Vers l’infini et au-delà…

Publié Par Open Europe, le dans Économie internationale

C’était l’histoire de la dette de la Grèce et des chiffres du déficit pendant un certain temps, surtout depuis qu’il est devenu presque habituel que les chiffres subissent au moins une révision à la hausse par rapport à leur estimation initiale. Toutefois, les dernières données publiées par Eurostat suggèrent que l’incapacité à tenir ses objectifs semble se propager à d’autres pays à la périphérie de l’eurozone (alors que les projecteurs sont encore fermement pointés sur la Grèce).

Eurostat a publié hier ses chiffres concernant sa dette et son déficit pour 2010 et y a ajouté quelques modifications intéressantes – à la hausse comme toujours. Commençons par la Grèce : nous voyons que le gouvernement a raté son objectif de déficit de 1,1% de son PIB (tous les pourcentages sont indexés sur le PIB à partir de maintenant), pour s’établir à 10,5% au lieu des 9,4% que le gouvernement Grec avait fièrement prévus en Janvier. Pour être juste, cela signifie que le déficit a encore diminué d’environ 5% l’an dernier, mais les chiffres montrent que moins de 2% de la baisse s’explique par l’augmentation des revenus. Les choses continuent à s’aggraver pour la Grèce, comme pour nous, entre autres, car nous luttons pour voir où nos gouvernements vont trouver l’argent dont ils ont besoin. Le programme de réduction des dépenses pousse déjà le plan d’austérité à ses limites et le gouvernement ne semble pas pouvoir être capable d’accroitre ses recettes : l’évasion fiscale est toujours massive et la récession actuelle, qui est aggravée par l’austérité, rend simplement son appréhension encore plus délicate.

Pendant ce temps, le Portugal a vu son déficit révisé à la hausse pour la deuxième fois en quelques mois. Il se situe maintenant à 9,1%, bien au-dessus des estimations du gouvernement à 7,3%. Le gouvernement attribue encore cet écart aux modifications des règles comptables imposées par l’UE, mais il est étrange que celles-ci affectent tellement plus le Portugal que n’importe quel autre pays… Dans tous les cas, le Portugal a besoin désormais de réduire son déficit de près de 5% s’il veut atteindre son objectif pour 2011. Le fardeau de sa dette a également augmenté, pour atteindre 93% en 2010.

Les estimations du déficit ou de la dette irlandaise n’ont heureusement pas besoin d’être révisées, bien que le déficit ait fait un bond pour s’établir à 32,4%, ce qui n’est pas une consolation. La majeure partie du déficit est tombée suite au sauvetage des banques, mais même en l’excluant il était d’environ 12% — le plus élevé dans la zone euro.

Dans l’ensemble donc, les chiffres ne sont pas vraiment encourageants, et la série continue des objectifs non tenus et des révisions à la hausse ne peut pas nous inspirer la moindre confiance.

Un article repris du blog d’Open Europe avec l’aimable autorisation de ses responsables. Traduction : Barem.

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