Kadhafi, Libye et états dʼâme libéraux

Publié Par Andrei Ludosan, le dans Afrique

En contrepoint au discours de Vaclav Klaus, à l’article d’Aurelien Véron, « Pourquoi la France ne doit pas intervenir en Libye » et à celui de Daniel Hannan, « Six raisons de ne pas intervenir en Libye ».

Le 21 Mars 2011, le Café Liberté a invité à un débat sur les limites civilisatrices libérales à l’ingérence militaire, sujet brûlant qui déclenche des controverses avec ce préambule :

La lecture éthique des événements libyens fait donc appel à des notions fondamentales aux yeux des libéraux : le droit à l’insurrection face à l’oppression, à l’ingérence contre le crime, à la sécession en absence de communauté de destin. Cette série de droits s’inscrit dans le corpus fondamental élaboré au fil des siècles qui nous ont précédé par la pensée libérale qui établit le fondement de leur légitimité et dessine leurs limites.

La notion de guerre juste est ancienne, et remonterait au moins au consul romain Cicéron. Elle est également abordée par Saint Augustin et Saint Thomas d’Aquin. Elle fait l’objet d’importants développement avec l’École de Salamanque des 15e (Francisco de Vitoria) et 16e siècles (Francisco Suárez) avec laquelle le libéralisme économique et politique est déjà fondé. Pour ces scolastiques la guerre est un mal en soi-même et pour être juste il lui faut empêcher un mal plus grand et ne pas engendrer de maux inutiles ou disproportionnés.

Pourtant le débat n’est pas clôt au sein de la communauté libérale quant au bien-fondé de l’ingérence internationale en Libye. Ainsi certaines voix libérales parmi les plus respectées ont émis un refus ou d’importantes réserves contre cette intervention, parmi lesquels Ron Paul, Vaclav Klauss ou Aurélien Véron.

À la liste des argumentaires anti-intervention on peut rajouter les « six raisons de ne pas intervenir en Libye » de Daniel Hannan, même si ces dernières sont, pour certaines, spécifiquement britanniques. Lʼespace dʼun « article » est trop petit pour réfuter, un par un et dans le détail, ces arguments.

Très sommairement :

- Le texte de Ron Paul est introuvable (page requested not found). Dommage.
– Le texte de Vaclav Klauss est un fouillis d’affirmations incohérentes entre elles, parfois totalement vides de sens : de la langue de bois diplomatique dans toute sa splendeur.
– Le texte dʼAurelien Véron – très clair et cohérent – recourt à deux arguments : 1° il ne faut pas apporter la « liberté » au peuple libyen, la seule liberté solide est celle que le peuple libyen saura gagner par lui-même ; 2° une intervention « occidentale » risque de remettre en selle une Al Qaida (actuellement en perte de vitesse), avec de nouveaux risques d’attentats dans nos paisibles contrées.

Le premier argument est soutenu par une belle citation de Stuart Mill. Hélas, ce genre de raisonnement pouvait éventuellement être tenu au milieu du 19e siècle. Je considère, pour ma part, que, de nos jours, aucune tyrannie ne peut tomber sous lʼeffet seul de la révolte interne. Jʼai beau scruter lʼhistoire du 20e siècle, je ne trouve aucun exemple de tyran renversé sans intervention majeure de pouvoirs externes. On peut débattre longuement du pourquoi de la chose (ce nʼest pas la place dʼun tel débat ici, malgré lʼimportance cruciale dʼun tel débat sur la validité de mon propos).

Secondairement, il me semble que cette vision instaure une sorte de relation « proportionnelle » entre le degré de liberté civique et la bravoure du peuple. Or, que je sache, la liberté, dans la vision des libéraux, est un droit fondamental humain et non pas une récompense exceptionnelle, réservée aux plus méritants.

Tertio, même si lʼon admettait cette vision de liberté au prorata du mérite, je ne crois pas quʼun libéral devrait confondre les mérites individuels avec ceux dʼun “peuple”. Les vertus ou vices peuvent éventuellement être jugés chez des individus particuliers. Mais cʼest quoi une “nation” brave ? Les français de nos jours jouissent – quoi quʼon en dise – dʼune grande liberté (comparés aux Libyens, par exemple). À qui le mérite? À M. Véron ? Il nʼa probablement jamais connu la moindre menace à sa vie (et tant mieux pour lui, et pourvu que ça dure). Pourtant il jouit dʼune liberté personnelle enviable, que nʼont jamais connu des milliers de Libyens de Benghazi qui, eux, de nos jours, risquent leur vie. Curieusement, de par leur geste, ces Libyens montrent quʼils méritent certainement cette liberté si convoitée : pourtant, ils ne lʼont pas. De son coté, M. Véron… nous ne savons encore rien sur ses mérites éventuels en situations de risque extrême. Ce simple exemple montre à quel point cette approche « au mérite » – de surcroît appliquée à des abstractions telles que « peuple » ou « nation » – est imbécile : elle ne justifie rien et nʼexplique rien. Fonder une action sur de telles considérations est donc absurde.

Lʼargument du risque attentats en « Occident », par une Al Qaida éventuellement revigorée, me parait peu crédible. Kadhafi est loin dʼêtre un héros de la cause islamique, loin sʼen faut. Mêmes les plus fanatiques pro-arabes le savent. Ce nʼest pas le « martyre » éventuel de Kadhafi qui va ressourcer Al Qaida, même si les « tortionnaires » seront des mécréants « occidentaux ». Par ailleurs, si nous, Occidentaux, pissons dans notre froc devant la perspective dʼimprobables attentats, que reste-t-il de notre grande bravoure comme justificatif de notre grande liberté ?

Autres arguments :

- Il ne faut pas intervenir sans savoir vers quoi les choses vont évoluer. Argument de technocrate constructiviste ! (Pourtant, il émane de chez Vaclav Klauss). Et alors ? Même si une grosse pagaille devra sʼensuivre, nʼest-elle pas le passage presque obligé vers la démocratie ? Au pire, je dirais : de cette pagaille pourront émerger le meilleur comme le pire. OK. Mais avec Kadhafi en place, on est sûr… seulement du pire. Le « meilleur » nʼa même pas la chance que lui offre la pagaille. Sauf si on continue à croire que la présence de Kadhafi nʼest pas le « pire » (voir l’article de Giuliano Luongo) et surtout que cette situation « tiède » pourrait perdurer sans en payer le prix au quintuple dans le futur.
– On nʼa aucun intérêt à intervenir. Certes, aucun intérêt matériel et immédiat. À très long terme… les conduites dictées par lʼintérêt matériel à court terme (et non pas par des convictions morales) se payent cher. Très cher !
– On nʼa pas les moyens de le faire. À lʼévidence faux.

La liste des arguments nʼest pas exhaustive. OK, il nʼy a donc pas dʼimpératif à ne pas intervenir. Mais pour autant il nʼest pas encore dit quʼon devrait le faire.

Il existe, en faveur de lʼintervention, au moins un argument – un seul mais fondamental : sans intervention, des innocents meurent. Ceci est une évidence et se passe réellement, concrètement. Et cela se passe non pas dans un futur improbable mais aujourdʼhui. Or, le monde occidental a les moyens de stopper cela. Dans ces conditions, ne pas intervenir pour protéger ces gens serait une faute quʼaucun autre argument ne saurait gommer. Une faute aux conséquences lourdes dans lʼavenir. Le plus précieux bien, à moyen et long terme, nʼest pas le prix du baril de brut mais surtout la crédibilité et le respect que nous inspirons. Or ceci passe dʼabord et avant tout par un minimum de cohérence entre paroles et actes. Demandez à nʼimporte quel musulman : le respect, dans les actes, de ses paroles est, à leurs yeux aussi, une vertu suprême. Or, nous prêchons depuis des décennies le respect de la vie humaine comme valeur fondamentale. Ne pas accompagner nos propos par des actes – lorsque nous pouvons techniquement le faire – est le moyen le plus sûr de se suicider, en tant que civilisation.

(Illustration René Le Honzec)

Certes, ça aurait été mieux dʼavoir un plan pour après. Certes, une opposition interne plus structurée nous aurait aidé, pour lʼaprès. Certes, on aurait aimé que les Libyens eux-mêmes puissent résoudre le problème. Etc. etc. Hélas, toutes ces exigences – accessoires – sont absentes. Même cumulés, ces « défauts » nʼarrivent cependant pas à contre-balancer lʼargument – unique mais majeur – que je viens dʼévoquer et qui plaide pour lʼintervention. Bien sûr, une intervention visant clairement à protéger les civils (ce qui implique, probablement, éliminer Kadhafi et sa clique). Pour lʼaprès on verra… en spectateurs ! Surtout pas comme acteurs.

Je suis surpris que des libéraux puissent se perdre dans des argumentaires accessoires au point dʼoublier les fondamentaux. À moins quʼon mʼexplique que le prix potentiel du baril de pétrole dans les années qui viennent est un argument du même poids que le respect de la vie humaine et de la liberté individuelle.

PS : Depuis la rédaction de ces lignes, les « Occidentaux » ont décidé dʼagir. Dans un sens qui nʼest pas éloigné de ce que je considère comme juste. À force de critiquer les « technocrates » qui nous dirigent – et Dieu sait quʼon a de nombreuses raisons de le faire! – serions-nous, libéraux, tombés dans le travers consistant à être systématiquement contre ?

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  1. « Jʼai beau scruter lʼhistoire du 20e siècle, je ne trouve aucun exemple de tyran renversé sans intervention majeure de pouvoirs externes. »

    Ceausescu, peut-être ?

    « Le tyran roumain est mort. Mais son peuple a payé au prix fort la liberté recouvrée. La démence de la dictature de Bucarest interdisait une révolution sans violence et sans haine. Jusqu’à son dernier souffle, le despote aura montré en quel mépris souverain il tenait ses sujets.
    (…)
    En Roumanie, l’aspiration populaire à la démocratie se heurtait à un double mur : le communisme scientifique renforcé par la vision d’un Savonarole nazi. Sa conception de l' »homme nouveau », empruntée à Mao Zedong, et que le Khmer rouge Pol Pot mettra en pratique à travers le génocide de son propre peuple, consistait à réduire en esclavage des millions de Roumains. Il les humilierait en les affamant, en les terrorisant, en les abêtissant, en détruisant leurs racines, en rasant leurs villages. »

    A lire ici : http://www.lexpress.fr/actualite/monde/europe/la-roumanie-apres-le-cauchemar-ceaucescu_834416.html

  2. « Je considère, pour ma part, que, de nos jours, aucune tyrannie ne peut tomber sous lʼeffet seul de la révolte interne. Jʼai beau scruter lʼhistoire du 20e siècle, je ne trouve aucun exemple de tyran renversé sans intervention majeure de pouvoirs externes. »

    Pas plus tard qu’il y a deux mois, Ben ali et Moubarak…Pas plus tard qu’il y a 20 ans tous les pays d’Europe de l’est, sans compter plusieurs pays d’Amérique latine qui s’en sont sortis pacifiquement (chili de Pinochet, Argentine des colonels etc…).

    « Secondairement, il me semble que cette vision instaure une sorte de relation « proportionnelle » entre le degré de liberté civique et la bravoure du peuple »

    Vous faites fi des traditions culturelles et institutionnelles des peuples. Les français ont proclamé « la déclaration des droits de l’homme et du citoyen » en 1789, l’idée de respect de la liberté d’autrui ne s’est ancrée définitivement qu’en 1870. On n’instaure pas la liberté en claquant des doigts, si un peuple dans son entier n’est pas capable de respecter les droits de chacun, toutes les interventions militaires du monde n’y feront rien, et l’histoire récente le démontre (Irak, Afghanistan, Vietnam, Somalie etc…).

    « De son coté, M. Véron… nous ne savons encore rien sur ses mérites éventuels en situations de risque extrême »

    L’attaque à la personne n’est pas franchement un recours d’une grande finesse. Il y a mieux à faire. Et l’homme de paille non plus: personne n’a dit que les libyens ne méritaient pas la liberté, mais qu’il était illusoire de vouloir répandre la bonne parole occidentale et l’absolutisme démocratique à travers le monde à des cultures différentes de la nôtre. Les occidentaux ont accédé à la liberté par eux-mêmes, c’est la seule voie.
    Votre vision du conflit libyen est quelque peu naïve, la dictature de Khadafi tient depuis 40 ans grace aux alliances entre tribus, les tribus et les clans sont des éléments incontournables dans ce pays, la dictature de Khadafi était acceptée par les 150 tribus et les principales d’entre elles en profitaient bien ainsi que les clans associés. Le conflit libyen n’est pas une guerre libératrice mais bien une guerre opposant un dictateur à des tribus qui se révoltent pour leurs intérêts mais qui ont activement participé elles-mêmes aux multiples atteintes à la personne réalisées par le régime depuis 40 ans. Que venons-nous faire dans ce bourbier tribal?

    « Par ailleurs, si nous, Occidentaux, pissons dans notre froc devant la perspective dʼimprobables attentats »

    Montrer les dents n’est pas un signe d’intelligence nécessairement. En quoi les civils occidentaux méritent de se faire balancer par une bombe pour une guerre que des inconscients ont mené à leur place en leur nom sans le leur demander?

    « Il ne faut pas intervenir sans savoir vers quoi les choses vont évoluer. Argument de technocrate constructiviste ! (Pourtant, il émane de chez Vaclav Klauss). Et alors ? Même si une grosse pagaille devra sʼensuivre, nʼest-elle pas le passage presque obligé vers la démocratie ? »

    Qu’est-ce qui vous fait croire à coup sûr qu’une pagaille déclenchée par des mains étrangères débouchera vers la démocratie, avez-vous des exemples? Evidemment, la pagaille nous n’aurons pas à la subir nous-mêmes, finalement ça nous arrange bien n’est-ce pas?

    « – On nʼa pas les moyens de le faire. À lʼévidence faux. »

    A l’évidence, vous n’êtes pas au courant de la crise de la dette qui plonge notre continent gris et agonisant dans des déficits publics monstrueux, une dette cumulée énorme (1500 milliards rien que pour la France) et un modèle social archaïque. Alors bien sûr les politiciens trouveront un moyen de financer cette guerre, ils sont spécialistes des montages frauduleux, mais ne trouvez-vous pas irresponsable d’en remettre une couche aux citoyens contribuables, alors que l’urgence est justement de réduire la dépense publique, de se désendetter et de baisser l’impôt pour redonner du pouvoir d’achat? Pensez-vous que nous avons les moyens de répandre la démocratie à travers le monde à des gens qui nous rendrons une baffe dans la gueule comme seule remerciement?

    « sans intervention, des innocents meurent »

    Car vous pensez que seuls les partisans de Khadafi tuent des innocents? Car vous pensez que bombarder depuis là-haut ça ne tue que des partisans de Khadafi? L’intervention occidentale pour le moment n’arrête absolument la tuerie d’innocents, Khadaf et ses sbires ont redoublé d’efforts pour étouffer les rebelles. L’exemple irakien montre bien qu’avec l’intervention, la tuerie d’innocents n’a pas cessé: plus de 100.000 morts depuis le début du conflit en 2003.

    « Demandez à nʼimporte quel musulman : le respect, dans les actes, de ses paroles est, à leurs yeux aussi, une vertu suprême. Or, nous prêchons depuis des décennies le respect de la vie humaine comme valeur fondamentale. »

    Les conseilleurs ne sont pas les payeurs. Oui les libéraux prêchent pour la vie humaine, mais à un moment donné soyons pragmatiques: quelle est la meilleure manière de faire respecter la vie humaine? Et là, je vois que bientôt vous allez accuser les occidentaux d’avoir instauré ce régime il y a 40 ans.

    1. Même avis pratiquement.

      Et je plussoie sur une Europe exemplaire qui serait plus payante sur le long terme comme exemple de ce vers quoi les peuples doivent tendre (Ce qui ne ce voit pas: la force de l’exemple). A contrario une Europe qui donne des leçons intervient tout azimut et ce casse la gueule en défaut de paiement, coté exemple…

      Par contre maintenant « qu’ils » nous ont lancé dedans je pense qu’une fin en queue de poisson avec retraite honteuse sur fond de divisions laissant ceux qui y ont cru ce faire massacrer (ex: Varsovie) serait bien plus dommageable pour tout le monde que de rester ferme sur l’objectif. Au moins là pour éviter le massacre de ceux qui croyant en nous ce sont avancé.

      On a dit « sauter » on ne peut plus ce barrer avec le matelas sauf à endosser une fois de plus toutes les conséquences. Joli merdier !

  3. 1. Juste pour préciser: penser qu’il y a « attaque à la personne » (en occurence à l’adresse de Mr Veron) relève d’une non-lecture de mon texte: la conclusion que j’en tire est, justement, que ce type de raisonnement est absurde. Merci de bien lire avant de commenter.

    2. Ce qui devait arriver est arrivé: la levée de bouclier sur mon affirmation selon laquelle il n’y a pas, de nos jours, de tyran qui soit viré sans ingérence exterieure. Pourtant j’avais bien signalé que ce n’est pas le sujet direct, malgré l’importance de cette afirmation pour tout le reste. Un fil à faire sur liborg ?

    3. Les moyens ? Le sur-coût marginal, pour la France par exemple, doit être proche de zéro. S’il n’étaient pas en Lybie, vous croyez que nos avions dorment au hangar ? Que le porte-avion ne fait pas de manouvre en mer ? Que nos pilotes ne sont pas payés ? Bréf, pensez-vous que cette manoeuvre en Méditéranée a arraché nos hommes et matériel à des activités autres, plus productives ?

    Pour d’autres objections… on tourne en rond: ma contre-réponse existe déjà dans le texte initial. Merçi de bien lire…

    1. Le point 2 est pourtant l’argument majeur des pro-guerre en Libye. Ils affirment qu’il faut aider les rebelles pour lutter contre Khadafi et permettre au pays de se libérer car ils seraient bien incapables d’y arriver par eux-mêmes. Ce à quoi nous répondons qu’un peuple ne peut se libérer efficacement et durablement de son dictateur que par lui-même, ce que vous contestez avec l’Histoire à l’appui qui pourtant vous fait mentir.
      J’ajoute que de dire qu’il faut libérer le peuple de son dictateur est un non-sens, puisque les forces en présence démontrent qu’il n’y a absolument pas unanimité derrière les rebelles, c’est très difficile de savoir en tout cas mais la population semble partagée, donc pourquoi appuyer les uns plutôt que les autres sous l’excuse fallacieuse du peuple qui lutte contre son dictateur alors qu’il y a bien d’autres motifs derrière l’intervention des occidentaux. Mais on nous avait déjà fait le coup avec la Côte-d’Ivoire.
      Sur le point 3, sachez que la France est déjè en train de livrer des armes aux rebelles par l’intermédiaire de l’Egypte, vous pensez bien que c’est cadeau pour eux et que le coût, l’industrie de l’armement le facturera à l’Etat et le contribuable. Alors certe, quelques manoeuvres au large de la Libye ont un sur-coût marginal, j’en conviens, mais ce ne serait absolument pas marginal s’il fallait débarquer là-bas pour mener une invasion terrestre.

      1. l'ami du laissez-faire

        Attention de ne pas caricaturer tout de même.

        Il n’y a pas chez les libéraux «  » »pro-guerre » » » à ma connaissance de partisans d’une « libération de la Libye », c’est d’abord pour protéger des civils qui appellent au secours, au moins la population de Ben Gazy, d’un massacre qui aurait été certain.

        Si les rebelles de Cyrénaique ont l’idée farfelue de se traverser le désert tous les jours pour se friter avec Kadaffi, libre à eux, mais en l’état actuels des informations, ça semble perdu d’avance. Moi je sens plutôt une partition non dite ou a demi-mots.

        Pour l’instant on n’a pas mis un pieds sur terre et j’espère bien que ce ne sera jamais le cas.

  4. Autres précisions:

    les opposants à Kadhafi sont-ils des « innocents » ? Selon nos habitudes de ce qui est juste et de ce qui ne l’est pas, oui, ils le sont. Ils n’ont pas été prouvés comme criminels, que je sache. Et la charge de la preuve appartient à celui (ceux) qui les accuserait.

    Idem en ce qui concerne le fait que « bientôt, je vais accuser les occidentaux d’avoir instauré Kadhafi »: il est légitime de commenter ce que J’AI ECRIT, pas ce que VOUS SUPPOSEZ que je vais ecrire…

  5. « L’Histoire qui me fait mentir ».. Quelle assurance dans cette affirmation !

    Vous avez raison sur un point: la validité de cette affirmation est trés importante. Si celle-ci est fausse, une bonne partie de mon argumentaire s’affaiblit singulièrement.

    Cela étant… j’avais, dans le texte d’origine, souligné cet aspect. Et signalé que, probablement, ca suscitera controverse…Et que défendre cette affirmation nécessiterait un espace à part.

    Oh, Maitre és supputations, pourquoi donc ne supposez-vous pas aussi que, en maintenant mon affirmation, je puisse avoir quand-même quelques arguments, peut-être pas si neglgeables que cela ?

    Par exemple (le plus flagrants et saillants):

    -le régime des colonels en Grèce. Ah bon? la défaite miltaire face à la Turquie était là de passage ?

    – junte miltaire argentine. Dois-je comprendre que la guerre des Malouines n’y est pour rien ?

    Pour ce qui est des pays de l’Est européen… ils firent leurs révolutions graça à Gorbatchov ! Aussi choquant que cela puisse vous paraitre, à ce moment-là la population de ces pays pensaient non seulement que Gorbi allait laisser-faire mais aussi que Gorbi attendait d’eux qu’ils le fassent ! Que cela était faux.. voilà une autre affaire: la réalité est une chose, ce que les gens croyaient (à un moment quelconque de l’histoire) en est une autre…

    Le courage des roumains, pendant les quelques jours ou tout pouvait encore survenir, a été significativement augmenté par le fait que, à ces moments-là, ils croyaient que les Casques Bleus allaient intervenir (en réalité, au niveau des puissants, personne n’avait envisagé sérieusement une telle hypothèse; fort heureusement, les roumains qui étaient dans la rue ne surent jamais qu’il s’agissait d’un bobard, ou alors bien plus tard…).

    J’arrête là. Je répète, un tel débat devrait avoir lieu à part. Il me suffit, dans l’immédiat, de montrer que mon affirmation n’est peut-être pas si irreflechie que celà….

    Quant au fait que, dans le cas particulier de la Lybie, on n’est pas sûrs qu’il s’agit d’un « peuple » contre un « tyran »… oui, je sais que celà est souvent dit. Mais j’ai pu aussi entendre des personnes (dont la probité intellectuelle et la compétence sont peu sujettes à caution) refuter cette assertion. N’ayant pas, personnellement, le savoir nécessaire pour trancher, je me dis, à minima: et même s’il s’agit de « tribus », qui finiront par revendiquer leur indépendance (donc on assistera au morcellement de cette entité un peu artificielle qu’est « la Lybie ») ou est le problème? Le maintien de « l’unité de la Lybie » est-elle un objectif qui prime sur la volonté des gens qui la composent ?

    Je répète donc: on ne sait donc pas grande chose AVEC CERTITUDE sur plein de points: qu’est-qui s’ensuivra, sragit-il de « tribus », etc. Les seules choses qui me paraissent certaines sont:

    – Kadhafi est un fou qui ne recule devant rien.

    – en ce moment-même, il tue sans scrupules des civils qui lui sont opposés (et peu m’importe le pourquoi de cette opposition)

    – nous pouvons stopper ce massacre.

    Ce sont à peu prés les seules choses CERTAINES. Elles me suffisent amplement pour dire qu’il faut stopper le massacre.

    D’ailleurs, si jamais vous voyez, dans la rue, des enfants se battre, vous faites quoi EN PREMIER ? Vous commencez par analyser le pourquoi ils en sont là, qui est le coupable, etc? Ou bien… vous les séparez d’abord et vous discutez ensuite ?

  6. D’abord je voudrais dire, qu’il y a clairement une situation dramatique en Lybie où un tyran opprime sa population a un degrès bien pire que celui (pourtant conséquent!) que nous pouvons connaître…

    Mais malheureusement, bien que sur le site d’un journal libéral, tous ceux ici qui soutiennent ce point de vue ont adopté des positions étatistes! Ainsi, il faudrait faire la guerre avec la vie des soldats francais et avec l’argent des contribuables…

    En effet, personne n’a évoqué la réponse libertarienne à ce problème. Ainsi, pourquoi ne pas fonder des associations privées qui recevraient des donations privées et engageraient des soldats pour aller volontairement défendre les citoyens libyens sur la base de la légitime défense?

    La seule opposition que j’y vois est que la loi francaise ne nous le permet pas…mais là est le problème! C’est pour ca que nous devons nous battre!

    Amis libéraux, ne nous retranchons pas derrière des situations exceptionnelles (même dramatiques) pour défendre l’étatisme!

    1. Vôtre proposition est, pour l’essentiel, déjà à l’oeuvre: je vous rappelle que les soldats actuels sont des professionnels et non pas des conscrits. En signant, ils sont présumés savoir que leur « job » et d’aller guerroyer là ou celui qui les paye leur dit d’aller. Le débat actuel est un débat parmi des « actionnaires » de cette « entreprise » appellée France, pour savoir si le CEO, dans cette situation particulière, a pris une bonne décision.

    2. Aller « défendre les libertés » à coup de kalachnikov supposerait qu’on puisse clairement identifier les bonnes causes et les bonnes personnes, hors les meilleurs intentions du monde on trop souvent débouchées sur des massacres et des dictatures. La paix européenne c’est au final plus construite sur le refus universelle de la guerre (plus jamais ça) que sur une conquête armée des libertés. Après 1000 ans de guerres et le bouquet final de 40 millions de morts tout le monde était enfin convaincu que rien ne justifiait ça.

      Sauf en cas de massacre des civils ou il est clair que cette conséquence là au moins est contraire au droit humain (usage de l’interposition « R2P » onusienne) il n’y a aucune lutte armée qui puisse déboucher de manière certaine sur plus de liberté car vous n’avez au final aucun contrôle sur ce que fera le « gentil libérateur » une fois le pouvoir (conquis de force) en mains d’autant plus si vous êtes une armée privée avec de faibles moyens. L’histoire est là pour nous rappeler qu’il existe peu de garanties de ce coté.

      Sur la Lybie sans vouloir défendre le cinglé au pouvoir il semble que le niveau de vie et les droits et libertés sont en moyenne plus élevés que dans beaucoup d’autres pays d’Afrique, 82% d’alphabétisation, droit des femmes plus progressistes etc. etc.
      http://fr.wikipedia.org/wiki/Libye#Niveau_de_vie

      Somme nous aussi certain de la vision qu’ont les rebelles Libyens de leur société pour qu’on leur donne le pouvoir ou allons nous favoriser un chaos fratricide ? En Bosnie il y avait des charniers des preuves, des témoins, qu’en est il de la Libye ? On nous a parlé de nombreux massacres, ou sont les chiffres, les preuves, les témoins ? Les rebelles sont ils unis autour d’un même idéal démocratique ou seulement un patchwork de tribus qui aimeraient juste que la leur remplace celle de Kadhafi ?

      Maintenant que nous y sommes je suis pour aller jusqu’au bout, sinon les conséquences d’une demi-ingérences avec retraite merdeuse seraient plus grave mais je pense que dans ce cas c’était une erreur sauf preuves de massacres effectifs. (je ne parle pas de cents mort, la circulation routière en fait autant en quelques jours et l’ONU ne bombarde pas les usines Renault)

  7. Dans ce cas la, dans une optique libertarienne, n’ayant pas signé la Constitution qui implique malheureusement le droit pour la majorité d’opprimer la minorité, je revendique un vote direct à l’unanimité!

    1. Oui enfin le mieux c’est toujours d’alloué un budget au prorata des personnes pour cette intervention comme cela il n’y a pas lieux de se voir imposé un choix dans un sens comme dans l’autre (puisque l’utilisation des ressources des autres ne nous regarde pas) et les ressources serons utilisé au plus près des désir des contribuables/volés.
      L’option d’une association militaire privé est bien sur assez hors de porté dans l’état actuel des chose vue notre monde d’Étatisme sauvage (sauvage est bien sûr une mention inutile tant l’Etat est une excellente illustration de la sauvagerie à lui seul, mais j’aime reprendre la dialectique des imbéciles, je la trouve poilant).