. Ce résultat n’a pas été atteint que parce que Renault, aiguillonnée par la concurrence de Peugeot mais aussi celle de Fiat, de Volkswagen puis de marques japonaises et américaines, n’a pas eu d’autre choix, pour maintenir ses parts de marché en France, que d’améliorer ses produits tout en réduisant leur prix.

Par ailleurs, qu’appelons-nous une « entreprise française » ? Une société dont le siège social est en France ? Qui emploie une majorité de salariés français ? Dont les sites de production sont en France ? Dont les actionnaires sont français ? La réalité du monde dans lequel nous vivons c’est que l’économie transcende totalement les frontières politiques et que les entreprises, mues par l’impérieuse nécessité de faire face à leurs concurrentes, se sont organisées d’elles-mêmes pour optimiser leurs chaines de production à des niveaux absolument impensables il y a 40 ans. Monsieur Landfried évoque le cas d’Apple ; prenons donc l’exemple de la chaine de production d’un iPhone, un appareil imaginé et conçu par des ingénieurs américains (ou du moins vivant aux États-Unis) et travaillant pour une firme américaine (même si l’actionnariat de l’Apple est clairement international). Pour construire un iPhone, il vous faut tout d’abord quelques composants de base produits – notamment – par Toshiba (Japon), Samsung (Corée du Sud), Infineon (Allemagne), Dialog Semiconductor, Broadcom, Numonyx, Cirrus Logic, etc. L’assemblage est réalisé par Foxconn, une société taïwanaise basée à Shenzhen en République populaire de Chine, qui doit donc importer ces composants pour pouvoir les assembler avant de les faire livrer directement sur les marchés où ils seront vendus. Pour un appareil vendu $500 [2], la firme de Steeve Jobs réalise une valeur ajoutée de $321,04 tandis que Foxxconn ne facture l’assemblage que $6.5 et que les différents fournisseurs se partagent les $172,46 restants. Bien sûr, lesdits fournisseurs ont eux-mêmes des fournisseurs – il faut bien que Dialog Semiconductor achète du silicium quelque part, n’est-ce pas ? – qui récupèreront eux aussi leur part de valeur ajoutée. De la même manière, il va de soi que les $321,04 de valeur ajoutée réalisés par Apple serviront non seulement à payer salaires, impôts et dividendes mais aussi les services d’autres fournisseurs comme les agences de publicité ou le service de nettoyage du siège californien. Question : Apple est-elle une entreprise américaine qu’il faudrait protéger de la concurrence étrangère ?

Il n’y a pas, en économie, de eux contre nous, il n’y a pas de « concurrence des pays émergents » mais une concurrence entre entreprises, entre chaines de production. L’économie est faite de processus de coopération mondiale extrêmement complexes où une entreprise japonaise peut être à la fois un concurrent et un fournisseur vital pour certaines de nos activités – typiquement Toshiba est aussi un concurrent d’Apple. L’économie n’est pas une guerre mais un processus de compétition entre ces différentes chaines de production où vous constaterez, dans bien des cas, que ces mêmes entreprises chinoises que nous accusons de nous faire une concurrence déloyale sont aussi des maillons essentiels de la compétitivité des entreprises françaises – et donc de nos emplois. Si Apple a jugé utile de faire assembler ses appareils en Chine s’est probablement que l’économie réalisée sur cette activité à faible valeur ajoutée permet de faire baisser le prix de vente de l’iPhone, donc d’en vendre plus, donc de distribuer encore de la valeur ajoutée dans toute la chaine de production. Depuis qu’Apple a décidé de confier l’assemblage des iPhones à Foxxconn en 2007, la firme de Steve Jobs a recruté 22.900 salariés supplémentaires soit un doublement de ses effectifs [3] et il est peut-être utile de rappeler à ceux qui voudraient protéger Renault ou PSA contre la concurrence de Toyota que le constructeur japonais emploie 3.100 personnes à Valencienne. Mettez donc ça sur le compte de la mondialisation.

(Dessin de presse : René Le Honzec)

Sauver l’emploi industriel ?

Pourquoi devrions-nous « redévelopper l’emploi industriel » ? Si venir à bout du chômage structurel que nous trainons comme un boulet après 30 ans – au bas mot – de social-démocratie est un objectif que je partage pleinement, pourquoi devrions-nous souhaiter des emplois industriels plutôt que des emplois en général ? Au nom de quel raisonnement économique, philosophique ou religieux devrions-nous préférer la création d’un poste de manœuvre dans une usine à celle d’un poste de webmaster dans société de service ? Les emplois industriels ont-ils une vertu magique qui les rend meilleurs que les autres ? Cette obsession de l’industrie à la mode Henry Ford, des grandes chaines de production où des centaines d’ouvriers fabriquent à la chaine des choses en métal – ou à la rigueur en plastique – et parfaitement irrationnelle. Nous n’avons absolument aucune raison de considérer a priori qu’un ouvrier fraiseur est plus ou moins « socialement utile » ou personnellement heureux qu’un infographiste et j’avoue pour ma part que, quitte à choisir, je préfère la deuxième option (et ce choix n’est pas motivé que par des considérations salariales). En réalité et au-delà des nécessités qu’impose le discours politique, cet attachement quasi-viscéral à la défense d’une industrie nationale qui fait travailler des ouvriers français n’a absolument aucun sens.

D’autant plus que l’idée selon laquelle la France, victime de la concurrence de pays à bas salaires, se désindustrialiserait est un mythe. En 2010, la production de nos industries manufacturières était 140% plus élevée qu’en 1970 (net d’inflation) et la valeur ajoutée – c’est-à-dire la richesse économique – générée par ce secteur de notre économie a plus que doublé sur la même période [4]. Juste avant la crise – en 2007/08 – notre production manufacturière avait même battu son record historique. Si certaines industries intensives en main d’œuvre peu qualifiée – et notamment le textile – ont effectivement été largement délocalisées, d’autres – comme les industries électriques, électroniques ou cosmétiques – ont vu leur production et leur création de richesse multipliées par plus de 7 au cours des 40 dernières années. Si l’industrie française emploie moins de main d’œuvre aujourd’hui qu’en 1970 ce n’est donc absolument pas la conséquence d’un déclin de notre industrie mais tout simplement le résultat de 40 ans de progrès technologiques. Enfin, quand monsieur Landfried se plaint de ce que « l’industrie française ne représente désormais plus que 13% de son PIB », il oublie non seulement que ce déclin n’est que relatif – c’est-à-dire qu’il n’est dû qu’à une croissance plus rapide des activités de service – mais surtout que ce phénomène est mondial : la part des industries manufacturières dans le Produit Mondial Brut est passée de près de 27% en 1970 à moins 17% de nos jours [5]. À moins d’accuser les martiens de concurrence déloyale, accuser le libre-échange d’être responsable d’une désindustrialisation en France ou ailleurs relève de la rhétorique politique ; pas de l’analyse économique.

Qui a peur de la mondialisation ?

Accuser la mondialisation de tous nos maux est devenu le fonds de commerce de politiciens – de gauche comme de droite – qui oublient que la France est, avec la Grèce, le pays le plus protectionniste de l’Union européenne et éludent un peu vite les conséquences de 40 ans d’État providence et de prolifération règlementaire. Le succès de ces arguments relève du biais cognitif : les délocalisations d’usines font la « une » des journaux mais on entend rarement parler des entreprises qui embauchent et encore moins de celles qui se développent grâce à la mondialisation. Non seulement des sociétés comme L’Oréal, Legrand et toute notre industrie du cognac – qui exporte 96% de sa production, notamment en Chine – profitent massivement de ce marché mondial mais surtout l’existence même d’un marché mondial est – en tant que tel – créateur de richesses et d’emplois.

Considérez ceci : à gravité égale, vous préfèreriez attraper une maladie courante plutôt qu’une maladie orpheline parce que vous savez que l’existence d’un marché important fait que les laboratoires pharmaceutiques ont matériellement intérêt à investir dans le développement d’un médicament pour vous soigner. En d’autres termes, plus la taille d’un marché est importante, plus le nombre de projets économiquement viables augmente : si, par malchance, vous deviez attraper une maladie rare et potentiellement mortelle, l’existence d’un marché mondial est tout simplement votre meilleure chance de survie. Qui, parmi les politiciens qui nous vendent un rétablissement des barrières douanières, a évalué le nombre d’entreprises et d’emplois qui disparaîtraient du simple fait que nous aurons cloisonné les marchés ?

Qui, parmi ces mêmes politiciens, a évalué les interdépendances qui existent entre les entreprises françaises – peu importe ce que vous entendez par « entreprises françaises » – avec leur fournisseurs ou leurs clients étrangers ? Combien coûterait une chemise fabriquée en France ? De combien l’augmentation du prix de vente réduirait-elle la demande ? Combien d’emplois une politique protectionniste sur le textile créerait-elle dans les usines et combien d’emplois de stylistes, de transporteurs, de vendeuses en magasin détruirait-elle ? L’économie est un phénomène compliqué qui s’accommode mal des simplifications outrancières du discours politique et il faut être d’une naïveté confondante pour ne pas comprendre que quand les dirigeants de « nos grandes entreprises » [6] en appellent au pouvoir politique pour les protéger, ce n’est jamais dans notre intérêt mais dans celui de leurs actionnaires. « L’étrange tâche de la science économique, disait Friedrich Hayek, consiste à démontrer aux hommes à quel point ils en savent peu sur les choses qu’ils pensent pouvoir concevoir. » Nous n’avons pas besoin d’un planificateur pour expliquer à des professionnels dont c’est le métier – et par ailleurs l’intérêt bien compris – que produire, où produire et quel montant ils doivent investir en recherche et développement pas plus que nous n’avons besoin d’un planificateur pour nous dire quoi acheter, où l’acheter et à qui.

Depuis qu’ils ont rejoint le concert de la mondialisation, les pays dits émergents – et la Chine en particulier – ont connu une croissance spectaculaire. Jamais, dans l’histoire de l’Humanité, autant de gens ne s’étaient enrichis aussi vite. À mesure que les ouvriers chinois améliorent leur niveau de vie, leurs enfants font des études et – comme les informaticiens indiens – peuvent désormais prétendre à des niveaux de rémunération plus proches des nôtres. Ce à quoi nous sommes en train d’assister, c’est le plus grand rééquilibrage des richesses mondiales de l’histoire de l’Humanité : dans quelques années, la Chine ne sera plus un pays à bas salaire et des centaines de millions de chinois constitueront une gigantesque classe moyenne qui ne demandera rien de plus que de consommer des produits européens ou américains. Et nous voudrions fermer nos frontières ?

Le monde dont rêve monsieur Landfried, ce monde cloisonné, où les gens ne consomment que des produits fabriqués localement et où le pouvoir politique tout-puissant réglemente les marchés a déjà existé : c’est ce qu’on appelle le Moyen-Âge.

Notes :

[1] Secrétaire national du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC).
[2] Ces chiffres datent de 2009, selon une étude de l’ADB Institute.
[3] Chiffres d’Apple au 25 septembre 2010.
[4] Insee – production par branche aux prix de l’année précédente chaînés et valeur ajoutée aux prix de l’année précédente chaînés.
[5] Nations Unies – GDP/breakdown at current prices in US Dollars.
[6] C’est, bien sûr, un abus de langage: ce ne sont pas « nos » entreprises mais des entreprises privées qui appartiennent à leurs actionnaires.

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  1. D’accord sur les grandes lignes, mais votre paragraphe sur l’emploi industriel ne tient pas debout, c’est n’importe quoi.

    C’est encore ce genre de raisonnement du gâteau fixe découpé en « parts » (% d’industriel, d’agricole, de service, etc.) ; ben non, désolé, on passe notre temps à combattre cette représentation fausse, ça rime à quoi de l’utiliser (implicitement) quand même ? Un emploi industriel en moins ce n’est pas un emploi de service ou autre chose qui le remplace dans le gâteau fixe de l’emploi, et donc tout cela (industriel ou de service) n’aurait pas d’importance.
    Si, ça a une importance, et même une grosse. L’activité et l’emploi ne sont pas des jeux à somme nulle, ce sont des jeux à somme positives. Un emploi industriel qui n’est pas créé, ce n’est pas de la place pour créer un emploi de service, c’est au contraire 2, 4 ou 10 emplois de service qui ne seront pas créés non plus.
    L’activité industrielle n’a pas plus de valeur que l’activité de service, OK, mais l’activité industrielle génère une demande solvable en service B2B (et ça contribue au fait que plus l’activité industrielle se développe, plus sa part relative baisse).

    L’emploi industriel est important pour une autre raison : c’est le secteur le plus exposé à la compétition internationale, c’est donc le meilleur thermomètre de la compétitivité générale du pays. Désindustrialisation « relative », relative…. relative à quoi ?.
    Relative au reste de l’économie ? aucune importance, c’est un concept bon pour les sociologues à la Bourdieu qui s’inquiètent de la disparition de la classe ouvrière (avant-garde du prolétariat, tout ça….).
    Relative au reste du monde ? à oui, ça, c’est économiquement significatif (de notre compétitivité) et inquiétant pour nous quand ça baisse (sauf si on peut prouver que c’est compensé dans d’autres secteurs… mais je doute que vous disposiez d’une telle preuve).

  2. Excellente analyse. Bravo.

    @P:
    l’auteur n’a jamais dit qu’il y avait une corrélation entre la disparition d’un emploi industriel avec la création d’un emploi de service.
    Où avez-vous été chercher cette ânerie?

    Il est bien évident que l’activité et l’emploi sont des « jeux à sommes positives ». G. Kaplan ne dit pas autre chose.

    Par ailleurs, un emploi est un emploi, peu importe l’activité et je ne vois pas pourquoi un emploi industriel générerait davantage d’emplois associés qu’un emploi de service.

    1. Oh c’est certainement malgré lui, mais c’est un des piège des % : raisonner en % de l’activité totale c’est automatiquement se placer dans une description où cette activité totale à une taille CONSTANTE (qui vaut toujours 100 !), et où donc tout -1 quelque part est un +1 ailleurs puisque le total fait toujours 100), et que c’est pas grave de perdre un emploi industriel puisque ça fait automatiquement un emploi de service de plus … C’est certes une ânerie, et ce n’était certainement pas l’intention de l’auteur, mais c’est quand même le message qui est véhiculé.

      Et non, un emploi n’est pas un emploi quelque soit l’activité. Il y a des activités qui en génèrent d’autres, qui génère d’autres occasions de créer encore plus de valeur ajoutée, et des activités qui sont en bout de chaine. Produire du blé ou du pétrole, ça donne l’occasion de moudre ou de raffiner, de cuire du pain ou de faire de la chimie, etc. Supprimez l’activité agricole (qui pèse pourtant si peu…) ou l’activité pétrolière (qui ne pèse guère non plus), et toute l’économie s’effondre ; supprimez l’activité du luxe, de la culture ou du tourisme … est-ce qu’on s’en apercevra ? Notez qu’à l’instar du paradoxe de l’eau et du diamant, ce ne sont pas les activités les plus fécondes qui représentent le plus de chiffre d’affaire, de valeur ajoutée ni d’emplois directs ; et qu’il ne faut donc pas se fier à ces seuls éléments pour juger de l’importance d’un secteur économique. L’industrie, secteur secondaire, est intermédiaire dans la chaine productive qui va de la matière brute aux consommateurs, c’est pour ça qu’un emploi industriel génère plus d’emplois totaux qu’un emploi de service (en général, hein … vous trouverez certainement des contre-exemples)

      1. supprimez l’activité du tourisme … est-ce qu’on s’en apercevra ?

        ha ha ha, non en effet,puisque le secteur de l’hôtellerie-restauration, qui comme on le sait n’emploie personne puisque ce sont des robots qui sont utilisés dans ces secteurs, ne représente que peu d’actifs . Bon certes les stations de ski et les villes de la côte Atlantique ou méditerranéennes sentiraient un petit picotement, mais bon … Je vis à Biarritz, et effectivement ici qui s’apercevrait de la suppression de l’activité du tourisme . On installerait des usines à la place, comme aux Menuires ou à la Grande Motte .
        Et vous qualifiez d’âneries le texte de Kaplan, faut pas avoir honte !

        1. rah zut, je sous-estime toujours la bêtise ou la mauvaise foi du lecteur…
          Si le tourisme, le luxe, la culture disparaissent, évidemment que tous ceux qui en vivent devraient trouver autre chose … Mais ce seront les seuls ou peu s’en faut. Pas d’impact indirect sur d’autres activités.

          1. Vous rigolez j’espère, le tourisme, le luxe et la culture sont des industries complexes qui ont des ramifications sur toute l’économie.

            Vous pensez que supprimer le tourisme n’aurait pas d’impact sur les autres activités ? Par exemple, et c’est un exemple parmis tant d’autres, le secteur de l’habillement, qui a la fois pendant la saison estivale et la saison hivernale profite du tourisme pour proposer des articles associés, notamment tout ce qui concerne les sports (ou même les chemises hawaiennes :D). On peut aussi citer la restauration, les musées, les transports, etc.
            Sachant que la france est un des pays les plus touristique du monde, et Paris la ville la plus visitée, je pense qu’on peut difficilement s’en passer.

            Supprimez la culture (c’est large) et des pans entier de l’économie s’effondre, les activités du web, de l’information, du livre, de la musique, du spectacle …

            idem pour le luxe.

            Non sérieusement, parfois vos remarques sont intéressantes mais la c’est n’importe quoi.

          2. ah ouais, je vois qu’en matière de bêtise je suis en face d’un expert ! non, bien sûr le tourisme, qui est un gros employeur en France, ne sous-traite rien, ne consomme rien dans son processus de production … bref aucun emploi indirect, aucune retombée … « Pas d’impact indirect sur d’autres activités » euh là je suis bête, de mauvaise foi, ou l’auteur de cette phrase est un crétin de mauvaise foi ?
            je ne contredis pas votre idée selon laquelle un emploi dans l’industrie génère plus d’emplois indirects que bcp d’emplois dans les services, mais prendre l’exemple du tourisme en France, balancer des énormités et dire que les lecteurs sont bêtes ou de mauvaise foi, c’est quand même assez fort !

          3. Je m’excuse pour la bêtise, j’aurai du parler d’incompréhension et mauvais conditionnement.
            Le conditionnement keynésien dont on ne sort pas (alors que vous savez probablement qu’il est faux, pourtant), celui du « sophisme de la vitre brisé » :
            casser une vitre c’est utile parce que ça fait travailler le vitrier…
            consommer (car consommer, c’est détruire !) c’est utile parce que ça fait travailler les producteurs…
            sous-traiter ça génère de l’activité…

            Keynésien. Faux. Ce qu’il faut utiliser c’est la loi de Say : c’est la production qui génère la production.

            Une activité (aussi bien le tourisme que l’industrie) génère une activité indirecte par les biens et services nouveaux dont d’autres acteurs pourront se saisir pour créer encore plus de valeur, et PAS par ses consommations intermédiaire (dont la sous-traitance) ; dans le calcul de la valeur ajoutée on SOUSTRAIT les consommations intermédiaires, on ne les ajoute pas.
            La fécondité de l’industrie automobile vis-à-vis du reste de l’économie, ce sont les véhicules qui rendent possible l’activité des transporteurs, des artisans etc. et pas le fait qu’elle a des sous-traitants.
            Quel sont les biens nouveaux que le tourisme ou la culture mettent sur la table et qui rendent possibles d’autres industries ? Je ne les vois pas… Il y en a sans doute, mais c’est tout à fait marginal, je crois.

          4. Vous le dites vous même, l’intérêt d’une activité comme le tourisme génère une activité indirecte, liés a cette activité.
            Par exemple le développement du tourisme dans une ville balnéaire, mettons a Biarritz, va creer des emplois locaux dans l’hotellerie, la restauration, mais aussi dans les commerce avec la vente d’articles spécialisés (planches de surf, maillots de bains etc.), etc.
            Le tourisme ne met pas forcément un nouveau bien sur la table comme pour l’industrie, mais l’afflux de touristes générera des besoins inédits pour une ville qui devront alors être satisfait par la vente de biens et services liés.

            La production de services entraine elle aussi la production de biens et d’autres services.

  3. Il n’est pas impossible que l’emploi industriel rejoigne un jour prochain le niveau relatif actuel de l’emploi agricole : ce phénomène, rendu inéluctable par le progrès, ne doit pas être considéré comme une difficulté. Au contraire, il participe à la solution de nombreux problèmes.

    Bien loin d’être une question de secteur économique, le sous-emploi structurel de la France est directement lié à la capacité du pays à mobiliser du capital, indirectement lié au rendement de ce capital. Voir à ce sujet l’analyse de l’Ifrap : http://www.ifrap.org/Capitalisation-des-entreprises-naissantes-cle-de-l-emploi,12098.html

    1. Ça au moins c’est un argument recevable, mais ça n’est pas du tout le même que celui qui consiste à dire qu’on peut se foutre de l’industrie et de l’augmentation de la production industrielle. L’emploi agricole a été décimé, mais la production agricole, elle, a été multipliée : si l’industrie française suivait le même chemin il n’y aurait rien à dire, hélas c’est loin d’être le cas.

  4. Une fois de plus, je ne conteste pas la différence entre l’activité indirecte générée par l’industrie et celle du tourisme, mais vous ne pouvez pas dire « Pas d’impact indirect sur d’autres activités » et ensuite « ne activité (aussi bien le tourisme que l’industrie) génère une activité indirecte  » ! S’il n’y a plus de tourisme, bcp d’endroits connaitraient le phénomène de désertification économique que l’on constate dans les régions qui se sont brutalement désindustrialisées .

    De même, je suis d’accord avec vous quand vous dites « La fécondité de l’industrie automobile vis-à-vis du reste de l’économie, ce sont les véhicules qui rendent possible l’activité des transporteurs, des artisans etc. et pas le fait qu’elle a des sous-traitants  » , bien que cette fécondité soit basée en grande partie sur des subventions . Mais la loi de Say s’applique aussi à la production de services, même si le ratio est différent .